Ordre des Palmes académiques

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Ordre des Palmes académiques
Illustration.
Avers
Palmes académiques d'officier de l'Instruction publique
Conditions
Décerné par Drapeau de la France France
Type Ordre ministériel
Détails
Statut Toujours décerné
Grades Commandeur
Officier
Chevalier
Statistiques
Création 4 octobre 1955
Ordre de préséance
Précédent Inférieur
Ordre du Mérite agricole
Équivalent
Supérieur
Médaille de la Résistance
Suivant
Illustration.
Chevalier

L'ordre des Palmes académiques est une décoration française instituée le 4 octobre 1955[1] par le président du Conseil Edgar Faure[2]. Elle fait suite à la distinction d'officier d'Académie, créée en 1808 par Napoléon Ier pour honorer les membres éminents de l'Université. Il s'agit de la plus ancienne des distinctions décernées uniquement à titre civil.

Histoire[modifier | modifier le code]

À leur création en 1808, les Palmes académiques sont un titre honorifique réservé à l'Université (qui comprend alors également les lycées — à rappeler que le baccalauréat est le 1er des grades universitaires). Il y a alors trois titres :

  • Les titulaires (qui cesse d'être conféré après 1850) : titre accordé de droit au grand-maître, au chancelier, au trésorier et aux conseillers à vie.
  • Les officiers de l’université (qui devient en 1850 officier de l’Instruction publique) : titre accordé de droit aux conseillers ordinaires, inspecteurs de l’Université, recteurs et inspecteurs d’académie, et aux professeurs de facultés. Il pouvait aussi être accordé aux proviseurs, censeurs et professeurs des deux premières classes des lycées « les plus recommandables par leurs talents et services ».
  • Les officiers des académies (puis à partir de 1837 officiers d’académie) : titre accordé de droit aux proviseurs, censeurs, professeurs des deux premières classes des lycées et principaux des collèges. Il pouvait être accordé également à des régents de collèges, chefs d’institutions et aux autres professeurs des lycées en raison de « services éminents ».

Ce n'est qu'en 1866 que les Palmes académiques deviennent à proprement parler une décoration. À l'insigne brodé fait place un insigne métallique soutenu par un ruban, de moire noire d'abord puis violette.

Enfin, les Palmes académiques prennent leur physionomie actuelle en 1955, sous la forme d'un ordre à trois grades :

  • Chevalier
  • Officier
  • Commandeur (grade créé en 1955).

Aujourd'hui, cette distinction honore certains membres de la communauté éducative, enseignants ou non. Les modalités de son attribution ont été étendues, en 1866, à des personnes non enseignantes ayant rendu des services éminents à l'Éducation nationale, et elle peut, également, être accordée aux étrangers, et aux Français résidant à l'étranger, contribuant, activement, à l'expansion de la culture française dans le monde. Elle peut être décernée pour les artistes également, tels les chanteurs, comédiens, peintres, sculpteurs ayant contribué ou contribuant à l’expansion de l'art ou de la culture française dans le monde.

Les promotions et nominations, prises par décret du Premier ministre sur proposition du ministre de l'Éducation nationale, ont lieu deux fois l'an : le 1er janvier et le 14 juillet. Le décret no 2002-563 du 19 avril 2002 a actualisé les conditions d'attribution.

Les membres sont regroupés en association, l'AMOPA qui valorise les maîtres, encourage le travail des élèves par des prix et des bourses et défend la langue et la culture française. L'AMOPA publie une revue trimestrielle sur tous ces sujets.

Insignes et ruban[modifier | modifier le code]

Les insignes de cet Ordre ont évolué au fil des régimes politiques (référence collection Matthey-Doret) :

  • Ier Empire : 1808, les palmes sont tissées en fil violet sur un fond de "feutrine" noire, environ 10 cm de haut, cousu sur la robe de Professeur des universités impériales puis royales (3 variantes recensées à ce jour) ;
  • Second Empire : les palmes sont tissées sur un ruban de moire noire ou violette — ce qui leur vaut toujours leur appellation de "décorations violettes", et à l'ordre celle de "Légion violette" — :
    • en fil d'argent ou d'or (pour les officiers de l'instruction publique),
    • en fil polychrome (pour les officiers d'académie),
    • environ 5 cm de haut, de nombreuses variantes existent ;
  • IIIe République : les palmes sont métalliques et suspendues à un ruban violet (à partir de 1866).

Ces trois derniers types sont une palme d'olivier et de laurier. À noter que souvent les olives sont des fruits en émail rouge, seulement quelques exemplaires sont émaillés en vert. À noter des insignes métalliques suspendus au ruban mais les palmes sont unifaces et gravées comme les palmes tissées (modèles intermédiaires palmes tissées/palmes métalliques ? 1866-1875 ? période entre la création « métal » et la naissance de la IIIe République).

  • Depuis 1955, l'insigne est composé de 2 rameaux identiques. Les nouveaux insignes sont l'œuvre du ferronnier d'art Raymond Subes[3].

C'est lors de cette modification de l'Ordre que furent créés les grades de chevalier, officier et commandeur, sans distinction entre les officiers d'académie, les officiers de l'instruction publique et les membres nommés hors education nationale.

Ces médailles officielles sont frappées par la Monnaie de Paris.

Conseil de l'Ordre[modifier | modifier le code]

Un conseil de l'Ordre, dont les membres sont commandeurs de droit, est institué auprès du ministre de l'Éducation nationale ; il est ainsi composé :

  • le ministre de l'Éducation nationale ou son représentant ;
  • un membre du conseil de l'Ordre de la Légion d'honneur nommé par le ministre de l'Éducation nationale sur la proposition du grand chancelier de la Légion d'honneur ;
  • les directeurs généraux du ministère de l'Éducation nationale.

Le chef du bureau du cabinet du ministre de l'Éducation nationale assure le secrétariat du conseil de l'Ordre.

L'ordre des palmes académiques est le seul ordre napoléonien encore décerné, tous les autres sont éteints (et la Légion d'honneur a été créée le 29 floréal an X, soit le 28 ou 29 mai 1802, Bonaparte étant alors Premier Consul et non empereur — couronné en 1804).

Anecdotes[modifier | modifier le code]

Le 16 février 2011, 47 titulaires des Palmes académiques 2010 annoncent dans l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo qu’ils renvoient au ministre de l’Éducation Luc Chatel leur décoration pour protester contre les suppressions de postes et la politique d’éducation menée par le gouvernement de l’époque.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Décret no 55-1323 du 4 octobre 1955 modifié par les décrets no 59-1030 du 31 août 1959, no 61-609 du 10 juin 1961, no 61-980 du 28 août 1961, no 62-453 du 13 avril 1962, no 65-775 du 8 septembre 1965, no 2002-563 du 19 avril 2002 et no 2012-427 du 28 mars 2012.
  2. Journal officiel du 7 octobre 1955
  3. Cf. Régis Singer, « Les insignes de l'ordre des Arts et des Lettres », dans Pierre Mollier (dir.), Un demi-siècle en l'honneur des « Arts et Lettres », Société d'histoire des ordres et décorations, « Actes du colloque pour le cinquantenaire de l'ordre des Arts et des Lettres » (ISBN 978-2-9515518-5-1[à vérifier : isbn invalide])

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • F. Serodes, Les Palmes académiques, Nane, 2008, 48 p.
  • Olivier Matthey-Doret, les insignes des Palmes académiques 1808-2008

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]