Astronomie dans l'Égypte antique

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Pour les Égyptiens de l'antiquité, l’aspect du ciel a toujours revêtu une signification mythologique, religieuse et symbolique. Toutefois, les observations astronomiques n'avaient pas une finalité astrologique aussi prononcée dans la civilisation égyptienne qu’en Mésopotamie.

La nuit commençait avec le crépuscule et se terminait avec le lever du Soleil[1]. Les douze étoiles servant à la division de la nuit en heures étaient associées aux « douze gardiens du ciel » censés accompagner les pharaons défunts dans leur voyage nocturne avec , la divinité solaire. Contrairement à leur importance dans les décans du zodiaque, les constellations ne jouent pratiquement aucun rôle ici. La plus ancienne représentation du ciel étoilé a été retrouvée peinte sur la planche inférieure d'un cercueil d’Assiout et datant de la première période intermédiaire égyptienne[2].

Les principes astronomiques sont aussi à l'œuvre dans la disposition des bâtiments sacrés, notamment celle des pyramides. Mais rien ne nous a été transmis des méthodes utilisées, et les avis sont partagés.

À l'époque romaine, Clément d'Alexandrie, dans un écrit, donne une idée de l'importance des observations astronomiques associées aux rites sacrés[3].

De rares documents nous permettent d'appréhender les sciences égyptiennes, plus particulièrement en ce qui concerne la médecine et les mathématiques. L'astronomie égyptienne a pu bénéficier d'une meilleure attention eu égard aux nombreux monuments témoignant de rites funéraires associés à la position des étoiles. Pourtant, cette profusion de documents astrologiques, bien que dévoilant certains aspects complexes de l'astronomie égyptienne, ne permet pas, de par leur rôle strictement religieux, de conclure quant à l'étendue et aux lacunes de leurs connaissances.

Calendriers et instruments de mesure du temps[modifier | modifier le code]

Représentation égyptienne d'une clepsydre (Tombeau de Ramsès VI)

Dans le calendrier égyptien, Sirius joue un rôle important, son lever héliaque ayant été mis en parallèle avec la crue annuelle du Nil. Comme l'année égyptienne fait exactement 365 jours, la date de la crue du Nil se déplace progressivement dans le calendrier, et le lever héliaque de Sirius ne revient plus qu'une fois tous les 1460 ans à la même date du calendrier égyptien. Mais à l’origine, il semble que Sirius ait présidé à la tenue des festivités de Thèbes. Une réforme de -150 établit un calendrier amélioré, avec une année de 365,25 jours, préservant ainsi la maîtrise des prêtres sur le calendrier.

Les instruments de mesure du temps telles que les clepsydres sont intimement liés à l'astronomie. Celles-ci furent sans doute élaborées afin d'étudier la position des astres durant la nuit. Les représentations cosmologiques de la clepsydre de Karnak traduisent bien cet aspect.

Astronomie et architecture[modifier | modifier le code]

Observatoires astronomiques de la période pré-dynastique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Nabta Playa.
le cercle mégalithique à Nabta

Le Sahara égyptien recèle les vestiges d'un site néolithique qui apporte des éléments nouveaux à l'histoire de l'astronomie tant égyptienne que mondiale. Situé à Nabta Playa, c'est durant plusieurs millénaires qu'une population sédentaire s'y développa, élevant de nombreux monuments tels que tumuli, statues et champs mégalithiques.

L'élément le plus remarquable du site, antérieur de Stonehenge de plus de mille ans, est un cromlech à vocation astronomique d'une superficie de 49 m² et datant de -4000 environ.

Le cercle était un calendrier destiné à marquer le solstice d'été. Mais d'autres alignements ont pu être corrélés avec la position d'étoiles aux alentours de -4000. Ceux-ci, totalisant vingt-quatre mégalithes, pointaient en direction d'étoiles culminantes, en particulier Sirius, Dubhe et la ceinture d'Orion.

Avec son contemporain de Goseck en Allemagne, ce cercle représente le plus ancien monument de ce type connu au monde. Il semblerait donc que l'observation des astres ait été une préoccupation majeure des égyptiens du néolithique et qu'à la première période intermédiaire leurs connaissances étaient déjà multimillénaires.

Les pyramides de l'Ancien Empire[modifier | modifier le code]

Étoiles « visées » par les conduits de la grande pyramide

Les premières grandes pyramides à faces lisses ont la propriété d'être orientées suivant les quatre points cardinaux. Le record de la précision est obtenue à la pyramide de Khéops avec une erreur minimale de 3'. Cette performance fut obtenue avec des moyens très rudimentaires. Le but à atteindre était de déterminer la direction du nord géographique. Pour ce faire, une méthode simple a été envisagée : les Égyptiens visaient une étoile dans le nord et divisait l'angle formé par sa position au lever, la position de l'observateur et la position de l'astre au coucher. L'observateur, situé au centre d'un enclos circulaire, utilisait deux instruments de visée appelés le bay et le merkhet dont on a retrouvé deux exemplaires[4].

C'est l'orientation des monuments qui témoigne aujourd'hui, plus que les rares documents dont on dispose, du savoir astronomique des anciens Égyptiens.

L'entrée de toutes les pyramides étaient situées sur la face nord (à l'exception de la pyramide rhomboïdale possédant une seconde entrée à l'ouest). Celle-ci permettait à l'âme du défunt de s'orienter vers la région polaire du ciel. Les égyptiens nommaient d'ailleurs les étoiles circumpolaires, les impérissables, puisque celles-ci restaient visibles toute la nuit, ne descendant jamais sous l'horizon.

Quelques auteurs avancent diverses hypothèses impliquant d'autres données astronomiques et qu'il est impossible de vérifier, les éléments archéologiques faisant défauts. La plus connue et la plus relayée par la presse est la supposée corrélation d'Orion, faisant du groupe de Gizeh, un plan unique dont le dessein était de représenter la ceinture de la constellation d'Orion, constellation très importante aux yeux des égyptiens. Ce serait négliger les faits historiques. De Khéops à Mykérinos, cinq souverains se sont succédé dans des contextes mêlant rivalités et convoitises. Il serait très étonnant que les troubles de l'histoire n'aurait eu aucun impact sur un projet planifié sous le premier de ces pharaons, c'est-à-dire Khéops. De plus, l'analyse de chaque pyramide dévoile que chacune a connu de multiples changements de plans, dans sa structure interne et/ou au niveau de l'implantation au sol. Un projet unique semble, dès lors, peu concevable.

Les temples du Nouvel Empire[modifier | modifier le code]

Façade du temple d'Abou Simbel
Illumination du sanctuaire du grand temple d'Abou Simbel

De manière générale, si la topographie du terrain d'implantation le permettait, les édifices religieux du Nouvel Empire étaient orientés vers le Nil. Mais il arrivait quelquefois que le culte ait des exigences supplémentaires en introduisant des évènements célestes dans le langage architectural.

Le temple sud d'Abou Simbel représente l'exemple le plus célèbre d'une mise en scène « astronomico-religieuse ». Afin d'affirmer sa directe apparition en tant que soleil, Ramsès II fit édifier un speos flanqué en façade de quatre colosses de vingt mètres de hauteur, orienté vers l'est, afin que deux fois par an les rayons régénérateurs de l'astre diurne illuminent le saints-des-saints, c'est-à-dire le sanctuaire du temple.

C'est plus précisément le 20 février et le 20 octobre, au lever du soleil, que s'accomplit cet évènement précis[5]. Les statues représentent Ptah, Rê-Horakhty, Ramsès II et Amon-Rê. Seul Ptah, dieu chthonien, reste dans l'obscurité lors de l'évènement. Cependant, la lecture ne s'arrête pas là puisqu'au cours de deux périodes de l'année, ce sont les statues osiriaques de la « salle-cour » qui reçoivent une à une les rayons du soleil levant. Ces périodes sont celles du 10 janvier au 30 mars et du 10 septembre au 30 novembre[5].

Les architectes égyptiens avaient donc savamment étudiés le plan du temple rupestre afin de fixer dans la roche ces instants primordiaux à un culte dont la signification précise est oubliée.

L'astronomie dans les textes religieux[modifier | modifier le code]

L'Ancien Empire et les textes des pyramides[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Textes des pyramides.

Pour la première fois, sous le règne d'Ounas, les Égyptiens inscrivirent des textes religieux sur les parois de l'antichambre et de la chambre funéraire, restant ainsi à la disposition du ka du roi. Ces textes consistent en formules d'offrandes, formules magiques et invocations permettant au souverain défunt d'accéder à la renaissance.

Certaines formules laissent entrevoir que les égyptiens avaient déjà à cette époque, analysé la configuration du ciel étoilé, imaginé et structuré des groupements d'étoiles qu'ils associèrent à la mythologie. Ainsi, Dans les textes de la pyramide d'Ounas, des étoiles horaires (les décans du Moyen Empire ?) sont déjà mentionnées, ainsi que quelques grandes constellations comme la Grande ourse et Orion[6].

Les étoiles circumpolaires et la Grande Ourse[modifier | modifier le code]

« Les Deux-Énnéades se sont purifiées pour lui dans la Grande Ourse (msḫtjw), impérissable (jḫm-sk) (formule 302). »

« Tu pourras monter car Geb l’aura remis comme pauvre dans la localité lui appartenant. Qu’il recule et qu’il parte afin que tu puisses te purifier dans l’eau des étoiles ! Tu descendras sur une corde d’airain sur les épaules d’Horus en son nom de celui qui est dans la barque de Sokar. Les henmemet pousseront des cris pour toi, car les Impérissables (jḫmw-sk) t’auront soulevé (formule 214). »

« que cet Ounas guide les indestructibles (jḫmw-sk), qu’il navigue vers la Campagne des Joncs ! (formule 269) »

« Qu’Ounas monte sur le giron d’Isis, que cet Ounas grimpe sur le giron de Nephtys. Le père d’Ounas, Atoum, prendra la main d’Ounas et il confiera Ounas à ces dieux sages et intelligents, les Indestructibles (jḫmw-sk) (formule 269). »

Orion et Sirius[modifier | modifier le code]

Orion (ou plus précisément le baudrier d'Orion) était connue des égyptiens sous le nom sȝḥ et figurait l'Osiris visible, le pendant de l'Osiris invisible figuré par la Grande ourse (msḫtjw). L'Osiris visible du baudrier d'Orion était entouré par ses quatre enfants dits « les enfants d'Horus l'ancien » (la version archaïque d'Osiris). Ceux-ci étaient Amset, Hâpi, Douamoutef et Kébehsénouf et formaient l'astérisme rectangulaire ceignant le baudrier d'Orion. Selon Bernard Mathieu, Qébehsénouf serait ainsi l'étoile Rigel, Hâpy l'étoile Bételgeuse, Douamoutef l'étoile Bellatrix et Imséti l'étoile Saiph[7].

« As-tu besoin de monter au ciel que tu montes, tes jambes sont Amset et Kébehsénouf, as-tu besoin de descendre vers le ciel d'en bas que tu descends, tes membres sont les fils et fille (Hâpi et Douamoutef) d'Atoum, Impérissable (formule 215). »

« Orion (sȝḥ) a été avalée par la Douat, pure et vivante dans l’horizon. Sirius (spdt) a été avalée par la Douat, pure et vivante dans l’horizon. Ounas que voici a été avalé par la Douat, pur et vivant dans l’horizon (formule 216). »

« Puissiez-vous parcourir la voûte céleste ! Puissiez-vous être unis dans l’obscurité ! Puissiez-vous paraître à l’horizon à l’endroit où cela vous est profitable ! (formule 217) »

Les étoiles horaires[modifier | modifier le code]

« Ô responsable des étoiles horaires (wnwt) qui se trouvent devant , préparez le chemin pour Ounas afin qu’Ounas puisse passer dans le chemin de ronde de ceux aux visages agressifs (formule 251). »

La voie lactée[modifier | modifier le code]

« Il s’est défendu dans la chapelle blanche des grands dans la Mesqet (msqt) des étoiles (formule 262). »

Horloges stellaires de la première période intermédiaire et du Nouvel Empire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Horloge stellaire égyptienne.
Sarcophage de Itib (première période intermédiaire)
Fonctionnement d'une table ramesside (tombeau de Ramsès VI)

Une horloge stellaire égyptienne est une représentation structurée et complexe de données astronomiques, emprunte de mythologie et élaborée par les prêtres-astronomes de l'Égypte antique. Il existe différents types d'horloges stellaires telles que les horloges décanales ou les horloges stellaires ramessides.

Les premières horloges stellaires connues datent de la première période intermédiaire et figurent sur une vingtaine de sarcophages de haut dignitaires égyptiens.

La découverte de ces horloges dans des monuments à vocation strictement funéraire ne permet pas de conclure à une destination autre qu'à l'accomplissement de rites religieux. Une utilisation plus pratique voire scientifique, si tant est que ce dernier mot ait un sens en Égypte antique, serait en l'état de nos connaissances, conjecturale.

Les plus anciennes horloges stellaires décrivent une division de la nuit en douze heures, heures de durées variables, à l'aide de trente-six décans. Ces décans sont définis à l'aide du calendrier civil de 365 jours et représentent chacun une portion du ciel (une étoile ou un groupe d'étoiles) pour chaque heure de la nuit. les horloges stellaires détaillent les levers héliaques des décans pour chaque heure de la nuit et pour chaque décade de l'année, ainsi que les fêtes associées et constituent en quelques sortes une sorte d'éphémérides mais où les planètes ne prennent aucune place.

Les horloges de type ramesside sont postérieures de quelque 500 ans et différentes de celles évoquées ci-dessus. Toujours basées sur l'observation des décans, elles indiquent leur culmination ou leur transit en chaque heure de la nuit, à compter de la première heure. Une clepsydre était donc nécessaire pour l'élaboration mais également pour la lecture.

Les horloges stellaires ramessides comptaient vingt-quatre tables pour une année entière et, à l'exception de Sirius, les décans observés étaient différents de ceux d'une horloge de la première période intermédiaire.

Plafonds astronomiques du Nouvel Empire[modifier | modifier le code]

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L'astronomie à la Basse époque[modifier | modifier le code]

Le zodiaque de Dendérah semble concentrer à lui seul, tout le savoir de l'astronomie que les anciens Égyptiens avaient répertorié depuis Ounas.

Photo du plafond de la Salle hypostyle restauré en 2013.

C'est un planisphère représentant le ciel étoilé en projection plane, avec les douze constellations de la bande zodiacale, les constellations formant les 36 décans et les planètes. Ces décans sont des groupes d’étoiles de premier ordre dans le ciel nocturne. Ils sont utilisés dans le calendrier égyptien, fondé sur les cycles lunaires d'environ trente jours et la récurrence annuelle du lever héliaque de l'étoile Sothis (Sirius).

Cette représentation d'un zodiaque circulaire est unique dans l'Égypte antique. Un autre zodiaque rectangulaire orne le plafond du pronaos du temple d'Hathor mais beaucoup moins élaboré que celui-ci, car celui que l'on peut voir dans la salle hypostyle n'est en réalité qu'une procession de chacune des Constellations les unes derrière les autres.

Alors que sur le zodiaque circulaire, les distances entre les constellations et leur emplacement dans le ciel est respecté comme, actuellement, on peut l'observer sur un planisphère astronomique.

Zodiaque de Denderah avec les 48 constellations de Claude Ptolémée clairement identifiées

Ce qu'il y a de très particulier avec ce zodiaque dit d'Osiris, car il fut trouvé dans une chapelle sur le toit du Temple, dont les murs évoquent ce dieu, c'est que les deux hémisphères sont représentés sur le même plan.

Cette superposition donne l'impression d'un remplissage aléatoire d'un cercle, mais il suffit d'ôter les constellations de l'hémisphère nord, pour comprendre que pour les anciens Égyptiens, existe qu'un seul ciel, ce qui somme toute est assez logique, puisque la Terre est ronde et quand la parcourant le ciel semble faire défiler ces constellations.

Il semble que la grande « terrasse » servait d'observatoire aux prêtres astronomes de ce temple dont les plans de construction et même une partie de sa construction remonte au pharaon Khéops.

La voûte céleste est représentée par un disque soutenu par quatre piliers du ciel sous forme de femmes qui symboliseraient les quatre points inter-cardinaux, entre lesquelles sont intercalés quatre paires de génies à tête de faucon qui eux symboliseraient chaque point cardinal.

Ces directions cardinales[8] liées aux « oiseaux » du zodiaque sont confirmées par la fête de Min du Ramesséum qui se déroulait suivant un certain nombre d’étapes rituelles dont le lâché de quatre oiseaux (oies ou faucons), volant vers les quatre points cardinaux.

Représentation fidèle en couleurs du Zodiaque de Denderah

Au Nouvel Empire, ils sont associés aux décans dans les plafonds astronomiques.

Sur la première circonférence, trente six génies semblent symboliser les 360 jours de l’année égyptienne du calendrier nilotique à différencier du calendrier civil égyptien, qui lui comptait 365 jours, mais cette dénomination de « génies » n'est due qu'au manque d'étude approfondie de ce zodiaque égyptien, en effet, en y regardant de plus près, on observera la représentation de divinités, telles que Sobek, Anubis, Horus adulte et enfant et d'autres aussi célèbres, ces divinités sont bien majeures en Égyptologie tandis que le terme « génie » s'adresse plutôt à des divinités mineures, telles que Bès qui lui ne figure pas sur ce zodiaque.

Sur le cercle intérieur, on trouve l'écliptique, lequel reprend les signes du zodiaque dont la représentation est proche de leur désignation actuelle comme le Bélier, le Taureau, les Gémeaux, le Cancer, le Lion, la Vierge, la Balance, le Scorpion, le Capricorne et les Poissons, par contre le Sagittaire et le Verseau sont représentés par une iconographie plus égyptienne mais n'indique pas le style ptolémaïque : le Verseau est représenté comme le dieu de l’inondation Hâpy, tenant deux vases d’où jaillit de l’eau.

Les autres personnages préfigurent les constellations, dont on a pu identifier avec certitude 34 en plus des 12 Constellations de l'écliptique, tels que Orion, Draco, Lupus, Aquila, Cassiopea, Equuleus, Ursa Major, Ursa Minor, ..., leur iconographies sont rattachées à la mythologie et à la culture égyptiennes mais leurs formes astronomiques évoquent bien nos actuelles constellations[9].

Instruments astronomiques des anciens égyptiens[modifier | modifier le code]

Les instruments de l'astronome égyptien (horloge et palme) sont un fil à plomb et un instrument d'observation. Ils ont été identifiés avec deux objets du musée de Berlin, un manche court à partir de laquelle un fil à plomb a été suspendu, et une branche de palmier avec une fente. Cette dernière était tenue à proximité de l'œil, le fil à plomb dans l'autre main, peut-être à bout de bras.

On a pas retrouvé d'ancêtres du téléscope à proprement dit, datant de l'Égypte Ancienne, mais nous savons que les anciens Egyptiens fire fondre du sable et du natron dans des fours appropriés afin de produire eux-mêmes du verre.

Les fours permettent d’obtenir de plus hautes températures, la matière est mieux affinée. La technique du verre formé sur noyau (technique dite de « l'enduction sur noyau » , encore appelée « alabastron » : matière vitreuse déposée dans un noyau d'argile et de sable dont elle épouse la forme ; après séchage, le noyau se rétracte et peut être ôté facilement) apparaît en en Égypte vers la XVIIIe dynastie.

C'est certainement en voulant vérifier la pureté du verre en le regardant au soleil que les anciens Egyptiens, ont du constaté l'effet loupe qu'offre ce matériau.

la lentille Nimrud Assyrie - diam 38 mm - vers 750 av JC - (British museum)

L'invention de la loupe se perd dans la nuit des temps : par exemple le musée archéologique d'Héraklion, en Grèce, présente dans une vitrine d'objets du xve siècle av. J.-C. quelques « cailloux » arrondis et soigneusement polis de verre, bien transparents, et à travers lesquels on voit parfaitement la trame très grossie de la toile sur laquelle ces « cailloux » sont posés.

L’émail apparaît vers 1 500 avant J.-C. C’est une substance vitreuse qui est constituée d'un produit incolore, le fondant, que l'on teint dans la masse en ajoutant certains oxydes métalliques. Les verriers en Égypte antique appliquent des émaux de couleur ssur des poteries, toujours pour imiter l'incrustation de pierres précieuses. L'art de la fabrication du verre translucide est très certainement issu de l'art de la céramique.

La technique du polissage remonte au moins au premier millénaire avant Jésus-Christ, voire au troisième, de concert avec la découverte du verre.

Les premières lentilles optiques furent fabriquées sous l'empire assyrien et sont antérieures à -700[10] : il s'agissait de cristaux polis. La plupart du temps de quartz

Mais des lentilles similaires à celles provenant d'Assyrie furent fabriquées par les anciens Égyptiens.

Les premiers travaux d'optique pratique visent la mise au point de lentilles et remontent aux anciens Égyptiens et Babyloniens.

Sous la dynastie Ptolémaïque, Alexandrie devient le centre de la verrerie de l'empire, fabriquant toute sorte d'objets en verre.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cf. Erik Hornung, Die Nachtfahrt der Sonne. Eine altägyptische Beschreibung des Jenseits, Düsseldorf, Patmos,‎ 2005 (ISBN 3-491-69130-3).
  2. Cf. Gerald Avery Wainwright et B. Gunn, « A Subsidiary Burial in Hap-Zefi’s Tomb at Assiut », Annales du service des antiquités de l’Égypte, no 26,‎ 1926, p. 160–171.
  3. Et après la chanteuse, avance l'astrologue (ὡροσκόπος), avec une horloge (ὡρολόγιον) dans sa main et une palme (φοίνιξ), les symboles de l'astrologie. Il doit savoir par cœur les Hermetica (livres astrologiques), qui sont au nombre de quatre. Parmi ceux-ci, l'un est sur la disposition des étoiles fixes qui sont visibles, un autre sur les positions du soleil, de la lune et cinq planètes, un autre encore sur les conjonctions des phases du soleil et la lune..., Clément d'Alexandrie, Stromata, vi. 4.
  4. Iorwerth Eiddon Stephen Edwards, Les pyramides d'Égypte, 1992, (ISBN 978-2-253-05863-2), p. 300
  5. a et b Christiane Desroches Noblecourt, Les secrets des temples de la Nubie, Éd. Stock/Pernoud, 1999, p. 200-205
  6. Raphaël Bertrand, Les Textes de la Pyramide d'Ounas, Anoup Editions, 2008
  7. Bernard Mathieu, Les Enfants d’Horus, théologie et astronomie, ENIM 1, 2008, p. 7-14 (en ligne)
  8. Bibliographie analytique des religions de l'Égypte (1939-1943) sur Persée
  9. Flickr.com
  10. (en) BBC News, "World's oldest telescope?"

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Massimiliano Franci, Astronomia egizia, Introduzione alle conoscenze astronomiche dell'antico Egitto, Edarc, Firenze 2010, ISBN 978-88-86428-94-1

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]