Rosat

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Rosat

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Lancement de ROSAT par une fusée Delta II

Caractéristiques
Organisation Deutsches Zentrum für Luft- und Raumfahrt
Masse 2 426 kg
Lancement 1er juin 1990
Désorbitage 23 octobre 2011
Orbite Orbite terrestre basse
Périgée 565 km
Apogée 585 km
Période 96,2 minutes
Télescope
Type Wolter I
Diamètre 84 cm
Longueur d'onde Rayons X et Ultraviolets extrêmes
Site DLR Portal - Rosat
Principaux instruments
XRT Télescope à rayons x
PSPC Détecteur de radiation
HRI Détecteur de radiation
WFC Télescope à ultraviolets extrêmes

Rosat ou ROSAT (ntgensatellit) est un télescope spatial allemand dédié à l'observation des rayons X mous (0,1 à 2 keV) qui a été lancé le 1er juin 1990 par une fusée Delta-II depuis Cap Canaveral. Il a fonctionné jusqu'au 12 février 1999 et s'est désintégré dans l'atmosphère terrestre au-dessus de la mer du Bengale, le 23 octobre 2011 entre 1 h 43 et 1 h 57 temps universel (TU)[1].

Rosat a réalisé un inventaire de l'ensemble du ciel dans le domaine des rayons X, identifiant environ 125 000 sources de cette nature. L'équipement de la sonde comprenait également un télescope en extrême ultraviolet, permettant d'identifier 479 sources dans l'ultraviolet lointain.

Projet[modifier | modifier le code]

ROSAT est un projet d'astrophysique des rayons X développé conjointement par l'Allemagne, les États-Unis et le Royaume-Uni. Il a à son bord un télescope d'imagerie à rayons X (XRT) de construction allemande qui comporte deux Position Sensitive Proportional Counters (PSPC) allemands et un imageur à haute résolution (HRI) fourni par les États-Unis. À cela s'ajoute une caméra à large champ (WFC), qui est en réalité un télescope à ultraviolets extrêmes, fournit par les Britanniques.

Le satellite est stabilisé sur trois axes grâce à trois gyroscopes. Cela permet son utilisation pour des observations pointues, pour se réorienter entre deux cibles et pour mener à bien des observations par balayage sur des grands cercles perpendiculaires au plan de l'écliptique. ROSAT est capable de se réorienter rapidement (180 degrés en environ 15 minutes), ce qui rend possible l'observation de deux cibles sur des hémisphères opposés au cours de chaque orbite.

Mission[modifier | modifier le code]

La mission ROSAT était divisée en deux phases :

  1. Après une période d’étalonnage et de vérification en orbite de deux mois, un relevé de tout le ciel a été effectué pendant six mois. Ses divers instruments, notamment le PSPC, le XRT et la WFC ont été utilisés de concert afin de mener à bien ce balayage du ciel.
  2. La deuxième phase de la mission s'est étendue sur toute la durée restante de celle-ci et était dédiée à des observations pointues d'objets astrophysiques sélectionnés. Dans cette partie de la mission, du temps d'observation a été alloué à des chercheurs invités des trois pays participants prenant la forme de la révision des propositions soumises. ROSAT avait été conçu pour fonctionner pendant 18 mois, mais on s'attendait à ce qu'il demeure opérationnel au-delà de sa durée de vie prévue.

En 1990, le satellite est placé en orbite à une altitude de 580 km et une inclinaison de 53°[Quoi ?][2]. Avec le temps, en raison de la traînée atmosphérique, le satellite perd lentement sa hauteur. Originellement conçu pour une mission de cinq ans, ROSAT poursuit ses activités dans le cadre d'une extension de sa mission.

Le 25 avril 1998, la défaillance du viseur d'étoiles primaire sur le télescope à rayons X entraîne des erreurs d'orientation du satellite qui mènent à une surchauffe due aux rayons solaires[3]. Grâce des logiciels développés préalablement pour utiliser un viseur d'étoiles alternatif attaché à la WFC, Rosat est rapidement remis en service, mais avec certaines restrictions concernant son efficacité à repérer des objets et à être contrôlé[4].

Le 20 septembre de la même année, le satellite est endommagé lorsqu'une roue de réaction du système de mesure et de contrôle de l'orientation (AMCS) de l'engin spatial atteint sa vitesse de rotation maximale, entraînant le bris de l'HRI en raison d'une exposition au Soleil[4]. Cette défaillance est tout d'abord attribuée au contrôle difficile du satellite dans des circonstances qui n'étaient pas prévues lors de sa conception[4].

Le satellite est définitivement éteint le 12 février 1999[5].

L'une des dernières images prises par ROSAT.

En septembre 2011, le satellite est à une hauteur d'environ 270 km[6]. Le 23 octobre 2011, Rosat effectue une rentrée atmosphérique entre 1 h 45 et 1 h 57 UTC, quelque part au-dessus du golfe du Bengale, à l'est de l'Inde[1]. Il n'y a eu aucune confirmation de l'impact de débris avec la surface terrestre[7].

Découvertes marquantes[modifier | modifier le code]

Rosat a découvert environ 1 000 étoiles chaudes, émettant dans l'extrême ultraviolet[réf. souhaitée].

Sabotage[modifier | modifier le code]

En 2008, des enquêteurs de la NASA rapportent avoir trouvé que la panne de Rosat était liée à une cyber-intrusion au Goddard Space Flight Center[trad 1],[8]. L'événement est rapporté par Bruce Schneier sur son blog spécialisé sur les questions de sécurité dans les technologies de l'information[réf. souhaitée].

La source de cette allégation est un rapport de 1999 rédigé par Thomas Talleur, enquêteur senior pour la cyber-sécurité à la NASA[9][réf. insuffisante]. Ce rapport décrit apparemment une série d'attaques de la Russie ayant atteint des ordinateurs dans la section d'astrophysique des rayons-x à Goddard et qui a réussi a prendre le contrôle d'ordinateurs utilisés pour le contrôle des satellites[réf. nécessaire].

Le rapport ferait aussi état du fait que la défaillance de Rosat coïncidait avec cette intrusion des systèmes et que les caractéristiques opérationnelles et le commandement de Rosat étaient suffisamment similaires à d'autres systèmes spatiaux pour permettre aux pirates d'accumuler de l'information précieuse à propos du fonctionnement de tels systèmes[réf. nécessaire].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Without warning one day, the ROSAT satellite turned, seemingly inexplicably, toward the sun. The move damaged a critical optical sensor, rendering the satellite useless in its mission of making X-ray and ultraviolet images of deep space. »

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Air et Cosmos, N° 2285, 28 octobre 2011, Une semaine dans l'air & le cosmos
  2. (en) « ROSAT - Launch and Operations », sur http://www.mpe.mpg.de, Max-Planck-Institut für extraterrestrische Physik,‎ 1998 (consulté le 7 décembre 2011)
  3. (en) ROSAT Guest Observer Centre et Leicester Database and Archive Service (LEDAS), « ROSAT/LEDAS ELECTRONIC NEWSLETTER Issue No. 12 », sur www.star.le.ac.uk,‎ 1998 (consulté le 7 décembre 2011)
  4. a, b et c (en) « Severe Damage to ROSAT High Resolution Imager », sur star.le.ac.uk, ROSAT News No. 66,‎ 15 octobre 1998
  5. (en) « ROSAT completes almost a decade of discovery », UK ROSAT Guest Observer Centre,‎ 18 février 1999
  6. (en) « ROSAT Information », Heavens-Above
  7. (en) Paul Marks, « Second big satellite set to resist re-entry burn-up », sur www.newscientist.com/,‎ 2011 (consulté le 7 décembre 2011)
  8. (en) « Network Security Breaches Plague NASA », Business Week
  9. Keith Epstein, Ben Elgin, avec Brian Grow, Chi-Chu Tschang et David Polek, « Network Security Breaches Plague NASA - Repeated attacks from abroad on NASA computers and Web sites are causing consternation among officials and stirring national security concerns », sur http://cleanperception.com

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]