Sorbet

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Sorbets

Un sorbet ou sorbet glacé est un entremets glacé ou glace qui, contrairement à la crème glacée, ne contient pas de crème, de lait ou de jaune d'œuf. Souvent consommé comme dessert, il est préparé à partir d'une purée de fruits ou d'un jus auxquels on ajoute un sirop de sucre et de l'eau.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le mot « sorbet » vient de l’italien « sorbetto », issu du turc « şerbet » , lui-même issu du persan « شربة » , « šarbat » (« boisson élaborée à partir d'eau et d'un jus ou d'un sirop de fruit sucré »).

Histoire[modifier | modifier le code]

Vendeur ambulant de sorbets à Naples selon une gravure de 1853.

Peut-être élaboré à l'origine en Chine avec du miel, des fruits, des aromates et de la neige[1], le principe de servir un dessert glacé est connu depuis l'Antiquité par les Perses, les Grecs et les Romains. La neige utilisée pour servir des desserts agrémentés de fruits et de miel est alors extraite de l'Etna et du Vésuve et livrée par bateau .

Au IXe siècle, les califes de Bagdad dégustent des sharābs, sirops de fruits et de fleurs servis avec du sucre et de la glace.

Au Moyen Âge, en Andalousie, les Arabes améliorent la recette en remplaçant le miel par le sucre[2]. À l’instar de certaines villes de Sicile, à Grenade et Séville une corporation a pour tâche de conserver et de vendre de la glace pilée, enveloppée dans des sacs de jutes et descendue à dos de mule depuis la Sierra Nevada. Les sirops et les sorbets se préparent à base de fruits, d'herbes, d'épices et de fleurs.

Même si les croisés découvrent le sorbet au Moyen-Orient, ce sont les marchands vénitiens qui rapportèrent au Moyen Âge, depuis le Levant, la recette du sorbetto, et ce n'est qu'au XVIe siècle qu'il fait son apparition à la cour de France, grâce notamment à Catherine de Médicis qui amena avec elle ses Pâtissiers-Glaciers en 1533.

Le sorbet assure le succès du Café Procope qui ouvre à Paris en 1686 et qui le sert avec du café et du chocolat. On y offre quatre-vingt sortes de sorbets, à la menthe, au girofle, à la pistache, à la jonquille, à la bergamote, au raisin, etc.

Ce sont les Chinois qui auraient inventé la sorbetière qui deviendra un instrument courant au XVIIIe siècle. Les cuisiniers cherchent à inventer de nouvelles recettes. La pêche Melba apparaît en 1893, cadeau offert par Auguste Escoffier à la cantatrice Nellie Melba.

Le cornet, gaufre enroulée en forme de cône dans lequel on dépose une boule de sorbet ou de crème glacée pour faciliter la dégustation, devient populaire au début du XXe siècle. Enfin, le bâtonnet de glace, appelé Esquimau en France, est inventé aux États-Unis, vers 1922, par Christian K. Nelson.

Sorbets aux trois parfums
Sorbet à la fraise

Aujourd'hui, le sorbet est le plus souvent composé de fruits. Il est parfois mélangé à de l'alcool, ce qui abaisse la température de fusion de l'ensemble, et rend le sorbet plus moelleux. Les machines à sorbet n'injectent pas autant d'air dans la glace que les machines à crème glacée, car les sorbets, qui ne contiennent pas de crème, épaississent plus facilement. Cette différence et le fait qu'ils contiennent plus de fruits qu'une crème glacée leur confère une saveur fruitée plus prononcée. Néanmoins, pour minimiser le coût des matières premières contenues dans 1 litre de sorbet fini, des fabricants, industriels et artisans, règlent leurs turbines pour un foisonnement maximal afin d'obtenir du sorbet contenant jusqu'à 50 % d'air. Ce état de fait explique pourquoi certains bacs de glace d'un litre contiennent 500 g de préparation et n'ont que peu de saveur [3].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Giuliano Valdès, « Sicilia » version française, éditions Bonechi, 2011, p. 14.
  2. Liliane Plouvier, L'Europe se met à table, Ed. DG Education et Culture, Bruxelles, 2000,p.60
  3. [PDF]http://www.lemondedudessert.fr/CODE%20DES%20PRATIQUES%20LOYALES%20DES%20GLACES%20ALIMENTAIRES%20CNGF.pdf

Sources[modifier | modifier le code]

  • Michèle Barrière, « Les sorbets », Historia,‎ novembre 2011, p. 27 (ISSN 0750-0475)

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