Ambroise Roux

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Ambroise Roux, né le à Piscop (Seine-et-Oise) et décédé le [1] à Montfort-l'Amaury (Yvelines)[2], est un industriel et homme d'affaires français[3].

Il est inhumé à Trégastel (Côtes-d'Armor)[2].

Origines familiales[modifier | modifier le code]

Le père d'Ambroise Roux, André[1] (1886-1969), était gestionnaire dans l'industrie de la presse[2]. Sa mère, Cécile Marcilhacy[1] (1896-1991), était liée aux fondateurs de Rhône-Poulenc[4],[2].

Technocrate[modifier | modifier le code]

Polytechnicien, ingénieur des ponts et chaussées et ingénieur Supélec[3],[5], à la fin de le Seconde Guerre mondiale, il débute dans l'industrie chez Rhône-Poulenc[3]. Il rentre au cabinet du ministre de l’Industrie Jean-Marie Louvel en 1951[3],[2]. En 1955 il devient directeur général adjoint de la Compagnie générale d'électricité (CGE)[3]. Il fait nommer son ancien ministre comme PDG du groupe CGE en 1965 et le remplace à sa mort en 1970, poste qu'il gardera jusqu'en 1982[3],[5]. À la veille de l'arrivée au pouvoir de François Mitterrand, en , Ambroise Roux a le plus gros salaire de France[3]. Pendant sa présidence, les effectifs du groupe CGE sont multipliés par dix, pour atteindre 180 000 personnes[4].

De 1967 pendant une dizaine d'années il est vice-président, chargé de diriger la commission économique générale du Conseil national du patronat français[2] où il avait fait son entrée en 1961 grâce à Henri Lafond, le président de la Banque de l'Union parisienne.

Promoteur du capitalisme d'influence[modifier | modifier le code]

Ami de Georges Pompidou[4], il le conseille[3],[2] dans le domaine industriel. Tous les deux pensent que la France ne peut maintenir son rang qu'en mettant en place de puissants groupes industriels, adossés à l'État. Dans ce but, il obtient un quasi-monopole pour la fourniture d'équipements dans le domaine électro-nucléaire[2], les transports, les télécommunications.

Puissant lobbyiste[modifier | modifier le code]

Tombe d'Ambroise Roux à Tregastel en Bretagne.

Démissionnaire de la présidence de la CGE au moment de la nationalisation[4] de 1982, consécutive à l'arrivée au pouvoir de la Gauche à la suite de l'élection présidentielle de 1981 (alors qu'il était persuadé de la victoire de Valéry Giscard d'Estaing[4]), il fonde, fin 1982, l'Association française des entreprises privées comme groupe de pression du patronat[4],[3],[2] regroupant les soixante groupes français les plus importants[4] et devient administrateur de la banque Barclays, puis président du Conseil de surveillance en 1991[5]. Il ajoute d'autres mandats de ce type auprès du groupe de la Cité (1987-1991), FNAC (1994).

Toujours très influent, il intervient discrètement pour faire adopter des réformes favorables aux entreprises pendant la présidence de François Mitterrand (taxation limitée des plus-values, carry-back fiscal pour les bénéfices[4], maintien des stock-options, etc.)[3] et il facilite la réforme de Pierre Bérégovoy sur les marchés financiers[4]. Il est membre de 57 conseils d'administration[3].

De 1986 à 1988, lors du retour de la droite au pouvoir, il participe à la création des « noyaux durs » constitués par le nouveau ministre des Finances, Édouard Balladur — qu'il connaît depuis la présidence Pompidou, qu'il avait recruté à la CGE et qui est un ami[2] — et qui doivent contrôler des groupes industriels qui sont privatisés[3], dont son ancienne entreprise, la CGE devenue Alcatel.

Il favorise également la carrière de François Pinault, Georges Pébereau, Pierre Suard, Serge Tchuruk, Jean-Marie Messier[3], Guy Dejouany, Pierre Blayau, Bernard Arnault, Jimmy Goldsmith, Marc Viénot, Didier Pineau-Valencienne, André Lévy-Langetc.[4].

En 1995, lors de l'élection présidentielle, il choisit Jacques Chirac contre Édouard Balladur et, en 1997, il conseille au président la dissolution de l'Assemblée nationale[3],[2].

Toujours discret[4], il ne revendiquait jamais ouvertement ses succès de lobbyiste[3], même si tout le monde lui en reconnaissait la paternité. Durant sa présidence de la CGE, il ne reçut jamais les syndicats qu'il méprisait[3] et pensait qu'il ne fallait pas les consulter[2]. Ambroise Roux faisait partie du réseau de Jean Jardin.

Raymond Barre dans son livre L'Expérience du pouvoir le déclare comme le plus dangereux de ses adversaires pendant ses années comme Premier ministre.

Personnage[modifier | modifier le code]

Ambroise Roux se démarquait des autres patrons par bien des points : très conservateur sur le plan des mœurs, il interdit le port du pantalon par les femmes dans ses entreprises[4],[3],[2]. À la CGE, il avait un ascenseur et un cinéma à sa disposition personnelle[2]. Lors d'entretiens privés avec des journalistes, il se vantait de n'avoir « jamais investi un centime de son argent dans aucune de ses entreprises »[3]. Chaque année, il prenait douze semaines de congés, le plus souvent l'été à Saint-Moritz[4]. Ouvertement monarchiste[3] et souhaitant le rétablissement de la royauté en France[4], il participait à la messe annuelle commémorative pour Louis XVI, le [4],[2]. Adepte des sciences ésotériques[4], il avait écrit un livre sur le tournage de table[2], il créa un laboratoire de recherche en parapsychologie (psychokinèse[4]) à la CGE[1].

Famille[modifier | modifier le code]

Ambroise Roux avait épousé Françoise Marion en 1946 et ils avaient deux enfants, un fils, Christian, et une fille, Veronique[1].

Ouvrage[modifier | modifier le code]

  • Avec Stanley Krippner et Gerald Solfvin, La science et les pouvoirs psychiques de l'homme, Paris, Sand, 1986, 292 p.

Décorations[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e (en) Eric Pace, « Ambroise Roux, 77, Pompidou Adviser and French Management 'Godfather' », sur nytimes.com, The New York Times, (consulté le 28 septembre 2017).
  2. a b c d e f g h i j k l m n o et p (en) Douglas Johnson, « Obituary : Ambroise Roux », sur independent.co.uk, The Independent, (consulté le 28 septembre 2017).
  3. a b c d e f g h i j k l m n o p q r et s Nathalie Bensahel et Pascal Riche, « Ambroise Roux passe de l'ombre à trépas. Le plus puissant lobbyiste du patronat français est mort dimanche à l'âge de 77 ans. Intime de Pompidou, il régnait sur le capitalisme français depuis près de trente ans. », sur liberation.fr, Libération, (consulté le 28 septembre 2017).
  4. a b c d e f g h i j k l m n o p q et r Hervé Bentégeat, « Ambroise Roux le prince de l'ombre », sur lepoint.fr, Le Point, (consulté le 29 septembre 2017).
  5. a b et c « Barclay's Bank Ambroise ROUX », sur lesechos.fr, Les Échos, (consulté le 28 septembre 2017).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]