Sassandra

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Sassandra
Administration
Pays Côte d'Ivoire Côte d'Ivoire
Région Région du Bas-Sassandra
Maire Vincent LIBI KOITA
Démographie
Population 40 000 hab.
Géographie
Coordonnées 4° 57′ 04″ N 6° 05′ 19″ O / 4.951021, -6.088744 ()4° 57′ 04″ Nord 6° 05′ 19″ Ouest / 4.951021, -6.088744 ()  
Divers
Langue(s) parlée(s) Français
Localisation

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Sassandra

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Sassandra

Sassandra est une ville de Côte d'Ivoire, au bord du golfe de Guinée à l'embouchure du fleuve Sassandra.

Chef-lieu de préfecture, elle est administrativement située dans la région du Bas-Sassandra.

Le département a une population estimée à 108 000 habitants.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le premier nom du village d'origine serait Gbogré-Djigbi. Le pays kru a été découvert en 1471 par les Portugais. C'est eux qui avaient donné aux fleuves de la région les noms de Rio San Andrea (Sassandra) et de Rio San Pedro (San Pedro)[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

La ville, située à 9°32 de latitude nord et 6°29 de longitude ouest, fait partie de la Région du Bas-Sassandra.


Rose des vents Soubré Rose des vents
San-Pédro N Dagbego, Fresco
O    Sassandra    E
S

Climat et végétation[modifier | modifier le code]

Le climat de la Côte d'Ivoire comporte deux zones climatiques distinctes. Le sud est très humide et connaît quatre saisons (d'avril à la mi-juillet : grande saison des pluies; de la mi-juillet à septembre: petite saison sèche; de septembre à novembre: petite saison des pluies; de décembre à mars: grande saison sèche). Les températures varient de 21 à 35°[2],[3]. Le climat est de type Aw dans la Classification de Köppen.

Climat de Sassandra
Mois Température (°C) Précipitations (mm)
Janvier 26.3 23
Février 26.8 59
Mars 27.0 132
Avril 27.0 169
Mai 26.5 285
Juin 25.5 489
Juillet 24.8 133
Aout 23.9 48
Septembre 24.8 114
Octobre 25.8 253
Novembre 26.3 172
Décembre 26.4 77

Histoire[modifier | modifier le code]

Les premiers Européens apparaissent dans le golfe de Guinée à la fin du XVe siècle : à l'initiative du prince Henri le Navigateur, ce sont des navigateurs portugais, dont les intentions à l'époque étaient tout à fait pacifiques[4]. Ainsi, en 1471, Joao de Santarem et Pedro de Escobar doublent le cap des palmes et atteignent une rivière à laquelle ils donnent le nom de San Andréa (qui sera déformé ensuite en Sassandra) ainsi qu'au village situé à son embouchure. Ils seront rejoints à la fin du XVIe siècle par les hollandais, les danois puis au XVIIe siècle par les français et les anglais qui entretiendront des relations, religieuses, parfois politiques, mais surtout commerciales avec le littoral ivoirien.

La première reconnaissance de la côte par la France se fit en 1891 quand le lieutenant Quiquerez et le sous-lieutenant de Segonzac, partis de la région de Grand Lahou, explorèrent le littoral jusqu'au fleuve Cavally. Quiquerez mourut au nord de l'actuelle ville de San Pedro: http://affaire-quiquerez-1891-1893.com/mapage2/index.html Le décret du 12 décembre 1891 donna à la région englobant les établissements côtiers contrôlés par la France le nom de Côte d'Ivoire. En 1893, Louis Gustave Binger en fut le premier gouverneur. C'est lui qui en fixa les limites occidentales sur le Cavally et qui fonda les postes de Sassandra, San Pedro, Béréby et Tabou[5].

Dans les années 1960, le port de la ville fut concurrencé par le nouveau port de San-Pédro.

Administration[modifier | modifier le code]

Une loi de 1978[6] a institué 27 communes de plein exercice sur le territoire du pays.

Liste des maires successifs
Date d'élection Identité Parti Qualité Statut
1980 Bénoit TOUSSAGNON PDCI-RDA Homme politique élu
1985 DAUBREY Auguste PDCI-RDA Homme politique élu
1990 Vincent Tioko DJEDJE PDCI-RDA Homme politique élu
1995 Vincent Tioko DJEDJE PDCI-RDA Homme politique élu
2001 Vincent LIBI KOITA FPI Homme politique élu

Le département de Sassandra comprend les sous-préfectures de Dakpadou.

Représentation politique[modifier | modifier le code]

L'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire compte 223 députés élus pour 5 ans[7].

Députés de Sassandra
Circonscription Identité Parti Qualité Statut
2001 Fregbo Basile Mesmin PDCI-RDA Homme politique élu

Le mandat de l’Assemblée nationale élue en 2001 s'achevait le 16 décembre 2005. Mais, en raison de la crise politico-militaire de 2002, les élections législatives n'ont pas eu lieu et l’Assemblée nationale en place est demeurée en fonction et a conservé ses pouvoirs.

Société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

La population autochtone est essentiellement Néyo, Kodia et Godié. La ville compte 40 378 habitants, selon le dernier recensement organisé dans le pays.

Évolution démographique
1975 1988 2010
8 401 13 195 41 511


Éducation[modifier | modifier le code]

Article connexe : Éducation en Côte d'Ivoire.


Enseignement primaire
Public

  • École primaire Publique

Enseignement secondaire
Lycée Public

  • Lycée moderne

Collège public

  • Collège moderne

C'est à Elima, au sud du pays, que sera créée la première école officielle le 8 août 1887 avec pour instituteur Fritz-Émile Jeand'heur venu d' Algérie. Elle comptait alors 33 élèves africains qui seront les premiers lecteurs en langue française. Elle fonctionnera pendant 3 ans avant d'être transférée en 1890 à Assinie par Marcel Treich-Laplène, le nouveau résident de France. Le premier mars 1904, il y avait 896 élèves en Côte d'Ivoire pour une population estimée un peu supérieure à 2 millions d'habitants. Sassandra accueillera l'une des 18 écoles de village créées en 1903. Elle comportait 20 élèves encadrés par un instituteur.

Jusqu'au début des années 50, il n'existait pas d'école secondaire à la colonie. Les premiers élèves ivoiriens scolarisés dans un lycée le seront en France via l' Aventure 46, initiée par Félix Houphouët-Boigny, alors député du PDCI-RDA élu en novembre 1945 à l'Assemblée constituante[Note 1], et menée à bien avec l'appui du gouverneur André Latrille en dépit des fortes réticences de l'administration coloniale.

Langues[modifier | modifier le code]

Article connexe : Langues de Côte d'Ivoire.

Historiquement, la langue de Sassandra est le néyo ou néouolé ; Depuis l'indépendance, la langue officielle dans toute la Côte d'Ivoire est le français. La langue véhiculaire, parlée et comprise par la majeure partie de la population, est le dioula mais la langue vernaculaire de la région est le Krou. Le français effectivement parlé dans la région, comme à Abidjan, est communément appelé le français populaire ivoirien ou français de dago[Note 2] qui se distingue du français standard par la prononciation et qui le rend quasi inintelligible pour un francophone non ivoirien. Une autre forme de français parlé est le nouchi, un argot parlé surtout par les jeunes et qui est aussi la langue dans laquelle sont écrits 2 magazines satiriques, Gbich! et Y a fohi. Le département de Sassandra accueillant de nombreux ivoiriens issus de toutes les régions du pays, toutes les langues vernaculaires du pays, environ une soixantaine, y sont pratiquées. On y pratique également beaucoup l'anglais en raison de la présence de nombreux ressortissants du Liberia et de Sierra Leone qui avaient fui les guerres civiles ayant ravagé leur pays. On y pratique aussi le fanti en raison de la présence de nombreux pêcheurs venus du Ghana.

Économie[modifier | modifier le code]

La pêche, notamment celle de la langouste, y est une activité importante. Elle est en particulier exercée par une importante communauté ghanéenne, notamment Fanti.

Sports[modifier | modifier le code]

Les compétitions sportives se déroulent exclusivement au chef-lieu du département, les autres localités ne disposant d'aucune infrastructure dédiée : la ville de Sassandra dispose de 2 clubs de football, l' AS Ste Victor de Sassandra et le FC ATHLANTIS de Sassandra, qui évoluent en Championnat de Division Régionale, équivalent d'une « 4e division » [8]. Comme dans la plupart des villes du pays, il est organisé, de façon informelle, des tournois de football à 7 joueurs qui, très populaires en Côte d'Ivoire, sont dénommés Maracanas. Le handball est également pratiqué, particulièrement par les filles, élèves du lycée de la ville.

La région[modifier | modifier le code]

Pecheurs Fanti à Monogaga, près de Sassandra


La région côtière est couverte de mangroves. Le Parc national du Gaoulou se situe à proximité. À Louga, village situé au confluent de 2 bras du fleuve Sassandra à 20 km au nord de Sassandra, des buffles vivent dans une zone de savane. La côte comporte de multiples plages : Batélébré, Niézéko, Lateko, Labléga, Kadrokpa et surtout Poliplage et Monogaga qui se situe à 60 km environ sur la route de San-Pédro. Bordée de cocotiers, Poliplage déroule son étendue sablonneuse entre les récifs formant parfois de modestes caps où vient se briser la barre de l'océan. Cette alternance de sable et de rochers caractérise la portion de côte qui s'étend de Fresco à la frontière du Liberia.

Personnalités liées à la région[modifier | modifier le code]

Galerie d'images[modifier | modifier le code]

Le wharf de Sassandra

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Georges Courrèges, Grand Bassam et les comptoirs de la côte : Assinie, Jacqueville, Grand Lahou, Fresco, Sassandra, San Pedro, L'Instant durable, Clermont-Ferrand, 1987, 84 p.
  • Annick Osmont, La Restructuration d'un quartier d'habitat spontané Groudou 3 A Sassandra,‎ 1992
  • Agnès Guillaume, Crises et recompositions d'une agriculture pionnière en Côte D'ivoire - Dynamiques démographiques et changements économiques dans le Bas-Sassandra, Karthala,‎ 2005, 338 p.
  • Bernard Lugan, Histoire de l'Afrique, Éditions Ellipses, 2009, 1245p

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Bernard Lugan, Histoire de l'Afrique, Editions Ellipses, p575
  2. (fr) Le climat de la Côte d'Ivoire sur Côte d'Ivoire Tourisme
  3. Climat : la Côte d'Ivoire peut être divisée en deux zones climatiques
  4. Au XVe siècle, le Traité de Tordesillas avait partagé le monde en deux : aux espagnols l'Amérique, à l'exception du Brésil, et aux portugais l'Afrique
  5. Bernard Lugan, Histoire de l'Afrique, Editions Ellipes, p576
  6. Loi no 78-07 du 9 janvier 1978
  7. Liste des députés de Côte d'Ivoire
  8. Championnat de Football de Côte d'Ivoire

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En octobre 1945, le gouvernement français, décidé à faire participer ses colonies à l’assemblée constituante, a organisé l’élection de deux députés en Côte d’Ivoire : l’un représentant les colons, Dieudonné Reste, l’autre les autochtones, Félix Houphouët-Boigny.
  2. Si, à Abidjan et dans le nord, on parle de français de Moussa, dans l'ouest du pays, on parle de français de Dago