Cerdon (AOC)

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Cerdon
Cerdon Ain.jpg
Cerdon et son vignoble.
Désignation(s) Cerdon
Appellation(s) principale(s) bugey[N 1]
Type d'appellation(s) AOC-AOP[1],[2]
Reconnue depuis 2009
Pays Drapeau de France France
Région parente vignoble du Bugey
Localisation Ain
Climat climat océanique dégradé par des influences continentale et montagnarde
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
1 787 heures par an[3]
Sol argilo-calcaires
Superficie plantée 136,4 hectares
Nombre de domaines viticoles environ 150 producteurs[4]
Cépages dominants gamay N et poulsard N[N 2]
Vins produits mousseux rosé
Production 9 620 hectolitres
Pieds à l'hectare minimum 5 000 pieds par hectare[5]
Rendement moyen à l'hectare maximum 71 à 78 hectolitres par hectare[5]

Le cerdon ou bugey-cerdon[N 1] est un vin mousseux rosé français produit dans le Bugey sur dix communes autour de Cerdon, dans le département de l'Ain.

Il s'agit d'une dénomination géographique au sein de l'appellation d'origine contrôlée bugey, qui a été promu AOC par l'INAO depuis le 28 mai 2009[2].

Sommaire

Histoire [modifier]

Les vins du Bugey sont reconnus par l'INAO comme vins de qualité supérieure (VDQS) par l'arrêté du 11 juillet 1958, puis comme appellation d'origine contrôlée (AOC) par le décret du 20 octobre 2009[6].

Étymologie [modifier]

La dénomination porte le nom de la principale commune de l'aire de production : Cerdon.

Situation géographique [modifier]

Les vignes produisant le cerdon se trouvent en France, dans la région Rhône-Alpes, plus précisément dans le département de l'Ain, à 24 kilomètres au nord d'Ambérieu-en-Bugey, près de la sortie no 8 (Hauteville-Lompnès) de l'autoroute A40.

Géologie et orographie [modifier]

Le Bugey faisant partie du domaine plissé jurassien, le secteur de Cerdon se trouve sur une série de failles nord-est/sud-ouest formant la limite orientale de la vallée de l'Ain (hauteurs des monts d'Ain). Les roches plus tendres facilitant l'érosion, une suite de reculées entaillent le relief (reculées de l'Albarine, de la cascade de la Fouge et de Cerdon). Les vignes sont plantées au-dessus de roches calcaires du Jurassique (surtout de l'Oxfordien supérieur), formant des sols argilo-calcaires[7],[8].

Article détaillé : échelle des temps géologiques.

Climatologie [modifier]

Le Haut-Bugey est constitué de plusieurs petites montagnes[9]. Cette région, dont les précipitations moyennes sont de 1 000 mm/an, possède un climat aux influences océaniques, mais les amplitudes de température élevée sont influencées par le voisinage de climats continentaux.

La station météo d'Ambérieu250 mètres d'altitude) se trouve à la limite occidentale de l'aire de production. Ses valeurs climatiques de 1961 à 1990 sont :

Relevés à Ambérieu 1961-1990
Mois jan. fév. mar. avr. mai jui. jui. aoû. sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) -1,7 -0,3 1,4 4,2 8,3 11,2 13,4 12,9 10,5 7,1 2,3 -0,8 5,7
Température moyenne (°C) 1,8 3,7 6,4 9,6 13,8 17,1 19,8 19,1 16,3 11,8 6,1 2,5 10,7
Température maximale moyenne (°C) 5,3 7,8 11,4 15,1 19,3 23,1 26,2 25,3 22,0 16,4 9,9 5,7 15,6
Ensoleillement (h) 53,4 81 130,5 167,2 199,6 230,9 273,9 236,2 183,2 119,9 65,1 46,3 1 787,2
Précipitations (mm) 93,8 86,9 100,8 93,9 111,5 98,2 66,5 91,6 98,1 102,7 107 102,1 1 153
Source : www.infoclimat.fr : Ambérieu (1961-1990)[3].


Vignoble [modifier]

Présentation [modifier]

Les vignes sont plantées à flanc de montagne, sur des coteaux escarpés exposés au sud-est, pouvant culminer à 300 mètres. Une dizaine de communes se répartissent un vignoble très morcelé, sur un total de 136,4 hectares : l'Abergement-de-Varey, Bohas-Meyriat-Rignat, Boyeux-Saint-Jérôme, Cerdon, Jujurieux, Mérignat, Poncin, Saint-Alban, Saint-Jean-le-Vieux, et Saint-Martin-du-Mont.

Encépagement [modifier]

Le poulsard N, cépage rouge, et le gamay N, cépage noir à jus blanc, sont utilisés pour la confection du cerdon. Ils donnent des vins pétillants rosés, d'une grande finesse, qui prennent en vieillissant une couleur pelure d'oignon et un parfum délicat.

Articles détaillés : poulsard et gamay.

Méthodes culturales [modifier]

En majorité, la densité est de 5 000 pieds à l'hectare[9]. La taille des vignes est faites en taille dites guyot, et parfois avec arcure.

Pendant des années, la date des vendanges était fixée par arrêté préfectoral. Ainsi, le département, en liaison avec des organisations de producteurs, la direction départementale de l'Agriculture et l'Institut national de l'origine et de la qualité définissait une période d'environ 100 jours après la floraison[10], soit environ à la mi-septembre. Depuis 2009, les viticulteurs obtiennent liberté du choix des vendanges, ils conservent néanmoins la contrainte de fournir des justificatifs en cas de contrôle.

Vins [modifier]

Vinification et élevage [modifier]

Ce vin est fabriqué selon la méthode dite ancestrale[11]. La fermentation est arrêtée par une étape de filtration, on obtient un vin pétillant, faiblement alcoolisé et dans lequel le raisin non fermenté apporte sucre et arômes.

Gastronomie [modifier]

Un verre de cerdon.

Le cerdon est un vin effervescent à la robe rosée, au nez et à la bouche très fruités, marqués par les fruits rouges (groseille, cerise, framboise, cassis). C'est un vin particulièrement léger, titrant 8 à 8,5 % vol. d'alcool.

Comme il est un vin pétillant frais et léger, il est souvent servi en apéritif ou pour accompagner les desserts tel les gâteaux au chocolat ou aux fruits[12].

Économie [modifier]

Commercialisation [modifier]

Les vins du Bugey, et plus particulièrement le cerdon, sont essentiellement consommés au niveau local, voire régional[13]. On estime leur exportation à 5 % de la production. La tendance est à la conquête de nouveaux marchés, du fait de la baisse de consommation des vins.

La commercialisation du cerdon est faite en bouteilles. On estime que 93 % des ventes sont effectuées de cette manière contre 7 % de ventes en gros ou en vrac[13] D'autres estimations donnent un ratio de 65 % des ventes effectuées directement par les viticulteurs[13], le reste se répartissant à 18 % pour la restauration, 10 % dans les supermarchés et 7 % au négoce.

Liste de producteurs [modifier]

Notes et références [modifier]

Notes [modifier]

  1. a et b Références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine.
  2. Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rs = rose, G = gris.

Références [modifier]

  1. INAO, « Bugey Cerdon méthode ancestrale », sur institut national de l'origine et de la qualité. Mis en ligne le 23 octobre 2009, consulté le 23 mars 2011
  2. a et b Guide Hachette des Vins, « Nouvelles AOC », sur http://www.hachette-vins.com/. Mis en ligne le 14 juin 2009, consulté le 1er septembre 2009
  3. a et b Archives climatologiques mensuelles d'Ambérieu de 1961 à 1990, sur http://www.infoclimat.fr.
  4. Renaud Lambolez, « Vin du Bugey : le millésime 2009 s'annonce exceptionnel », Le Progrès (Haut-Bugey), 24 août 2009, p. 6 
  5. a et b [PDF] Direction générale des politiques agricole, agroalimentaire et des territoires, « Cahier des charges de l'appellation », sur http://agriculture.gouv.fr/, homologué par le « décret no 2011-1097 du 9 septembre 2011 relatif à l'appellation d'origine contrôlée « Bugey » », JORF, no 0211, 11 septembre 2011, p. 15317 .
  6. Secrétariat général du gouvernement français, « Décret no 2009-1275 du 20 octobre 2009 relatif aux appellations d'origine contrôlées « Saint-Pourçain », « Bugey », « Roussette du Bugey », « Morey-Saint-Denis », « Tavel » et « Châteauneuf-du-Pape » », sur http://www.legifrance.gouv.fr/.
  7. [PDF] Notices des cartes BGGM no 651 (Bourg-en-Bresse) et 676 (Saint-Rambert-en-Bugey), sur http://ficheinfoterre.brgm.fr.
  8. Carte géologique centrée sur Cerdon sur Géoportail.
  9. a et b INAO, « Fiche "Bugey" », sur http://www.inao.gouv.fr/. Mis en ligne le 24 mars 2009, consulté le 1er septembre 2009.
  10. Renaud Lambolez, « Premières vendanges sans ban dans le Bugey », Le Progrès (Haut-Bugey), 24 août 2009, p. 6 .
  11. Le syndicat des vins du Bugey, « La vinification », sur http://www.vinsdubugey.net/. Consulté le 1er septembre 2009.
  12. Le syndicat des vins du Bugey, « Comment choisir un vin ? », sur http://www.vinsdubugey.net. Consulté le 1er septembre 2009.
  13. a, b et c Le syndicat des vins du Bugey, « La commercialisation », sur http://www.vinsdubugey.net. Consulté le 1er septembre 2009.
  14. Site du Caveau Bertrand-Chapel, sur http://www.caveau-bertrand-chapel.com.
  15. Cave Sandrine Bigot, sur http://www.cave-sandrine-bigot.com.
  16. Site du domaine Daniel Boccard, sur http://www.daniel-boccard.com.
  17. Site du domaine Bottex, sur http://cerdon-bottex.pagesperso-orange.fr.
  18. Site de la GAEC Girardi, sur http://www.cerdon-girardi.com.
  19. La Grand' Cave, sur http://www.lagrandcave.com.
  20. Cellier Lingot-Martin, sur http://www.lingot-martin.com.
  21. Vins Georges Martin - Cerdon, sur http://vins.georges.martin.pagesperso-orange.fr.
  22. Site de la maison Messerli, sur http://www.vinmesserli.com.
  23. Site de Bernard Rondeau, sur http://www.bugey-cerdon-rondeau.com.
  24. Vins et vignobles (Thierry Troccon), sur http://www.vinsdubugey.net.
  25. Site de la Cave Wojtkowiak, sur http://www.cerdon-wojtkowiak.fr.

Voir aussi [modifier]

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Bibliographie [modifier]

  • Savoie et Jura : Chignin, Seyssel, Bugey, Arbois, Château-Châlon, l'Étoile, Paris, La revue du vin de France et Le Figaro magazine, 2009, 96 p. (ISBN 978-2-8105-0072-7) .
  • Benoît Populorum, Les vins du Bugey, Châtillon-sur-Chalaronne, éditions la Taillanderie, 1977, 47 p. (ISBN 2-87629-097-9) .
  • Jean-Pierre de Monza, Le Jura, la Savoie et le Bugey, Paris, éditions J.-P. de Monza, coll. « L'atlas des vins de France », 1997, 16 p. (ISBN 2-908071-52-5) .

Liens externes [modifier]

Articles connexes [modifier]