Jean-Baptiste Biot

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Biot.
Jean-Baptiste Biot
Description de cette image, également commentée ci-après

Jean-Baptiste Biot

Naissance
Paris (France)
Décès (à 87 ans)
Paris (France)
Nationalité Drapeau de la France Français
Champs Astronomie, mathématiques, physique
Institutions École centrale de Beauvais, Collège de France, Faculté des sciences de Paris
Diplôme École des ponts et chaussées, École centrale des travaux publics
Renommé pour Loi de Biot et Savart, nombre de Biot
Distinctions Médaille Rumford

Signature

Signature de Jean-Baptiste Biot

Jean-Baptiste Biot ( à Paris à Paris, 5e) est un physicien, astronome et mathématicien français, pionnier de l'utilisation de la lumière polarisée pour l'étude des solutions.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine familiale et formation[modifier | modifier le code]

Le père de Jean-Baptiste Biot, Joseph Biot, était originaire d'un village de Lorraine, près de Bourbonne-les-Bains. Issu d'une famille de cultivateurs, il était employé à la trésorerie. Jean-Baptiste Biot fait des études secondaires (humanités) à Paris au collège Louis-le-Grand jusqu'en 1791. Il reçoit ensuite des leçons particulières de mathématiques d'Antoine-René Mauduit. Son père l'envoie ensuite au Havre se former au commerce auprès d'un négociant. Afin d'échapper à cette condition, Biot s'engage à 18 ans (septembre 1792) comme canonnier volontaire au 9e bataillon de la Seine-Inférieure ; il participe notamment à la bataille de Hondschoote. Atteint d'un plica au genou, il est hospitalisé, puis rentre à Paris en septembre 1793. Il commence des études d'ingénieur à l'École des ponts et chaussées en janvier 1794, puis rejoint l'École centrale des travaux publics (future École polytechnique) à son ouverture en décembre 1794 au Palais Bourbon. Il y est notamment chef de brigade. Un an plus tard (octobre 1795), il rejoint à nouveau l'École des ponts et chaussées pour terminer sa formation d'ingénieur.

Carrière académique[modifier | modifier le code]

C'est vers l'enseignement que Biot oriente sa carrière après ses études d'ingénieur. Il devient professeur de mathématiques à l'École centrale du département de l'Oise à Beauvais en mars 1797, poste qu'il occupe durant 4 ans, et publie le contenu de ses leçons destinées aux candidats à l’École polytechnique en 1802 (Essai de géométrie analytique : appliquée aux courbes et aux surfaces du second ordre). Grâce à l'appui de Laplace, il est nommé en novembre 1800, âgé de 26 ans, professeur de physique mathématique au Collège de France, succédant à Jacques Antoine Joseph Cousin, démissionnaire[1]. Il enseigne à l'Athénée de Paris de 1803 à 1806. Nommé premier titulaire de la chaire d'astronomie de la faculté des sciences de Paris le 18 avril 1809, il devient docteur ès sciences par collation le 5 août de la même année. Il est entre 1816 et 1826 chargé de la moitié du cours de physique pour l'acoustique, le magnétisme et l'optique, Gay-Lussac, titulaire de la chaire de physique, enseignant la chaleur, les gaz, l'hygrométrie, l'électricité et le galvanisme. Il est rappelé aux fonctions de professeur d'astronomie en mars 1826 et c'est Claude Pouillet qui reprend ses enseignements pour le cours de physique. Il est doyen de la Faculté des sciences de Paris à partir de 1840, succédant à Louis Jacques Thénard. Il est mis à la retraite comme professeur de la faculté des sciences en 1849 et y est nommé professeur honoraire.

Missions scientifiques[modifier | modifier le code]

Biot est chargé de plusieurs missions scientifiques, en particulier en tant qu'astronome-adjoint (1806) puis titulaire (1825) du Bureau des longitudes. En juin 1803, à la demande du ministre de l'Intérieur Chaptal, il se rend à L'Aigle (Orne), où une météorite était tombée le 26 avril 1803, et fait un rapport considéré comme la première preuve de l'origine non terrestre des météorites. Il fait, à la demande de l'Institut de France, en 1804 une périlleuse ascension aérostatique avec Gay-Lussac, à l'altitude de 13 000 pieds (environ 4 000 mètres), afin d'étudier les caractéristiques magnétiques, électriques et chimiques de l'atmosphère. En août 1806 il est chargé par le Bureau des longitudes, conjointement avec Arago, secrétaire du Bureau, de continuer la mesure d'un arc de méridien en France et en Espagne commencée par Pierre Méchain. En août 1808 il est chargé par le Bureau, conjointement avec Claude-Louis Mathieu, de déterminer la longueur du pendule à Bordeaux. Une mission similaire lui est confiée en 1817 pour la mesure du pendule en Écosse et aux Îles Shetland, puis en Illyrie et aux Îles Baléares en 1824-25. En 1817, il est envoyé avec Arago à Dunkerque pour déterminer la latitude, concurremment avec une commission anglaise.

1804 - Gay-Lussac et Biot à 4 000 mètres de hauteur.
(Chromolithographie du XIXe siècle).

Décorations[modifier | modifier le code]

Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur par Louis XVIII en 1814, puis par Napoléon en 1815, puis officier en 1823 et commandeur en 1849, ainsi que chevalier de l'ordre de Saint-Michel en 1821 et chevalier de l'ordre prussien Pour le Mérite dans les sciences et les arts en 1850.

Il est lauréat de la médaille Rumford en 1840.

Comités, conseils et jurys[modifier | modifier le code]

Biot est examinateur d'admission à l'École polytechnique de septembre 1799 à 1806. Il est ensuite membre du conseil de perfectionnement de l'École polytechnique de 1817 à 1821, inspecteur des études des écoles royales militaires de Saint-Cyr et de la Flèche de 1821 à 1830, membre du jury central de l'exposition des produits de l'industrie en 1823, membre du jury pour l'admission des élèves aux écoles polytechnique et de Saint-Cyr en 1825, et est nommé membre du Conseil académique en juin 1840.

Sociétés savantes[modifier | modifier le code]

Biot est nommé membre correspondant de la Société philomathique de Paris en 1796 et titulaire en 1801, membre associé de la section de géométrie de l'Institut de France (puis Académie des sciences), et membre titulaire le 11 avril 1803. Il est également membre correspondant de l'Académie des sciences, lettres et arts de Turin (1804), membre correspondant de l'Académie des sciences de Lucques (1806), membre correspondant de l'Académie royale des sciences de Munich (1808), membre de la Société royale de Londres (1815), membre de l'Académie royale des sciences de Stockholm (1816), membre honoraire de l'Académie impériale des sciences de Saint-Pétersbourg (1818), membre correspondant de l'Académie des sciences de Naples (1818) ; membre correspondant de l'Académie royale de Lucques (1818) ; membre de la Société philosophique de Cambridge (en) (1820) ; membre de l'Académie royale de Berlin (1820) ; membre de la Société helvétique des sciences naturelles (1820) ; membre honoraire de la Société royale pour l'encouragement des sciences, des lettres et des arts d'Arras (1821) ; membre de l'Académie américaine des arts et sciences de Boston (1822) ; membre étranger de la Société italienne des sciences résidant à Modène (1822) ; membre honoraire de la Société météorologique de Londres (1824) ; membre honoraire de l'Académie des sciences naturelles de Catane (1825) ; membre non résidant de l'Académie des sciences et belles-lettres de Palerme (1827) ; membre étranger de l'Académie de Palerme (1828) ; membre honoraire de l'Académie royale de Messine (1829) ; membre de la Société pour l'avancement des sciences naturelles de Halle (1829) ; membre de la Société royale astronomique de Londres (1832) ; membre de la Société royale des sciences d'Uppsala (1836) ; membre honoraire de la Société littéraire et philosophique de Saint-Andrews, Écosse (1838) ; membre correspondant de la Société littéraire et historique de Québec (1839) ; membre libre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres de France (1841) ; membre honoraire de la Société littéraire et philosophique de Manchester (1843) ; membre correspondant de l'Académie royale de Milan (1844) ; membre de la Société académique de l'Oise (1845) ; membre correspondant de l'Académie pontificale des Lincei de Rome (1850) ; membre correspondant de l'Académie des sciences de Bologne (1851) ; membre de l'Académie française (1856) ; membre correspondant de l'Académie des sciences, lettres et arts de Venise (1857) ; membre correspondant de l'Académie royale des sciences, lettres et arts de Modène (1858) ; académicien étranger pour la classe physicomathématique de l'Académie royale des sciences de Turin (1860) ; membre étranger de l'Académie impériale des sciences de Vienne (1860) ; membre correspondant de l'Académie des sciences naturelles de Cherbourg (1861).

Travaux scientifiques[modifier | modifier le code]

Essai de géométrie analytique, 1826

Biot est notamment connu pour avoir étudié et établi avec Jean-François Persoz les lois de la rotation du plan de polarisation de la lumière traversant une solution liquide. Partant de ces résultats, il utilise le saccharimètre[2] pour déterminer la nature et la quantité de sucres présents dans une solution. Il formule également, avec Félix Savart, la loi de Biot-Savart, qui donne la valeur du champ magnétique produit en un point de l'espace par un courant électrique en fonction de la distance de ce point au conducteur.

Famille[modifier | modifier le code]

Marié à Gabrielle Brisson, fille de l'avocat Antoine Brisson et de Marie-Élisabeth Le Caron de Troussures, il est le père de l'ingénieur et sinologue Édouard Biot.

Hommages[modifier | modifier le code]

Le minéralogiste allemand Johann Friedrich Ludwig Hausmann lui a dédié une espèce minérale, la biotite, en hommage à son travail sur les lois optiques permettant de classer la famille des micas.

Il existe une rue Biot à Paris dans le 17e arrondissement de Paris[3]. Il existe une rue Biot à Beauvais, près de la cathédrale. Une rue Jean-Baptiste Biot se situe également dans la zone industrielle Nord de Perpignan.

Principaux ouvrages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. C'est pour Cousin que la chaire de philosophie grecque et latine avait été transformée en chaire de physique générale en 1769.
  2. Voir la définition de « saccharimètre » dans le wiktionnaire et celle donnée par le Centre national de ressources textuelles et lexicales. Les études du pouvoir rotatoire effectuées par Biot ont donné naissance au saccharimètre, un polariseur muni de prismes de Nicol, qui a trouvé une application dans le domaine de la viticulture en permettant de jauger directement la teneur en sucre des raisins, leur degré de maturité.
  3. La rue Biot sur Paris.fr.

Sources[modifier | modifier le code]

Marie-Nicolas Bouillet et Alexis Chassang (dir.), « Jean-Baptiste Biot » dans Dictionnaire universel d’histoire et de géographie,‎ (Wikisource)

  • F. Lefort, « Documents relatifs à la vie et aux travaux scientifiques ou littéraires de Jean-Baptiste Biot », dans Bulletin de bibliographie d'histoire et de biographie mathématique, Volume 8, août 1862
  • F. Lefort, « Un savant chrétien — J.-B. Biot », dans Le correspondant : recueil périodique : religion, philosophie, politiques, sciences, littérature, beaux-arts, vol. 72, p. 955, 1867

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]