San-Pédro

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San-Pédro
Image illustrative de l'article San-Pédro
Administration
Pays Côte d'Ivoire Côte d'Ivoire
District Bas-Sassandra
Région Région de San-Pédro
Maire Bouéka Nabo Clément
Démographie
Gentilé Pétrussiens
Population 422 200 hab. (2010)
Géographie
Coordonnées 4° 44′ 41″ N 6° 38′ 23″ O / 4.744696, -6.639605 ()4° 44′ 41″ Nord 6° 38′ 23″ Ouest / 4.744696, -6.639605 ()  
Divers
Langue(s) parlée(s) Français, Krou, Bété, Baoulé, Fanti
Localisation

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San-Pédro

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San-Pédro

San-Pédro est une grande ville Bakwé du Sud-Ouest de la Côte d'Ivoire. Chef-lieu de préfecture, elle est administrativement située dans la région du Bas-Sassandra. Un de ses quartiers, le Bardot, est considéré comme l'un des plus grands bidonvilles de l'Afrique de l'Ouest.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

La ville, située à 9°32 de latitude nord et 6°29 de longitude ouest (4° 51′ N 6° 42′ O / 4.85, -6.7 ()), fait partie de la région du Bas-Sassandra. Elle est située au bord de l'océan Atlantique, sur le golfe de Guinée, à 348 km d’Abidjan, capitale économique du pays à laquelle la relie une route entièrement bitumée, la « côtière », tracée dans les années 1990 et qui aujourd'hui est en piteux état.

Rose des vents Soubré Rose des vents
Drapeau : Libéria Harper, Tabou, Grand-Béréby N Sassandra
O    San Pédro    E
S

Climat et végétation[modifier | modifier le code]

Le climat de la Côte d'Ivoire comporte deux zones bioclimatiques distinctes. Le sud est très humide et connaît quatre saisons (d'avril à la mi-juillet : grande saison des pluies; de la mi-juillet à septembre: petite saison sèche; de septembre à novembre: petite saison des pluies; de décembre à mars: grande saison sèche). Les températures varient de 20 à 33°[1],[2].

Relevé météorologique de San Pédro
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc.
Température minimale moyenne (°C) 23 23 24 24 24 23 22 22 23 23 23 23
Température moyenne (°C) 27 27 27 27 27 26 25 24 25 26 26 27
Température maximale moyenne (°C) 31 31 31 31 30 28 28 27 27 29 30 30
Nombre de jours avec précipitations 0 0 0 2 2 7 6 7 4 4 4 0
Source : GeographyIQ


Histoire[modifier | modifier le code]

Les premiers Européens apparaissent dans le golfe de Guinée à la fin du XVe siècle. La région fut « découverte » par le Portugais Soerire Da Costa, qui la baptisa du nom du saint patron du jour, à l'initiative du prince Henri le Navigateur, qui appliqua les termes du traité de Tordesillas qui avait partagé le monde en deux : aux Espagnols l'Amérique, à l'exception du Brésil, et aux Portugais l'Afrique[3].

Administration[modifier | modifier le code]

La ville est le chef-lieu du département du Bas-Sassandra dont la population, hors San Pédro, est estimée à 170 000.

Une loi de 1978[4] a institué 27 communes de plein exercice sur le territoire du pays.

Liste des maires successifs
Date d'élection Identité Parti Qualité Statut
1980 M. Kamano Kata François PDCI-RDA Homme politique élu
1985 M. Landry PDCI-RDA Homme politique élu
1990 Mme Grah Claire[5] PDCI-RDA Femme politique élu
1995 M. Lucien Yébarth PDCI-RDA Homme politique élu
2001 M. Bouéka Nabo Clément RDR Homme politique élu

Le département comprend les sous-préfectures de Doba, Dogbo, Adjaméné, Gligbeuadji et Gabiadji.

Représentation politique[modifier | modifier le code]

Députés de San-Pédro commune[6]
Date d'élection Identité Parti Qualité Statut
2011 Silué Zonlewa RDR Homme politique élu
Députés de San-Pédro sous-préfecture[6]
Date d'élection Identité Parti Qualité Statut
2011 Soro Jean Paul PDCI-RDA Homme politique élu

Services publics et para-publics[modifier | modifier le code]

Parmi les services publics présents déployés, outre la mairie, figure la brigade de la gendarmerie nationale.

Les services parapublics sont constitués par la Compagnie ivoirienne d'électricité (anciennement EECI), la Poste de Côte d'Ivoire, la Société de distribution d'eau de la Côte d'Ivoire (SODECI), et l’Agence nationale d’appui au développement rural (ANADER).

Société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

La population de San Pédro est estimée à 420 000 habitants. La population autochtone est essentiellement Krou avec ses divers sous-groupes  : les Winnin, les Bakwé et les Piais. Elle a considérablement augmenté au cours des 20 dernières années en raison de l'afflux de réfugiés venus du Liberia et de la Sierra Leone, ainsi que d'une très forte communauté de pêcheurs Fantis venus du Ghana.

Évolution démographique
1975 1988 1998 2010
31 606 70 601 131 800 166 141


Éducation[modifier | modifier le code]

Article connexe : Éducation en Côte d'Ivoire.

Le département compte 533 écoles primaires, 2 établissements secondaires, 2 établissements secondaires techniques ainsi que de nombreux établissements Anglophones destinées aux écoliers Anglophones venus principalement du Ghana et du Liberia.

Enseignement primaire
Public

Enseignement secondaire
Lycée Public

  • Lycée moderne
  • Lycée professionnel

Collège public

  • Collège moderne

Collège privé

  • Collège Djoblé-Cyprien

Langues[modifier | modifier le code]

Article connexe : Langues de Côte d'Ivoire.

Depuis l'indépendance, la langue officielle dans toute la Côte d'Ivoire est le français. La langue véhiculaire, parlée et comprise par la majeure partie de la population, est le dioula mais la langue vernaculaire de la région est le Krou. Le français effectivement parlé dans la région, comme à Abidjan, est communément appelé le français populaire ivoirien ou français de dago[Note 1] qui se distingue du français standard par la prononciation et qui le rend quasi inintelligible pour un francophone non ivoirien. Une autre forme de français parlé est le nouchi, un argot parlé surtout par les jeunes et qui est aussi la langue dans laquelle sont écrits 2 magazines satiriques, Gbich! et Y a fohi. Le département de San-Pédro accueillant de nombreux ivoiriens issus de toutes les régions du pays, toutes les langues vernaculaires du pays, environ une soixantaine, y sont pratiquées ainsi que le Fanti du Ghana. On y pratique également beaucoup l'anglais en raison de la présence de nombreux ressortissants du Liberia, de Sierra Leone et du Ghana.

Religion[modifier | modifier le code]

San Pedro est le siège d'un évêché catholique créé le 23 octobre 1989.

Santé[modifier | modifier le code]

Le département compte un centre hospitalier régional, 25 formations sanitaires et plus d'une dizaine officines de pharmacie.

Économie[modifier | modifier le code]

San-Pédro est le deuxième pôle économique de la Côte d'Ivoire après Abidjan, devant Bouaké en raison de son port, mais également en raison de la présence de nombreuses usines opérant principalement dans l'industrie cacaoyère, dans la minoterie, le ciment et le domaine du bois. Le tourisme joue un rôle non négligeable dans l'économie de la ville et de la région du Bas-Sassandra. En 2010, son produit intérieur brut représentait 4 % du PIB de la Côte d'Ivoire soit 0,952 milliards de dollars, presque l'équivalent du PIB de la Guinée-Bissau.

Secteur primaire[modifier | modifier le code]

De nombreuses cultures telles que l'hévéa, le palmier à huile, le cacaoyer, etc. enrichissent la région faisant de San Pédro une des villes les plus dynamiques du pays. La pêche est également une activité importante de la région.

Secteur secondaire[modifier | modifier le code]

Le port[modifier | modifier le code]

Article connexe : Port autonome de San-Pedro.

Construit il y a 35 ans, c'est le deuxième port du pays après celui d'Abidjan avec un domaine portuaire couvrant plus de 200  ha.

Il est le premier port mondial pour les exportations de fèves de cacao avec plus de la moitié de la récolte ivoirienne (1,8 million de tonnes) qui y transite. Depuis la tentative de coup d'État de 2002, le trafic n'a cessé de diminuer, passant de 1,16 million de tonnes à 998 000 tonnes en 2006, selon les chiffres officiels. Mais en 2011, Le port de San Pedro affiche une hausse fulgurante de 47% de son trafic marchandises (1.800.000 t : performance jamais réalisée depuis 1971).C’est la première fois depuis la mise en service du port de San Pedro, qu’un niveau de trafic global de marchandises de ce niveau est atteint. En 2012, le Port de San Pedro a excellé au niveau de son trafic avec un résultat de 3.230.398 tonnes contre 1.805.136 tonnes l’année précendente réalisant ainsi une hausse de 79%.

Secteur tertiaire[modifier | modifier le code]

Transport[modifier | modifier le code]

La ville de San Pédro dispose d'un aéroport (ICAO  : DISP et IATA  : SPY) qui place Abidjan à 1h30 de vol. San Pédro est relié aux autres villes par trois routes goudronnées en direction de Tabou, Soubré et Sassandra. Des autocars de différentes compagnies assurent le voyage régulier aller-retour de San Pédro vers les autres villes ivoiriennes. Les villes voisines (Sassandra,Gabiadji, Grand-Bereby) sont également reliées à San Pédro à l'aide de taxis brousse allant de 9 à 22 places assises qui ne partent que lorsque toutes les places sont occupées. San Pédro est la seule ville ivoirienne après Abidjan à disposer de transports urbains gérés par une entreprise privée, la société des transports urbains de San Pédro (SOTUS).

Mais la ville de San Pédro n'échappe pas au syndrome des villes ivoiriennes s'agissant des voiries : peu de voies sont bitumées, les routes sont souvent en latérite. Dans cette région du monde, le coût d'un kilomètre de bitume est en moyenne estimé à 100 millions de Francs CFA, soit environ 152.500 euros.

Train[modifier | modifier le code]
Origine Arrêt précédent Train Arrêt suivant Destination
Abidjan Non précisé San-Pédro

Banques[modifier | modifier le code]

La quasi-totalité des établissements du réseau bancaire ivoirien est représenté à San-Pédro : SGBCI, BICICI, BNI (Banque Nationale d’Investissement),BIAO,BACI,BOA,Coris Bank International,ECOBANK,SIB, BCEAO (Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest), CECP (Caisse d’Épargne et de Chèques Postaux), COOPEC (Coopérative d’Épargne et de Crédit).

Commerce[modifier | modifier le code]

Tourisme[modifier | modifier le code]

De nombreux hôtels sont sortis de terre à San Pédro depuis l'indépendance de la Côte d'Ivoire.

Les plages attirent des visiteurs. La barre, phénomène qui interdit la baignade sur quasiment tout le golfe de Guinée, y est inconnue.

Sports[modifier | modifier le code]

Les compétitions sportives se déroulent exclusivement dans le chef-lieu du département, les autres localités ne disposant d'aucune infrastructure dédiée  : la ville dispose de plusieurs clubs de football dont le Séwé Sports, finaliste en 1999 et 2005 de la Coupe de Côte d'Ivoire de football et vainqueur en 2006 de la Coupe Félix-Houphouët-Boigny, qui évolue en MTN Ligue 1. L' AS Sempa de San-Pédro, le COSAP de San Pedro et le FC San Pedro évoluent en Championnat National de 3e division. Ils disputent leurs matchs sur le terrain du stade Auguste Denise doté de 8 000 places. Un autre club, le Siroco de San Pedro, évolue en championnat de division régionale, équivalent d'une 3e division[10]. Comme dans la plupart des villes du pays, il est organisé, de façon informelle, des tournois de football à sept joueurs qui, très populaires en Côte d'Ivoire, sont dénommés Maracanas.
Le handball est également pratiqué, particulièrement par les filles, élèves du lycée de la ville, ce sport étant très populaire dans le pays depuis les bons résultats de l'équipe nationale au niveau continental, victorieuse à deux reprises de la Coupe d'Afrique.
Le Séwé Sports compte également une équipe de basket-ball qui évolue en championnat de 1re division.

Galerie d'images[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Si, à Abidjan et dans le nord, on parle de français de Moussa, dans l'ouest du pays, on parle de français de Dago

Références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) Le climat de la Côte d'Ivoire sur Côte d'Ivoire Tourisme
  2. Climat : la Côte d'Ivoire peut être divisée en deux zones climatiques
  3. Ce traité sera globalement respecté par les deux principaux protagonistes puisque l'Espagne ne mettra pied en Afrique que de façon marginale, au Sahara occidental et en Guinée équatoriale
  4. Loi no 78-07 du 9 janvier 1978
  5. Mme Grah Claire avait quitté le PDCI-RDA pour rejoindre le RDR. Elle est décédée en 2005
  6. a et b « Liste complète des 255 députés », sur Site officiel de l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire (consulté le 17 octobre 2013)
  7. On entend par école française une école qui a signé une convention avec l'ADFE
  8. Site de l'ADFE
  9. Site de l'école Les Hibiscus
  10. Championnat de Football de Côte d'Ivoire

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Essais[modifier | modifier le code]

  • Georges Courrèges, Grand Bassam et les comptoirs de la côte : Assinie, Jacqueville, Grand Lahou, Fresco, Sassandra, San Pedro, L'Instant durable, Clermont-Ferrand, 1987, 84 p.
  • Collectif, San Pedro : Pole de développement du sud-ouest ivoirien

Romans[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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