Théophile de Bordeu

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Théophile de Bordeu

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Activités Médecin, écrivain
Naissance 22 février 1722
Izeste (Béarn, Royaume de France et de Navarre Royaume de France et de Navarre)
Décès 23 novembre 1776
Bagnères-de-Bigorre
Langue d'écriture français, occitan (béarnais)

Théophile de Bordeu, né le 22 février 1722 à Izeste (Béarn) et mort le 23 novembre 1776 à Bagnères-de-Bigorre, est un médecin français et un représentant important du vitalisme. Il est également auteur de poésies béarnaise en occitan [1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans une famille de médecins, Théophile de Bordeu fit ses études de médecine à Montpellier, où il se signala très vite par son opposition aux doctrines de Boerhaave qui dominaient alors, à la suite de quoi il passa quelques mois à Pau où il découvrit le thermalisme pyrénéen. Il se fit ensuite recevoir à Paris avec le soutien de son cousin Louis de Lacaze, médecin ordinaire de Louis XV, et se fixa dans cette ville.

Il travailla un temps à l’Infirmerie royale de Versailles tout en se livrant à des études sur le pouls, le tissu muqueux, les glandes, les maladies chroniques et l’histoire de la médecine. En 1748, il lança le thermalisme pyrénéen en dirigeant la cure du duc et de la duchesse de Biron. Il fut nommé inspecteur des eaux thermales de la généralité d’Auch et inspecteur des eaux de Barèges l’année suivante.

Il fut le médecin de la comtesse du Barry et l’ami de Diderot dont il influença les vues philosophiques sur la sensibilité par ses recherches sur le rôle du système nerveux, l’importance des fibres et la hiérarchie fonctionnelle des organes. Il rédigea un article pour l’Encyclopédie de Diderot qui fit de lui un des personnages de son Rêve de d’Alembert.

Tombé malade en 1775, il revint chercher la guérison auprès des eaux mais mourut dans son sommeil, ce qui fit dire que la mort le craignait si fort qu’elle l’avait pris en dormant.

Propagateur zélé d’idées nouvelles, il eut de vif démêlés avec plusieurs de ses confrères et fut quelque temps interdit.

Bordeu s’attacha toujours à prouver que tout ne s’explique pas dans les fonctions vitales par les simples lois de la mécanique ou de la chimie et qu’il faut admettre une force spéciale pour en rendre compte ; il la nomme sensibilité et il attribue à chaque organe une sensibilité qui lui est propre.

Il était avec Paul-Joseph Barthez, le fondateur de l'école vitaliste, également appelé la doctrine médicale de l'École de Montpellier[2].

On lui doit, en anatomie, d’importantes découvertes sur l’usage des glandes, sur la structure des tissus, découvertes qui ont ouvert la voie à Xavier Bichat.

Dans la médecine pratique, il insista sur l’utilité des eaux minérales pour la guérison des écrouelles, sur la nécessité de consulter le pouls et d’en distinguer les espèces, sur les avantages de l’inoculation.

Auteur béarnais de langue d'oc[modifier | modifier le code]

Théophile de Bordeu, originaire de Béarn, parlait couramment la langue d'oc de son pays d'origine : le béarnais. Son poème Aumatge, dédié à la Vallée d'Ossau, fut publié dans l'anthologie de Vignancour Poésies béarnaises, aux côté des autres grands auteurs en langue béarnaise des XVIIIème et XIXème siècles.

Aumatge[modifier | modifier le code]

Pro b'an cantat, shens dobte, e pro canteran
Lo tendre amor, la guerra e tot çò que de gran
Per lo monde se hè, despuish que, d'ua alenada
Drin de probe en Adam per Diu estó cambiada.
Los membres be 'u me possen, deu cap dinc aus talons,
Com aus arbes se hèn, e brancas e botons;
E son sang que cola, peu miei de sas artèras,
Com l'aigueta qui court capvath las arribèras;
E com los rais deu só se'n van tot escauhant,
La calor que s'esten, hens sas carns en baran.

Que's devèilhe, que's lhève e sons membres qu'agite ;
Sons uelhs e son plantats, cadun dens sa guerita ;
Son nas se'n va sentir; sa man que sap tastar;
Sa lenga dens son clòt, que s'apresta a gostar;
Per l'aurelha qu'enten, quan non l'a pas tròp dura :
Aqueths utís que son los cinc sens de natura.
E malaia la sèrp, dont lo beròi accent,
A l'òmi he sentir qu'avè un aute sens !
Tot lo monde be sap, qu'Eve la vesiada,
Be pergó son aunor dens aquèra vagada,
E que tròp malament he créder a son marit,
Çò qui la sèrp, cap a cap, tantòst l'avè dit.

("Assez on a chanté, sans doute, et assez on cnatera / le tendre amour, la guèrre et tout ce que de grand / De apr le monde se fait, depuis que, d'un souffle / un peu de poussière en Adam par Dieu fut changée. / Les membres m'en poussent, du chef jusqu'aux talons, / Comme aux arbres cela se fait, et branches et boutons; / Et son sang coule, en plein milieu de ses artères, / Comme le ruisseau qui court vers las rivières; / Et comme les rayons du soleil s'en vont en réchaufant tout; / La chaleur s'étend, dans ses chairs en halot.")

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Aquitaniae minerales aquae, Paris, Quillau, 1754.
  • Correspondance, Montpellier, Centre national de la recherche scientifique, 1977-1979
  • Hommage à la vallée d'Ossau, 1774.
  • L’usage des eaux de Barèges et du mercure, pour les écrouelles : ou dissertation sur les tumeurs scrophuleuses, Paris, Debure, 1757
  • Lettres contenant des essais sur l’histoire des eaux minérales du Béarn sur leur nature, différence, proprieté ; sur les maladies ausquelles elles conviennent, & sur la façon dont on doit s’en servir.
  • Lettres contenant des essais sur l'histoire des eaux minérales du Béarn et de quelques-unes des provinces voisines, Amsterdam, Poppé libraires, 1746; seconde édition revue et augmentée en 1748.
  • Lettres inédites, Bordeaux, Bière, 1960
  • Nouvelles observations sur le pouls intermittent : qui indique l’usage des purgatifs, Paris, Vincent, 1761
  • Œuvres complètes précédées d’une notice sur sa vie et sur ses ouvrages, Paris, Caille, 1818
  • Précis d’observations sur les eaux de Barèges et les autres eaux minérales du Bigorre et du Béarn, Paris, 1769
  • Recherches anatomiques sur la position des glandes et sur leur action, Paris, Quillau, 1751
  • Recherches anatomiques sur les articulations des os de la face, Paris, Imprimerie Royale, 1755
  • Recherches sur l’histoire de la médecine, Paris, G. Masson, 1882
  • Recherches sur le pouls par rapport aux crises contenant les décisions de plusieurs savans médecins sur la doctrine du pouls ; ... on y a joint une dissertation nouvelle sur les sueurs critiques & leurs pouls, Paris, P. Fr. Didot jeune, 1779-1786
  • Recherches sur le pouls par rapport aux crises, Paris, Didot, jeune, 1772
  • Recherches sur le tissu muqueux : ou, L’organe cellulaire, et sur quelques maladies de la poitrine, Paris, Didot le jeune, 1767
  • Recherches sur le tissu muqueux, ou l’organe cellulaire, et sur quelques maladies de la poitrine, Paris, Didot le jeune, 1790
  • Recherches sur les maladies chroniques : leurs rapports avec les maladies aiguës, leurs périodes, leur nature, et sur la manière dont on les traite aux eaux minérales de Barèges, et des autres sources de l’Aquitaine, Paris, Gabon : J.A.
  • Recherches sur quelques points d’histoire de la medecine : qui peuvent avoir rapport à l’arrêt de la Grand’ Chambre du Parlement de Paris, concernant l’inoculation, et qui paroissent favorables à la tolérence de cette opération, Liège : [s.n.], 1764
  • Recherches sur quelques points d’histoire de la médicine qui peuvent avoir rapport à l’arrêt de la grand’ chambre du Parlement de Paris, concernant l’inoculation, et qui paroissent favorables à la tolérence de cette opération.., Paris, Rémont, 1764
  • Traité de médecine théorique & pratique, Paris, Ruault, 1774

Sources[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire des sciences médicales. Biographie médicale. Tome 2. Paris, Panckoucke, 1820.
  • Jean Baptiste Isidore Bourdon, Illustres médecins et naturalistes des temps modernes, Paris, Comptoir des Imprimeurs-Unis, 1844.
  • Poésies béarnaise. Pau : Vignacour, 1860.
  • Clavé, Paul. Littérature gasconne: prosateurs béarnais. Orthez : Per Noste, 1980.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]