Manufrance

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Manufrance Distribution

Création 1887
Dates clés 1988 : rachat des marques et constitution du groupe Manufrance
Fondateurs Étienne Mimard
Personnages clés Pierre Blachon
Bernard Tapie
Forme juridique Société à responsabilité limitée
Slogan Bien faire et le faire savoir
Siège social Drapeau de France 6, rue de Lodi
Saint-Étienne (France)
Direction Jacques Tavitian
Activité Vente par correspondance
Produits Nature, maison, chasse
Effectif 12
Site web http://www.manufrance.fr/

Manufrance est une célèbre et emblématique entreprise stéphanoise. Manufrance était le nom commercial pour Manufacture Française d'Armes et Cycles de St.Etienne, une société française de vente par correspondance qui était située dans la ville industrielle de Saint-Étienne, créée en 1885. Ce fut la première société de vente par correspondance française. Elle était essentiellement spécialisée dans les fusils de chasse (Robust, Falcor, Idéal, Simplex) et les bicyclettes (Hirondelle), mais elle a aussi vendu d'autres produits, allant de la canne à pêche aux articles ménagers, comme des horloges murales. La plupart des produits vendus par Manufrance étaient fabriqués par des fabricants extérieurs, puis étiquetés et vendus au détail sous l'étiquette Manufrance. La société est mise en liquidation judiciaire en 1985. L'activité renaît sous l'impulsion de Jacques Tavitian en 1988.

Historique[modifier | modifier le code]

Création[modifier | modifier le code]

Le 10 novembre 1887, Étienne Mimard et Pierre Blachon achètent la « Manufacture Française d’Armes et de Tir » de Monsieur Martinier-Collin pour 50 000 pièces-or[1]. Deux ans auparavant, soit en 1885, est créé Le Chasseur français, un périodique sur le monde de la chasse. En 1892, s'ouvre le premier magasin de vente à Paris au 42 rue du Louvre. Peu de temps après la découverte de la bicyclette, l'entreprise lance la sienne sous le nom d' Hirondelle. De fait, l'entreprise est rebaptisée[1] Manufacture française d'armes de Saint-Étienne". La mention "et cycles" sera ajoutée en 1901.

Les années de gloire[modifier | modifier le code]

En 1893 commence la construction des bâtiments du cours Fauriel à Saint-Etienne. La même année est introduite la gamme d'articles de pêche Tarif-Album. En 1897 est créée la carabine mono-coup Buffalo, une carabine de tir et de jardin. En 1900, 80 succursales sont déjà ouvertes dans les colonies françaises[2].

En 1902, une centrale électrique est construite pour l'usine. En 1904, l'entreprise propose à ses clients ses premières cartouches prêtes à l'emploi. En 1906 est créée la machine à coudre Omnia. La société possède 8 magasins en France et 367 agences à l'étranger et dans les départements d'Outre-Mer. En 1908 est lancé le fusil Simplex[2].

En 1911, la Manufacture française d'armes et cycles de Saint-Étienne prend le nom de Manufrance et devient une société anonyme ; Etienne Mimard en est le premier directeur général. En 1913 est lancé le fusil Robust, un fusil de chasse juxtaposé, la référence pour ce type de fusil. Manufrance sort une bicyclette modéle grand tourisme, avec 6 vitesses rétro-directe et roue libre, pour un prix de 200 frcs[2].

En 1914, Pierre Blachon décède et lègue la majorité des actions aux Hospices civils de Saint-Etienne. Manufrance lance le pistolet Le Français et met au point le pneu démontable. À cette date, Manufrance a des magasins dans quinze des plus grosses villes françaises : Rouen, Paris, Avignon, Toulouse, Nantes, Lille, Bordeaux, Clermont-Ferrand, Nancy, Troyes, Valence, Lyon, Nice...

En 1929, avec la crise et la multiplication des taxes et des impôts sur la société, les affaires sont plus difficiles.

En 1939, Le Chasseur français est tiré à 450 000 exemplaires. En 1944 le fondateur, Étienne Mimard, décède. Il avait renoncé, depuis les grèves de 1937, à léguer la moitié des actions qu'il détenait à ses employés ; il les transfère à la mairie de Saint-Étienne. Pierre Drevet devient PDG. En 1945, Manufrance s'adjoint des commerces indépendants pour ouvrir des magasins agréés Manufrance. En 1952, Jean Fontvieille succède à Pierre Drevet[2].

La 2e guerre mondiale a un lourd impact sur Manufrance. En effet, Etienne Mimard ne souhaite pas collaborer avec les Allemands et, de ce fait, ne bénéficie pas du matériel que ceux-ci pourraient fournir.

En 1952, Manufrance crée la carabine Reina à répétition automatique et calibre 22 LR à 8 coups. En 1958, se crée le fusil RAPID, fusil de chasse à pompe. En 1962, est lancé le fusil Perfex, fusil de chasse semi-automatique à 3 coups et en 1968, le fusil Falcor, fusil de tir et de trap[2].

En 1970, Manufrance fabrique plus de 70 % des armes de chasse françaises. L'entreprise dispose de 125 000 m² d'usines à Saint-Étienne. Elle expédie chaque année 20 000 tonnes de marchandises en France et dans le monde entier. 48 magasins sont répartis dans toute la France. 1 500 000 foyers reçoivent le catalogue[2].

En 1973, à son apogée, Manufrance dispose de 64 magasins dans toute la France, 30 000 références sont présentes dans le catalogue, 30 000 machines à coudre Omnia sont livrées. Le Chasseur Français est vendu à plus de 815 000 exemplaires. Manufrance est une société industrielle et commerciale à dimension internationale produisant plus de 80 000 fusils par an, avec plus de 4000 salariés[2].

Cependant l’élargissement de la Communauté économique européenne (CEE) accentue la concurrence et celle-ci devient plus difficile encore à supporter avec l'ouverture au monde (lorsque sont introduites des machines à coudre japonaises sur le marché français par exemple).

La fin[modifier | modifier le code]

1944, le fondateur lègue à la municipalité de Saint-Étienne la moitié des actions détenues. Ce qui marquera la fin de l'entreprise plus de 40 ans plus tard. années 1970, la crise survint lorsque la mairie communiste dirigée par Joseph Sanguedolce doit gérer les difficultés de l'entreprise en tant que propriétaire. Depuis la mort du fondateur, la gestion de Manufrance n'avait fait que décliner, du fait de l'absence de dynamisme et de la mauvaise gestion de certaines familles qui se sont succédé à sa tête.

1979, mise en règlement judiciaire. Création de la Société nouvelle Manufrance.

1980, le 23 octobre, le tribunal de commerce de Saint-Étienne annonce le dépôt de bilan[3]. Bernard Tapie, sans réussir à mettre la main sur les actifs de l'entreprise, obtient l'exploitation de la marque. La société devient Société de Coopérative Ouvrière de Production et Distribution (SCOPD)[1], un plan de relance est établi en 1982...mais rien n'y fait[4].

1985, liquidation judiciaire[4]

19 février 1986, vente du matériel, du mobilier et des immeubles[1].

La renaissance[modifier | modifier le code]

Après le rachat de quelques marques du portefeuille de l'ancienne société Manufrance, et la création le 1er octobre 1988 de la SARL « Manufacture française d'armes de Saint-Étienne » dont il est le gérant[5], Jacques Tavitian relance l'activité par le biais d'un magasin à Saint-Étienne et un catalogue de vente par correspondance[1]. La production de fusil (Robust et Simplex) est également relancée.

Les Archives départementales de la Loire qui conservaient depuis vingt ans le fonds d’archives de Manufrance, ont décidé en 2010 avec le conseil général et l’université Jean-Monnet de les inventorier et de les classer. Les Archives départementales inaugurent cette renaissance par une exposition, « De l’entreprise à l’histoire, les archives traversent le temps : l’exemple de Manufrance », jusqu’au 26 février 2010[6]. Cette exposition relate sur des panneaux l’histoire de l’entreprise, montre quelques produits qui en ont fait la gloire (machine à coudre Omnia, fusil Robust) ainsi que le fameux catalogue qui fut diffusé à 300 000 exemplaires dans les plus belles années, au cours desquelles 4 000 personnes travaillaient cours Fauriel.

Activités[modifier | modifier le code]

Activités jusqu'en 1985[modifier | modifier le code]

Cette entreprise s'est fait connaître dans le monde entier par son catalogue de vente par correspondance et son journal, Le Chasseur français. Elle produisait entre autres des armes, des cycles, des machines à coudre, des articles de pêche...

En 1977, le catalogue de 960 pages comprenait 4 parties :

  • la vie en plein air
    • jardin, camping, chasse
    • la pêche, cycles, les sports
    • autos, voyage
    • habillement
  • la maison
    • blanc, machines à coudre
    • électroménager, chauffage
    • ameublement, tapis, luminaires
    • coutellerie, orfèvrerie, ménage
  • les loisirs
    • radio-télé, photo, le bureau moderne, lecture, dessin
    • reliure, jeux et jouets, horlogerie, cadeaux
  • bricolage - jardinage
    • bricolage, outillage, quincaillerie
    • jardin, élevage, travaux d'extérieur

Activités en 2010[modifier | modifier le code]

En 2010, l'entreprise commercialise par le biais de son catalogue général et du catalogue « Armes et munitions », de nombreux articles concernant la randonnée, la pêche, la chasse, la coutellerie... Un réseau de magasins Manufrance est en cours de développement. L'entreprise possède également une unité de production pour la fabrication d'armes de chasse, montées en France : fusil Robust, fusil Simplex et plus récemment fusil Falcor. L'entreprise possède également un atelier d'armurerie en mesure de pouvoir restaurer les anciennes armes Manufrance (fusils Idéal et Perfex).

La marque « Falcor » a été déposée à l'INPI le 3 janvier 1979[7]. La marque « Simplex »[7] et la marque « Idéal »[7] ont été déposées à l'INPI le 13 juin 1980. La marque « Robust » a été déposée à l'INPI le 7 avril 2008[7]. Toutes ces marques ainsi que la marque « Manufrance » appartiennent à l'EURL « TJ Marque » de Jacques Tavitian[8],[9].

Enfin, la société Manufrance a réédité les anciens catalogues des années 1894 et 1910 ainsi que des affiches.

Le site de la manufacture[modifier | modifier le code]

À Saint-Étienne[modifier | modifier le code]

Les anciens bâtiments de Manufrance, aujourd'hui réhabilités en pôle tertiaire

Le site de la manufacture a été transformé[Quand ?] :

Les magasins à Paris et en région[modifier | modifier le code]

En 1977, Manufrance disposait de 100 magasins[10] dont les plus importants étaient :

  • à Paris, un très grand magasin, 42 rue du Louvre
  • à Aix-en-Provence, Avignon, Bordeaux, Cannes, Clermont-Ferrand, Dijon, Grenoble, Lille, Lyon, Marseille, Nancy, Nantes, Nice, Rouen, Saint-Étienne, Toulon, Toulouse, Tours, Troyes, Valence

Liste des PDG[modifier | modifier le code]

  • 1892 : Étienne Mimard
  • 1944 : Pierre Drevet[1]
  • 1952 : Jean Fontvieille[1]
  • 1969 : Georges Drevet[1]
  • 1975 - André Blanc[1]
  • 19xx - Henri Fontvieille[1]
  • 19xx - Jacques Petit[1]
  • 1979 - François Gadot-Clet[1], auteur du livre : Une certaine idée de Manufrance, mes 300 jours de PDG, éditions Filippachi, 1979
  • 1980 : René Mestries[1]
  • 1988 : Jacques Tavitian[1]

Compléments[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • François Gadot-Clet, Une certaine idée de Manufrance : mes 300 jours de P.D.G., Paris, édition Denoël-Filipacchi, 1979
  • Textes Anne-Catherine Marin, Cendrine Sanquer, Nadine Besse, Martine Font, De Manufrance à Sup de Co : Saint-Etienne, 100 ans de photographies, Lyon, éditions lyonnaises d'art et d'histoire, 1997
  • Philippe Munck, Manufrance, nous accusons, Paris, éditions de La Vie ouvrière, 1993
  • Pierre Kuwaka, Manufrance : radiographie d'une lutte, Paris, éditions sociales, 1980
  • N. Besse, F. Bouchut, G. Finela, Manufrance, Les Regards de la Mémoire, Les éditions de l’Epargne, 1992
  • Ph. Petitot, Analyse Sémiologique du Catalogue Manufrance, Nice : Centre du XXe Siècle, 1977
  • Pierre-Alain Four, Ce que l’industrie fait à l’art sur le territoire lyonno-stéphanois, fiche de synthèse disponible sur www.millenaire3.com, 2006
  • Bruno Benoit, Étienne Mimard (1862-1944) : Le fondateur de la manufacture d’armes et cycles de St Étienne
  • Geoffroy Bing, Manufrance, février 2008, [lire en ligne]
  • Emmanuelle Plas, Manufrance, une vieille dame digne d'intérêts, quotidien L'Unité, 6 mai 1977, [[http://bases.ourouk.fr/unite/unite

/pdf/U249_93801.pdf lire en ligne]]

  • D. VENNER,Encyclopédie des armes de chasse : carabines, fusils, optique, munitions, Maloine, Paris, 1997.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m et n « ACTIONS DE LA SCOOP ou SCOPD MANUFRANCE SAINT ETIENNE », sur eBay,‎ 25 avril 2009 (consulté le 26 janvier 2010)
  2. a, b, c, d, e, f et g [PDF]Document constitué le 15 juin 1996 par MANUFRANCE MF Saint ETIENNE Sources : Archives de Saint Etienne - Dernière mise à jour : Décembre 2010
  3. « Le mépris des uns et des autres », sur L'Unité, journal du parti socialiste,‎ 24 octobre 1980 (consulté le 26 janvier 2010)
  4. a et b « Manufrance n'est plus qu'une petite PME de province », sur site du Journal du net,‎ 7 mai 2009 (consulté le 26 janvier 2010)
  5. « SARL « MANUFACTURE FRANÇAISE D'ARMES DE SAINT ETIENNE » » (consulté en 19 février 2010)
  6. « Manufrance sort du placard », sur L'Humanité.fr,‎ 6 janvier 2010 (consulté le 25 janvier 2010)
  7. a, b, c et d « Recherche par nom de marque », sur site de l'INPI (consulté en 19 février 2010)
  8. « TJ MARQUE » (consulté en 19 février 2010)
  9. « TJ MARQUE » (consulté en 19 février 2010)
  10. Catalogue Manufrance 1977, p. 936