Cercle de Goseck

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51° 12′ 33″ N 11° 52′ 20″ E / 51.20904, 11.87234

Cercle de Goseck
Goseck-1.jpg

Schéma de Goseck pris en 2003 et représentant l’enclos.

Caractéristiques
Type
Enclos circulaires du Néolithique en Europe centrale (en), musée en plein air +
Construction
VIe millénaire av. J.-C. +
Pays
Coordonnées
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en jaune : représentation du solstice d'hiver, t.q. projeté sur le site, il y a 6 800 ans (la ligne verticale trace le méridien astronomique).

Le cercle de Goseck, se trouve en Saxe-Anhalt (land de Saxe-Anhalt), en Allemagne. Découvert par archéologie aérienne en août 2003, c’est un énorme cercle tumulaire de 75 m de diamètre, reposant dans une plaine emblavée.

Selon la NASA[réf. nécessaire], il fait partie des cinq observatoires les plus anciens qui sont :

Le site de Externsteine en Rhénanie-du-Nord-Westphalie (Allemagne) peut être également un tel observatoire[réf. nécessaire].

Description du site[modifier | modifier le code]

L'un des cercles de rondins entre les palissades interne et médiane

Il comprend une série de trois cercles concentriques de terre et d’épieux de bois (sans doute à l’époque renforcés d’épineux) avec chacun 3 ouvertures qui coïncident avec les levers et couchers du soleil aux solstices d’hiver et d’été.

L’existence d’un quatrième cercle extérieur, qui aurait disparu au fil des âges, est fortement discutée.

Les travaux du Dr Schlosser[modifier | modifier le code]

Le Pr. Wolfhard Schlosser de l’Université de la Ruhr à Bochum, astronome spécialisé en astro-archéologie, est depuis à l’œuvre pour reconstituer un temple du Soleil érigé par une civilisation européenne chevauchant les âge de la pierre et âge du bronze final. Daté de 4 800 avant l’ère chrétienne, il serait donc légèrement antérieur aux sites similaires retrouvés en Mésopotamie ou en Haute-Égypte (Nabta Playa).

Wolfhard Schlosser pense que le remarquable agencement du site indique que l’on se trouve, en fait, devant l’un des premiers exemples d’observatoire astronomique ; astronomique certes mais surtout utilisé à des fins astrologiques et agricoles. Pour Schlosser, l’un des trois portails, le sud, marquait le lever et le coucher héliaque aux solstices d’hiver et d’été. Il permettait aux prêtres mais aussi aux premiers agriculteurs européens de déterminer avec précision le calendrier de leurs travaux mais également de se protéger des diverses agressions inhérentes à cette époque (bêtes sauvages, tribus hostiles, …).

Toujours selon Schlosser, « Goseck n'est pas simplement une « construction calendaire », mais, plutôt, et clairement une construction sacrée ». Dans sa démonstration, Schlosser établit avec adresse que le site a été construit pour l’observation des phénomènes astronomiques tels que les mouvements des astres les plus proches (lune et soleil, étoiles et planètes), mais aussi pour suivre le déroulement du temps. Ces cycles célestes furent importants pour l’accomplissement des rites mais aussi pour les semailles et les moissons de cette toute première organisation humaine digne d’être nommée civilisation.

Corroborant ceci, le Pr Francois Bertemes de l'Université de Halle-Wittenberg indique qu’il est assez habituel que de tels observatoires astronomiques aient été également des lieux de culte et les centres de la vie sociale.

Activités annexes[modifier | modifier le code]

Détail de la palissade reconstituée

En fait, toutes les activités sacrées, profanes, scientifiques étaient si fortement imbriquées que séparer les unes des autres relève quasiment de l’artifice. On peut cependant mettre en exergue :

  • Les activités agricoles : les fouilles des maisons voisines en bois-argile ont fourni une variété de grains et la preuve d’une toute première domestication des chèvres, moutons, porcs et vaches. Les fermiers ont atteint cette partie du monde environ 500 ans avant qu'ils n'aient construit l'observatoire solaire. Les tout premiers agriculteurs néolithiques auraient évalué quantitativement le cycle lunaire (Déesse-Lune) et les positions des constellations. Les Pléiades, qui disparaissent du ciel du nord au printemps et qui réapparaissent à l'automne, marquent toujours les cycles de récolte pour beaucoup de fermiers dans l’hémisphère Nord. Mais du fait que leurs repères de plantation se décalaient dans le temps du fait de la non concordance du cycle lunaire et du cycle solaire (saisons), ils en vinrent à force d'observations à comprendre que le solstice d'hiver permettait le recalage calendaire sur le cycle solaire au moment précis du « nouveau soleil », Neu Sonne en allemand (fils du Dieu-Soleil).
  • Les activités artisanales : des restes de pierres taillées, céramiques, fonderie, tissage, etc. sont largement présents sur le site.

Éléments voisins[modifier | modifier le code]

Les autres sites monumentaux[modifier | modifier le code]

Goseck, fait partie d’un ensemble de plus de 200 sites monumentaux, observés d’avion et répartis en Allemagne, Autriche, Slovénie et République tchèque. Mais ces différents sites européens de tertres préhistoriques comprennent habituellement quatre cercles concentriques de terre et de bois, leurs ouvertures étant vraisemblablement reliées aux lever et coucher du soleil au solstice d’hiver. Alors que Goseck, lui ne comporte (actuellement) que 3 cercles-portails concentriques. Cette particularité relève-t-elle de l’astronomie ou du Sacré (signant par exemple la foi en une Trinité) ?

Sur le même parallèle : les sites de Stonehenge, (comté du Wiltshire, Angleterre), les Externsteine près de Paderborn en Saxe et Goseck se trouvent tous sur le 51e parallèle. Cependant, le Cercle de Goseck est antérieur de 3 000 ans à la dernière phase de construction de Stonehenge.

Le disque de Nebra[modifier | modifier le code]

Au solstice d'été à Nebra, le soleil se couche derrière le Brocken. Ce fait, non négligeable, permet d'imaginer une orientation possible du disque lors de son utilisation.

Les experts rapprochent les tertres de Goseck d’une autre découverte spectaculaire faite à moins de 30 km : le disque de Nebra. En effet, bien que ce disque ait été créé 2 400 ans plus tard, la conformation du site de Goseck, son orientation et le marquage des solstices d’hiver et d’été offre des similarités avec le disque de Nebra[1].

Bien qu’aucun disque semblable n’ait été retrouvé à Goseck, Bertemes et Schlosser sont persuadés de l’existence d’un tel disque sur le site de Goseck. Comme beaucoup d’autres objets anciens, il aurait pu être refondu ou tout simplement pillé.

De plus, pour Bertemes le troisième arc du disque en confirme l’usage mythologique. Les anciens ne semblaient pas avoir compris de quelle manière le soleil, alors qu’il se couchait à l'ouest, pouvait se lever à l'est le matin suivant. Les représentations, multi-séculaires d'un disque solaire dans une barque, à l'âge du Bronze se retrouvent aussi bien en Égypte qu’en Scandinavie. Elles traduisent la conviction de ces peuples en l’existence d’un vaisseau transportant l’astre solaire, en fait un Dieu, à travers le ciel nocturne. Le disque de Nebra est la première preuve d'un tel dogme en Europe centrale.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le disque de bronze de Nebra (supra), vieux de 3 600 ans, fut découvert à seulement 25 km de Goseck dans la région boisée de Nebra et est considéré comme la plus ancienne représentation concrète du cosmos. Le disque de 32 centimètres est décoré de symboles en feuilles d’or qui représentent clairement le soleil, la lune et leurs mouvements. Un groupe de sept points a été interprété comme la constellation des Pléiades telle qu’elle apparaissait il y a 3 600 ans. Schlosser pense que les formations sur le disque étaient basées sur les observations astrologiques précédentes, qui auraient pu être faites à Goseck (l’observatoire le plus proche de Nebra). Les archéologues sont certains que l’observatoire, avec sa fonction de poursuite du temps, jouait un rôle crucial dans une société dominée par le changement des saisons. Bertemes et Schlosser en concluent que l’observatoire de Goseck et le disque de Nebra signent une connaissance astronomique commune ; connaissance liée à une mythologie et une cosmologie bien précises et cela dès les premiers siècles de la civilisation européenne.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

en français
  • Le disque de Nebra : un calendrier agricole ? par Wolfhard Schlosser - professeur d’astronomie à l’Université de la Ruhr (Bochum) - Revue « Pour la Science » no 318 - avril 2004.
en allemand
  • Sterne und Steine von Wolfhard Schlosser (astronom) und Jan Cierny (Prähistoriker archeolog), Gebundene Ausgabe –Verlag: Theiss; Auflage: 2 (1997) (ISBN 3-8062-1318-6)
  • François Bertemes: Sonne über Sachsen-Anhalt. in: Antike Welt. Zeitschrift für Archäologie und Kulturgeschichte. Éditeur Philipp von Zabern, Mainz 34.2003, 5, S. 543. (ISSN 0003-570X)
  • François Bertemes, P. F. Biehl, A. Northe, O. Schröder: Die neolithische Kreisgrabenanlage von Goseck, Landkreis Weißenfels. in: Archäologie in Sachsen-Anhalt. Halle 2.2004, S. 137–145. (ISSN 1439-4618)
  • François Bertemes, P. F. Biehl: Goseck - Archäologie geht online. in: Archaeologie in Deutschland (AID). Theiss, Stuttgart 2005, 6, S. 36ff. (ISSN 0176-8522)
  • Ina Mahlstedt: Die religiöse Welt der Jungsteinzeit. Theiss, Stuttgart 2004. (ISBN 3-8062-1839-0)
  • Ernst Probst: Deutschland in der Steinzeit. Bertelsmann, München 1991. (ISBN 3-570-02669-8)
  • H. Spatz, Hinkelstein: Eine Sekte als Initiator des Mittelneolithikums? In: J. Eckert u.a. (Hersg.) Archäologische Perspektiven - Analysen und Interpretationen im Wandel. Festschrift für J. Lüning. Internat. Arch. Studia honoraria 20 (Rahden 2003)
  • K. Schmidt: Bandkeramische Erdwerke - Verteidigungsanlagen? In: In: Varia neolithica IV, 2006. (ISBN 3-937517-43-X)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]