Son Sann

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Dans ce nom khmer, le nom de famille, Son, précède le nom personnel.
Son Sann
សឺន សាន
Son Sann en 1967
Son Sann en 1967
Fonctions
24e Premier ministre du Cambodge
1er mai 196731 janvier 1968
(8 mois et 30 jours)
Président Norodom Sihanouk
Prédécesseur Lon Nol
Successeur Penn Nouth
Biographie
Nom de naissance Samdech Borvor Setha Thipadei Son Sann
Date de naissance 5 octobre 1911
Lieu de naissance Phnom Penh,
Drapeau du Cambodge Cambodge
Date de décès 19 décembre 2000 (à 89 ans)
Lieu de décès Paris,
Drapeau de la France France

Son Sann
Premiers ministres du Cambodge

Son Sann (1911-2000) est un homme politique, ancien Premier ministre cambodgien de 1967 à 1969.

Il fut aussi le chef du FLNPK (Front de libération nationale du peuple khmer) puis du Parti libéral démocratique et bouddhiste qui était, dans les années 1980, la troisième composante de l'opposition au gouvernement de Phnom Penh à côté des troupes khmères rouges et de celles fidèles à Norodom Sihanouk.

C'est à ce titre qu'il participa aux négociations qui aboutirent aux accords de Paris de 1991.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est né le 5 octobre 1911 à Phnom Penh, dans une famille khmère Krom (minorité khmère du Sud-Vietnam). Son Sann part étudier en France et, après un passage par le collège Saint-Aspais de Melun puis le lycée Louis-le-Grand, sort diplômé de HEC Paris en 1933. À son retour au Cambodge, en 1935, il sert l’administration française en tant que vice-gouverneur de Siem Reap puis, en 1937, de Battambang. En juin 1939, il quitte l’administration pour s’essayer au monde des affaires. En décembre 1940, il est membre d’une mission économique cambodgienne envoyée à Tokyo pour négocier l’exportation de riz au Japon. À partir de 1941, il est chargé de former le nouveau roi, Norodom Sihanouk dans le domaine de l’économie.

Au gouvernement[modifier | modifier le code]

Une fois la paix revenue, il retrouve la fonction publique et, dès 1947, il devient ministre des finances, vice-président du conseil puis, à partir de 1950, ministre des affaires étrangères. En 1954 c’est en tant que ministre des Affaires étrangères qu’il part représenter le Royaume du Cambodge à la conférence qui aboutit aux accords de Genève, marquant la fin de la première guerre d’Indochine. De retour, il crée, avec l'aide d'Achille Dauphin-Meunier (auquel l'avait présenté Edmond Vivier), la Banque nationale du Cambodge dont il devient le premier gouverneur en 1955, gardant ce poste jusqu’en 1968 et le cumulant avec ses fonctions ministérielles. En tout, en une vingtaine d'années, il occupera pas moins de dix-sept postes différents dans des ministères, dont celui de Premier ministre de 1967 à 1969.

Période de la République khmère[modifier | modifier le code]

Même s’il n’a jamais vraiment partagé les idées politiques du prince Norodom Sihanouk, lorsque ce dernier est déposé le 18 mars 1970, il décide de quitter le pays pour Paris. En juin 1970, il va à Pékin pour tenter de réconcilier Norodom Sihanouk et Lon Nol qui l’avait déposé. Il poursuivit ses efforts, même après la proclamation en octobre de la République khmère. À la fin de 1971, il avait gagné le soutien de plusieurs diplomates et politiciens cambodgiens, français et chinois. Toutefois, en 1972, le Premier ministre Zhou Enlai rejette l’initiative et Lon Nol y répond en s’autoproclamant Président de la République.

Période du Kampuchéa Démocratique[modifier | modifier le code]

Il était revenu en France quand le 17 avril 1975, les khmers rouges s’emparèrent du pouvoir à Phnom Penh. En 1976, il crée et préside l'Association générale des Khmers à l'étranger (AGKE) par laquelle avec l'aide matérielle et financière des Américains, il finance les groupes d'anciens soldats et officiers républicains combattant le régime de Pol Pot.

Résistance dans le FLNKP[modifier | modifier le code]

Article connexe : Conflit cambodgien (1978-1999).

En octobre 1979, alors que les khmers rouges avaient dû céder le pouvoir à la République Populaire du Kampuchéa mise en place par les Vietnamiens, Son Sann fonda le Front de libération nationale du peuple khmer (FLNPK) d’inspiration républicaine, pour s’opposer au régime de Phnom Penh sans pour autant cautionner un retour des khmers rouges. Malheureusement cette troisième voie s’avéra peu viable et, dès 1982, il intègre, en tant que premier ministre, un nouveau gouvernement de coalition en exil créé par Norodom Sihanouk et comprenant les khmers rouges. Toutefois, la faiblesse militaire du FLNPK et le fait de devoir passer sous silence les exactions perpétrées contre ses propres troupes par les Khmers rouges afin de continuer à toucher les fonds du gouvernement chinois conduit à des dissensions dans les rangs du parti; mais Son Sann réussit néanmoins à en conserver la direction politique. Son attitude critique envers le pouvoir en place à Phnom Penh lui valut de prendre part aux négociations qui aboutirent à la conférence de paix sur le Cambodge et à la signature des accords de Paris en octobre 1991.

Retour à Phnom Penh[modifier | modifier le code]

Il retourne à Phnom Penh en décembre 1991 et transforme le FLNPK en Parti libéral démocratique et bouddhiste (PLDB) afin de préparer les élections de mai 1993 qui se tiennent sous l’égide de l’Autorité PROvisoire des Nations Unies au Cambodge (APRONUC). Le parti ne gagne que 10 des 120 sièges de la nouvelle assemblée constituante. Son Sann en est élu président et supervise donc la rédaction de la nouvelle constitution qui fut promulguée en septembre. Après le rétablissement de la monarchie constitutionnelle, Son Sann décide de se retirer de la vie publique et cède son siège de président de l’Assemblée nationale à Chea Sim.

Norodom Sihanouk pense alors à lui et le nomme conseiller personnel. En juillet 1995, il doit laisser la présidence de son parti à Ieng Mouly, alors ministre de l’Information. La fin de sa vie est marquée par une série d’échecs, entre l’impossibilité d’établir une démocratie pluraliste et l’affaiblissement de son parti qui ne survivra pas aux luttes intestines. C’est sur cette déconvenue qu’il se retira à Paris où il décède d'une crise cardiaque, le 19 décembre 2000. Son corps est ramené à Phnom Penh et est incinéré en présence de LL. MM. le roi Norodom Sihanouk et la reine Monique. Ses cendres reposent dans un stûpa à Sri-Ampel, au Cambodge.

Sources[modifier | modifier le code]