Lili Marleen

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Le mémorial Lili Marleen et Lale Andersen à Langeoog.

Lili Marleen est une chanson d'amour allemande dont les paroles sont inspirées du poème écrit en avril 1915 par le romancier Hans Leip, alors mobilisé.

Dans sa version originale, elle a d'abord été interprétée par la chanteuse Lale Andersen en 1938. Les versions les plus populaires ont été chantées en allemand ou en anglais par Marlène Dietrich.

Le poème[modifier | modifier le code]

Le romancier et jeune soldat allemand de la Garde impériale Hans Leip a écrit Lied eines jungen Wachtpostens (en français « Chanson d'une jeune sentinelle ») à Berlin dans la nuit du 3 au 4 pendant la Première Guerre mondiale, avant son départ pour le front russe[1].

Leip était amoureux de deux jeunes filles : Lili[2], nièce de sa logeuse, et Marleen, infirmière, qu'il a unies en une seule. Consigné à la caserne pour de nombreuses indisciplines, il déprime alors qu'il fait les cent pas en tant que sentinelle. Il écrit alors sur son lit de camp les trois premières strophes sur cet amour fugitif (il dessine en même temps une portée musicale sur son manuscrit) avant d'être envoyé sur le Front de l'Est[3]. Il publie en 1937 un recueil, Le petit accordéon du port, avec les 5 strophes.

Selon une autre version de la genèse du poème, démentie depuis, Hans Leip était amoureux de Lilly Freud (1888-1970), fille de Marie Freud, la sœur de Sigmund Freud. Hans Leip a admis avoir connu Lilly Freud qui, en 1917, a épousé l'acteur et metteur en scène Arnold Marlé. Après ce mariage, Leip aurait composé un poème sur « Lilly Marlé », devenu « Lili Marleen ». Lilly Freud-Marlé disait elle-même être la "Lili Marleen" de la chanson, ce qui se raconte encore dans sa famille. L'hypothèse, parfois encore colportée[4], a été démentie définitivement par Rosa Sala Rose, qui a produit en 2008 la meilleure étude sur cette chanson, consacrant un chapitre à cette hypothèse pour conclure, documents à l'appui, qu'elle n'était pas fondée[5].

La chanson[modifier | modifier le code]

D'abord un échec[modifier | modifier le code]

Version Electrola CE 6993/ORA 4198-2 de la Lilli Marlen du 2 août 1939.

Quand, en 1937, la chanteuse réaliste allemande Lale Andersen découvre le poème de Hans Leip qu'il vient de publier dans un recueil de poésie (l'ayant complété des deux strophes qui évoquent la mort du jeune soldat), elle demande à son ancien amant le compositeur Rudolf Zink (de) de le mettre en musique, une première version romantique, et interprète la chanson la même année dans des petits cabarets de Berlin et de Münich[1]. En 1938, elle demande également au compositeur Norbert Schultze, (avec lequel elle avait eu une aventure sans lendemain en 1932), de mettre lui aussi ce poème en musique, ce qu'il fait en lui fredonnant une mélodie qu'il avait crée deux ans plus tôt pour une publicité radiophonique pour le dentifrice Chlorodont (de)[6] une mélodie plus martiale. Lale chante alternativement les deux versions dans les cabarets, elle préférait la première version plus douce mais testait les deux pour voir laquelle aurait plus les faveurs du public, mais c'est la deuxième, martiale, qui est enregistrée le 2 août 1939 pour le premier label allemand Electrola (de) et qui s'imposera pendant la Seconde Guerre mondiale[7]. Leip se prononce comme Laillp et Lale entre Lalé et Laleu.

Cette chanson nostalgique, jugée par la critique « terne et sans rythme », est un échec commercial avant la guerre (seulement 700 exemplaires du disque vendus)[3].

Un succès inespéré en Allemagne nazie[modifier | modifier le code]

En 1941, l'Allemagne est en pleine guerre sur plusieurs fronts et, changeant brusquement de statut, cette chanson d'amour va devenir un chant de guerre. Son succès est lancé le lorsque le lieutenant Heinz-Karl Reitgen, directeur de la radio militaire allemande de Belgrade, programme, faute de mieux, ce disque au rebut car les bombardiers anglais ont détruit son entrepôt de disques. Les soldats de la Wehrmacht éloignés de leur foyers et de leurs amies envoient des dédicaces à une émission populaire de cette radio qui fait de la chanson son indicatif qui clôt la fin son programme tous les soirs avant 22 heures. Ce succès est même tel que l'on s'en inquiéte au NSDAP[réf. nécessaire]. Radio Belgrade était entendue jusqu'au front d'Afrique du Nord. Selon Norbert Schultze, Joseph Goebbels dit que cette chanson « sent la danse macabre »[8]. En quelques mois, la chanson est traduite en 43 langues[1].

Goebbels semble être plutôt hostile à la chanson, qui est très populaire et bénéficie du soutien de puissants protecteurs  : le maréchal Erwin Rommel qui incite les radios à la programmer (jusqu'à 35 fois par jour, Radio Berlin imitant même l'émission de dédicaces de Radio Belgrade), Emma Göring, seconde épouse d'Hermann Göring et ancienne chanteuse d'opéra, Max Schmeling, boxeur idole des nazis dont le biographe n'est autre que Hans Leip. Hitler aurait dit de cette chanson à son aide de camp qu'elle pourrait même lui survivre[7].

Une nouvelle version de la chanson, transformée de chant d'amour en marche militaire, ne rencontre aucun succès public. L'affirmation selon laquelle les Einsatzgruppen l'auraient diffusée pendant leurs assassinats n'est pas prouvée, mais il est possible que la chanson ait accompagné les crimes, comme les valses de Strauss et les symphonies de Mozart et de Beethoven ont été utilisées dans les camps de la mort[3].

Lili devient un succès mondial[modifier | modifier le code]

Grâce à la radio militaire allemande de Belgrade, cette chanson — ou du moins son air — franchit la Méditerranée et est entendue et adoptée par les soldats alliés combattant en Tripolitaine. Ainsi, en 1942, l'émission dédiée aux dédicaces aurait, selon Jean-Pierre Guéno, entraîné quotidiennement le cessez-le-feu et une sorte de fraternisation entre les troupes anglaises et les troupes allemandes à Tobrouk lorsque la chanson est diffusée dans les haut-parleurs, chaque soir à 22 heures, après les combats. Pour les belligérants et les civils des deux camps, elle devient l'hymne de la Seconde Guerre mondiale, adopté et chanté en allemand par beaucoup de soldats jusqu'au printemps 1944[1].

En 1942 on vend 160 000 exemplaires du disque et, en l'espace de six mois, la chanson est adaptée dans 48 langues[4]. L'amour et la nostalgie de la paix sont des sentiments mieux incarnés par les soldats des démocraties que par ceux qui servent la cause hitlérienne. Les paroles françaises, dues à Henri Lemarchand, sont écrites à la fin de 1941 à la demande de Suzy Solidor, qui crée la version française dans son cabaret « La Vie parisienne » en [7]. L'armée britannique se voit contrainte de faire produire une version anglaise en (après que Goebbels a fait enregistrer par Lale Andersen la chanson adaptée en anglais afin de démoraliser les Alliés), dont les interprétations par Anne Shelton (en) et Vera Lynn en 1943 ont connu un succès fulgurant. À la suite de l'immense succès de la version américaine interprétée en swing par les Andrew Sisters et le big band (grand orchestre) de Glenn Miller, les Américains profitent de la Libération pour récupérer les droits de la chanson. L'actrice et chanteuse antinazie Marlène Dietrich finit ainsi à la fin de la guerre en 1944 par donner une version américaine, plus langoureuse, mais aussi plus énergique, puisque cette fois, dans la dernière strophe, le souvenir de la femme aimée redonne courage au soldat (qui meurt, enfoui dans sa tranchée, dans la dernière strophe du chant allemand!). Dietrich l'interprète dans plus de 60 concerts donnés au cours de la campagne d'Europe qui la voit accompagner la 3e armée américaine du général Patton[7]. Cette chanson devient dès lors attachée à sa personnalité, Marlène Dietrich se l’appropriant en modifiant les paroles, lui donne son nom , Lily Marlène, (et cet orthographe) en fait la chanson de la libération.

Elle en fait une chanson vedette de son récital lorsqu’elle entame sa carrière de chanteuse en 1953. Elle l’abandonne parfois, notamment en France, jugeant qu’elle « peut réveiller un bruit de bottes pour certains spectateurs »[9]. Elle fut interdite dans beaucoup de dictatures car rappelant quelle était chantée des deux côtés[réf. nécessaire].

Chanson subversive de résistance, car, transcendant les clivages, la chanson est interdite dans plusieurs pays totalitaires (RDA, Yougoslavie de Josip Broz Tito) et devient l'hymne anti-nucléaire pendant la Guerre froide[1]. La chanson connaît depuis de nombreuses versions, depuis l'allure pacifiste d'antimilitaristes, l'adaptation punk du groupe Interterror (« Adios Lili Marlen  ») ou rock par La Souris Déglinguée en 1983[7]. En 2005, pour la commémoration du 60e anniversaire du Débarquement, la chanteuse Patricia Kaas doit la chanter en Mondovision mais les Polonais mettent un veto au choix de cette chanson la veille de l'événement, en raison de l'épisode des Einsatzgruppen, lui préférant l’Hymne à l'amour[3].

Pour l'écrivain John Steinbeck, Lili Marleen est « la seule chose que l'Allemagne nazie ait apportée au monde »[10].

Les paroles en allemand[modifier | modifier le code]

Version originale par Lale Andersen, 1938[modifier | modifier le code]

Vor der Kaserne
Vor dem großen Tor
Stand eine Laterne
Und steht sie noch davor
So woll'n wir uns da wieder seh'n
Bei der Laterne wollen wir steh'n
Wie einst Lili Marleen.
(chorus) Wie einst…
Wie einst Lili Marleen.
(chorus) Wie einst Lili Marleen.
Unsere beide Schatten
Sah'n wie einer aus
Daß wir so lieb uns hatten
Das sah man gleich daraus
Und alle Leute soll'n es seh'n
Wenn wir bei der Laterne steh'n
Wie einst Lili Marleen.
(chorus) Wie einst…
Wie einst Lili Marleen.
(chorus) Wie einst Lili Marleen.
Schon rief der Posten
Sie bliesen (den*) Zapfenstreich
Das kann drei Tage kosten
Kam'rad, ich komm ja gleich
Da sagten wir auf Wiedersehen
Wie gerne wollt ich mit dir geh'n
Mit dir Lili Marleen?
(chorus) Mit dir…
Mit dir Lili Marleen?
(chorus) Mit dir Lili Marleen.
Deine Schritte kennt sie,
Deinen schönen Gang
Alle Abend brennt sie
Doch mich vergaß sie lang
Und sollte mir ein Leid gescheh'n
Wer wird bei der Laterne stehen
Mit dir Lili Marleen?
(chorus) Mit dir…
Mit dir Lili Marleen?
(chorus) Mit dir Lili Marleen.
Aus dem stillen Raume,
Aus der Erde Grund
Hebt mich wie im Traume
Dein verliebter Mund
Wenn sich die späten Nebel dreh'n
Werd' ich bei der Laterne steh'n
Wie einst Lili Marleen?
(chorus) Wie einst…
Wie einst Lili Marleen?
(chorus) Wenn sich die späten Nebel dreh'n
(chorus) Werd' ich bei der Laterne steh'n
Wie einst Lili Marleen?
(chorus) Wie einst…
Wie einst Lili Marleen?
(chorus) Wie einst, Marleen…
(chorus) Wie einst, Marleen.
  • "Sie bliesen den Zapfenstreich" OU, autre version, "Sie bliesen Zapfenstreich" : Lale Andersen a parfois ajouté « den », article défini allemand de l'accusatif masculin singulier, équivalent de « le » en français.

Autres versions[modifier | modifier le code]

Version de Marlène Dietrich (seuls quelques mots diffèrent)[modifier | modifier le code]

Vor der Kaserne
Vor dem großen Tor
Stand eine Laterne
Und steht sie noch davor
so woll'n wir uns da wieder seh'n
Bei der Laterne wollen wir steh'n
Wie einst Lili Marleen. (bis)
Unsere beide Schatten
Sah'n wie einer aus
Daß wir du lieb uns hatten
Das sah man gleich daraus
Und alle Leute soll'n es seh'n
Wenn wir bei der Laterne steh'n
Wie einst Lili Marleen. (bis)
Deine Schritte kennt sie,
Deinen schönen Gang
Alle Abend brennt sie
Doch mich vergaß sie lang
Und sollte mir ein Leids gescheh'n
Wer wird bei der Laterne stehen
Mit dir Lili Marleen? (bis)
Aus dem stillen Raume,
Aus der Erde Grund
Hebt mich wie im Traume
Dein verliebter Mund
Wenn sich die späten Nebel dreh'n
Werd' ich bei der Laterne steh'n
Mit dir Lili Marleen? (bis)
Wenn sich die späten Nebel dreh'n
Werd' ich bei der Laterne steh'n
Mit dir Lili Marleen? (bis)

Version chantée en public par Marlène Dietrich[modifier | modifier le code]

Bei der Kaserne
Vor dem großen Tor
Steht eine Laterne
Und steht sie noch davor
Dort woll'n wir uns wieder seh'n
Bei der Laterne wollen wir steh'n
Wie einst Lili Marleen. (bis)
Unsere beide Schatten
Sah'n wie einer aus
Daß wir lieb uns hatten
Das sah man gleich daraus
Und alle Leute soll'n es seh'n
Wenn wir bei der Laterne steh'n
Wie einst Lili Marleen. (bis)
Deine Schritte kennt sie,
Deinen schönen Gang
Alle Abend brennt sie
Doch mich vergaß sie lang
Und sollte mir ein Leid gescheh'n
Wer wird bei der Laterne stehen
Mit dir Lili Marleen? (bis)
Aus dem stillen Raume,
Aus der Erde Grund
Hebt sich wie im Traume
Dein verliebter Mund
Wenn sich die späten Nebel dreh'n
Wer wird bei der Laterne steh'n
Mit dir Lili Marleen? (bis)
Wenn sich die späten Nebel dreh'n
Wer wird bei der Laterne steh'n
Mit dir Lili Marleen? (bis)

Marche militaire du IIIème Reich[modifier | modifier le code]

Vor der Kaserne
Vor dem großen Tor
Stand eine Laterne
Und steht sie noch davor
So woll'n wir uns wieder seh'n
Bei der Laterne der woll'n wir steh'n
Wie einst Lili Marleen. (bis)
Schon rief der Posten
Sie blasen Zapfenstreich
Das kann drei Tage kosten
Kam'rad, ich komm sogleich
Da sagten wir auf Wiedersehen
Wie gerne wollt ich mit dir geh'n
Mit dir Lili Marleen? (bis)

Version française[modifier | modifier le code]

Des versions de cette chanson ont été diffusées en d'autres langues, notamment en français, sous l'Occupation, par la chanteuse Suzy Solidor. Par ailleurs, le 3ème Régiment Étranger d'Infanterie en a adopté la mélodie en adaptant les paroles en tant que chant de régiment. Des pastiches circulaient aussi vers la fin de la guerre avec des paroles de circonstance.

Selon le recueil "un siècle de chanson française, volume 1939-1949" aux éditions Paul Beusher, ces paroles françaises sont signées Henri Lemarchand. Le copyright de 1941 par Appollo Verlag Paul Lincke / Warner Chapell Music France.

Chantée par Suzy Solidor[modifier | modifier le code]

« Devant la caserne
Quand le jour s'enfuit,
La vieille lanterne
Soudain s'allume et luit.
C'est dans ce coin-là que le soir
On s'attendait, remplis d'espoir
Tous deux, Lily Marlène. (bis)
Et dans la nuit sombre
Nos corps enlacés
Ne faisaient qu'une ombre
Lorsque je t'embrassais.
Nous échangions ingénûment
Joue contre joue bien des serments
Tous deux, Lily Marlène. (bis)
Le temps passe vite
Lorsque l'on est deux !
Hélas on se quitte
Voici le couvre-feu…
Te souviens-tu de nos regrets
Lorsqu'il fallait nous séparer ?
Dis-moi, Lily Marlène ? (bis)
La vieille lanterne
S'allume toujours
Devant la caserne
Lorsque finit le jour
Mais tout me paraît étranger
Aurais-je donc beaucoup changé ?
Dis-moi, Lily Marlène. (bis)
Cette tendre histoire
De nos chers vingt ans
Chante en ma mémoire
Malgré les jours, les ans.
Il me semble entendre ton pas
Et je te serre entre mes bras
Lily… Lily Marlène. (bis) »

Version de Jean-Claude Pascal[modifier | modifier le code]

« Devant la caserne
Lorsque vient la nuit,
La vieille lanterne
Soudain s'allume et luit.
C'est dans ce coin-là que le soir
On s'attendait, remplis d'espoir,
Nous deux, Lily Marlène. (bis)
Et dans la nuit sombre,
Nos corps enlacés,
Ne faisaient qu'une ombre
Lorsque l'on s'embrassait.
Nous échangions ingénument,
Joue contre joue bien des serments,
Nous deux, Lily Marlène. (bis)
Le temps passe vite
Lorsque l'on est deux.
Hélas on se quitte,
Car c'est le couvre-feu.
Te souviens-tu de nos regrets
Lorsqu'il fallait nous séparer ?
Dis-moi, Lily Marlène ? (bis)
La vieille lanterne
S'allume toujours
Devant la caserne
Lorsque finit le jour,
Mais tout me paraît étranger,
Aurais-je donc beaucoup changé ?
Dis-moi, Lily Marlène ? (bis)
Cette tendre histoire
De nos chers vingt ans
Chante en ma mémoire
Malgré les jours, les ans.
Il me semble entendre ton pas
Et je te serre entre mes bras,
Lily Marlène. (bis) »

Pastiche (cité par l'écrivain Guy Roves dans son conte philosophique Justin le Marin)[modifier | modifier le code]

Devant la caserne,
Y a un Allemand
qui monte la garde
assis sur un pliant.
Je lui demande :
pourquoi pleures-tu ?
Il me répond :
nous sommes foutus !
Nous avons les Russes au cul.
Hitler sera pendu.

Version anglaise[modifier | modifier le code]

Version d'Anne Shelton et Vera Lynn, 1944[modifier | modifier le code]

Underneath the lantern,
By the barrack gate
Darling I remember
The way you used to wait
T'was there that you whispered tenderly,
That you loved me,
You'd always be,
My Lilli of the Lamplight,
My own Lilli Marlene
Time would come for roll call,
Time for us to part,
Darling I'd caress you
And press you to my heart,
There neath that far-off lantern light,
I'd hold you tight,
We'd kiss good night,
My Lilli of the Lamplight,
My own Lilli Marlene
Orders came for sailing,
Somewhere over there
All confined to barracks
Was more than I could bear
I knew you were waiting in the street
I heard your feet,
But could not meet,
My Lilly of the Lamplight,
My own Lilly Marlene
Resting in our billets,
Just behind the line
Even tho' we're parted,
Your lips are close to mine
You wait where that lantern softly gleams,
Your sweet face seems
To haunt my dreams
My Lilly of the Lamplight,
My own Lilly Marlene.
My Lilly of the Lamplight,
My own Lilly Marlene.

Version en anglais de Marlene Dietrich[modifier | modifier le code]

Outside the barracks by the corner light
I'll always stand and wait for you at night
We will create a world for two
I'll wait for you the whole night through
For you, Lili Marleen
For you, Lili Marleen
Bugler tonight, don't play the Call To Arms
I want another evening with her charms
Then we will say goodbye and part
I'll always keep you in my heart
With me, Lili Marleen
With me, Lili Marleen
Give me a rose to show how much you care
Tied to the stem, a lock of golden hair
Surely tomorrow you'll feel blue
But then will come a love that's new
For you, Lili Marleen
For you, Lili Marleen
When we are marching in the mud and cold
And when my pack seems more than I can hold
My love for you renews my might
I'm warm again, my pack is light
It's you, Lili Marleen
It's you, Lili Marleen
My love for you renews my might
I'm warm again, my pack is light
It's you, Lili Marleen
It's you, Lili Marleen.

Postérité et antériorité[modifier | modifier le code]

Postérité[modifier | modifier le code]

Dans les années 1940 et 60, Lili Marleen apparaît dans les charts (le classement des chansons les plus populaires) aux États-Unis, et dans les années 1980 en Allemagne et au Japon.

Ainsi, Lili Marlene se place de loin parmi les plus populaires chants de temps de guerre jamais écrits. En plus de sa large acceptation par les soldats sur le front des deux côtés, un enregistrement RCA par un chœur anonyme se plaça n° 13 des charts américains en 1944. Il a de nouveau été classé dans ces mêmes charts en 1968. Puis dans les charts allemands en 1981 et les charts japonais en 1986. La chanson a été traduite dans plus de 48 langues, l'italien, le français, l'hébreu, le serbe, le russe, le japonais…

Les raisons d'un succès durable

Il y a évidemment de nombreuses raisons. On peut relever, outre la mélodie obsédante, le texte lyrique et le rythme cadencé, son thème central, universel, l'éternel combat du couple mythique Éros - Thanatos : d'un côté un amour platonique à la fois magnifique, nostalgique et respectueux, de l'autre les périls de la jeunesse en temps de guerre spécialement sur les différents fronts (à l'Est, en Afrique, en Normandie, etc…).

Mais, au delà de cette analyse, celle qui a certainement le mieux expliqué ce succès est Lale Andersen elle-même lorsqu'elle a répondu à cette question : « Le vent peut-il expliquer pourquoi il devient tempête ? ».

Source : La Légende de Lili Marleen par Nanne[11].

Avec Lili Marleen l’Allemagne nazie a produit malgré elle un standard universel. Le décor est urbain. La caserne apparaît comme l’autre monde, celui de l’enfermement, de la séparation, un grand portail qu’il faut franchir, si l’on ne souhaite pas faire trois jours de cachot, c’est-à-dire être doublement enfermé. C’est une ambiance de mort qui règne sur la cinquième et dernière strophe : seuls les brouillards du soir ramèneront le fantôme du soldat à l’endroit de son furtif bonheur. Si l'on compare ce chant allemand à d'autres chants guerriers (Quand Madelon, Over there, It's a Long Way to Tipperary), qui affichent un esprit grégaire et un joyeux patriotisme plutôt datés, on y constate une sensibilité bien plus « moderne », à la fois cinématographique et dynamique, et bien mieux adaptée à la solitude de l'homme des grandes villes à laquelle seule la constitution d'un noyau familial (la petite famille du baby boom d'après 1945) permet d'échapper[12].

Antériorité[modifier | modifier le code]

Sur le thème « amour et guerre », on peut retrouver d'autres grands succès partageant les mêmes caractéristiques :

Indications bibliographiques[modifier | modifier le code]

  • (jusqu'en 2001) Filmographie et bibliographie: http://www.uni-koeln.de/ew-fak/Mus_volk/scripten/probst/20Jh.htm#Lili%20Marleen : à cette adresse internet se trouvent une bibliographie, une discographie et une filmographie élaborées par Gisela Probst-Effah (Université de Cologne).
  • Rosa Sala Rose, Lili Marleen. Die Geschichte eines Liedes von Liebe und Tod, traduit de l'espagnol par Andreas Löhrer, 2010.

Films[modifier | modifier le code]

  • The True Story of Lilli Marlene (1944), documentaire de Humphrey Jennings pour justifier la popularité de cette chanson dans les troupes alliées.
  • Wie einst Lili Marleen (1956), réal.: Paul Verhoeven. Un soldat rentre de Russie et retrouve sa bien-aimée.
  • Soldatensender Calais (1960), réal.: Paul May, scénario du romancier Ernst von Salomon. Film sur une radio anglaise destinée à inciter les soldats allemands à entrer en résistance contre Hitler, dans lequel Lili Marleen est un chant politique antinazi.
  • Lili Marleen (1980) est également le titre d'un film de Rainer Werner Fassbinder, librement inspiré de la vie de la chanteuse Lale Andersen.
  • Lale Andersen. Die Stimme der Lili Marleen (2001, documentaire d'Irene Langemann.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Jean-Pierre Guéno, « L’incroyable histoire d’une chanson : Lili Marleen », émission Au cœur de l'histoire sur Europe 1, 18 avril 2012
  2. De son vrai prénom Betty mais lui et son colocataire l'ont surnommé Lili.
  3. a, b, c et d Franck Ferrand, « Lili Marleen, hymne nazi ou chant de la liberté ? », émission L'ombre d'un doute sur France 3, 18 avril 2012
  4. a et b Jean-Pierre Guéno, la véritable histoire de la plus belle chanson d’amour de tous les temps, éditions Télémaque, 2010 Canal Académie
  5. Rosa Sala Rose, Lili Marleen. Die Geschichte eines Liedes von Liebe und Tod, traduit de l'espagnol par Andreas Löhrer, 2010, p. 37-58
  6. Schultze Norbert, Mit dir, Lili Marleen. Die Lebenserinnerungen des Komponisten Norbert Schultze, Zurich et Mayence, Atlantis, 1995.
  7. a, b, c, d et e Martin Pénet, « Lili Marleen », émission La Marche de l'Histoire sur France Inter, 8 mai 2013
  8. C'est ce qu'il dit dans le film d'Irene Langemann Lale Andersen. Die Stimme der Lili Marleen (2001)
  9. Marlene Dietrich, la muse rebelle
  10. John Steinbeck, Daily Express (Londres), 12 juillet 1943, cité par Rosa Sala Rose, Lili Marleen. Die Geschichte eines Liedes von Liebe und Tod, traduit de l'espagnol par Andreas Löhrer, 2010, p. 56.
  11. dunlivrelautredenanne.blogspot.com
  12. François Genton, “Quand Madelon et Lili Marleen: ce que disent les chansons”, Chroniques allemandes n° 10, 2003-2004, p. 97-108.