Karel Kramář

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Karel Kramář (né le à Vysoké nad Jizerou et décédé le à Prague) est un homme politique tchèque et le premier président du conseil de la Tchécoslovaquie.

Malgré cela, il est devenu obscur, ce qui est causé, au moins en partie, par ses opinions en politique étrangère : favorable à la Russie impériale mais hostile à l'Allemagne, à l'Autriche et à l'Union soviétique.

Avant-guerre en Autriche-Hongrie[modifier | modifier le code]

Kramář étudie le droit à Prague. Il s'engage très rapidement dans la politique. En 1899, il participe à la création du Parti réaliste avec Tomáš Masaryk, mais le parti éclate rapidement en raison de leurs points de vue différends sur les relations internationales.

En 1891, il est élu au Reichsrat, le parlement autrichien, en tant que membre du Parti des jeunes Tchèques ; il est bientôt le chef du parti. Il obtient des positions de plus en plus élevées au sein du parlement et s'occupe notamment de politique étrangère bien que les députés tchèques y ont rarement s'engagé.

Panslaviste, Kramář pense que l'alliance avec la Russie impériale est le meilleur moyen pour les Tchèques d'obtenir leur autonomie. En cela, il s'oppose à Masaryk, qui est beaucoup plus tourné vers l'Europe de l'Ouest et vers les États-Unis.

Lors d'un voyage en Russie, il rencontre sa future épouse. Elle aura une grande influence sur son action politique. Puisqu'elle est mariée dans la richissime famille Abrikossov et est elle-même issue des Khloudov, famille d'industriels fortunés de Moscou, ils doivent cacher cette relation pendant près de dix ans, jusqu'à l'obtention du divorce.

Karel Kramář.jpg

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Pendant la Première Guerre mondiale, il est accusé de trahison par les autorités autrichiennes et condamné à mort par un tribunal militaire, peine commuée par l'empereur François-Joseph Ier à 15 ans de prison[1]. Il comprend mal comment un homme politique peut être ainsi emprisonné et condamné. Cette peine galvanise l'opinion nationaliste tchèque. L'empereur Charles Ier d'Autriche lui accorde son amnistie, en 1917.

Tchécoslovaquie indépendente[modifier | modifier le code]

Lors de la naissance de la Tchécoslovaquie, il reconnaît l'autorité de son adversaire Masaryk, en tant que président. Kramář devient lui-même président du conseil. Il est également le leader du parti démocratique national (Československá národní demokracie) de la Tchécoslovaquie.

Pendant toute la durée de son gouvernement, Kramář est en France, où il participe à la Conférence de paix de Paris (1919). Il dirige son gouvernement de manière épistolaire, et son gouvernement tombe donc très rapidement. À son retour de Paris, il n'est plus que député. Il n'obtiendra plus de hautes fonctions.

En mai 1919, un anarchiste, Alois Šťastný, tente de l'assassiner.

Pendant les années 1920, il aide énormément les Russes qui sont exilés en Tchécoslovaquie à la suite de la Révolution bolchévique. Il s'oppose à la reconnaissance de la Tchécoslovaquie avec l'Union soviétique.

Il meurt en 1937, peu de temps après son épouse.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Paul Bled, L'agonie d'une monarchie. Autriche-Hongrie 1914-1920, Tallandier 2014, p. 232