Whitechapel

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51° 30′ 59″ N 0° 04′ 30″ O / 51.5165, -0.075 ()

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The Whitechapel Gallery qui expose des artistes contemporains.

Whitechapel fait partie du quartier londonien de Tower Hamlets. Il est situé à 5,5 kilomètres à l’est de Charing Cross et est en gros limité par Bishopsgate à l’ouest, Hanbury Street au nord, Brady Street et Cavell Street à l’est et Commercial Road au sud.

Le cœur de Whitechapel est la Whitechapel Road même, qui tire son nom d’une petite chapelle de proximité consacrée à sainte Marie : le premier recteur qu’on lui ait connu était Hugh de Fulbourne en 1329.

Histoire[modifier | modifier le code]

À la fin du XVIe siècle Whitechapel et le secteur qui l’entourait avaient commencé à devenir « l’autre moitié » de Londres. Placé sous le vent des quartiers chics de l’ouest de Londres qui devaient voir l’expansion de l’abbaye de Westminster et la construction de Buckingham Palace, c’est là qu’on a installé naturellement les activités de la ville qui dégageaient les odeurs les plus fortes, en particulier les tanneries, les brasseries, les fonderies (y compris la fonderie de cloches de Whitechapel où l’on fondra plus tard la cloche de la Liberté de Philadelphie ainsi que Big Ben), les abattoirs et, tout près du sud, le gigantesque marché aux poissons de Billingsgate, bien connu pour la langue savamment poissarde des marchandes de poissons qui y travaillaient.

L’exode rural vers Londres depuis le XVIIe siècle jusqu’au milieu du XIXe siècle amena un grand nombre de pauvres gens à s’installer au milieu des industries et des commerces qui les avaient attirés. Dans les années 1840 Whitechapel, avec ses enclaves de Wapping, Aldgate, Bethnal Green, Mile End, Limehouse et Stepney (désignés en bloc aujourd’hui sous le nom de East End), avait évolué jusqu’à devenir le Londres bien connu, celui de Dickens, avec lequel dans le monde occidental ne pouvait rivaliser pour la pauvreté que les bouges sordides de Manhattan et, plus tard, le Lower East Side de Manhattan. Whitechapel Road même n’était pas particulièrement sordide pendant la plus grande partie de cette période – c’était dans le dédale de petites rues sombres qui s’y jetaient que l’on trouvait la plus grande détresse, la crasse et le danger, particulièrement Dorset Street (aujourd’hui une allée privée), Thrawl Street, Berners Street (rebaptisée Henriques Street), Wentworth Street et d’autres.

Pendant l’époque victorienne, la population primitive issue des campagnes pauvres d’Angleterre a vu arriver des immigrants de partout, en particulier des Irlandais et des Juifs. 1888 a connu les crimes de l’assassin de Whitechapel, plus tard connu comme Jack l'Éventreur. D'ailleurs, un groupe américain de Deathcore a repris le nom de ce quartier en souvenir de ces évènements tragiques. En 1902, l’auteur américain Jack London, cherchant à écrire une contrepartie au livre de Jacob Riis How the Other Half Lives (« Comment vit l’autre moitié »), enfila des vêtements en loques et s’installa à Whitechapel, expérience qu’il devait raconter en détail dans Le peuple de l’abîme. Riis avait peu auparavant relaté les inimaginables conditions de vie dans la ville principale des États-Unis. Jack London, un socialiste, pensait que cela valait la peine d’explorer les conditions de vie dans la ville la plus importante de la nation qui avait créé le capitalisme moderne. Il en conclut que la pauvreté anglaise était de loin plus affreuse que ce qu’on voyait en Amérique. À Whitechapel et dans tout l’East End c’était la misère, la vie dans la rue, l’exploitation des travailleurs, la prostitution et la mortalité infantile... et tout à côté les plus grandes fortunes privées du monde, ce contraste a toujours été un choc décisif pour les penseurs de gauche, de George Bernard Shaw, dont la Société Fabian Society se réunissait régulièrement à Whitechapel, jusqu’à Vladimir Ilyich Lénine, qui y a vécu et y a fait de la propagande alors qu’il était exilé de Russie.

La mode bangladaise à Whitechapel

Whitechapel est resté pauvre (et haut en couleurs) pendant la première moitié du XXe siècle, bien que d’aspect moins désespéré. Il a subi de grands dégâts lors des attaques des V2 allemands et le Blitz de la Seconde Guerre mondiale. Depuis, il a perdu de sa notoriété, même s’il reste voué au prolétariat. Les Bangladeshis forment le groupe d’immigrants qui s’y remarquent le plus aujourd’hui et c’est là que résident beaucoup d’artistes débutants et des fabricants de lacets.

Avenir[modifier | modifier le code]

On s'attend à voir croître l'intérêt du monde des affaires quand la ligne de métro East London sera prolongée vers le nord jusqu’à Dalston et vers le sud jusqu’à West Croydon.

Culture[modifier | modifier le code]

Depuis au moins les années 1970, Whitechapel et d'autres quartiers voisins de l'est londonien occupent une place prééminente sur la scène artistique de Londres, Gilbert et Georges y résident depuis de nombreuses années. La Galerie d'art de Whitechapel, est fondée en 1901 et elle est restée longtemps un avant-poste de la culture dans un environnement misérable. Comme le voisinage s’est gentrifié, elle a gagné réputation et appuis au niveau de la ville, et même internationalement. À partir de 2005, la galerie doit connaître un grand développement grâce à une subvention de 3,26 millions de livres du Heritage Lottery Fund. Le site agrandi à ouvert en 2009.

Divers[modifier | modifier le code]

Fictions autour de Whitechapel[modifier | modifier le code]

  • Retour à Whitechapel, roman-enquête sur l'assassinat de Mary Jane Kelly et l'affaire de Jack l'Éventreur (2013, HC Éditions)
  • Whitechapel, roman de Laure Odène (1997, Éditions Florent Massot)

Films tournés à Whitechapel[modifier | modifier le code]