Rhubarbe

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La rhubarbe (genre Rheum) est le nom commun d'une trentaine d'espèces de plantes herbacées vivaces de la famille des Polygonacées.

Description[modifier | modifier le code]

C'est une plante vigoureuse des régions tempérées, aux rosettes de grandes feuilles pétiolées (seuls ses pétioles d'environ 50 cm de long sont comestibles), gaufrées, grossièrement triangulaires.

Les feuilles naissent de courts rhizomes (tiges souterraines) et sont toxiques, contrairement au pétiole qui est la partie de la plante consommée.

Celui-ci, de couleur vert rougeâtre, arrondi et canaliculaire, mesure jusqu'à 50 cm de longueur pour 3 à 7 cm de largeur et d'épaisseur.

Les parties aériennes de la plante disparaissent totalement pendant l'hiver.

Histoire[modifier | modifier le code]

Originaire du nord de l'Asie (Sibérie), elle était connue comme plante médicinale en Chine depuis très longtemps. Introduite en Europe par Marco Polo, elle fut d'abord cantonnée parmi les plantes médicinales (constituant du catholicum simple de la pharmacopée maritime occidentale au XVIIIe siècle[1]) et ornementales, elle ne fut cultivée et consommée comme plante potagère qu'à partir du XVIIIe siècle[2].

Principales espèces[modifier | modifier le code]

  • Rheum nobile (rhubarbe du Sikkim)
  • Rheum officinale (rhubarbe officinale)
  • Rheum palmatum (rhubarbe chinoise)
  • Rheum rhabarbarum (rhubarbe des jardins)
  • Rheum rhaponticum L. (rhubarbe sauvage)
  • Rheum × hybridum, nombreuses variétés cultivées

Production[modifier | modifier le code]

Feuilles de rhubarbe jaunies par du verticillium.

Les rhubarbes cultivées appartiennent aux espèces rhaponticum, rhabarbarum et à leurs hybrides. Les préparations médicinales sont obtenues à partir de Rheum officinale.

La rhubarbe préfère les sols profonds et frais, avec de la fumure organique et une exposition ensoleillée. Les touffes sont divisées entre la fin de l'hiver et le début du printemps, en coupant des bouts portant un à trois bourgeons, et sont plantées en laissant ces derniers affleurer à la surface.

La récolte se fait, dès la deuxième année, de fin avril à juin, mais une deuxième récolte peut avoir lieu fin septembre. Il est recommandé de ne pas prélever plus des deux tiers des pétioles d'une même plante. Ceux-ci se conservent quelques jours après récolte.

Un pied de rhubarbe est exploité efficacement durant cinq à dix ans, mais il peut vivre plus de cinquante ans avec une production affaiblie. Des plants de rhubarbe de plus de 100 ans ont déjà été recensés et produisent encore une récolte abondante.

Maladies et parasites[modifier | modifier le code]

Les plants peuvent être attaqués par le verticillium, un champignon qui décompose les racines. Les feuilles jaunissent et meurent en quelques semaines, puis la plante disparaît pendant 1 mois.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Seuls les pétioles des feuilles peuvent être consommés : crus, cuits, en tartes, en confiture ou comme légume. On peut également en faire des sirops ou des sorbets[3]. L'acidité de la plante demande à être atténuée par du sel ou du sucre. Les variétés rouge carmin de rhubarbe sont plus tendres que les vertes.

Vertus[modifier | modifier le code]

La rhubarbe est bien pourvue en vitamine C (12 mg/100 g), elle a ainsi des propriétés toniques et antianémiques. La rhubarbe est très laxative grâce à sa richesse en fibres. La rhubarbe est utilisée comme purgatif, proche de l'aloès et du séné. Les principes actifs sont des dérivés de l'anthraquinone et leurs glucosides qui augmentent les mouvements péristaltiques du côlon.

La rhubarbe apporte des minéraux, certains en grande quantité comme le potassium et le phosphore, et certains en quantité moindre, mais néanmoins intéressante comme le magnésium et le calcium.

La substance secrétée par sa racine est appréciée pour son action antiseptique sur les problèmes de foie. En outre, la rhubarbe est un bon anti-inflammatoire pour les muqueuses buccales.

Toxicité[modifier | modifier le code]

Les limbes des feuilles sont toxiques à cause notamment de leur teneur en acide oxalique. Les glucosides d'anthraquinone pourraient également être responsables de cette toxicité (voir glycoside). De nombreux cas d'intoxication ont été rapportés, surtout en Grande-Bretagne pendant la Seconde Guerre mondiale, où la consommation de cette plante avait été recommandée[4].

La plupart des intoxications ont lieu lorsque des novices préparent les limbes au lieu des pétioles. On peut voir apparaître des symptômes tels que nausées, vomissements, crampes abdominales et diarrhées. Les oxalates solubles précipitent sous forme d'oxalate de calcium dans les fluides organiques. Dans les urines, cet effet peut provoquer des dommages rénaux[5].

Les feuilles sont également toxiques pour les animaux. Elles sont utilisées par certains apiculteurs qui les placent à l'intérieur des ruches pour protéger les abeilles des autres insectes envahisseurs.

Calendrier[modifier | modifier le code]

Le 11e jour du mois de floréal dans le calendrier républicain français est officiellement dénommé jour de la Rhubarbe[6]. Il tombe généralement le 30 avril.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Yannick Romieux, De la hune au mortier, Éditions ACL, Nantes, 1986.
  2. Élisabeth Lemoine, Guide des légumes du monde, Delachaux et Niestlé, 1999, p. 140.
  3. Recette du sorbet à la rhubarbe.
  4. Système canadien d'information sur les plantes toxiques
  5. (en) Lewis S. Nelson, M.D. ; Richard D. Shih, M.D. ; Michael J. Balick, Ph.D., Handbook of Poisonous and Injurious Plants, Second Edition, Springer,‎ 2007, 340 p. (ISBN 0-387-31268-4)
    pages 251 à 252
  6. http://books.google.fr/books?id=vVtWj-W-KP8C&printsec=frontcover&redir_esc=y#v=onepage&q&f=false

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]