Sébastien Fath

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Fath.
Sébastien Fath
Description de cette image, également commentée ci-après

Sébastien Fath, GSRL, 2014.

Naissance
Strasbourg
Nationalité français
Profession

Sébastien Fath (né à Strasbourg en 1968) est un historien français spécialisé dans l'étude du protestantisme évangélique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formé à l'École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud (lettres et sciences humaines) (LSE), agrégé d'histoire en 1992, il a soutenu un doctorat Histoire des religions et des systèmes de pensée en 1998 (EPHE, sous la direction de Jean-Paul Willaime). Il est chercheur au CNRS depuis 1999, membre du laboratoire Groupe Sociétés, Religions, Laïcités (GSRL). Il a obtenu, en 2004, la Médaille de bronze du CNRS, pour ses travaux en histoire et sociologie du protestantisme évangélique.

Après avoir étudié l'histoire des relations franco-iraniennes dans la première moitié des années 1990, puis effectué un séjour de deux ans en Égypte, où il enseigne la langue et civilisation française au lycée jésuite du Caire, il consacre sa thèse de doctorat EPHE (section des sciences religieuses) à l'histoire du baptisme en France, qui le conduit ensuite à élargir l'analyse au champ de recherche nord-américain. Dans ses ouvrages, il ausculte « l'Amérique de Dieu et du Diable » (Henri Tincq, Le Monde[1]).

Dans la première moitié des années 2000, il consacre plusieurs travaux aux rapports entre évangélisme américain, culture et politique. Dans Dieu bénisse l'Amérique, la religion de la Maison Blanche (Paris, Seuil, 2004), il développe en particulier l'hypothèse selon laquelle la religion civile américaine (religiosité générique destinée à rassembler un maximum de citoyens) évoluerait, sous la présidence de George W. Bush, vers une forme de « néomessianisme » où le messianisme américain traditionnel (les États-Unis, bras armé de Jésus-Christ) cède la place à un modèle où le Sauveur devient l'Amérique elle-même. Dans Militants de la Bible (Paris, Autrement, 2004), il contextualise le phénomène évangélique et fondamentaliste dans la culture et l'histoire du Sud des États-Unis, la Bible Belt. Il effectue ensuite un séjour de recherche d'un an en Écosse, où il est Honorary Fellow de l'Institute for Advanced Studies in the Humanities[2] (Université d'Édimbourg), au terme duquel il publie une synthèse sur l'évangélisme français. À partir de 2005-2006, il étudie en priorité l'essor des méga-églises (Europe-Amérique), en s'interrogeant sur le sens à donner à ces gigantesques communautés partagées entre le modèle du cocon ultramoderne et celui du poste pionnier.

Depuis 2009, ses recherches se réorientent sur deux axes. D'une part, les relations entre protestantisme évangélique, immigration, interculturalité et territoire urbain. D'autre part, la géopolitique de l'évangélisme, avec un accent sur l'Afrique subsaharienne (zone de contact évangélisme/islam) et sur la francophonie protestante. En 2010, avec l'AFSR, il codirige un ouvrage collectif sur religion, espace, immigration (Dieu change en ville, L'Harmattan, 2010). En 2011, il coordonne, avec Jean-Paul Willaime, un ouvrage, fruit de 22 contributions, consacré à l'état des lieux du protestantisme français contemporain. En 2012-2013, il commence une étude de terrain sur le Soudan du Sud (indépendant en 2011). En 2015, année où il effectue deux enquêtes de terrain en Afrique de l'Ouest (Congo RDC en septembre, Burkina Faso en décembre), il co-dirige, avec Cédric Mayrargue, le n°252 de la revue Afrique Contemporaine sur les nouveaux christianismes en Afrique [3].

Cité dans les médias lorsque le protestantisme fait l'actualité, il pointe, après le drame de Stains (deux morts après l'effondrement du plancher dans une église haïtienne le dimanche de Pâques 2012), un « évangélisme des caves »[4], et souligne les enjeux sociaux posés par l'essor des églises de migrants, confrontées au manque de mètres carrés cultuels en région parisienne.

Webmestre du programme GSRL « Dieu change à Paris »[5], il anime par ailleurs trois blogs. L'un est en anglais[6], l'autre, son blog principal, est en français[7]. Le troisième est consacré aux relations entre France et Soudan du Sud, pays où il effectue deux missions de recherche en octobre 2012 et novembre 2013[8]. Il collabore régulièrement, depuis 2014, à la rubrique "Francophonie" du portail Regardsprotestants[9].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Fascicule de méthodologie d’histoire et sociologie des religions à l’époque contemporaine. Appliqué au protestantisme, Paris, EPHE (diff. interne), 1997 (110p)
  • L’Iran et de Gaulle. Chronique d'un rêve inachevé, Paris, ed. Eurorient, 1999
  • Une autre manière d'être chrétien en France. Socio-histoire de l'implantation baptiste (1810-1950), Genève, Labor et Fides, 2001
  • Les baptistes en France (1810-1950), Faits, dates et documents, Excelsis, Charols, 2002.
  • Billy Graham, pape protestant ?, Paris, Albin Michel, 2002
  • Les protestants, Paris, le Cavalier bleu, 2003
  • La diversité évangélique (dir.), Excelsis, Charols, 2003.
  • Dieu bénisse l’Amérique, la religion de la Maison Blanche, Paris, Seuil, 2004.
  • Militants de la Bible aux États-Unis, Évangéliques et fondamentalistes du Sud, Paris, Autrement, 2004, lauréat du Grand Prix d'Histoire Chateaubriand
  • Le protestantisme évangélique, un christianisme de conversion (dir.), Turnhout, Brépols, 2004
  • Du ghetto au réseau, les protestants évangéliques en France de 1800 à 2005, Genève, Labor et Fides, 2005.
  • Dieu XXL, la révolution des megachurches, Paris, Autrement, 2008.
  • Protestantisme évangélique et valeurs (dir.), Excelsis, Charols, 2010.
  • Dieu change en ville. Religion, espace, immigration (dir., avec Lucine Endelstein et Séverine Mathieu), Paris, L'Harmattan, 2010
  • La nouvelle France protestante. Essor et recomposition au XXIe siècle (dir., avec Jean-Paul Willaime), Genève, Labor et Fides, 2011
  • Les fils de la Réforme. idées reçues sur les protestants, Paris, le Cavalier bleu, 2012
  • Les nouveaux christianismes en Afrique (dir., avec Cédric Mayrargue), Paris, revue AFRIQUE CONTEMPORAINE, n°252, 2015

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Henri Tincq, « L'Amérique de Dieu et du diable », Le Monde des livres, 22 octobre 2004
  2. (en) The Institute for Advanced Studies in the Humanities [1]
  3. Afrique Contemporaine n°252 sur Cairn.info
  4. « Le drame de Stains met en lumière un évangélisme des caves » (entretien avec Stéphanie Le Bars, publié dans le quotidien Le Monde, 12 avril 2012)
  5. Adresse du blog du programme GSRL: Dieu change à Paris
  6. FrenchWindows
  7. Blogdesebastienfath
  8. France / Soudan du Sud
  9. Fil-info Francophonie

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :