Pinceau

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Pinceaux de différents poils, tailles et formes.
Pinceau de maquillage.
Pinceau de maquillage.

Le pinceau (du latin peniculus, petite queue) est un instrument de peinture, de dessin et d'écriture composé d'un manche ou hampe (en bois ou plastique) munie à son extrémité d'une touffe de poils maintenue grâce à une virole. Avant l'apparition de la virole métallique, les poils étaient maintenus grâce à une plume ligaturée par du fil en laiton : on trouve ces pinceaux, très populaires, sous l'appellation de pinceau 'monté sur plume'.

Le pinceau sert à étaler la matière picturale (peinture ou encre) sur le support (papier, toile, bois, mur, etc.). Il est aussi utile pour appliquer un enduit ou un vernis sur les mêmes supports : on se sert alors du spalter. Pour la peinture à l'huile ou à l'acrylique, on parle plutôt de brosse.

Il est utilisé en peinture, illustration, dessin et en calligraphie, européenne ou chinoise. L'appellation chinoise du pinceau en mandarin est máobĭ, littéralement « crayon à poils ».

Composition[modifier | modifier le code]

1. Manche 2.Virole 3.Touffe

Un pinceau est composé de 3 éléments :

  • Le manche ou hampe : en bois, plume, métal ou plastique ;
  • La virole : en métal, plastique ou plume et fil ;
  • La touffe : en poils naturels ou en fibres synthétiques.

Les poils[modifier | modifier le code]

La qualité et spécificité d'un pinceau dépend de la nature des poils de sa touffe. Ces poils présentent en effet différentes caractéristiques (dureté, souplesse, nervosité, absorption…) et sont appropriés à des usages différents. Aujourd'hui, les fibres synthétiques tentent d'imiter les qualités des poils naturels ou d'en proposer des nouvelles.

Poils fins[modifier | modifier le code]

Pinceaux en martre Kolinsky
  • Le pinceau de « martre »
    • La martre Kolinsky, le plus apprécié car résistant, élastique et souple. Sa pointe est parfaite et sa trempe excellente. On distingue la martre Kolinsky sibérienne (Tobolsky) de la martre Kolinsky chinoise (Harbin), plus courte et moins fine. Il s'agit en réalité de vison (Mustela sibirica) et non de martre[1].
    • La martre rouge, performante mais de qualité inférieure.
  • Le petit-gris (poils d'écureuil nordique), doux et d'une très bonne trempe donc apprécié à l'aquarelle.
  • Le poil de mangouste, reconnaissable à ses zébrures, nerveux et fin.

Autres poils naturels[modifier | modifier le code]

  • La martrette, un mélange de poils fins
  • Le poil de putois, résistant et d'une bonne rétention en eau mais court et manquant d'élasticité
  • Le poil de blaireau, long et à la belle pointe
  • Le poil d'oreille de bœuf, long, résistant et souples, pour tous types de peinture, parfois utilisés pour confectionner les 'imitations martre'
  • Le poil de poney ou cheval, pour tracer en calligraphie chinoise ou pour l'aquarelle.
  • Le poil de chèvre doux et fin, pour les pinceaux à vernir et la calligraphie chinoise (bon marché)
  • Les plumes de poule (sur certains pinceaux chinois), les plumes ont l’avantage d'être longues et pointues une fois mouillées, mais également de pouvoir faire des motifs plus chaotiques en l'utilisant de façon plus brusque.
  • Le poil de daim (calligraphie japonaise).
  • Le poil d'ours d'Alaska, brun foncé et brillant, pour poser les laques.
  • Le poil de lièvre.
  • Le poil de loup pour la calligraphie chinoise.
  • Les mélanges loup et chèvre pour la calligraphie chinoise également.

Les soies de porc[modifier | modifier le code]

Elles se caractérisent par leur fermeté, leur élasticité et leur résistance.

Contrairement aux poils fins, l'extrémité d'une soie est à fleur multiple (comme une fourche) et non unique. Elle va donc bien retenir la matière pâteuse et l'étaler de manière uniforme, d'où son utilisation fréquente dans les techniques à l'huile et acrylique.

La soie est naturellement courbée ou cambrée, ce qui permet également une bonne accroche et un bon contrôle de la pâte.

  • Qualités : demi-blanc, beau-blanc, beau-blanc extra
  • Montages : normal ou sur cambre

Fibres synthétiques[modifier | modifier le code]

Les premiers pinceaux en fibres artificielles furent les pinceaux en nylon blanc, très fermes et peu élastiques. Depuis, d'autres fibres, toujours des dérivées de polyamide, ont fait leur apparition. On dispose aujourd'hui d'une grande variétés de fibres en termes de souplesse et de fermeté. Les fabricants proposent aussi des mélanges synthétique/naturels.

  • Avantages : À base de polyamide, les fibres synthétiques sont plus résistants à l'usure et aux produits décapants que les poils naturels. Ils sont notamment appréciés avec la peinture acrylique qui sèche très vite et nécessite un nettoyage rapide et minutieux. Ils sont aussi plus économiques.
  • Inconvénient : ils manquent parfois de finesse et pour les techniques aqueuses, de trempe.

Chaque fabricant a mis au point ses propres fibres synthétiques : Kaërell (Raphaël), Nova (Da Vinci), Orion (Pébéo), Similaire (Léonard).

Les pinceaux de calligraphie[modifier | modifier le code]

Pinceaux chinois

Le pinceau de calligraphie, quelle qu’elle soit, retient bien l'encre, tandis que le pinceau à peinture chinoise est plus adapté à des mélanges d'eau avec soit de l'encre de chine pour les lavis, soit des peintures à l'eau en couleur typiquement chinoises, proches des caractéristiques de la gouache ou de l'aquarelle et eau. Ils sont utilisés dans les arts traditionnels d'Extrême-Orient.

Les tailles[modifier | modifier le code]

Il existe différentes classifications de tailles selon les fabricants, selon le diamètre de la touffe.

  • par numéro : 10/0, 6/0 (1,1mm), 5/0, 4/0, 3/0 (1,7mm), 2/0, 0, 1, 2, 3, 4, 5..
  • par taille : 15 (15mm), 25, 30, 40, 50, 60, 70, 80, 100, 120, 200
  • en inches : de 1/2" (12mm) à 7"

Les formes[modifier | modifier le code]

De gauche à droite : rond, plat long, plat court ou carré, usé bombé ou langue de chat, éventail, biseauté, mouilleur, herbe folle ou filet

.

Les pinceaux ont différentes tailles et formes selon l'utilisation que l'on veut en faire : plats, ronds, en éventail, etc.

Variantes[modifier | modifier le code]

Fude pen, stylo-pinceau japonais

D'autres outils peuvent servir, à l'instar du pinceau, à étaler la matière picturale :

  • Les pinceaux avec embouts de silicone (Colour shapers) utilisés pour sculpter la matière épaisse
  • L'éponge synthétique (utilisé pour la calligraphie chinoise à l'eau)
  • Le stylo-pinceau, généralement alimenté par des cartouches d'encre, qui a, à la place de la plume, un pinceau en poils synthétiques, parfois même, pour les plus luxueux, en martre.
  • Le stylo-pinceau à réservoir d'eau, pensé pour aquareller son dessin en extérieur. Il existe deux variantes, la japonaise, aux poils synthétiques que l'on remplit en mettant le trou du réservoir vers le haut, et la chinoise, en poils naturels, que l'on remplit grâce à une vis sans fin contenue dans le pinceau et produisant un effet d'aspiration.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il s'agit en réalité de poil provenant de la queue de l'espèce Mustela sibirica dont la fourrure était autrefois appelée du Kolinsky. Voir page 114 dans (en) Henry Poland, Fur-bearing animals in nature and in commerce, éditions Gurney & Jackson, Londres, 1892.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]