Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni

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Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni
United Kingdom Independence Party
Présentation
Leader Nigel Farage
Fondation 1993
Siège PO Box 408, Newton Abbot, TQ12 9BG
Parlement européen
24 / 73
Idéologie Euroscepticisme
Conservatisme
Populisme
Affiliation internationale Aucune
Affiliation européenne Groupe Europe libertés démocratie
Couleurs jaune et violet
Site web www.ukip.org/

Le Parti pour l'indépendance du Royaume-Uni (en anglais United Kingdom Independence Party), plus communément appelé UKIP (prononcer « youkip »), est un parti politique britannique.

Eurosceptique[1], il milite pour le retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne et fait partie de l'association TEAM. La ligne politique du parti est que le Royaume-Uni « doit de nouveau être gouverné par des lois adaptées à ses propres besoins par son propre parlement, qui doit être directement et seulement représentant de l'électorat du Royaume-Uni »[2]. Son dirigeant actuel est Nigel Farage, un des vingt-quatre députés au Parlement européen et coprésident du groupe Europe libertés démocratie, qui a été réélu le 5 novembre 2010 et le 25 mai 2014.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le parti fut fondé en 1993 par Alan Sked et d'autres membres de la Ligue antifédéraliste. Dès sa création, il attira les élus de la frange antieuropéenne du Parti conservateur, qui était précisément divisé à l'époque dans le débat au sujet du traité de Maastricht et du retrait de la livre du Système monétaire européen.

L'UKIP est vraiment entré sur le devant de la scène politique britannique aux élections européennes de 2004 où il a obtenu 16,6 % des suffrages exprimés. Ce succès n'a pas été confirmé aux élections générales de 2005 où le parti n'a obtenu que 2,3 % des voix ; cependant, ce résultat est à relativiser car l'UKIP ne présentait pas de candidats dans toutes les circonscriptions.

De ses douze députés européens élus aux élections de 2004, l'UKIP en a conservé dix, dont un, faisant l'objet d'une enquête par l'Office européen de lutte antifraude, a été exclu provisoirement du parti. L'UKIP a expulsé en juillet 2004 son député Ashley Mote (accusé de fraude sociale et condamné ultérieurement à neuf mois de prison) et a subi en janvier 2005 la défection de son député le plus « médiatique », Robert Kilroy-Silk. Lors des élections européennes de 2009, l'UKIP remporte treize députés (+ 1, malgré la réduction de la délégation), ce qui le place en seconde position au Royaume-Uni, derrière le parti conservateur mais devant le parti travailliste.

En termes de nombre de voix, l'UKIP est le quatrième parti au Royaume-Uni. Aux élections locales de 2011, le parti remporte la municipalité de Ramsey (la première qu'il ait jamais eue).

Le 2 mai 2013, il réalise un résultat historique en obtenant 23 % aux élections locales partielles, juste derrière les Tories avec 25 % et le Labour avec 29 %[3].

En mai 2014, aux élections pour le Parlement européen, l'UKIP obtient le plus grand nombre de voix (27,49%). Il gagne 11 députés supplémentaires pour un total de 24. Le parti remporte des sièges dans toutes les régions de Grande-Bretagne, y compris en Ecosse. Résultat historique, car pour la première fois depuis plus d'un siècle un parti autre que le Labour ou les conservateurs arrive primier dans une élection au Royaume-Uni sur une large échelle[4].

Pour les élections de 2015, le parti connaît une importante montée dans les sondages, aux alentours de 17 %[5]. Pour Nigel Farage, « le vrai problème des conservateurs n'est pas l'Ukip. Leur vrai problème est que leurs sympathisants se rappellent ce dont le parti conservateur avait l'habitude de parler — la création de richesses, un niveau bas d'imposition, l'entreprise — et voient qu'il discute désormais de mariage homosexuel et d'éoliennes »[6].

Politiques[modifier | modifier le code]

Économie[modifier | modifier le code]

La position de l'UKIP en matière d'économie est basée sur une taxation plus faible afin selon lui de devenir compétitifs sur le plan international. Il propose de combiner l'impôt sur le revenu avec l'assurance sociale en un impôt à taux unique à 31 %, ce qui permettrait, d'après lui, à 4,5 millions des travailleurs les moins payés de sortir complètement du système de taxation sur le revenu. L'UKIP propose également l'abolition des taxes sur l'héritage et une réduction de l'impôt sur les sociétés.

Le parti préconise aussi des liens économiques plus étroits avec le Commonwealth of Nations.

Éducation[modifier | modifier le code]

L'UKIP veut donner aux écoles plus de liberté dans leur gestion afin de donner aux parents un choix plus significatif. Il voudrait abolir tout test national concernant les enfants de moins de 11 ans.

Énergie et politiques environnementales[modifier | modifier le code]

L'UKIP est en faveur d'une extension du nucléaire pour des raisons de sécurité énergétique. Il soutient le fait que l'énergie éolienne est non-rentable.

Le parti est opposé aux champs OGM mais est cependant ouvert à la recherche scientifique dans ce domaine.

Gouvernement local[modifier | modifier le code]

Le parti cherche à donner plus de pouvoir aux autorités locales, et ainsi à restaurer le comté comme un gouvernement clef.

Libertés[modifier | modifier le code]

Le parti est opposé à l'introduction au Royaume-Uni d'une carte d'identité. L'UKIP est favorable au libre choix de l'instruction à la maison par les parents. l'UKIP est favorable à l'introduction du Référendum d'initiative populaire.

Immigration[modifier | modifier le code]

S'il est élu, le parti gèlerait immédiatement l'immigration permanente pendant cinq ans (la durée du mandat parlementaire en Grande-Bretagne).

Parlement européen[modifier | modifier le code]

En 1999, trois membres de l'UKIP ont été élus au Parlement européen. Avec les eurosceptiques de différents pays, ils ont formé le groupe pour l'Europe des démocraties et des différences. En 2004, 37 membres du Parlement européen venant du Royaume-Uni, du Danemark et de la Suède ont fondé un nouveau groupe parlementaire européen appelé Groupe Indépendance/Démocratie. Cependant, après les élections européennes de 2009, où les partis eurosceptiques du Danemark et de la Suède ont perdu toute représentation, le groupe a été dissous. L'UKIP a depuis formé un nouveau groupe, le Groupe Europe libertés démocratie.

L'UKIP, s'il poursuit une stratégie anti-UE et antisystème, a imposé certaines thématiques dans le débat politique national en les rendant acceptables. À ce titre, il refuse toute alliance européenne avec des mouvances d'extrême droite, notamment le Front national français, dont il juge l'« ADN lié à l'antisémitisme »[7].

Liste des présidents du parti[modifier | modifier le code]

  • Alan Sked (1993 – 1997)
  • Craig Mackinlay (1997)
  • Michael Holmes (1997 – 2000)
  • Jeffrey Titford (2000 – 2002)
  • Roger Knapman (2002 – 2006)
  • Nigel Farage (2006 – 2009)
  • Lord Pearson of Rannoch (2009 – 2010)
  • Jeffrey Titford (septembre 2010 - novembre 2010)
  • Nigel Farage (depuis 2010)

Young Independence[modifier | modifier le code]

Comme beaucoup de partis politiques, l'UKIP a son mouvement de jeunesse, le Young Independence (YI), qui représente tous les adhérents de moins de 30 ans. Il est sous la direction d'un conseil de membres élus à la conférence de printemps annuelle du parti. Son président actuel est Rob Comley (depuis 2013).

Références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) « UKIP: les sujets de la reine deviennent eurosceptiques », Geoffrey Saint-Joanis, Le Journal International, 13 décembre 2013
  2. The principal aim of the Party is that the United Kingdom ("UK") shall again be governed by laws made to suit its own needs by its own Parliament, which must be directly and solely accountable to the electorate of the UK.[1]
  3. « Local elections 2013: Nigel Farage's Ukip surges to best ever showing, winning 150 seats », telegraph.co.uk, 3 mai 2013.
  4. Européennes 2014 : victoire historique pour l'Ukip europhobe au Royaume-Uni, lepoint.fr, 26 mai 2014
  5. « Ukip maintains strong poll showing », The Guardien, 6 avril 2013.
  6. Catherine Gouëset, « Royaume-Uni : Cameron à droite toute derrière les populistes de l'Ukip », lexpress.fr, 27 mars 2013.
  7. Florentin Collomp, « L'anglais UKIP compte créer un "tremblement de terre" », Le Figaro, lundi 28 avril 2014, page 3.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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