Verticillium

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Verticillium est un genre de champignon de la division des Ascomycota.

Le genre peut être réparti en trois groupes :

  1. mycopathogènes
  2. entomopathogènes[1],
  3. agents pathogènes des plantes et saprophytes[2] dont Verticillium dahliae et Verticillium albo-atrum qui causent des maladies de flétrissement (verticilliose ou « flétrissement verticillien ») économiquement importantes sur le coton, les tomates, les pommes de terre, aubergines, poivrons, ainsi que des plantes ligneuses ornementales.

Les symptômes sont semblables à la fusariose. La rotation des cultures, l'utilisation de variétés végétales résistantes et un labourage profond, peut être utile dans le contrôle de la flétrissure verticillienne.

Principales espèces[modifier | modifier le code]

Verticillium dahliae Kleb.[modifier | modifier le code]

C'est le responsable de la verticilliose du houblon.

Verticillium lecanii Viegas[modifier | modifier le code]

Cette espèce de champignon a été décrite pour la première fois en 1861. Elle a une distribution mondiale grâce aux insectes. En horticulture et en agriculture, il est parfois utilisée comme un entomopathogène (pour infecter les insectes) pour lutter contre les insectes ravageurs comme les cochenilles, les acariens et les pucerons. C'est un bio-pesticide/bio-Insecticide qui est pulvérisé sur les insectes alors qu'ils se nourrissent des plantes. Les insectes sont infectés lorsqu'ils entrent en contact avec les spores fongiques collantes, qui ensuite se développent et envahissent le corps des insectes qu'ils dévorent de l'intérieur.

Verticillium albo-atrum Reinke & Berthold[modifier | modifier le code]

D'abord identifié en Allemagne en 1870 sur des pommes de terre, Verticillium albo-atrum est un champignon du sol responsable d’une maladie vasculaire couramment appelée « verticilliose ». L'action de ce champignon est souvent indissociable de celle de Verticillium dahliae.

Elle s'attaque à plus de 300 espèces différentes de plantes cultivées et peut persister comme un organisme saprophyte du sol pendant plus de 15 ans. Quand elle infecte les arbres ornementaux, comme les érables, les ormes, peuplier, frêne, hêtre, chêne, Catalpa et de nombreux autres, les premiers symptômes sont le flétrissement d'une partie de l'arbre au milieu de l'été. Une température moyenne de 21 à 24 °C favorise son développement.

Le champignon s’attaque aux racines de l’arbre et remonte les vaisseaux du xylème puis gagne les rameaux en obstruant les canaux conducteurs de sève, d’où l'apparition de nécroses à certains endroits. L'infection peut prendre quelques années pour progresser vers le reste de l'arbre ou se déplacer rapidement. Il en résulte un dessèchement brutal de quelques branches, surtout en période chaude. Si on coupe la branche affectée, on note un brunissement caractéristique des tissus vasculaires au niveau de l'aubier qui laisse apparaître des veines verdâtres ou brunâtres.

Chez les arbres fruitiers, l'infection est connue sous le nom de 'Black Heart' et est fréquente chez les abricotiers et parfois sur amandiers, pêchers, pruniers et avocatier. Ce champignon a également des effets sur des plantes herbacées (luzerne cultivée, chrysanthème, menthe, Lychnis) et des légumes (tomates, aubergines, gombo, rhubarbe) provoquant leur flétrissement et leur mort. L'identification peut être faite par la recherche de conidies unicellulaires, ronds à ovales qui se forment à l'extrémité des branches verticillées. Ils sont facilement séparés de la plante.

Certains genres, telles qu'érables, prunus, olivier et autres tilleuls par exemple, semblent être très sensible à cette maladie. Tous les érables sont porteurs de ce champignon. Il faut donc faire en sorte que cette maladie ne « sorte » pas.

Certains arbres ont épisodiquement une ou deux branches qui sèchent entièrement puis le phénomène s’estompe pour réapparaitre quelques années plus tard.

Les attaques peuvent s'accompagner d’une abondance de rejets au pied de l’arbre, ou à la base d’une charpentière infestée.

Cette maladie se développe avec la chaleur, donc protéger les arbres des fortes chaleurs.

Symptômes[modifier | modifier le code]

Feuilles de rhubarbe jaunies par du verticillium.
Verticillium sur fraisiers

Apparition assez brutale de taches noires sur l’écorce. À la coupe, des traces brunes, les canaux de sève sont obstrués par le parasite. Des nécroses apparaissent sur le tronc.

Des branches peuvent dépérir complètement : retrait de sève important ou, si l’arbre est vigoureux, il se forme un cal de cicatrisation et la sève trouve un autre chemin et peut englober toute la zone parasitée.

Sur rhubarbe: les feuilles jaunissent les unes après les autres et meurent en quelques semaines, puis la plante disparaît pendant 1 mois.

Sur fraisiers: les feuilles sèchent comme si elles manquaient d'eau. Les fraises mûrissent en restant petites, elles sont sèches et sans goût, donnant l'impression qu'il y a plus d'akènes que de pulpe.

Traitement[modifier | modifier le code]

En cas d’attaque, traiter à l’aliette ou avec des produits à base d’oxychlorure de cuivre ou de sulfate de cuivre 2 fois à quinze jours d’intervalle.

Un traitement thiophanate+méthyl+manèbe peut aussi s’avérer efficace.

Les traitements préventifs peuvent freiner l'extension du champignon, mais il n'existe pas de traitement curatif. Les filaments du verticillium restent dans le sol de nombreuses années. Les outils (voire les roues des véhicules) les propagent par déplacement de terre. Les feuilles mortes par verticilliose ne doivent pas être mises au composteur, afin de ne pas disséminer encore plus le champignon.

Tailler en automne les rameaux desséchés jusqu’au bois sain. Ne pas tailler les rameaux légèrement flétris car ils peuvent récupérer grâce à une fertilisation et un arrosage régulier.

Lorsqu'un arbre est très atteint, mieux vaut l'éliminer par le feu afin d’éviter la propagation à d’autres arbres. Ne pas replanter d'espèces sensibles au même endroit.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Zare, R. Zare, R. and Gams, W. (2001). Et Gams, W. (2001). A revision of Verticillium sect. Prostrata. Une révision de Verticillium sect. Prostrata. III. Generic classification. Classification générique. Nova Hedwigia. Nova Hedwigia. 72. 329-337.
  2. Barbara, DJ & Clewes, E. (2003). Barbara, DJ & Clewes, E. (2003). "Plant pathogenic Verticillium species: how many of them are there?" "Plant pathogène Verticillium espèces: combien d'entre eux sont-ils?" Molecular Plant Pathology 4(4).297-305. Molecular Plant Pathology 4 (4) .297-305. Blackwell Publishing. Blackwell Publishing.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Phillips, DH & Burdekin, DA (1992). Diseases of Forest and Ornamental Trees. Phillips, DH & Burdekin, DA (1992). Maladies des forêts et des arbres d'ornement. Macmillan. ISBN 0-333-49493-8. Macmillan. ISBN 0-333-49493-8.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références taxinomiques[modifier | modifier le code]