Dysphania ambrosioides

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Dysphania ambrosioides
Description de l'image Dysphania ambrosioides NRCS-1.jpg.
Classification
Règne Plantae
Sous-règne Tracheobionta
Division Magnoliophyta
Classe Magnoliopsida
Ordre Caryophyllales
Famille Chenopodiaceae
Sous-famille Chenopodioideae
Genre Dysphania

Nom binominal

Dysphania ambrosioides
(L.) Mosyakin & Clemants[1]

Synonymes

  • Ambrina ambrosioides (L.) Spach
  • Ambrina parvula Phil.
  • Ambrina spathulata Moq.
  • Atriplex ambrosioides (L.) Crantz
  • Blitum ambrosioides (L.) Beck
  • Chenopodium ambrosioides fo. dentatum (Fenzl) Aellen
  • Chenopodium ambrosioides fo. genuinum (Willk.) Aellen
  • Chenopodium ambrosioides fo. integrifolium (Fenzl) Aellen
  • Chenopodium ambrosioides fo. pinnatifidum (Willk.) Aellen
  • Chenopodium ambrosioides fo. rotundatum Aellen
  • Chenopodium ambrosioides fo. spathulathum (Sieber ex Moq.) Aellen
  • Chenopodium ambrosioides L. - Basionyme
  • Chenopodium ambrosioides subsp. euambrosioides Aellen
  • Chenopodium ambrosioides var. costei Aellen
  • Chenopodium ambrosioides var. dentata Fenzl
  • Chenopodium ambrosioides var. genuinum Willk.
  • Chenopodium ambrosioides var. integrifolium Fenzl
  • Chenopodium ambrosioides var. pinnatifidum Willk.
  • Chenopodium ambrosioides var. querciforme (Murr) Aellen
  • Chenopodium ambrosioides var. suffruticosum (Willd.) Graebn.
  • Chenopodium ambrosioides var. typicum (Speg.) Aellen
  • Chenopodium ambrosioides var. typicum Speg.
  • Chenopodium integrifolium Vorosch.
  • Chenopodium spathulatum (Moq.) Sieber ex Moq.
  • Chenopodium suffruticosum subsp. remotum Vorosch.
  • Chenopodium suffruticosum Willd.
  • Teloxys ambrosioides (L.) W.A. Weber[2]

Dysphania ambrosioides (autrefois nommé Chenopodium ambrosioides) est une herbacée annuelle ou vivace de courte durée, originaire d'Amérique centrale et du Sud. Elle a été naturalisée ailleurs, comme dans le sud de la France.

On l'appelle fausse ambroisie, thé du Mexique, herbe aux vers, ansérine, ou épazote en français, M'khinza au Maroc, wormseed, Jesuit's tea, Mexican-tea en anglais[3]. payqu(paico), epazote, ou herba sancti Mariæ en espagnol. En Guyane, elle porte les noms de simin contra (simenkontral) ou poudre aux vers (lapoudovè) en créole guyanais, a'a poã en Wayãpi, kawi βey en Palikur, erva-de-mastruz, erva-de-Santa-Maria et erva-de-formigueira en brésilien[4].

Taxonomie[modifier | modifier le code]

Le genre Dysphania a été utilisé dans les années 1930 pour certaines espèces endémiques d'Australie. Bien qu'on l'admette aujourd'hui dans la famille des Chenopodiaceae, il a parfois été classé parmi les Amaranthaceae, les Dysphaniaceae ou les Illicebraceae[5]. L'affinité étroite de Dysphania avec des espèces glanduleuses de Chenopodium sensu lato est maintenant évidente[6].

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom espagnol epazote (parfois orthographié et prononcé ipasote ou ypasote), est dérivé du Nahuatl eˈpasoːt͡ɬ exprimant une odeur de mouffette ou de sueur.

Description[modifier | modifier le code]

Dysphania ambrosioides est une herbacée annuelle ou vivace de courte durée, atteignant 1,20 mètres, irrégulièrement ramifiées, portant des feuilles oblongues-lancéolées mesurant jusqu'à 12 centimètres de long. Les petites fleurs vertes sont organisée en un panicule terminal ramifié au sommet de la tige.

Elle est cultivée depuis la préhistoire dans sa région d'origine (Amérique centrale et du Sud)[7], et plus récemment dans les régions tempérées chaudes à subtropicales d'l'Europe et des États-Unis (Missouri, de la Nouvelle-Angleterre, est des États-Unis)[8], parfois devenir envahissantes de mauvaises herbes.

Elle présente un comportement envahissant avec des impacts économiques et environnementaux dans ne nombreuses régions du monde (Cambodge, Hong-Kong, République de Corée, Philippines, Taïwan, Vietnam, île Maurice, Namibie, Afrique du Sud, Hawaï, Chili, Galapagos, Croatie, Grèce, Sardaigne, Espagne, Australie, Fidji, Polynésie française, Nouvelle Calédonie, île Norfolk, Papouasie Nouvelle Guinée)[9].

Utilisations[modifier | modifier le code]

culinaires[modifier | modifier le code]

Dysphania ambrosioides est utilisé comme légume-feuille, pour la confection de tisanes ou comme épice pour sa saveur piquante. Frais, il développe une forte saveur résineuse, âcre, difficile à décrire, évoquant l'origan, l'Anis vert, le fenouil, ou l'estragon. On compare souvent son parfum à l'essence de térébenthine, au créosote, aux agrumes, à la sarriette ou à la menthe.

Bien qu'il soit traditionnellement utilisé avec les haricots noirs pour en raison de sa saveur et de ses propriétés carminatives supposées (réduction de ballonnements), il est aussi parfois utilisé pour assaisonner d'autres plats traditionnels Mexicains : quesadillas, sopes (particulièrement ceux à base de huitlacoche), soupes, mole de olla, tamales au fromage et au piment, chilaquiles, œufs et pommes de terre et les enchiladas. Il est souvent utilisé pour parfumer le riz frit blanc. C'est un ingrédient important de la sauce verte (salsa verde) accompagnant les chilaquiles.

Même si cette plante est profondément ancrée dans les recettes traditionnelles, il est fortement recommandé de n'utiliser dans la cuisine que les feuilles, et ce avec beaucoup de parcimonie[10]

médicinales[modifier | modifier le code]

Dysphania ambrosioides est connue pour ses propriétés vermifuges, antispasmodiques, stomachiques, et carminatives[11].

Au début des années 1900, Dysphania ambrosioides a été utilisé comme un anthelminthique à traiter les ascaris et les ankylostomes chez les humains, les chats, les chiens, les chevaux et les porcs[réf. nécessaire]. Il s'agissait généralement d'huile de chénopode. On l'a parfois appelée "Baltimore Oil", en raison de la grande usine de production de Baltimore dans le Maryland[12] qui s'est spécialisée dans l'extraction de cette huile. Le chénopode a été remplacé par d'autres anthelminthiques, plus efficaces et moins toxiques dans les années 1940.

On prétend que Dysphania ambrosioides permet d'éviter les flatulences.Modèle:Medcn Il a également été utilisé pour les cas d'aménorrhée[13],Modèle:Medrs de dysménorrhée, de paludisme, de chorée, les diagnostics d'hystérie (aujourd'hui discrédités), de catarrhe, et d'asthme.Modèle:Medrs

Au Honduras, ainsi que dans d'autres pays d'Amérique latine, on consomme la plante entière ou les feuilles broyées mélangées à de l'eau pour traiter les infections chez les humains. Dans quelques régions d'Amérique latine, la plante est aussi utilisée pour traiter les infections parasitaires du bétail[14].

Dysphania ambrosioides est principalement utilisée comme vermifuge traditionnel par les populations sud-américaines et maintenant aussi en Afrique et en Chine[15].

Dans les pharmacopées traditionnelles guyanaise, les Créoles emploie Dysphania ambrosioides en infusion vermifuge et antigrippale chez les enfants, tandis que les adultes l'utilisent macérée dans le rhum. les Wayãpi la consomment en décoction très chaude contre les maux d'estomac et les hémorragies internes liés à une chute. Les Palikur la préparent en décoction salée vermifuge, ou en tisane pour "purifier le sang"[4].

Toxicité[modifier | modifier le code]

Sa consommation en général serait à éviter pour les enfants en bas âge et les femmes enceintes[réf. nécessaire].

Des surdoses d'huile essentielle ont causé des symptômes comprennant des gastro-entérite sévère avec douleurs, des vomissements et de la diarrhée. On a parfois constaté des décès chez l'homme (attribués à l'ascaridole)[16].

agricole[modifier | modifier le code]

Les huiles essentielles de Dysphania ambrosioides contiennent des terpènes composés, dont certains présentent des propriétés pesticides naturelles. Le composé ascaridole produit par Dysphania ambrosioides inhibe la croissance des plantes poussant aux alentours, de sorte qu'il serait préférable de reléguer cette plante à distance des autres cultures du jardin[17].

Néanmoins, Dysphania ambrosioides produit également des substances volatiles qui masquent l'odeur des autres plantes cultivées et ainsi les protègent partiellement de certains insectes pathogènes, ce qui en fait un partenaire intéressant pour les cultures associées. Ses petites fleurs peuvent également attirer des auxiliaire des cultures (guêpes et mouches prédatrices).

Composition chimique[modifier | modifier le code]

Certains de ses composés chimiques extraits de Dysphania ambrosioides ont montré des activités contre certaines lignées de cellules cancéreuses en laboratoire[18], mais il a aussi été signalé comme hautement cancérigène chez le rat[19]. Un groupe Nigérian, a cependant conclu en 2007, que les extraits de Dysphania ambrosioides ne sont ni mutagène ni cytotoxiques[20].

Merriam-Webster définit l'huile de Dysphania ambrosioides comme "a colorless or pale yellow toxic essential oil of unpleasant odor and taste, ... formerly used as an anthelmintic" (une huile essentielle toxique incolore ou jaune pâle à l'odeur et au goût désagréable, ... autrefois utilisé comme un anthelminthique)[21].

L'huile essentielle de Dysphania ambrosioides contient jusqu'à 70% d'ascaridole, du limonène, du P-Cymène, et de plus petites quantités de nombreux autres monoterpènes et dérivés monoterpèniques (α-pinène, myrcène, terpinène, thymol, camphre, trans-isocarveol). L'Ascaridole (1,4-peroxido-p-menth-2-ène) est un composé plutôt rare parmi les épices ; une autre plante présentant des similitudes par sa composition en peroxydes monoterpèniques est le boldo. L'ascaridole est toxique, présente une saveur piquante peu agréable et est un explosif sensibles aux chocs à l'état pur. Le taux d'ascaridole serait plus faible dans les plantes de Dysphania ambrosioides du Mexique, que dans plantes cultivés en Europe ou en Asie[22].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://tropicos.org/Name/50215991
  2. http://tropicos.org/Name/50215991?tab=synonyms
  3. « BSBI List 2007 » [xls], Botanical Society of Britain and Ireland (consulté le 17 octobre 2014)
  4. a et b Pierre Grenand, Christian Moretti, Henri Jacquemin et Marie-Françoise Prévost, Pharmacopées traditionnelles en Guyane: Créoles. Wayãpi, Palikur, Paris, IRD Editions, , 304-305 p. (ISBN 978-2709915458, lire en ligne), p. 816
  5. « (en) Dysphania ambrosioides (L.) Mosyakin & Clemants sur GRIN Taxonomy for Plants »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  6. « Dysphania in Flora of North America @ efloras.org », efloras.org, sur efloras.org
  7. Anne Lehoërff, Préhistoires d'Europe - De Néandertal à Vercingétorix, Paris, éditions Belin, coll. « Mondes anciens », , 608 p. (ISBN 978-2-7011-5983-6), chap. 3 (« Devenir paysan »), p. 100
  8. Mrs. M. Grieve, A Modern Herbal, FRHS (ISBN 0-486-22798-7), p. 854
  9. http://www.cabi.org/isc/datasheet/113977 Invasive Species Compendium
  10. Texas A & M University, « Epazote (Chenopodium ambrosioides) » (consulté le 13 février 2013)
  11. http://www.manghebati.com/fr/maj-e/c1a2j9591/rub-sup/galerie-vegetaux/anserine-vermifuge-chenopodium-ambrosioides.htm
  12. « Alpasotis / Chenopodium ambrosioides / wormseed : Philippine Medicinal Herbs / Philippine Alternative Medicine », GODOFREDO STUART (consulté le 26 mars 2014)
  13. James A. Duke, The Green Pharmacy, 51–53 p. (ISBN 1579541844)
  14. Cornell Univ., Dept. of Animal Sciences, « Chenopodium ambrosioides » (consulté le 13 février 2013)
  15. « Epazote sur Toil' d'Épices »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  16. Tampion, John, Dangerous Plants, David and Charles, (ISBN 0715373757), « Chenopodium ambrosioides L. », p. 64
  17. J. Jimenez-Osorio, Am. J. Bot. 78:139, 1991
  18. Flávia R.F. Nascimento, Gustavo V.B. Cruz, Paulo Vitor S. Pereira et Márcia C.G. MacIel, « Ascitic and solid Ehrlich tumor inhibition by Chenopodium ambrosioides L. Treatment », Life Sciences, vol. 78, no 22,‎ , p. 2650–3 (PMID 16307762, DOI 10.1016/j.lfs.2005.10.006)
  19. GJ Kapadia, EB Chung, B Ghosh et YN Shukla, « Carcinogenicity of some folk medicinal herbs in rats », Journal of the National Cancer Institute, vol. 60, no 3,‎ , p. 683–6 (PMID 625070)
  20. A.A. Sowemimo, F.A. Fakoya, I. Awopetu et O.R. Omobuwajo, « Toxicity and mutagenic activity of some selected Nigerian plants », Journal of Ethnopharmacology, vol. 113, no 3,‎ , p. 427–32 (PMID 17707603, DOI 10.1016/j.jep.2007.06.024)
  21. « chenopodium oil », Mirriam-Webster (consulté le 13 février 2013)
  22. Joseph E. Laferrière, « Nutritional and pharmacological properties of yerbaníz, epazote, and Mountain Pima oregano », Seedhead News, no 29,‎ , p. 9 (DOI http://www.nativeseeds.org/pdf/Newsletters/SeedheadNews29-1990.pdf)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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