Scandale Choi Soon-sil

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Le scandale Choi Soon-sil est un scandale politique ayant lieu à partir de la fin 2016 en Corée du Sud. Le scandale porte sur l'influence de Choi Soon-sil, femme d'affaires sud-coréenne, sur la présidente Park Geun-hye dont elle était la confidente. Il entraîne le 10 mars 2017 la destitution de la présidente Park.

Biographie de Choi Soon-sil[modifier | modifier le code]

Née le 23 juin 1956, elle est la cinquième fille de Choi Tae-min (en), un prédicateur religieux chamane et évangéliste. Celui-ci, chef autoproclamé d'une « Église de la vie éternelle », exerce un fort entregent sur Park Geun-hye après l'assassinat de sa mère en 1974, et alors que son père Park Chung-hee occupe avant elle la fonction de président de la Corée du Sud. Il prétend avoir reçu en rêve un message de la mère assassinée lui demandant de veiller sur sa fille. Par la suite, il présente sa fille à Park Geun-hye, en lui affirmant que Choi Soon-sil a hérité de ses propres pouvoirs chamaniques. Les deux femmes deviennent amies.

En 1995, Choi Soon-sil épouse Chung Yoon-hoi (en), qui est alors, et jusqu'à 2012, un proche collaborateur de Park Geun-hye[1].

Par la suite, elle crée entre autres avec Cha Eun-tae une société de communication, Playground Communications dont l'objectif aurait été de monopoliser les projets publicitaires de grandes entreprises et d’organisations publiques[2].

L'affaire et ses répercussions[modifier | modifier le code]

Choi Soon-sil aurait notamment instigué certaines nominations au gouvernement et corrigé les discours de la présidente, mais également soutiré 65 millions de dollars aux grands conglomérats coréens (chaebols) tels Samsung et Hyundai, via des fondations qui lui étaient liées, entraînant l'ouverture d’enquêtes pour trafic d'influence et corruption[3],[4].

Le scandale, et en particulier la révélation de l'emprise de Choi Soon-sil sur la présidente coréenne, entraîne une série de manifestations de grande envergure le 29 octobre, les 5, 12, 19, 26 novembre et le 3 décembre 2016.

En octobre, à la suite de ce scandale, la Présidente renvoie son Premier ministre, deux autres ministres et plusieurs de ses conseillers afin d'apaiser l'opinion publique qui réclame sa démission[5]. Sa popularité, déjà fortement entamée en raison de sa gestion contestée des affaires intérieures coréennes, s'écroule à 5 % d'opinions favorables[6].

Le 29 novembre 2016, alors que d'importantes manifestations, les plus importantes de l'histoire du pays[7], ont lieu tous les week-ends, elle annonce qu'elle est prête à quitter le pouvoir de manière anticipée si le parlement en décide ainsi[8].

Le 9 décembre 2016, le Parlement adopte une motion de destitution contre Park Geun-hye, soutenue par 234 votes sur 300 députés. Cela induit la suspension de l'exercice de ses pouvoirs[9], comme celui de chef de l'armée, qui sont confiés au premier ministre Hwang Kyo-ahn, après une procédure de validation par la Cour constitutionnelle de Corée[10]. La Cour constitutionnelle confirme la destitution le 10 mars 2017, ouvrant la voie à la tenue d'un nouvelle élection présidentielle[11].

Le scandale éclabousse certains conglomérats sud-coréens, accusés d'avoir soudoyé le gouvernement via Choi Soon-sil et notamment le Groupe Samsung, dont l'héritier et vice-président, Lee Jae-yong est mis en examen pour corruption et détournement de fonds le 28 février 2017[12].

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Corée du sud : qui est Choi Soon-Sil, la "Raspoutine" à l’origine du scandale impliquant la présidente ? » sur lci.com, 9 décembre 2011.
  2. « Un proche associé de Choi Soon-sil inculpé pour abus de pouvoir et détournement de fonds. », sur yonhapnews.co.kr, 27 novembre 2016.
  3. Sputnik, « Une «Raspoutine» tient-elle les rênes du pouvoir en Corée du Sud? », sur fr.sputniknews.com
  4. (en) « Choi-gate prosecutors accuse South Korean president of collusion », sur theguardian.com,‎ (consulté le 26 février 2017)
  5. Philippe Mesmer (Séoul, envoyé spécial), « Embourbée dans un scandale, la présidente de Corée du Sud limoge son premier ministre », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  6. « Park's approval rating hits record-low of 5% », koreatimes,‎ (lire en ligne)
  7. (fr) « Corée du Sud: nouvelle manifestation monstre contre Park Geun-hye », RFI,‎ (lire en ligne)
  8. « La présidente sud-coréenne se dit prête à renoncer au pouvoir », l'express,‎ (lire en ligne)
  9. Voir l'article 65 de la Constitution de la Corée du Sud.
  10. Corée du Sud : le Parlement vote la destitution de la présidente Park Geun-hye, Philippe Mesmer, Le Monde, 9 décembre 2016
  11. « Manifestations tendues en Corée du Sud à l'annonce de la destitution officielle de la présidente Park Geun-Hye », sur Le Huffington Post (consulté le 10 mars 2017)
  12. (fr) Sébastien Falletti, « La justice décapite Samsung », Le Figaro,‎ (ISSN 0182-5852, lire en ligne)