Symphonie nº 7 de Bruckner

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La symphonie n° 7 en mi majeur d'Anton Bruckner est la symphonie la plus exécutée du compositeur grâce, sans doute, à l'incomparable Adagio. Il commence à écrire la Symphonie en septembre 1881 avec le pressentiment de la mort de Wagner, ce qui par la suite s'est effectivement réalisé (1883). Le premier mouvement, qui annonce Parsifal sans s'en inspirer est terminé en juillet 1882. L'adoration qu'il portait à Wagner est quelque peu exagérée mais, il est certain que le fruit spirituel de l'admiration exaltée de Bruckner est particulièrement mûr et la Septième – souvent intitulée Symphonie des trémolos est la plus chaleureusement sincère et la plus ardente de toutes les symphonies du compositeur, et contient beaucoup de thèmes bien choisis. L'auteur ne lui apporte aucune modification.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Composition : du 23 septembre 1881 au 17 août 1883

Éditions[modifier | modifier le code]

  • Édition Gutmann (1885, révision par Schalke et Löwe)
  • Édition Haas (1944)
  • Réédition par Nowak en 1954 : quelques changements mineurs, notamment rétablissement du coup de cymbales et du tremolo de triangle et de timbale lors du climax de l'Adagio (que Haas avait supprimés)

Dédicace : À Louis II de Bavière

Première audition : le 30 décembre 1884 sous la direction d'Arthur Nikisch (sans les tubas wagnériens), succès mais critiquée.

La symphonie est écrite pour 2 flûtes, 2 hautbois, 2 clarinettes, 2 bassons, 4 cors, 3 trompettes, 3 trombones, 4 tubas wagnériens (2 tubas wagnériens ténors, 2 tubas wagnériens basses) et 1 tuba contrebasse, timbales, triangle, cymbales et les cordes.

La symphonie est en quatre mouvements :

  1. Allegro moderato
  2. Adagio : sehr feierlich und sehr langsam
  3. Scherzo : sehr schnell
  4. Finale : bewegt, doch nicht schnell

Durée d'exécution : 65-70 minutes

Mouvements[modifier | modifier le code]

Le thème principal du premier mouvement apparaît après un doux trémolo des cordes dit Urnebel, qui est une des idées mélodiques les plus étendues et les plus riches de l'histoire de la musique. C'est de ce thème et dans son rapport à lui que naissent et découlent non seulement les deux autres thèmes de cette partie mais aussi le développement de toute la composition. Le Scherzo qui regorge de sons, au thème fortement rythmé formé «d'intervalles primitifs» en octaves, quintes et quartes, est le mouvement le plus prisé par les auditeurs. L’Adagio est considéré comme le morceau le plus important de cette symphonie. En l'honneur de Wagner, il construit l'Adagio autour de deux thèmes monumentaux, y introduisant une mélodie (correspondant aux paroles" Non confundar in aeternum". Je n'aurai pas honte pour l'éternité) du Te Deum qu'il compose en même temps. Dans ce mouvement, il est aussi le premier à utiliser dans une partition qui n'est pas de l'opéra quatre des « Wagnertuben » (tubas de Wagner) que le maître de Bayreuth fait fabriquer spécialement pour l'exécution de sa Tétralogie. Le thème du finale découle du premier mouvement en étant plus rythmique et plus frappant, et avec le thème contrastant du choral, il utilise d'incessantes variations culminant en une éblouissante reprise jusqu'à la fin imposante de l'ouvrage.

I - Allegro moderato[modifier | modifier le code]

Dès le début, les cors et violoncelles entonnent le thème principal large et élégiaque avec des tremolos que reprennent les altos. A intervalle court, le hautbois et la clarinette introduisent tranquillo le second thème, une généreuse extase dont les harmonies, le coloris et le remarquable doublé font penser à Wagner. Le développement est tout à fait sous le signe de l'envoûtement de l'Anneau du Nibelung. Quelques timides essais tentés par les cors pour esquisser une mélodie chorale mais couverts par des images virtuelles de l'idée fondamentale et par le deuxième thème.

II - Adagio : sehr feierlich und sehr langsam (très solennel et très lent)[modifier | modifier le code]

(ut dièse mineur et fa dièse majeur) La mort de Wagner l'obsède : « "Je rentrais chez moi un jour, très triste ; je me disais il est impossible que le Maître vive longtemps encore. À ce moment précis, l'Adagio en ut dièse mineur me fut inspiré". » Misterioso e lente assai quatre tubas wagnériens (Wagnertuben) et un tuba contrebasse modulent comme de belles orgues un thème d'une rare élévation que les violons reprennent avec une mélodie que l'on relève dans son Te Deum. Apprenant le décès de Richard Wagner, il en fut extrêmement affecté et modifia la fin de l'Adagio, insérant un choral funèbre aux cors, tubas wagnériens et tuba basse juste avant la coda terminale. Presque partout ce thème est résigné. Cet adagio a été exécuté aux obsèques du compositeur dans un arrangement pour harmonie de Ferdinand Löwe. Il a également été diffusé sur la radio allemande au lendemain de la mort d'Adolf Hitler.

III - Scherzo : sehr schnell (très vite)[modifier | modifier le code]

Selon la légende, le thème de la trompette est suggéré au compositeur par le chant d'un coq qui le réveille chaque matin à Saint-Florian. Lorsque les bois et les cordes se mettent à marteler leurs gammes sur des rythmes inexorables, on ne peut qu'être saisi d'effroi. Le trio (en fa majeur) paraît, au départ, idyllique, grâce à son thème mélodieux et pastoral, mais les duolets causent une légère angoisse qui se dissipe dans les dernières mesures pour laisser la place à une flûte donnant une mélodie. C'est l'un des plus beaux Scherzo des symphonies de Bruckner, avec celui de la 6e et de la 9e.

IV - Finale : bewegt, doch nicht schnell (animé mais pas rapide)[modifier | modifier le code]

L'idée fondamentale domine le finale. Particulièrement enjouée à l'excès, elle révèle vers la fin une tendance à se laisser abattre. Un contraste se présente avec un choral qui ne fait que passer. On le retrouve à la fin du développement mais se perd à la répétition du mouvement. Enfin, il y a des passages où la technique domine et le morceau se termine sur un monumental retour de l'idée fondamentale du premier mouvement.

Discographie sélective[modifier | modifier le code]

La discographie de la 7e symphonie est pléthorique. Ci-après une sélection.

Édition Gutmann (1885)[modifier | modifier le code]

Édition Haas (1944)[modifier | modifier le code]

Édition critique de Nowak (1954)[modifier | modifier le code]

Arrangement[modifier | modifier le code]

Les compositeurs Karl Rankl et Hanns Eisler ont réalisé un arrangement de la symphonie pour orchestre de chambre.

Source[modifier | modifier le code]

  • Sommets de la Musique par C. Howeler, version française (Edition Flammarion en France).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « L'élément tragique et la grandeur du discours sont inégalés. C'est bien un disque pour une île déserte, à garder et chérir pendant toute la vie. Ironiquement, sa grandeur tragique n'a pas dissuadé les nazis de diffuser ce disque à la radio Berlin pour annoncer la mort de Hitler, bien après que Furtwängler ait fui l'Allemagne. Contentons nous de dire qu'aucun homme, aussi grand soit-il, ou a fortiori vil, n'est digne des dimensions de cette œuvre. » Sami Habra, CD Furtwängler « revisité », FURT 1099, Tahra,‎ 2005, p. 5.
  2. a et b quatre étoiles dictionnaire des disques et compacts, Diapason, Bouquins/Laffont (ISBN 2-221-05660-4)

Liens[modifier | modifier le code]