Système éducatif de la République populaire de Chine

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Le système éducatif de la République populaire de Chine comprend des garderies, des maternelles, des écoles spécialisées pour les sourds et les muets, des « key schools », des écoles primaires, des écoles secondaires (comprenant des écoles d'agriculture et professionnelles), des écoles pour les enseignants, des écoles techniques et plusieurs institutions d'études supérieures (collèges et universités généraux ou spécialisés).

Avant la création de la République populaire de Chine, l'éducation n'était disponible de fait que pour les notables, néanmoins l'accès à la fonction de mandarin était ouverte à tous. L'accession au pouvoir du Parti communiste chinois en 1949 entraina une modification profonde de l'ensemble du système éducatif.

L'entrée d'une école chinoise à Chongqing

Faits historiques[modifier | modifier le code]

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, un grand nombre de savants, ingénieurs et intellectuels suivirent Tchang Kaï-chek dans sa retraite sur Taïwan, ce qui contribua grandement à l'avènement du miracle économique de la République de Chine, mais cette population éduquée fit défaut à la jeune République populaire de Chine. La méfiance du Parti communiste chinois vis-à-vis des populations citadines éduquées et intellectuelles entraina de nombreuses purges, dont la révolution culturelle fut l'une des plus importante. Lors de cette période, les écoles d'éducation supérieure ont été fermées et une génération entière de diplômés a été perdue, amenant un appauvrissement de la main-d’œuvre qualifiée par rapport aux avancées technologiques que connaît plus tard la Chine.

Durant la période post-Mao, les politiques d'éducation évoluent. Sous Deng Xiaoping, le régime politique en place ressent la nécessité de développer la science, la technologie, les ressources intellectuelles et surtout l'éducation populaire afin de moderniser le pays. Les demandes en éducation sont alors élevées, notamment dans les domaines des nouvelles technologies, des sciences de l'information et de l'administration, en raison de la réforme économique du pays. Le gouvernement perçoit des besoins importants en main-d’œuvre qualifiée afin de subvenir aux besoins de sa nombreuse population.

Par ailleurs dès les années 1950, il est créé pour les minorités des écoles spécifiques. Ainsi après l'intervention de l'armée populaire de libération au Tibet en 1950, des enfants tibétains ont été accueillis dans les écoles des minorités chinoises pendant la décennie 1950-1960[1]. L'étude établie par l'université Laval située à Québec, indique deux raisons à ce déplacement d'enfants : d'une part ils devaient recevoir une éducation politique et d'autre part être initiés à la culture Han[2].

« des milliers d'enfants furent arrachés à leur famille pour recevoir en Chine une éducation marxiste-léniniste . »
« Enfin, une autre forme de la politique d'immigration consistait à déporter de jeunes enfants issus des minorités nationales vers la région de Pékin en vue de les initier à la culture han. Cette dernière mesure fut inégalement appliquée parce qu'elle provoquait la révolte chez les minoritaires, notamment les Tibétains, qui ne semblaient pas comprendre les « bienfaits » de l'éducation han. »
« À cette époque, les déclarations du gouvernement chinois portaient constamment sur la « supériorité des Han », la « mission civilisatrice des Han », le « devoir moral » pour les non-Han d'accéder au niveau des Han. Pour le gouvernement, les Han, perçus comme « plus avancés », constituaient « le guide des peuples ». La tâche du Parti communiste et du gouvernement était donc d'« aider les peuples minoritaires à rattraper le peuple han dans la grande marche vers le socialisme ». Pour leur part, les Han considéraient les groupes minoritaires comme des arriérés ou des barbares, voire des chiens, des requins ou des bons à rien qu'il faut tirer de leur infériorité. »

Vers 1980, la base du système scolaire évolue : le développement des attitudes et des connaissances politiques est mis au second plan, remplacé par la qualification en vue du marché du travail. Les politiques actuelles d'éducation visent un système d'éducation universelle au primaire et au secondaire afin de rendre la main-d’œuvre plus qualifiée. Cette politique contraste avec la précédente qui visait l'éducation universelle pour des raisons d'égalité. Parmi ces politiques, en 1985, le gouvernement a instauré une loi rendant obligatoire un minimum de 9 ans d'éducation. Cependant, aujourd'hui, si l'éducation primaire est universelle, un manque de ressources limite l'accès à l'éducation secondaire et supérieure.

Le système scolaire[modifier | modifier le code]

Système éducatif chinois
Universités / Études supérieures
Gaokao (Baccalauréat chinois)
Lycée général / professionnel Classe Lycée 3 (equivalent de la terminale)
Classe Lycée 2 (equivalent de la première)
Classe Lycée 1 (equivalent de la seconde)
Zhongkao (Brevet chinois)
Collège Classe Collège 3 (équivalent de la troisième)
Classe Collège 2 (équivalent de la quatrième)
Classe Collège 1 (équivalent de la cinquième)
École primaire (à partir de 7ans) Classe Niveau 6 (équivalent de la sixième du collège)
Classe Niveau 5 (équivalent du CM2)
Classe Niveau 4 (équivalent du CM1)
Classe Niveau 3 (équivalent du CE2)
Classe Niveau 2 (équivalent du CE1)
Classe Niveau 1 (équivalent du CP)
Maternelle (à partir de 4 ans) Grande section
Moyenne section
Petite section

Le système scolaire chinois comprend des garderies, des maternelles, des écoles spécialisées pour les sourds et les muets, des « key schools », des écoles primaires, des écoles secondaires (comprenant des écoles d'agriculture et professionnelles), des écoles pour les enseignants, des écoles techniques et plusieurs institutions d'études supérieures (collèges et universités généraux ou spécialisés).

En juin 1985, la Conférence nationale sur l'éducation a aboli l'ancien ministère de l'éducation et a créé une « Commission d'État pour l'éducation » (State Education Commission). Celle-ci a pour but de coordonner les politiques d'éducation, de gérer toutes les organisations éducatives (sauf celles relevant de l'armée), de planifier les objectifs éducatifs généraux, de coordonner les programmes de différents départements, de normaliser la réforme, d'universaliser et d'améliorer les études élémentaires, d'augmenter le nombre d'écoles, de qualifier les enseignants et de développer l'éducation technique et professionnelle. Une norme uniforme pour les examens, les cahiers de notes et la qualification des enseignants a été mise en place.

Des commissions scolaires régionalisées assurent une autonomie aux provinces et à certaines villes afin d'adapter leur enseignement aux besoins de leur région. La Commission d'État sur l'éducation dirige ces commissions scolaires. Le but premier de la création de ces commissions est le développement de l'éducation primaire ; ceci fait suite à la loi de 1986 instaurant le principe d'une scolarité obligatoire et gratuite de 9 ans (6 ans d'école primaire et 3 ans de collège).

Éducation primaire et préscolaire[modifier | modifier le code]

Éducation primaire[modifier | modifier le code]

Dans un pays aussi vaste que la République populaire de Chine, le développement de l'enseignement primaire universel est un formidable accomplissement. Avant 1949, 20 % des jeunes de 7 ans fréquentaient l'école primaire ; en 1985, ce pourcentage était monté à 96 %. Cependant, seuls 30 % des élèves terminent et réussissent leurs études : ces élèves vivent principalement dans les villes. La République compte approximativement 832 000 écoles primaires. Dans les villages, on compte plusieurs enseignants itinérants : ils donnent des cours le matin dans une école et l'après-midi dans une autre. La loi sur l'instruction obligatoire de 9 ans implique des écoles gratuites et situées dans des endroits accessibles aux enfants. En réalité, les parents doivent payer de petits frais pour les livres, le transport et la nourriture (environ 20 yuans vers la fin des années 1980) ; les familles les plus pauvres reçoivent une allocation.

Les enfants débutent l'école à sept ans pour deux semestre d'études. Les cours enseignés sont les cours de chinois, de mathématiques, d'éducation physique et sportive, de musique, d'arts plastiques, de sciences naturelles et d'éducation civique, morale et société. L'anglais comme langue seconde est introduite à la classe Niveau 2. Dès la classe Niveau 4, les élèves vont travailler deux semaines par semestre (stage de découverte et d'apprentissage), principalement dans des entreprises, afin de se familiariser avec le monde du travail. Tous les élèves assistent à une cérémonie du lever du drapeau tous les lundis et sont obligés de porter l'uniforme de leur école ce jour-là.

Les écoles rurales adoptent généralement un horaire flexible, variant selon la saison agricole, et visent à préparer les élèves au travail manuel. Ainsi, leur programme se limite souvent aux cours de langue chinoise, de mathématiques et de morale. Au contraire, les écoles urbaines ont un horaire fixe sur six jours et donnent une éducation en vue d'études et d'emplois supérieurs. Le gouvernement tend à vouloir diminuer le fossé entre ces deux réalités, d'autant plus que nombre de parents croient que l'éducation rurale ne donne aucune chance à leurs enfants et les confine à une vie agricole qu'ils peuvent déjà exercer sans éducation.

Éducation préscolaire[modifier | modifier le code]

L'éducation préscolaire, qui débute vers l'âge de trois ans et demi, fut réformée vers 1985. Le gouvernement croit que l'éducation préscolaire doit être financée par des organisations individuelles et des entreprises.

Éducation spécialisée[modifier | modifier le code]

La Conférence nationale sur l'éducation de 1985 reconnaissait l'importance d'accorder une éducation spécialisée, aussi bien afin de favoriser les surdoués que les élèves en difficultés d'apprentissage. Dans la majorité des cas, la responsabilité des élèves ayant des problèmes physiques ou psychologiques sévères était laissée aux familles. En 1985, environ 2 % des élèves sourds ou aveugles étudiaient dans des écoles spécialisées. En général, l'éducation spécialisée ne fait pas partie des priorités du gouvernement actuel.

Éducation secondaire[modifier | modifier le code]

Middle schools[modifier | modifier le code]

L'éducation secondaire dans la république populaire de Chine est complexe. Vers 1960, la politique dite « marcher sur les deux jambes » (walking on two legs) créait des écoles régulière et des écoles techniques. Durant la révolution culturelle, le manque de financement entraîna la fermeture des écoles techniques qui étaient perçues comme une occasion de fournir une éducation inférieure aux familles plus pauvres. Ce n'est que vers la fin des années 1970 que les écoles techniques furent rouvertes.

Les écoles secondaires (middle schools) de la République populaire de Chine sont divisées en deux parties, les niveaux junior et les niveaux senior. Le niveau junior compte 3 niveaux et débute vers l'âge de 12 ans ; quant au niveau senior, il compte 2 à 3 niveaux et débute vers l'âge de 15 ans. En 1985, plus de 104 000 middle schools (régulières et techniques) réunissaient environ 51 millions d'élèves.

Le programme comprend des cours de chinois, de mathématiques, de physique, de chimie, d'anglais (d'autres langues comme le russe, le coréen, le japonais sont enseignées dans certaines régions), d'histoire, de géographie, de politique, de sciences, de musique, d'arts, de technologie, éducation physique et d'éducation civique et société. Au niveau junior, les mathématiques et la langue chinoise comptent pour 38 % du cursus et la langue seconde pour 16 %. Au niveau senior, 50 % du cursus est en sciences et en mathématiques et 30 % en langues. En Chine, un diplômé du niveau senior est considéré éduqué, bien que les écoles secondaires ne sont vues que comme une plate-forme vers les collèges et les universités.

Peu de jeunes des régions sont inscrits à l'école secondaire, malgré l'encouragement gouvernemental, principalement en raison de l'attitude des parents. Le problème du décrochage, présent dans le primaire, s'accentue encore dans le secondaire, l'école n'étant obligatoire que pendant 9 ans.

Les études secondaires sont sanctionnées au printemps par le gaokao, que l'on peut traduire par « examen du niveau supérieur de l'enseignement secondaire » qui est l'equivalent du baccalauréat français. Il joue le rôle de concours d'entrée à l'université : les admissions sont en effet fonction de l'ordre de classement obtenu à cet examen. Dans sa forme initiale, le gaokao se compose de trois épreuves fondamentales : le chinois, les mathématiques et l'anglais.

Écoles professionnelles[modifier | modifier le code]

Les écoles professionnelles visent à remplir les besoins de la modernisation. Les écoles secondaires régulières donnent même des cours, tels qu'en industries, en services, en affaires et en agriculture, afin de faire la promotion des métiers professionnels.

Vers 1985, on comptait près de 3 millions d'étudiants au niveau technique. Même si le nombre d'admissions dans les écoles professionnelles n'a pas vraiment augmenté au cours des dernières années, la proportion des élèves en école technique par rapport à ceux en école généraliste était de 36 % en 1985.

En 1987, il existait quatre types d'écoles professionnelles :

  • les écoles techniques qui offraient un programme en quatre ans, suivant le niveau junior, et un programme de 2 ans, suivant le niveau senior, dans des domaines comme le commerce, l'art ou la sylviculture ;
  • les écoles polytechniques qui offraient un programme de 2 ans comme charpentier ou comme soudeur ;
  • les écoles techniques à vocation particulière qui offraient un programme d'un à trois ans en cuisine, couture, photographie, etc. ;
  • les écoles d'agriculture qui offraient une base dans les techniques agricoles.

École des minorités chinoises[modifier | modifier le code]

Il existe aujourd'hui 13 universités pour les minorités ethniques en Chine. Les étudiants de ces école des minorités chinoises représentaient en 2007 près de 6 % du total des inscriptions dans les établissements chinois[3].

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Les écoliers chinois sous pression, film documentaire de Marije Meerman, Pays-Bas, 2008, 60'

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]