Filiation des abbayes cisterciennes

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Blason de l'ordre cistercien
Article principal : Ordre cistercien.

La filiation des abbayes cisterciennes est la traduction concrète du principe d'autonomie et d'interrelation des divers établissements cisterciens entre eux. Mise en place par Étienne Harding à travers la Carta Caritatis au début du XIIe siècle, cette filiation a de nombreuses implications pratiques. Après la quasi-disparition de l'ordre au moment de la Révolution française et des guerres napoléoniennes, le principe est repris aussi bien dans l'ordre de la commune observance que dans celui de la stricte observance ou chez les bernardines d'Esquermes.

Principes et histoire[modifier | modifier le code]

L'abbaye de Cîteaux, fondée en 1098 par Robert de Molesme et ses compagnons, attire de nombreux postulants désireux de suivre la règle cistercienne. À part des années 1110, les premières fondations se créent. Dans les années 1120, les nouvelles fondations cisterciennes, intégrés dans des établissements géographiquement distants, reçoivent des formations propres à la maison qui les accueille. Pour favoriser la cohésion, éviter les discordes et fonder des relations organiques entre les monastères, dès 1114, Étienne Harding, abbé de Cîteaux rédige une Carta Caritatis, Charte d'unanimité et de charité[1]. Cette charte, document juridique, « règle le contrôle et la continuité de l'administration de chaque maison, […] définit les rapports des maisons entre elles et assure l'unité de l'ordre »[2]. Elle est complétée jusqu'en 1119, puis, au vu de nouvelles difficultés, remaniée vers 1170 pour donner naissance à la Charte de charité postérieure.

Par son esprit, elle se détache du modèle clunisien de la familia hiérarchisée en offrant une large autonomie à chaque monastère. Cîteaux reste l'autorité spirituelle gardienne de « l'observance de la sainte règle » établie au Nouveau Monastère. Chaque monastère ayant fondé une abbaye-fille a une relative préséance sur celui-ci, notamment en ce qui concerne les prises de décision au Chapitre Général. Pour ce qui est des abbayes « indépendantes » les unes par rapport aux autres, c'était la date de fondation qui primait. Aussi la liste complète (tabulæ abbatiarum) des abbayes était-elle entreposée et conservée avec soin à Cîteaux, ainsi, au moins par fragments, que dans d'autres abbayes[3].

Chaque monastère, selon le principe de charité, doit secours aux fondations les plus démunies, les abbayes mères assurant le contrôle et l'élection des abbés au sein des abbayes filles. L'abbé de Cîteaux garde, par ses conseils et dans ses visites, une autorité supérieure. Chaque abbé doit se rendre chaque année à Cîteaux pour le Chapitre général, organe suprême de gouvernement et de justice, autour de la fête de la Sainte Croix (14 septembre), à la suite desquels des statuts étaient promulgués. Cette procédure n'est pas entièrement originale puisqu'elle remonte aussi aux origines de l'ordre de Vallombreuse, mais l'inspiration vient évidemment de la convention entre Molesme et Aulps signée en 1097, sous l'abbatiat de Robert. Depuis la fin du XIIe siècle, le Chapitre est assisté par un comité de définiteurs nommés par l'abbé de Cîteaux, le Définitoire. Les cisterciens acceptent cependant le soutien et le contrôle de l'évêque du lieu en cas de conflit au sein de l'ordre. Ainsi, dès 1120, sur le plan juridique et normatif, l'essentiel de ce qu'est l'ordre repose sur des principes solides et cohérents.

Les dates indiquées sont celles d'un établissement cistercien. Les abbayes cisterciennes ou trappistes aujourd'hui actives sont indiquées en gras.

Jusqu'à la Révolution française[modifier | modifier le code]

Les abbayes primaires[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Abbaye primaire.
Cîteaux et ses quatre premières abbayes-filles.

Les quatre premières abbayes-filles de Cîteaux sont nommées abbayes primaires. Par extension, ce nom peut être donné également à l'abbaye de Cîteaux elle-même. Enfin, le cas particulier des abbayes féminines donne une prééminence à l'abbaye de Tart, sans que celle-ci acquière des prérogatives semblables à celles des quatre abbayes primaires masculines.

Filiation détaillée de la lignée de Cîteaux[modifier | modifier le code]

Filiation détaillée de la lignée de La Ferté[modifier | modifier le code]

Filiation détaillée de la lignée de Pontigny[modifier | modifier le code]

Filiation détaillée de la lignée de Clairvaux[modifier | modifier le code]

Filiation détaillée de la lignée de Morimond[modifier | modifier le code]

Filiation des abbayes cisterciennes féminines[modifier | modifier le code]

La filiation des abbayes féminines de l'ordre est beaucoup moins connue. Leopold Janauschek ne les recense pas ni, a fortiori, ne leur donne de numéro d'ordre.

Les abbayes féminines, jusqu'à la Révolution, ont une filiation hybride. Il existe d'une part la filiation à Tart, plus secondairement et localement celle à las Huelgas de Burgos, d'autre part des filiations mêlées à celles des abbayes masculines. La première s'explique par le refus d'Étienne Harding de soumettre les femmes à une règle aussi rigoureuse que celle des hommes. La filiation de Tart présente donc une règle cistercienne assouplie. D'autre part, lors de la création par des hommes d'une abbaye dans une région, il arrive fréquemment que des femmes de la famille de ceux-ci (mère, sœurs, voire femme) prennent également le voile dans une fondation située à peu de distance, et qui s'affilie avec le nouveau monastère cistercien[6],[7].

Par ailleurs, la filiation des abbayes féminines est difficile à établir, car, si c'est bien une abbaye féminine qui en fonde une autre, en revanche, dans la gestion quotidienne, une disposition de la règle cistercienne interdit à la supérieure d'une abbaye de visiter ses filiales ; c'est donc le monastère cistercien masculin le plus proche, ou le plus apte, qui devient « père » immédiat de la nouvelle abbaye cistercienne. De surcroît, cette affiliation d'un monastère féminin à un monastère masculin est matérialisée aussi symboliquement que concrètement par le paiement d'un cens annuel. Par exemple, les moniales de l'abbaye de Bussières-les-Nonains, maison fondée par l'Éclache en 1182, dépendaient des cisterciens de Noirlac et leur payaient une livre d'encens annuelle[8]. Cette interdiction ne remonte pas aux premiers temps du cistercianisme, mais s'impose à la fin du XIIIe ou au début du XIVe siècle. On peut encore dater quatre « chapitres généraux » spécifiques à la filiation de Tart entre 1268 et 1302, preuve que cette filiation était une réalité. Les chapitres, en revanche, ne constituaient pas comme pour les hommes un espace de prise de décision, mais un espace d'information de ce qu'y s’était dit au chapitre général de Cîteaux (et donc, des abbés masculins), ce qui explique le peu d'enthousiasme des abbesses à s'y rendre[9].

Filiation indéterminée :

Après la Révolution française[modifier | modifier le code]

Les abbayes cisterciennes et trappistes gardent ce même principe de filiation des abbayes. Mais, à la différence de ce qui est fait avant la Réolution, les abbayes féminines et masculines sont certes numérotées à part, mais n'ont pas deux filiations distinctes.

Filiation détaillée des abbayes cisterciennes[modifier | modifier le code]

Les abbayes cisterciennes de la commune observance sont regraoupées à travers diverses congrégations, chacune ayant à sa tête une abbaye-mère.

Congrégation Saint-Bernard d'Italie[modifier | modifier le code]

Congrégation de Zirc[modifier | modifier le code]

Voir Congrégation de Zirc (de).

Congrégation de Mehrerau[modifier | modifier le code]

Congrégation de Mehrerau

Congrégation d'Anagni[modifier | modifier le code]

Congrégation d'Anagni (de)

Congrégation de Port-Royal[modifier | modifier le code]

Congrégation de Port-Royal


Congrégation de l'Immaculée Conception[modifier | modifier le code]


Filiation détaillée des abbayes trappistes[modifier | modifier le code]