Christopher Browning

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Christopher Browning
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Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (74 ans)
TurinVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Christopher Robert BrowningVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Lieu de travail
Formation
Activité
Autres informations
A travaillé pour
Université du Pacifique Luthérienne (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Membre de

Christopher Robert Browning, né le 22 mai 1944, est un historien américain fonctionnaliste spécialiste de l'Holocauste.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est principalement connu pour son ouvrage, Les Hommes ordinaires : le 101e bataillon de réserve de la police allemande et la Solution finale en Pologne. Dans ce livre, il montre comment un groupe de soldats allemands a été amené à tuer des milliers de Juifs. Pour Christopher Browning, c'est la société qui, conditionnant les individus dès leur naissance à la soumission à l'autorité, a fait de ces soldats des tueurs. Pour étayer cette thèse, il s'appuie sur les travaux de Stanley Milgram.

Des hommes ordinaires : Le 101e bataillon de réserve de la police allemande et la Solution finale en Pologne[modifier | modifier le code]

"À l'aube du 13 juillet 1942, les hommes du 101e bataillon de police de réserve allemande entrent dans le village polonais de Josefow. Arrivés en Pologne quelques jours auparavant, la plupart d'entre eux sont des pères de famille trop âgés pour être envoyés au front. Dans le civil, ils étaient ouvriers, vendeurs, artisans, employés de bureau. Au soir de ce 13 juillet, ils se sont emparés des 1 800 Juifs de Josefow, ont désigné 300 hommes comme " Juifs de labeur ", et ont abattu à bout portant, au fusil, 1 500 femmes, enfants et vieillards."[1]

"La plupart de ces réservistes ordinaires étaient devenus adultes avant l’arrivée d’Hitler au pouvoir et n’avaient jamais été des nazis militants ni des racistes fanatiques. Pourtant en seize mois, ces hommes vont assassiner directement, d’une balle dans la tête, 38 000 Juifs, et en déporter 45 000 autres vers les chambres à gaz de Treblinka – un total de 83 000 victimes pour un bataillon de moins de 500 hommes. Utilisant les témoignages de 210 anciens de ce bataillon, Christopher Browning les laisse raconter avec leurs propres mots leur participation à la Solution finale – ce qu’ils ont fait, ce qu’ils ont pensé, comment ils ont rationalisé leur conduite meurtrière." [2]

Après avoir fait le récit des massacres commis par cette unité à partir des témoignages des anciens membres de l'unité, Christopher browning essaye dans le dernier chapitre de livre de comprendre ce qui a pu pousser ces hommes à commettre ces atrocités :

- Elles relèvent d'une politique gouvernementale officielle. Les hommes ne font que se soumettre à la loi.

- La soumission à la loi est légitimée par l'endoctrinement. La déshumanisation des Juifs par la propagande depuis 1933 contribue à la distanciation psychologique, et facilite la tuerie.

- La bureaucratie et la division des tâches permettent une distanciation.

- 80 à 90% des hommes ont tué par conformisme, parce qu'ils ont cédé à la pression du groupe. Refuser de participer aux massacres, c'est commettre une action " asociale "[3], rompre les liens de camaraderie, et donc risquer l'isolement, le rejet du groupe qui constitue le seul lieu de sociabilité pour ces hommes.

- La peur des sanctions même si le Commandant Trapp, chef de l'unité, protégeait ceux qui avaient refusé de participer au massacre de Josefow. [4]

Ce livre est particulièrement intéressant car il démontre que "n'importe quel groupe humain peut être transformé en groupe criminel contre l’humanité, pourvu qu’on ait d’abord créé le contexte qui rend possible la déshumanisation de l’ennemi."[5]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • (en) Ordinary Men : Reserve Police Battalion 101 and the Final Solution in Poland, New York : HarperCollins, 1992.
    (fr) Des hommes ordinaires. Le 101e bataillon de réserve de la police allemande et la « Solution finale » en Pologne, Paris, Les Belles Lettres, 1994 (1re éd. américaine, 1992).
  • (fr) Politique nazie, travailleurs juifs, bourreaux allemands, Paris, Les belles lettres, 2002 (ISBN 2-251-38055-8)
  • (en) The Final Solution and the German Foreign Office: a study of Referat D III of Abteilung Deutschland, 1940–43, New York : Holmes & Meier, 1978.
  • (en) The Origins Of The Final Solution : The Evolution of Nazi Jewish Policy September 1939-March 1942, London, Arrow, 2005, 640 p. (ISBN 978-0099454823)
    (fr) Les origines de la solution finale, Paris, Les belles lettres, 2007.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Christopher Browning, Des hommes ordinaires : Le 101e bataillon de réserve de la police allemande et la Solution finale en Pologne, quatrième de couverture
  2. Christopher Browning, Des hommes ordinaires : Le 101e bataillon de réserve de la police allemande et la Solution finale en Pologne, Quatrième de couverture
  3. Christopher Browning, Des hommes ordinaires : Le 101e bataillon de réserve de la police allemande et la Solution finale en Pologne, P. 243
  4. Christopher Browning, Des hommes ordinaires : Le 101e bataillon de réserve de la police allemande et la Solution finale en Pologne, p. Chapitre 1
  5. « Des hommes ordinaires (Christopher Browning) », sur leretourauxsources.com,

Liens externes[modifier | modifier le code]