Manicle (AOC)

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45° 49′ 21.61″ N 5° 37′ 52.5″ E / 45.8226694, 5.63125 ()

Manicle
Manicle 01.JPG
Le vignoble de Manicle.
Désignation(s) Manicle
Appellation(s) principale(s) bugey[N 1]
Type d'appellation(s) AOC-AOP
Reconnue depuis 2009
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble du Bugey
Localisation Ain
Climat climat océanique dégradé par des influences continentale et montagnarde
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
1 787 heures par an[1]
Sol argilo-calcaire
Superficie totale 8 hectares
Cépages dominants pinot noir N et chardonnay B[N 2]
Vins produits rouges et blancs
Production 480 hectolitres en moyenne
Pieds à l'hectare minimum 5 000 pieds par hectare[2]
Rendement moyen à l'hectare maximum 53 à 61 hectolitres par hectare pour les rouges
63 à 69 hectolitres par hectare pour les blancs[2]

Le manicle[N 1], ou bugey manicle, est un vin français, produit sur les communes de Cheignieu-la-Balme et Pugieu, dans le département de l'Ain. Il s'agit d'une dénomination géographique au sein de l'appellation d'origine contrôlée bugey. La mention sur les étiquettes doit être : « Bugey Manicle »[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le développement du vignoble date des moines de l'abbaye de Saint-Sulpice à Thézillieu.

Au tout début du XIXe siècle, une partie de cette vigne a appartenu à Brillat-Savarin qui y possédait son grangeon (d'où la création de la « Confrérie du Grangeon de Manicle » en 2000[3]).

Le vignoble du Bugey était particulièrement développé, produisant pour les marchés voisins reliés par la voie ferrée Lyon - Genève : le manicle était produit à la fin du XIXe siècle sur une surface de 65 hectares[4]. Le phylloxéra a quasiment fait disparaître le vignoble à la fin du XIXe siècle. La renaissance se fit très lentement, sur de petites surfaces isolées les unes des autres, avec des plans greffés, en replantant avec des cépages provenant de Bourgogne.

D'abord classé VDQS en 1958, il bénéficie, depuis le 28 mai 2009[5] (décret du 20 octobre 2009[6]), d'une reconnaissance au sein de l'AOC bugey avec dénomination géographique « manicle »[7].

Étymologie[modifier | modifier le code]

L'origine du mot manicle est à rapprocher du nom d'un outil, la maniclette.

Situation géographique[modifier | modifier le code]

Le manicle est produit en France, dans la région Rhône-Alpes, plus précisément à l'extrémité sud-est du département de l'Ain, à 12 kilomètres au nord-ouest de la ville de Belley.

Le lieu-dit Manicle est un coteau orienté au sud, sur la commune de Cheignieu-la-Balme, à la limite avec sa voisine Pugieu[N 3].

Géologie et orographie[modifier | modifier le code]

La vigne est plantée sur un sol argilo-calcaire, parsemé d’éboulis pierreux du post-Würm, provenant de l'érosion de la falaise. Cette dernière, appelée « roches du Manicle » ou falaises de Pugieu, est composée de calcaires du Crétacé (Barrémo-Aptien à faciès urgonien), avec au sommet des calcaires du Jurassique (plus précisément du Kimméridgien supérieur)[8],[9].

Article détaillé : échelle des temps géologiques.

Climatologie[modifier | modifier le code]

Le Bugey connait des étés chauds propre à un climat semi-continental, propices à la culture de la vigne. Les hivers sont marqués par l'influence montagnarde, à peine adoucis par les dernières influences océaniques.

Article détaillé : climat de l'Ain.

La station météo d'Ambérieu250 mètres d'altitude) est la plus proche de l'aire de la dénomination. Ses valeurs climatiques de 1961 à 1990 sont :

Relevés à Ambérieu 1961-1990
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) −1,7 −0,3 1,4 4,2 8,3 11,2 13,4 12,9 10,5 7,1 2,3 −0,8 5,7
Température moyenne (°C) 1,8 3,7 6,4 9,6 13,8 17,1 19,8 19,1 16,3 11,8 6,1 2,5 10,7
Température maximale moyenne (°C) 5,3 7,8 11,4 15,1 19,3 23,1 26,2 25,3 22 16,4 9,9 5,7 15,6
Ensoleillement (h) 53,4 81 130,5 167,2 199,6 230,9 273,9 236,2 183,2 119,9 65,1 46,3 1 787,2
Précipitations (mm) 93,8 86,9 100,8 93,9 111,5 98,2 66,5 91,6 98,1 102,7 107 102,1 1 153
Source : www.infoclimat.fr : Ambérieu (1961-1990)[1].


Vignoble[modifier | modifier le code]

Présentation[modifier | modifier le code]

Les « Rochers de Manicle ».

Le Manicle (le lieu-dit) est situé au pied d’une falaise s'appelant les « Rochers de Manicle », au-dessus de la rivière Furans (un affluent du Rhône). L'aire cultivée se situe entre 300 et 350 mètres d'altitude, la falaise la surplombant avec ses 520 mètres d'altitude ; cette falaise emmagasine la chaleur du Soleil le jour, et la restitue la nuit.

Encépagement[modifier | modifier le code]

L'aire de production est composée de huit hectares[10], uniquement plantés en pinot noir N pour les rouges et en chardonnay B pour les blancs.

Les deux cépages proviennent de la Bourgogne voisine. Ils sont très qualitatifs, adaptés au sol calcaire et au climat continental (hiver froid et sec, été chaud).

Articles détaillés : pinot noir et chardonnay.

Rendements[modifier | modifier le code]

La production est de 460 à 500 hectolitres par an, avec des rendements légaux fixés entre 53 et 61 hectolitres par hectare pour les rouges (au lieu de 60 à 68 pour les autres bugey rouges) et de 63 à 69 pour les blancs (au lieu de 67 à 74 pour les autres bugey blancs).

Vins[modifier | modifier le code]

Titres alcoométriques[modifier | modifier le code]

Le titre alcoométrique minimal autorisé par le décret est de 10 % vol. pour les rouges comme pour les blancs, avec un maximum à 13 % vol.

Gastronomie[modifier | modifier le code]

Le manicle rouge a une robe d'un rouge très clair, sa bouche est acidulée et fruitée (fruits rouges). S'il est rehaussé par un élevage en fûts de chêne, il peut afficher un caractère plus puissant et plus structuré. Il est suffisamment acide pour vieillir quelques années (environ 3 à 5 ans).

Le manicle blanc est quant à lui un vin relativement puissant qui présente de la structure, du gras et un bouquet aromatique complexe.

Liste de producteurs[modifier | modifier le code]

La surface plantée est tellement petite qu'il n'y a que très peu de producteurs[11] :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine.
  2. Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rs = rose, G = gris.
  3. Selon le décret, l'aire de dénomination est composée de parcelles sur le territoire des deux communes.
  4. Le Caveau Bugiste abrite un Musée des traditions vigneronnes et un Musée des outils des métiers de la pierre.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Archives climatologiques mensuelles d'Ambérieu de 1961 à 1990 », sur http://www.infoclimat.fr/.
  2. a, b et c [PDF] Direction générale des politiques agricole, agroalimentaire et des territoires, « Cahier des charges de l'appellation », sur http://agriculture.gouv.fr/, homologué par le « décret no 2011-1097 du 9 septembre 2011 relatif à l'appellation d'origine contrôlée « Bugey » », JORF, no 0211,‎ 11 septembre 2011, p. 15317.
  3. « La confrérie du Grangeon de Manicle », sur http://www.caveau-bugiste.fr/.
  4. « La route du manicle », sur http://www.winetourisminfrance.com/.
  5. « L'INAO donne l'AOC aux vins du Bugey », sur http://www.inao.gouv.fr/.
  6. Secrétariat général du gouvernement français, « Décret no 2009-1275 du 20 octobre 2009 relatif aux appellations d'origine contrôlées « Saint-Pourçain », « Bugey », « Roussette du Bugey », « Morey-Saint-Denis », « Tavel » et « Châteauneuf-du-Pape » », sur http://www.legifrance.gouv.fr/.
  7. « L'obtention de l'AOC Bugey », sur http://www.leprogres.fr/.
  8. [PDF] « Notice de la carte BRGM no 700 (Belley) », sur http://infoterre.brgm.fr/.
  9. Carte géologique centrée sur le Manicle sur Géoportail.
  10. « L'appellation manicle », sur http://www.vinsdubugey.net/.
  11. « Vignerons du Bugey », sur http://www.pages-vins.fr/.
  12. « Site du Caveau Bugiste », sur http://www.caveau-bugiste.fr.
  13. « Site du domaine Monin », sur http://www.domaine-monin.fr.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Savoie et Jura : Chignin, Seyssel, Bugey, Arbois, Château-Châlon, l'Étoile, Paris, La revue du vin de France et Le Figaro magazine,‎ 2009, 96 p. (ISBN 978-2-8105-0072-7).
  • Benoît Populorum, Les vins du Bugey, Châtillon-sur-Chalaronne, éditions la Taillanderie,‎ 1977, 47 p. (ISBN 2-87629-097-9).
  • Jean-Pierre de Monza, Le Jura, la Savoie et le Bugey, Paris, éditions J.-P. de Monza, coll. « L'atlas des vins de France »,‎ 1997, 16 p. (ISBN 2-908071-52-5).

Lien externe[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]