Jérôme Champion de Cicé

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Jérôme Marie Champion de Cicé
Biographie
Naissance 3 septembre 1735
à Rennes
Ordination sacerdotale 1761
Décès 19 août 1810
à Aix-en-Provence
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale 26 août 1770 par le
card. de La Roche-Aymon
Archevêque d'Aix-en-Provence
18021810
Précédent Jean-Baptiste Aubert Gaspard-André Jauffret Suivant
Archevêque de Bordeaux
17811801
Précédent Ferdinand-Maximillien Mériadec de Rohan-Guéméné Charles François d'Aviau du Bois de Sanzay Suivant
Évêque de Rodez
17701781
Précédent Jean-Charles de Grimaldi d'Antibes Charles Colbert de Seigneley de Caste-Hill Suivant

Ornements extérieurs Comtes Archevêques de l'Empire français.svg
Blason Jérôme Marie Champion de Cicé (1735-1810).svg
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Jérôme Marie Champion de Cicé (3 septembre 1735 à Rennes - 19 août 1810[réf. nécessaire] à Aix-en-Provence[1]) est un homme d'Église et un homme politique français du XVIIIe siècle.

Nommé Garde des sceaux par Louis XVI, il est l'auteur du projet de déclaration des droits en 24 articles qui a servi de base à la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Rennes le 3 septembre 1735, Jérôme Champion de Cicé fait ses études au Collège du Plessis, où il a pour condisciples Boisgelin de Cucé, Loménie de Brienne, Morellet et Turgot. En 1763, il est docteur en théologie à la Sorbonne. Il est le petit-neveu de Louis Armand Champion de Cicé, missionnaire au Canada, en Chine puis au Siam dont il est le vicaire apostolique et évêque in partibus infidelium de Sabule de 1701 à 1727[2].

Dès 1760, il est nommé abbé commendataire de l'abbaye de Chantemerle, qui lui procure un revenu annuel de 2 000 à 2 500 livres. Ordonné prêtre en 1761, il devient vicaire général à Auxerre, où son frère aîné Jean-Baptiste-Marie Champion de Cicé vient d'être nommé évêque.

De 1765 à 1770, il est agent du clergé et conseiller d'État. En 1770, il se lie d'amitié avec Turgot et publie avec César-Guillaume de La Luzerne, son collègue à l'agence (depuis évêque de Langres), les Rapports de l’agence, contenant les principales affaires du clergé, qui se sont passées depuis l’année 1765 jusqu’en l’année 1770, où il relate son expérience d'agent du clergé.

Il est nommé évêque de Rodez en 1770. En 1771, il lance une grande enquête à travers son diocèse, par l'intermédiaire d'un questionnaire imprimé envoyé à tous les curés. La majeure partie des questions concerne l’état de la population, ses moyens de subsistance, l’économie, la santé… une seule le domaine spirituel. Il publie en 1776 le Procès verbal de l’Assemblée générale du clergé de France tenue à Paris en 1770, un fort volume de 868 pages. En 1779 est créée au sein de la généralité de Montauban, l’administration provinciale de Haute-Guyenne, regroupant le Quercy et le Rouergue, et c’est Mgr Champion de Cicé qui en est nommé président. À ce titre, il supervisera notamment la modernisation du cadastre, dans le but d’une réévaluation des impôts.

Nommé ensuite archevêque de Bordeaux en 1781, il contribua en 1786 à créer l'Institut national des jeunes sourds (INJS) de Bordeaux.

Le 14 février 1789, il publie un Mandement prescrivant des prières pour le succès des États généraux, qui déplaît fortement à la noblesse.

Élu — comme son frère aîné Jean-Baptiste-Mariedéputé du clergé aux États généraux de 1789, il fut chargé de présenter les travaux du Comité sur la Constitution dont le texte de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789. Il faut tout de même préciser qu'il ne souhaitait pas une Déclaration, car il considérait que la société française n'était pas, contrairement à celle des États-Unis, composée d'individus égaux, lors de la séance du 1er août 1789 (source : Archives nationales).[réf. nécessaire]

Au lendemain de la nuit du 4 août, Jérôme Champion de Cicé fut nommé Garde des sceaux par Louis XVI. Trois jours à peine après sa nomination, le 7 août, il se rendit à l’Assemblée nationale avec sept autres ministres, envoyés par le roi « qui ne veut faire qu’un avec sa nation » pour demander comment rétablir l’ordre. Necker parle alors de l’état des finances.

Par la suite, il ne s’adressera à l’Assemblée que comme garde des sceaux pour maintenir, dans la mesure du possible, la liaison entre le roi et les députés. Le 21 novembre 1790, après la proclamation de la Constitution civile du clergé, il démissionna de sa charge de garde des sceaux, et décida de reprendre ses fonctions de député. Ayant demandé un congé pour se reposer, il ne fut pas présent lors du débat sur le serment qu’il ne prononça pas.

Son nom ayant été placé sur la liste des absents (18 juillet 1791), il émigra, d'abord à Bruxelles, puis en Hollande. De 1795 à 1802, il s'installe à Londres, où il retrouve des monarchistes comme Malouet ou Lally-Tollendal, ainsi que des prélats libéraux comme Boisgelin et Fontanges.

Le 8 octobre 1801, il publie à Londres un document de 15 pages Lettre de Mgr l’archevêque de Bordeaux à ses diocésains, dans lequel il leur expose les motifs de sa démission, intervenue à la demande du pape.

Le 21 février 1802, il rentre en France, et est presque aussitôt (le 9 avril) nommé archevêque d'Aix-en-Provence, diocèse qui comprenait à la fois les Bouches-du-Rhône et le Var.

Première page de l'édition bilingue Français/provençal des Cantiques spirituels de Champion de Cicé.

Jérôme Champion de Cicé fut sensible à la question des langues régionales, et publia dans les différents diocèses dont il eut la charge des Catéchismes en idiome local.

Le 15 janvier 1805, Jérôme Champion de Cicé est élevé à la dignité d’officier de l’ordre national de la Légion d'honneur[3]. Trois ans plus tard, le 16 septembre 1808, il est fait comte d'Empire par Napoléon.

Il meurt de maladie à Aix-en-Provence au palais épiscopal le 19 août 1810[réf. nécessaire][1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Archives départementales des Bouches-du-Rhône, registre des décès de 1810, p. 78 sur 129, acte du 22 août 1810, site officiel.
  2. Société des Missions étrangères de Paris, [1]
  3. « Notice no LH/476/31 », base Léonore, ministère français de la Culture

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]