Parrhasios

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Parrhasios (en grec ancien Παρράσιος) est l'un des peintres les plus célèbres de la Grèce antique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Parrhasios se présente lui-même dans une épigramme : fils d'Événor — lui-même peintre, comme le précise Pline l'Ancien[1] —, il est natif d'Éphèse, en Ionie ; il mène une vie molle (ἀϐροδίαιτος) et a atteint les limites de son art[2]. Ses mœurs excentriques et son goût du luxe sont bien connus dans l'Antiquité : il porte, dit-on, un habit teint à la pourpre, une couronne d'or, un bâton cerclé d'or et des bandes d'or à ses sandales[3].

Xénophon met en scène Socrate visitant Parrhasios dans ses Mémorables[4], ce qui pousse Quintilien à placer le peintre à l'époque de la guerre du Péloponnèse[5]. Pline fixe son apogée à la 85e olympiade[6] (400-396 av. J.-C.) et le présente comme le contemporain et le rival de Zeuxis. Tous deux s'affrontent ainsi dans un concours ; Zeuxis peint des grappes de raisin avec tant de réalisme que des oiseaux essaient de les picorer. Il triomphe. Parrhasios l'invite alors à dévoiler son propre tableau. S'exécutant, Zeuxis réalise que le tableau n'est autre que le rideau qu'il a tenté d'écarter. Zeuxis reconnaît alors sa défaite : son œuvre a trompé des oiseaux, alors que celle de Parrhasios a trompé Zeuxis lui-même[7].

Une autre anecdote veut que Parrhasios ait acheté à Philippe II de Macédoine l'un des prisonniers faits à Olynthe et qu'il l'ait torturé pour s'en servir comme modèle d'un tableau de Prométhée. Rapportée par Sénèque le Rhéteur dans ses Controverses[8], un recueil de problèmes juridiques intéressants, l'histoire ne tient pas : Olynthe n'est prise qu'en 348 av. J.-C.[9]

Œuvre[modifier | modifier le code]

Selon Pline qui s'appuie sur le témoignage des peintres Xénocrate et Antigone, Parrhasios « a le premier observé la proportion, mis de la finesse dans les airs de tête, de l'élégance dans les cheveux, de la grâce dans la bouche, et, de l'aveu des artistes, il a remporté la palme pour les contours[10]. »

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Pline l'Ancien, Histoire naturelle [détail des éditions] [lire en ligne] (XXXV, 36).
  2. Épigramme citée par Cléarque de Soles, préservé dans Athénée, Deipnosophistes [détail des éditions] [lire en ligne] (XV, 687b).
  3. Athénée (XIII, 543c-f) ; Élien, Histoires variées [lire en ligne] (IX, 11).
  4. Xénophon, Mémorables (III, 10, 1-5).
  5. Quintilien (XII, 10, 4).
  6. Pline (XXXV, 36, 2 et 5).
  7. Pline (XXXV, 36, 5).
  8. Sénèque le Rhéteur, Controverses (X, 5).
  9. Rumpf, p. 2. Une anecdote similaire circule sur Michel-Ange et Rubens.
  10. Pline (XXXV, 36, 7) ; voir aussi Quintilien (XII, 10, 4).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Andreas Rumpf, « Parrhasios », American Journal of Archaeology, vol. 55, no1 (janvier 1951), p. 1-12.