Louise de Ballon

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Louise de Ballon
Description de cette image, également commentée ci-après
Gravure de Nicolas Couterot publiée dans l'ouvrage de J.Grossi, Les œuvres de piété de la vénérable Mère Louise de Ballon, Bibliothèque Municipale de Grenoble.
Nom de naissance Louise Perrucard de Ballon
Naissance
Vanchy (Bellegarde-sur-Valserine)
Décès (à 77 ans)
Seyssel
Nationalité Savoyarde
Française
Profession
Signature de Louise de Ballon

Louise de Ballon, en religion sœur Thérèse née le 5 juin 1591 à Bellegarde-sur-Valserine et morte le 14 décembre 1668 à Seyssel, est une religieuse cistercienne, réformatrice de son ordre et fondatrice de la congrégation des bernardines réformées.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et naissance[modifier | modifier le code]

Louise de Ballon naît le 5 juin 1591 au château de Vanchy, à Bellegarde-sur-Valserine. Sa famille est d'une noblesse récente, anoblie par le duc de Savoie pour asseoir son autorité sur le Haut-Bugey récemment conquis. Son oncle paternel et parrain Louis Négron Perrucard de Ballon est abbé commendataire de Chézery ; la famille de sa mère, les Chevron, a compté aux XVe et XVIe siècles plusieurs abbés commendataires de Tamié. Louise est elle-même cousine de François de Sales[1].

Jeunesse et premiers vœux[modifier | modifier le code]

Elle reçoit comme prénom de confirmation Blanche[2].

À sept ans, Louise demande à ses parents à entrer chez les cisterciennes. Elle est placée à l'abbaye Sainte-Catherine du Mont, située dans le Semnoz au-dessus d'Annecy[3].

Le 4 mars 1607, âgée de moins de seize ans, Louise prononce ses premiers vœux[1]. Elle prend pour nom de religion Thérèse[2].

La création des Bernardines réformées[modifier | modifier le code]

Simple religieuse sans titre honorifique, Louise de Ballon, touchée par la remarque d'une cousine religieuse paraphrasant pour elle la parabole du figuier stérile[4], acquiert peu à peu un désir de réforme, qu'elle partage à quelques compagnes, ainsi qu'à son cousin et directeur spirituel François de Sales à partir de 1606. Un des points les plus importants que les réformatrices souhaitent mettre en œuvre est le retour à une stricte clôture, à l'opposé du système mondain prévalant alors. Effrayées par ces changements menaçant leurs habitudes, les sœurs non disposées à se réformer de Sainte-Catherine résistent au changement. De guerre lasse, après quinze années de tractations -1607-1622), Louise s'établit à Rumilly[5],[6].

Le second point est le détachement des monastères réformés de la tutelle de l'ordre cistercien, jugé trop corrompu, pour se placer sous la juridiction directe des évêques. Louise s'appuie pour cela sur les conseils prodigués par les pères conciliaires au concile de Trente, qui recommande l'installation des communautés monastiques dans les villes et sous le contrôle spirituel de l'évêque. Le pape voit d'ailleurs d'un bon œil ce choix urbain et diocésain ; il fait ainsi pression pour que l'ordre cistercien accepte que ses religieuses soient détachées de son emprise directe[7]. Les autres points de la réforme concernent la communauté de biens, le silence et l'oraison[6].

La réforme connaît un succès immédiat, et de nombreux monastères sont fondés ou réformés. Dès 1628, cinq couvents sollicitent du pape la reconnaissance d'une nouvelle congrégation[6].

Les tensions[modifier | modifier le code]

En 1623, trois religieuses de l'abbaye des Ayes, à Crolles, Claude de Buissonrond, Louise de Paquier et Louise de Ponsonas, désirent également se réformer et fonder un monastère à Grenoble plutôt que dans le Grésivaudan. Sur la recommandation de l'abbé de Tamié, elles sont admises à Rumilly où elles se forment durant près de deux ans. Le 24 novembre 1624, elles fondent l'abbaye Sainte-Cécile, dont Louise de Ponsonas devient la première abbesse, malgré le peu d'entrain de Pierre Scarron, évêque de Grenoble[8].

La forte personnalité de l'abbesse de Grenoble la fait s'opposer à Louise de Ballon, en particulier sur la rédaction des Constitutions de la nouvelle congrégation, que Louise de Ponsonas réécrit en 1631 tout en modifiant à son avantage l’histoire de la réforme. En ce qui concerne les nombreuses fondations, une partie notable de celles-ci s'effectuant en France, elle peut arguer de sa nationalité, face à Louise de Ballon qui est savoyarde, donc étrangère[9].

Vieillesse et mort[modifier | modifier le code]

Influences[modifier | modifier le code]

Outre les influences directement cisterciennes, en particulier celle de saint Bernard, Louise de Ballon est très sensible aux deux influences de François de Sales et de Jeanne de Chantal ; elle est également proche de la spiritualité oratorienne. Après la mort de son cousin et directeur spirituel, elle choisit comme nouveau directeur un antonin, Jean Palerne[10].

Postérité[modifier | modifier le code]

Œuvre littéraire[modifier | modifier le code]

Congrégation bernardines actuelles[modifier | modifier le code]

Les couvents situés en France qui subsistent à la fin du XVIIIe siècle sont tous fermés par la Révolution française ; ceux situés dans les États de Savoie demeurent jusqu'en 1792, date du rattachement à la France, à l'exception du couvent de Saint-Jean-de-Maurienne, qui ferme en 1796. Le couvent de Seyssel, où Louise de Ballon a terminé sa vie, après une période d'exil, fonde un établissement à Seyssel, qui perdure jusqu’en 1947.

Reste l'unique couvent implanté en Suisse, celui de Collombey ; il survit aux invasions napoléoniennes, et reste au début du XXIe siècle ouvert et accueillant sans interruption une communauté religieuse.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Barrière & Montulet-Henneau 2001, L'entrée dans l'ordre de Cîteaux : stratégie familiale et vocation — Louise Perrucard de Ballon, p. 270.
  2. a et b « Louise de Ballon (1591-1668) », sur Bibliothèque nationale de France (consulté le 18 mai 2016).
  3. APTEL, « Louise de Ballon », sur Abbaye Notre-Dame d'Igny (consulté le 17 mai 2016).
  4. Bible Segond 1910/Évangile selon Luc 13,6-9.
  5. Barrière & Montulet-Henneau 2001, L'entrée dans l'ordre de Cîteaux : stratégie familiale et vocation — Louise Perrucard de Ballon, p. 273.
  6. a, b et c Alain Guerrier 1994, Rappel historique, p. 249.
  7. Barrière & Montulet-Henneau 2001, Les évêques : nouveaux pères immédiats ? — Le détachement des Cisterciens, p. 276.
  8. Alain Guerrier 2003, Louise de Ballon, fondatrice, p. 16.
  9. Alain Guerrier 1994, Faut-il une supérieure générale ?, p. 249 & 250.
  10. Marie-Élisabeth Henneau, « Louise-Blanche-Thérèse Perrucard de Ballon », sur SIÉFAR, (consulté le 18 mai 2016).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • [Alain Guerrier 1994] Alain Guerrier, « Théorie et pratique de l'autorité chez les Bernardines réformées : XVIIe et XVIIIe siècles », dans Centre européen de recherches sur les congrégations et ordres religieux, Les religieuses dans le cloître et dans le monde des origines à nos jours : actes du deuxième colloque international du C.E.R.C.O.R., Poitiers, 29 septembre-2 octobre 1988, Saint-Étienne, Université Jean-Monnet-Saint-Étienne, coll. « Travaux et recherches » (no 4), , 958 p. (ISBN 9782862720432, OCLC 32065356, lire en ligne), p. 249-256 ;
  • Spiritualité cistercienne : histoire et doctrine, Éditions Beauchesne, , 556 p. (ISBN 9782701013695, lire en ligne), « Robert de Molesme », page 524 ;
  • [Barrière & Montulet-Henneau 2001] Bernadette Barrière et Marie-Élisabeth Montulet-Henneau, Cîteaux et les femmes : Architectures et occupation de l'espace dans les monastères féminins : modalités d'intégration et de contrôle des femmes dans l'Ordre : les moniales cisterciennes aujourd'hui, Paris, Éditions Créaphis, , 353 p. (ISBN 9782907150996, lire en ligne), p. 270-285 ;
  • [Alain Guerrier 2002] Alain Guerrier, « Louise de Ballon (1591-1668) — 1 », Association pour le Rayonnement de la Culture Cistercienne, Ordre cistercien,‎ , p. 16-23 (lire en ligne) ;
  • [Alain Guerrier 2003] Alain Guerrier, « Louise de Ballon (1591-1668) — 2 », Association pour le Rayonnement de la Culture Cistercienne, Ordre cistercien,‎ , p. 16-23 (lire en ligne) ;
  • [Marie-Élisabeth Henneau 2013] Marie-Élisabeth Henneau, « Louise de Ballon », dans Audrey Fella, Les femmes mystiques : Histoire et dictionnaire, Paris, Éditions Robert Laffont, coll. « Bouquins », (ISBN 978-2-221-11472-8), p. 141-143.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]