Roustam Raza

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Roustam Raza, par Paillot de Montabert.
Rustan, Mameluck de Napoléon empereur par Louis Nicolas Lemasle d'après Paillot de Montabert
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Roustam Raza (arménien : Ռուստամ Ռազա, géorgien : როსტომ რაზმაძე) ou Roustan est né vers 1782 à Tiflis (Géorgie) et mort le à Dourdan[1]. Il fut le mamelouk de Napoléon.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est issu d'une famille arménienne.

En 1797, il est acheté à Constantinople par Sala-Bey, l'un des 24 gouverneurs de l'Égypte. Celui-ci l'affranchit et l'intègre dans son corps de cavalerie de mamelouks. À sa mort, il passe au service du sheik El Bekri au Caire, ami du général Napoléon Bonaparte. Peu avant le retour en France de ce dernier, en août 1799, il postule pour passer à son service et est accepté.

Dès lors, sa vie bascule : il va suivre comme son ombre le premier Consul, puis l'Empereur, à travers toute l'Europe, pendant quinze années. Il participe à sa toilette et à son repas, entretient ses armes. Il fait aussi fonction de garde du corps, dormant toujours dans la chambre voisine de son maître, voire en travers de sa porte à certaines périodes. Caracolant en tête des cortèges de parade en superbe costume oriental (notamment lors du Sacre en 1804), il rappelle par sa seule présence que Bonaparte fut le conquérant de l'Égypte.

Le 1er février 1806, au retour de la campagne d'Austerlitz, Roustam épouse à Paris Alexandrine Douville, de Dourdan, fille du premier valet de chambre de l'impératrice Joséphine. L'Empereur a donné son accord et payé la noce.

Il est en Pologne, l'année suivante, lorsqu'il apprend la naissance de son fils Achille. Celui-ci décèdera au cours de sa jeunesse. Il eut également une fille, qui épousa un huissier parisien, Armand Bonnard. Roustam est l'un des rares personnages du Premier Empire à avoir participé à toutes les campagnes, d'Espagne en Russie. Il est présent sur d'innombrables peintures du XIXe siècle, le plus souvent aux côtés de son illustre maître.

Il quitte Napoléon Ier au lendemain de sa tentative de suicide au poison, refusant de le suivre à l’ile d’Elbe après son abdication de 1814, effrayé à l'idée de pouvoir être accusé de tentative d'assassinat pour le compte de l'Angleterre. Accusé d’ingratitude par les journaux, il répondit que des raisons particulières l’avaient empêché d’accompagner son bienfaiteur dans sa retraite, et il assura qu’il n’avait jamais reçu d’argent pour cela, comme le bruit en avait couru. Sa répugnance de quitter sa femme et ses enfants, et de renoncer à une existence heureuse et tranquille pour se lancer dans une carrière aventureuse, se joignait à la crainte de retomber dans l’esclavage. Lors des Cent-Jours, l'année suivante, il se propose de nouveau pour le service de l'Empereur, mais celui-ci, qui n'a pas compris son départ l'année précédente, le fait enfermer à Vincennes, le remplaçant par le mamelouk Ali. Il ne recouvra la liberté que pour être exilé à vingt lieues de Paris.

Il se retira à Dreux, où il ne résida que peu de mois, s’efforçant vainement d’y garder l’incognito. Il obtint sous la Seconde Restauration, un bureau de loterie qu’il revendit quelque temps après. Il parvint à se créer cinq à six mille francs de rentes, et mène alors, avec son épouse une vie paisible de petits rentiers à Paris. Dans un voyage qu’il fit à Londres, Roustan se prêta complaisamment à satisfaire la curiosité de la haute noblesse, et se donna souvent en spectacle, vêtu d’habillements somptueux. Ses beaux-parents, d'abord retirés dans le village de Saint-Martin-de-Bréthencourt, emménagent en 1827 non loin de là, à Dourdan. Alexandrine, désirant se rapprocher d'eux, obtiendra à l'avènement de Louis-Philippe Ier un emploi à la poste de cette ville. Le couple loue alors, à partir de 1834, un des appartements de la maison du docteur Hippolyte Diard (adjoint au maire). Cette maison existe toujours. C'est là que Roustam s'éteint le 7 décembre 1845. Sa tombe est encore visible au cimetière de la ville.

Roustam a laissé des Souvenirs écrits, retrouvés et publiés un demi-siècle plus tard par René Cottin. De peu d'intérêt sur le plan diplomatique ou militaire, ils sont toutefois riches d'anecdotes sur les comportements de l'entourage de Napoléon.

Iconographie[modifier | modifier le code]

Roustam apparaît souvent en arrière-plan sur des tableaux napoléoniens, mais reconnaissable à son turban :

  • Jean-Baptiste Debret : Première distribution des étoiles de la Légion d'honneur en l'église des Invalides le 26 messidor an XII (15 juillet 1804), Roustam[2] est près d'une cloison, presque sous un écusson.
  • Charles Meynier, Napoléon sur l'île de la Lobau.

Références[modifier | modifier le code]

  • Roustam mameluck de Napoléon, par Hector Fleischmann, Éd. Albert Méricant (1911)
  • Souvenirs de Roustam, Mamelouck de Napoléon 1er, Éd. Paul Ollendorf (ca 1905) (réédité par la Société Historique de Dourdan, 1998)
  • Considérations sur l'iconographie du mamelouk Roustam, par Charles Otto Zieseniss, Bulletin de la Société de l'histoire de l'art français (1988)
  • Roustam et son empereur, de l'Égypte à Dourdan, par Bruno Durand et Philippe Legendre Kvater, Éd. Société historique de Dourdan (2005)

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Registre d'état civil de Dourdan (1845), Archives départementales de l'Essonne
  2. Le peintre n'a pas rendu une image fidèle du mamelouck de Napoléon.

Lien externe[modifier | modifier le code]

  • Acquisitions récentes du Metropolitan Museum of Art [1], illustration no 17.