Pardès (Kabbale)

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Le Pardès, littéralement jardin, verger, parc[1], qui s'apparente au mot paradis, désigne, dans la tradition de la Kabbale, un lieu où l'étudiant de la Torah peut atteindre un état de béatitude. Ce terme est tiré d'une anecdote philosophique et mystique qui trouve une explication dans le Pardes Rimonim du Rav Moshe Cordovero. Celui-ci prend l'image de quatre rabbis (Elisha ben Abouya, [Rabbi] Shimon ben Azzaï, [Rabbi] Shimon ben Zoma et rabbi Akiva) pénétrant un verger mais dont les "niveaux" respectifs de pénétration du sens des Écritures ne sont pas équivalents. Des références à cet « incident » se retrouvent dans le Talmud (Haguiga 14b, où Ben Azaï et Ben Zoma n'ont pas le titre de Rabbi), le Zohar (I, 26b) et le Tikounei Zohar (Tikun 40).

Or, dans la Kabbale — tradition mystique et ésotérique du judaïsme — l'étudiant de la Loi (la Torah) progresse en conscience à mesure qu'il étudie en profondeur les Ecritures. Le Pardès en illustre donc, de manière imagée, le cheminement intellectuel et spirituel.

Explication kabbalistique[modifier | modifier le code]

Dans la terminologie de la Kabbale, qui considère notamment le sens mystique de chacune des lettres composants les mots de la Torah, le Pardès est composé de quatre lettres (PRDS) invitant, chacune, à considérer un degré de lecture tant des Écritures que de l'œuvre du divin.

Si le Pardès apparaît comme un endroit physique (le mot lui-même signifiant verger), l'endroit où les quatre sages entrent ressemble peu à un verger, selon le Talmud. Ainsi, le texte ne dit pas que les quatre sages s'élevèrent mais que le Pardès leur était apparu comme s'ils s'étaient élevés. Ainsi, l'interprétation donnée du Pardès est qu'il n'est pas un lieu physique mais spirituel qui ne peut être pénétré qu'en passant d'un état de conscience à un autre plus élevé. Ici, les Rabbi utilisèrent la Kabbale comme moyen de s'élever.

Il s'agit donc du domaine réservé de la Connaissance ésotérique de la Torah. Les quatre lettres de ce mot - , reish, daleth et sameck - sont chacune l'initiale d'un terme hébreu qui indique les quatre niveaux d'étude des Écritures :

  • PESHAT, c'est-à-dire le sens littéral du texte qui ne traite que du monde sensible ;
  • REMEZ, c'est-à-dire l’allusion / insinuation qui consiste en un niveau plus élevé de l'étude ;
  • DERASH, c'est-à-dire l’interprétation figurée (interprétation midrashique ou homilétique), qui est la parabole, la légende, le proverbe ;
  • SOD, c'est-à-dire le Secret, qui consiste dans le niveau ésotérique traitant de la métaphysique et de la révélation des réalités surnaturelles, secrètes et mystérieuses.

Par conséquent, le Pardès est un concept permettant de faire référence aux quatre niveaux de compréhension possible de la Torah (l'Enseignement) et aux quatre branches de l'enseignement de la Torah (c'est-à-dire respectivement : le Miqra (Ecritures), la Mishna (Répétition), le Talmud (Etude approfondie de la Mishna) et la Kabbale (explication ésotérique de la Torah)).

Ces quatre niveaux de l'étude de la Torah correspondent, dans la logique mystique de la Kabbale, aux quatre niveaux de l'âme (Nefesh, Ruach, Neshamah et Hayah). Ainsi, le voyage vers la Torah est un voyage en soi, du monde extérieur du physique vers le monde intérieur de la spiritualité. Entrer dans le monde de la Torah est un procédé pour entrer dans le Pardès qui est un procédé de dévoilement du message de la Torah. Ceci donne le moyen de s'élever des mondes inférieurs vers les mondes supérieurs. La découverte de Sod (le Secret) n'est donc rien d'autre que la découverte de son soi le plus intime mais également, dans la cosmogonie de la Kabbale, de la rectification (Tikkoun) de la création.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Larousse Français-Hébreu, page 579

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Pour plus de détails, accompagnés des extraits des textes de la tradition de la Kabbale traitant de la question du Pardès, on peut notamment consulter le site Kabbale en Ligne.