Bernardines réformées

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Ordre des bernardines réformées
Ordre de droit pontifical
Approbation pontificale 1628
par Urbain VIII
Institut Ordre monastique
Type Contemplatif
Spiritualité cistercienne
Règle de saint Benoît
But Prière, travail, vie liturgique.
Structure et histoire
Fondation 1622
Rumilly
Fondateur Louise de Ballon
Autres noms Bernardines de Collombey
Rattaché à Trappiste
Site web http://monasterecollombey.ch
Liste des ordres religieux

Les bernardines réformées constituent une congrégation religieuse féminine d'inspiration cistercienne.

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation[modifier | modifier le code]

Louise de Ballon, dès son enfance, est attirée par la vie religieuse ; elle entre à sept ans à l'abbaye Sainte-Catherine du Mont, située dans le Semnoz au-dessus d'Annecy[1].

Le 4 mars 1607, âgée de moins de seize ans, Louise prononce ses premiers vœux[2]. Elle prend pour nom de religion Thérèse[3]. Touchée par la remarque d'une cousine religieuse paraphrasant pour elle la parabole du figuier stérile[4], elle acquiert peu à peu un désir de réforme, qu'elle partage à quelques compagnes, ainsi qu'à son cousin et directeur spirituel François de Sales à partir de 1606. Un des points les plus importants que les réformatrices souhaitent mettre en œuvre est le retour à une stricte clôture, à l'opposé du système mondain prévalant alors. Effrayées par ces changements menaçant leurs habitudes, les sœurs de Sainte-Catherine non disposées à se réformer résistent. De guerre lasse, après quinze années de tractations (1607-1622), Louise s'établit à Rumilly[5],[6].

Le second point est le détachement des monastères réformés de la tutelle de l'ordre cistercien, jugé trop corrompu, pour se placer sous la juridiction directe des évêques. Louise s'appuie pour cela sur les conseils prodigués par les pères conciliaires au concile de Trente, qui recommandent l'installation des communautés monastiques dans les villes et sous le contrôle spirituel de l'évêque. Le pape voit d'ailleurs d'un bon œil ce choix urbain et diocésain ; il fait ainsi pression pour que l'ordre cistercien accepte que ses religieuses soient détachées de son emprise directe[7]. Les autres points de la réforme concernent la communauté de biens, le silence et l'oraison[6].

Essaimage et conflits[modifier | modifier le code]

La réforme connaît un succès immédiat, et de nombreux monastères sont fondés ou réformés. Dès 1628, cinq couvents sollicitent du pape Urbain VIII la reconnaissance d'une nouvelle congrégation[6]. En tout, durant le XVIIe siècle, une trentaine de maisons sont fondées, principalement dans la vallée du Rhône et la Provence[8].

En 1623, trois religieuses de l'abbaye des Ayes, à Crolles, Claude de Buissonrond, Louise de Paquier et Louise de Ponsonas, désirent également se réformer et fonder un monastère à Grenoble plutôt que dans le Grésivaudan. Sur la recommandation de l'abbé de Tamié, elles sont admises à Rumilly où elles se forment durant près de deux ans. Le , elles fondent l'abbaye Sainte-Cécile, dont Louise de Ponsonas devient la première abbesse, malgré le peu d'entrain de Pierre Scarron, évêque de Grenoble[9].

La forte personnalité de l'abbesse de Grenoble la fait s'opposer à Louise de Ballon, en particulier sur la rédaction des Constitutions de la nouvelle congrégation, que Louise de Ponsonas réécrit en 1631 tout en modifiant à son avantage l’histoire de la réforme. En ce qui concerne les nombreuses fondations, une partie notable de celles-ci s'effectuant en France, elle peut arguer de sa nationalité, face à Louise de Ballon qui est savoyarde, donc étrangère[10]. L'erreur à propos de la fondatrice des Bernardines réformées subsiste au moins jusqu'au début du XXe siècle[11].

Révolution française[modifier | modifier le code]

À la Révolution française, tous les couvents de la congrégation sont fermés, dès 1791 pour ceux se trouvant en France, en 1792 ou 1796 pour ceux situés en Savoie ; seul celui de Collombey, situé dans le canton du Valais, survit aux troubles révolutionnaires. Ce monastère avait été dans un premier temps établi à Saint-Maurice (de 1626 à 1634) puis à Monthey (de 1634 à 1647) ; enfin, de 1643 à 1647, les travaux du monastère de Collombey sont effectués, et celui-ci est en fonction à cette dernière date[12].

Du XIXe au XXIe siècle[modifier | modifier le code]

En 1815, toutefois, les sœurs du couvent de Seyssel refondent un monastère à Belley, qui perdure jusqu'en 1947.

En 1935, Collombey fonde à son tour une abbaye-fille, le couvent de Géronde[12]. Ces deux couvents sont au début du XXIe siècle les seuls subsistants de l'ordre.

Spiritualité[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. APTEL, « Louise de Ballon », sur Abbaye Notre-Dame d'Igny (consulté le 17 mai 2016).
  2. Barrière et Montulet-Henneau 2001, L'entrée dans l'ordre de Cîteaux : stratégie familiale et vocation — Louise Perrucard de Ballon, p. 270.
  3. « Louise de Ballon (1591-1668) », sur Bibliothèque nationale de France (consulté le 18 mai 2016).
  4. Bible Segond 1910/Évangile selon Luc 13,6-9.
  5. Barrière et Montulet-Henneau 2001, L'entrée dans l'ordre de Cîteaux : stratégie familiale et vocation — Louise Perrucard de Ballon, p. 273.
  6. a b et c Alain Guerrier 1994, Rappel historique, p. 249.
  7. Barrière et Montulet-Henneau 2001, Les évêques : nouveaux pères immédiats ? — Le détachement des Cisterciens, p. 276.
  8. Alain Guerrier 1994, Louise de Ballon, fondatrice, p. 16.
  9. Baud et Binz 1985, Le triomphe de la réforme catholique — L'essor des nouveaux ordres religieux, p. 134.
  10. Alain Guerrier 1994, Faut-il une supérieure générale ?, p. 249 et 250.
  11. Jean-Baptiste Martin, Histoire des églises et chapelles de Lyon, vol. I, Paris, H. Lardanchet, , 366 p. (lire sur Wikisource), « Bernardines », page 524.
  12. a et b « Archives du Monastère des Bernardines de Collombey », sur Monastère de Collombey (consulté le 19 mai 2016).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • [Alain Guerrier 1994] Alain Guerrier, « Théorie et pratique de l'autorité chez les Bernardines réformées : XVIIe et XVIIIe siècles », dans Centre européen de recherches sur les congrégations et ordres religieux, Les religieuses dans le cloître et dans le monde des origines à nos jours : actes du deuxième colloque international du C.E.R.C.O.R., Poitiers, 29 septembre-2 octobre 1988, Saint-Étienne, Université Jean-Monnet-Saint-Étienne, coll. « Travaux et recherches » (no 4), , 958 p. (ISBN 9782862720432, OCLC 32065356, lire en ligne), p. 249-256 ;
  • Spiritualité cistercienne : histoire et doctrine, Paris, Éditions Beauchesne, , 556 p. (ISBN 9782701013695, lire en ligne), « Robert de Molesme », page 524 ;
  • [Barrière et Montulet-Henneau 2001] Bernadette Barrière et Marie-Élisabeth Montulet-Henneau, Cîteaux et les femmes : Architectures et occupation de l'espace dans les monastères féminins : modalités d'intégration et de contrôle des femmes dans l'Ordre : les moniales cisterciennes aujourd'hui, Paris, Éditions Créaphis, , 353 p. (ISBN 9782907150996, lire en ligne), p. 270-285.

Autres ouvrages utilisés dans l'article[modifier | modifier le code]