LTE (réseaux mobiles)

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Pays équipés fin 2013 de réseaux mobiles LTE : réseaux commerciaux en rouge, réseaux en cours de déploiement en bleu foncé, réseaux en test en bleu clair.

Le LTE (Long Term Evolution) est l'évolution la plus récente des normes de téléphonie mobile GSM/EDGE, CDMA2000, TD-SCDMA et UMTS.

La norme LTE, définie par le consortium 3GPP[1], a d'abord été considérée comme une norme de troisième génération « 3.9G » (car proche de la 4G), spécifiée dans le cadre des technologies IMT-2000, car dans les « versions 8 et 9 » de la norme, elle ne satisfaisait pas toutes les spécifications techniques imposées pour les normes 4G par l'Union internationale des télécommunications. La norme LTE n'est pas figée, le consortium 3GPP la fait évoluer en permanence (en général une fois par an[1]).

En octobre 2010, l'UIT a reconnu la technologie LTE-Advanced (évolution de LTE définie par le 3GPP à partir de sa release 10) comme une technologie 4G à part entière[2],[3] ; puis, il a accordé en décembre 2010, aux normes LTE et WiMAX définies avant les spécifications « IMT-Advanced » et qui ne satisfaisaient pas complètement à ses prérequis, la possibilité commerciale d'être considérées comme des technologies « 4G », du fait d'une amélioration sensible des performances comparées à celles des premiers systèmes « 3G » : UMTS et CDMA2000[4].

Les réseaux mobiles LTE sont commercialisés sous l’appellation « 4G » par les opérateurs de nombreux pays, par exemple : Proximus en Belgique, Swisscom en Suisse, Verizon et AT&T aux États-Unis, Rogers Communications et Fido Solutions au Canada, Orange, Bouygues Telecom, SFR et Free Mobile en France…

Le LTE utilise des bandes de fréquences hertziennes d’une largeur pouvant varier de 1,4 MHz à 20 MHz, permettant ainsi d'obtenir (pour une bande 20 MHz) un débit binaire théorique pouvant atteindre 300 Mbit/s en « liaison descendante » (downlink, vers le mobile) ; la « vraie 4G[5] », appelée LTE Advanced[1] offrira un débit descendant pouvant atteindre 1 Gbit/s ; ce débit nécessitera l’utilisation de bandes de fréquences de 2×100 MHz de largeur qui sont définies dans les versions 10 et 11 (3GPP release 10 et 11) de la norme LTE Advanced[1].

Caractéristiques principales[modifier | modifier le code]

Architecture de l’accès radio (eUTRAN) d’un réseau LTE.

Architecture du réseau LTE[modifier | modifier le code]

Les réseaux LTE sont des réseaux cellulaires constitués de milliers de cellules radio qui utilisent les mêmes fréquences hertziennes, y compris dans les cellules radio mitoyennes, grâce aux codages radio OFDMA et SC-FDMA. Ceci permet d’affecter à chaque cellule une largeur spectrale plus importante, variant de 3 à 20 MHz et donc d'avoir une bande passante plus importante et plus de débit dans chaque cellule.

Le réseau est constitué de deux parties : une partie radio (eUTRAN) et un cœur de réseau « EPC » (Evolved Packet Core).

La partie radio eUTRAN[modifier | modifier le code]

La partie radio du réseau, appelée « eUTRAN » est simplifiée par rapport à celles des réseaux 2G (GERAN) et 3G (UTRAN) par l’intégration dans les stations de base « eNode B » des fonctions de contrôle qui étaient auparavant implémentées dans les RNC (Radio Network Controller) des réseaux 3G UMTS.

La partie radio d’un réseau LTE (voir dessin) se compose donc des eNode B, d’antennes locales ou distantes, de liaisons en fibres optiques vers les antennes distantes (liens CPRI) et des liens IP reliant les eNode B entre eux (liens X2) et avec le cœur de réseau (réseau de backhaul).

Le cœur de réseau EPC[modifier | modifier le code]

Le cœur de réseau appelé « EPC » (Evolved Packet Core) utilise des technologies « full IP », c'est-à-dire basées sur les protocoles Internet pour la signalisation, le transport de la voix et des données. Ce cœur de réseau permet l’interconnexion via des routeurs avec les autres eNodeB distants, les réseaux des autres opérateurs mobiles, les réseaux de téléphonie fixe et le réseau Internet.

L’utilisation du protocole IP de bout-en bout dans le cœur de réseau permet des temps de latence réduits pour l’accès internet et les appels vocaux LTE.

Principales différences entre les normes LTE et 3G UMTS[modifier | modifier le code]

Les normes LTE, définies par le consortium 3GPP[6] sont dérivées des normes UMTS, mais apportent de nombreuses modifications et améliorations, notamment :

  • un débit descendant théorique allant jusqu'à 326,4 Mbit/s crête (300 Mbit/s utiles) en mode MIMO 4×4 ;
  • un débit montant théorique allant jusqu'à 86,4 Mbit/s crête (75 Mbit/s utiles) ;
  • cinq classes de terminaux LTE ont été définies, elles supportent des débits allant de 10 Mbit/s (catégorie 1), jusqu’au débit maximal descendant prévu par la norme LTE (300 Mbit/s pour la catégorie 5). Tous les terminaux LTE doivent être compatibles avec les largeurs de bandes de fréquence allant de 1,4 à 20 MHz ;
  • un débit de données trois à quatre fois plus important que celui de l'UMTS/HSPA[1] ;
  • une efficacité spectrale (nombre de bits transmis par seconde par hertz) trois fois plus élevée que la version de l'UMTS appelée HSPA ;
  • un temps de latence RTT (Round Trip Time) proche de 10 ms (contre 70 à 200 ms en HSPA et UMTS) ;
  • l’utilisation du codage OFDMA pour la liaison descendante et du SC-FDMA pour la liaison montante (au lieu du W-CDMA en UMTS) ;
  • des performances et des débits radios améliorés par l’utilisation de la technologie multi-antennes MIMO du côté équipement terrestre (eNodeB) et du côté terminal (en réception uniquement) ;
  • l'utilisation de codes correcteur d'erreur de type « Turbo codes » associés aux algorithmes de retransmission HARQ ;
  • la possibilité d'utiliser une bande de fréquence allouée à un opérateur variant de 1,4 MHz à 20 MHz, permet une plus grande souplesse (par rapport à la largeur spectrale fixe de 5 MHz de l'UMTS / W-CDMA) ;
  • une large gamme de bandes de fréquences hertziennes supportées, y compris celles historiquement attribuées au GSM et à l’UMTS et de nouvelles bandes spectrales notamment autour de 800 MHz et de 2,6 GHz : 39 bandes sont normalisées par le 3GPP (dont 27 en LTE FDD et 11 en TDD[7]). La possibilité d'utiliser des sous-bandes de fréquences non-contiguës ;
  • la contrepartie du grand nombre de bandes de fréquences prévues par la norme est la quasi impossibilité pour un terminal de prendre en charge simultanément toutes les fréquences normalisées ; il y a donc des risques importants d'incompatibilité entre terminaux mobiles et réseaux nationaux ;
  • la prise en charge de plus de 200 terminaux actifs simultanément dans chaque cellule ;
  • un bon support des terminaux en mouvement rapide. De bonnes performances ont été enregistrées jusqu'à 350 km/h, voire jusqu'à 500 km/h, en fonction des bandes de fréquence utilisées.

Les réseaux et terminaux LTE disponibles en 2012 / 2013 ne peuvent transmettre que des données (tout comme les protocoles GPRS et Edge sur les réseaux GSM). Les opérateurs mobiles qui proposent des accès LTE réutilisent leur réseau 2G ou 3G (UMTS) pour prendre en charge les appels vocaux de leurs abonnés via une procédure appelée « CSFB » (Circuit Switch Fall-Back) : le terminal mobile « coupe » provisoirement la connexion au réseau radio 4G LTE, le temps de l'appel vocal sur le réseau 3G. Une nouvelle norme est en cours d’implémentation : « VOLTE » (Voice Over LTE)[8] qui supportera nativement la voix sur les réseaux uniquement LTE, à partir de smartphones compatibles.

Contrairement aux normes 3G HSPA et HSPA+, qui utilisent la même couverture radio que l’UMTS, le LTE nécessite une couverture radio et des antennes qui lui sont propres mais qui peuvent être colocalisées avec celles d’un réseau 3G.

Débits théoriques et débits réels[modifier | modifier le code]

Le débit réel de données observé par l’utilisateur d’un réseau LTE peut être très fortement réduit par rapport aux débits binaires théoriques annoncés et définis par la norme LTE. Les principaux facteurs ayant une influence sur le débit effectif sont les suivants :

  • le nombre d’utilisateurs actifs se partageant la bande passante au sein d’une cellule (surface radiante d'une antenne) LTE ; plus il y a d’abonnés en communication, moins chacun a de débit unitaire ;
  • la largeur de la bande de fréquence attribuée à l’opérateur du réseau. Le débit utile global est proportionnel à cette largeur de bande (qui peut varier de 1,4 MHz à 20 MHz en LTE et jusqu'à 100 MHz en LTE Advanced) ;
  • les types d’antennes utilisés, coté terminal et coté réseau (antenne relais) : le débit binaire maximal de 300 Mbit/s suppose des antennes MIMO 4×4 (quadruples) aux 2 extrémités de la liaison radio LTE (cas de figure peu réaliste pour un téléphone mobile ou un smartphone à cause de leur petite taille) ;
  • la distance entre le terminal et la (ou les) antenne(s) relais (le débit est très inférieur en périphérie de cellules radio à cause des interférences avec les cellules adjacentes) et les conditions de réception radio (interférences, bruit, échos liés aux réflexions sur les immeubles…) ;
  • la position fixe (statique) ou « en mouvement » du terminal de l’abonné ; le débit utile est réduit pour un terminal en mouvement ;
  • la capacité en débit et le nombre maximum d'utilisateurs simultanés permis par la station de base (eNode B) et le débit des liens cuivres ou optiques reliant cette station au cœur de réseau (réseau de backhaul).

Le type et la catégorie du terminal influent aussi sur le débit maximum possible ; par exemple un terminal LTE (UE « User Equipment » en anglais) de catégorie 1, ne supporte qu’un débit binaire de 10 Mbit/s alors qu’un autre de catégorie 3 supportera 100 Mbit/s (voir tableau ci-dessous). En contrepartie, plus la catégorie du terminal est élevée, plus le terminal sera complexe (coûteux) et moins son autonomie sera grande (à niveau technologique égal).

Performances recherchées et calendrier prévisionnel[modifier | modifier le code]

Avec le LTE et la 4G, les industriels et les opérateurs proposent en France en 2013, des débits réels moyens descendants mesurés aux alentours de 30 Mbit/s et des débits montants moyens compris entre 6 et 8 Mbit/s[9], avec de fortes variations qui s’expliquent par les raisons données au chapitre précédent. Avec les futures générations de terminaux (catégories 4, 5 et +), les opérateurs visent en 2014 un débit crête atteignant 150 Mbit/s (terminaux catégorie 4) et 300 Mbit/s et plus à moyen terme via le « Carrier aggregation » (agrégation de porteuses) permis par l'évolution LTE Advanced. Le débit théorique maximal de la technologie LTE Advanced est supérieur à 1 Gbit/s.

Normes et fréquences[modifier | modifier le code]

Normes 3GPP[modifier | modifier le code]

La standardisation par le 3GPP de la 1re version de la norme LTE s'est achevée au début 2008 (3GPP version/rel 8[1]) et la disponibilité des premiers équipements pour tester la norme LTE a eu lieu en 2009. En 2009 et 2010, plusieurs opérateurs nord-américains qui utilisaient la norme CDMA2000 ont décidé de passer à la norme LTE dès que les équipements seraient disponibles, abandonnant ainsi leur technologie historique : le CDMA, ce qui a offert la perspective de créer sur la base du LTE une norme mondiale de communications mobiles.

Le but du LTE est de permettre l'utilisation du haut-débit mobile, en utilisant l'expérience et les investissements des réseaux 3G afin d'évoluer rapidement et avec une compatibilité ascendante vers les vrais réseaux de quatrième génération 4G « LTE Advanced », dont l'objectif est d'atteindre des débits encore plus élevés (> 1 Gbit/s).

Deux variantes exclusives de la norme LTE ont été définies au niveau radio : le FDD (Frequency Division Duplexing) qui utilise 2 bandes de fréquences distinctes pour l'émission (upload) et la réception (download) et le TDD (Time-Division Duplex) qui utilise une seule bande de fréquences avec des ressources dynamiquement allouées à l'émission ou à la réception des données (multiplexage temporel)[10].

La variante TDD a l’avantage de s’adapter facilement à des débits upload / download déséquilibrés, ce qui est souvent le cas pour le trafic des smartphones utilisés pour consulter Internet ou pour visualiser des vidéos[11] ; l'ensemble des sous-porteuses définies par la modulation OFDMA peuvent être utilisées pour émettre et recevoir avec une répartition de la bande passante entre les débits montants et descendants qui est définie par l'opérateur mobile. Cette variante nécessite une synchronisation plus précise de tous les constituants du réseau, y compris les terminaux mobiles. La Chine a choisi de privilégier cette variante[11].

La variante FDD a été la première commercialisée (plus de 90 % du marché en 2013), elle est plus la simple à implémenter (dans les antennes relais et les terminaux LTE), les bandes de fréquences émission et réception y sont séparées d’au minimum 30 MHz[12] ; elle implique des contraintes de synchronisation moins sévères entre les terminaux mobiles et les stations de base car le terminal utilise en émission une bande de fréquence différente de celle de l'antenne-relais. Début 2014, les smartphones les plus récents ont des versions compatibles avec les 2 variantes FDD et TDD. L’Europe (via la CEPT) et la France ont choisi la variante FDD au début des années 2010.

Fréquences utilisées[modifier | modifier le code]

Les bandes de fréquences hertziennes prévues par les normes 3GPP pour le LTE et le LTE Advanced sont très nombreuses (plus de 30) et s'étalent de 600 MHz à 3,8 GHz. Celles situées dans la zone des 800 et 900 MHz sont utilisables sur tout le territoire et particulièrement dans les zones rurales car elles ont une plus grande portée que les ondes radio de fréquences plus élevées. Le rayon de couverture de chaque cellule est variable, allant de quelques centaines de mètres (débits optimaux en zones urbaines) jusqu'à 30 à 50 km (zones rurales).

Dans l'Union européenne, les discussions sur l'utilisation de la bande de fréquence des 800 MHz qui était auparavant utilisée pour la télévision analogique UHF (canaux 61-69), ont abouti à l’affectation de ces bandes spectrales aux réseaux mobiles 4G LTE. Ces canaux sont disponibles en France depuis début 2012, suite à la libération de ce que l'on appelle le « dividende numérique », obtenu par le passage à la TV numérique (TNT) de tous les États membres européens.

Dans les villes et zones urbaines, les bandes hertziennes affectées, au LTE ont des fréquences plus élevées (entre 2,5 et 2,7 GHz en France et au sein de l'UE). Dans ce cas, la taille de la cellule radio (zone de couverture) sera de quelques kilomètres ou moins (small cells).

Pour pouvoir utiliser les bandes des 900 et 1 800 MHz, il est nécessaire d’effectuer un « réaménagement » du spectre en libérant des canaux initialement attribués au GSM (2G) et à l'UMTS (3G). Dans de nombreux pays européens, certains opérateurs ont déjà réutilisé une partie de la bande de fréquence des 1 800 MHz pour le LTE ; cette bande de fréquence est la plus utilisée dans les réseaux 4G/LTE européens fin 2012[13].

En France, l’autorisation d’utiliser une partie de cette bande de fréquence des 1 800 MHz a été accordée à Bouygues Telecom par l’Arcep le 14 février 2013 avec une date de mise en service fixée au 1er octobre 2013[14]. Cette bande de fréquence aura donc pendant quelques années une utilisation mixte 2G (GSM) et LTE. Bouygues Telecom a, par exemple, commencé par attribuer 10 MHz duplex de sa bande de fréquence des 1800 MHz au LTE, puis à partir d’avril 2014 il a, dans certaines zones géographiques, élargi à 15 MHz la part affectée au LTE (au détriment du GSM)[15].

Attribution des fréquences en France[modifier | modifier le code]

Bande des 800 MHz[modifier | modifier le code]

Bande LTE no 20 FDD[10],[7]. Cette bande de fréquence est dédiée au LTE et au LTE Advanced[16].

Bande des 1800 MHz[modifier | modifier le code]

Bande LTE no 3 FDD[10],[7]. Cette bande de fréquence a une utilisation mixte 2G (GSM) et LTE[17].

Du 1er octobre 2013 au 24 mai 2016[modifier | modifier le code]

En France métropolitaine, Bouygues Telecom bénéficie d'une largeur de bande de 21,6 MHz duplex (avec quelques exceptions locales[18]), à partager entre GSM et LTE.

À partir du 25 mai 2016[modifier | modifier le code]

Dans toute la France métropolitaine : Bouygues Telecom bénéficiera d'une largeur de bande de 20 MHz duplex utilisable pour ses réseaux GSM et LTE ; les autres opérateurs n'ont pas encore (fin 2013) demandé à l'Arcep de pouvoir utiliser ces fréquences pour leurs réseaux 4G / LTE.

Bande des 2600 MHz[modifier | modifier le code]

Bande LTE no 7 FDD[10],[7]. Cette bande de fréquence est dédiée au LTE et au LTE Advanced[19],[20],[21],[22].

On peut noter que l'Arcep dans ses décisions du 22 décembre 2011[16] et du 17 janvier 2012 accorde un droit d'itinérance dans la bande des 800 MHz à l’opérateur Free Mobile sur le réseau 4G de SFR, car l'appel d'offre de l'ARCEP prévoyait ce droit pour l'opérateur ayant obtenu une autorisation d’utilisation de fréquences dans la bande des 2 600 MHz et pas dans celle des 800 MHz.

Avantages et inconvénients des diverses bandes de fréquences[modifier | modifier le code]

La plus grande disponibilité de fréquences hautes (2 600 MHz) a permis d’attribuer à chaque opérateur mobile des bandes de fréquences plus larges (15 ou 20 MHz duplex en France) ; ces bandes supportent plus de sous-porteuses (voir article OFDMA) et permettent donc des débits plus importants comparé à la bande de fréquence des 800 MHz qui en France est découpée en sous bandes de 10 MHz duplex par opérateur.

Par contre, les fréquences basses ont une plus grande portée (une meilleure propagation dans l’atmosphère) et permettent donc de couvrir des zones de plus grande surface car l’atténuation des ondes radio entre 2 antennes décroît avec la longueur d’onde ; une fréquence plus basse (donc une longueur d'onde supérieure) permet aux opérateurs d’atteindre plus d’abonnés avec un même nombre d’antenne.

Caractéristiques des terminaux[modifier | modifier le code]

Les terminaux LTE (appelés User Equipment dans les spécifications 3GPP) peuvent être des téléphones (smartphones), des tablettes, des clés-modems USB ou tout autre type d’équipements fixes ou mobiles (GPS, ordinateur, écran vidéo…).

Le 3GPP et l'ETSI dans les normes release 8 (version 8), ont défini 5 classes de terminaux LTE correspondant aux débits maximaux (montant et descendant) que doit supporter l’équipement et au type d’antenne qu’il intègre[23]. Tout terminal, quelle que soit sa catégorie, doit être capable de s’adapter aux largeurs spectrales allant de 1,4 à 20 MHz, définies par le 3GPP. Les débits de données listés dans le tableau supposent une largeur de bande de 20 MHz.

Catégories de terminaux LTE (3GPP rel.8)
Catégorie 1 2 3 4 5
Débits crête (Mbit/s) Descendant 10 50 100 150 300
Montant 5 25 50 50 75
Caractéristiques fonctionnelles
Bande passante radio 1,4 à 20 MHz
Modulations Descendante QPSK, 16QAM, 64QAM
Montante QPSK, 16QAM QPSK, 16QAM, 64QAM
Antennes
MIMO 2×2 Non Oui
MIMO 4×4 Non Oui

Les débit sont proportionnels à la largeur de la bande de fréquence attribuée à chaque opérateur mobile ; par exemple, en France, les largeurs de bandes attribuées dans la bande des 800 MHz sont de 10 MHz duplex, ce qui divise par 2 le débit crête pour chacune des catégories de terminaux lorsqu'ils sont utilisés dans cette bande de fréquence.

De nouvelles catégories de terminaux LTE ont été définies par les normes 3GPP release 10 et 11 (LTE Advanced), elles sont décrites dans l'article LTE Advanced.

Technologies 3G et 4G concurrentes ou complémentaires[modifier | modifier le code]

  • Le HSPA et le HSPA+ (3.5G et 3.75G) qui constituent une évolution naturelle (peu coûteuse) des réseaux 3G UMTS existants, mais qui sont dotés de débits crêtes plus faibles (42 Mbit/s en HSPA+ « Dual Carrier » en 2014).
  • Le WiMAX, qui a acquis le 18 octobre 2007 le statut de standard international ITU comme norme IMT-2000 (3G). Les détenteurs d'une licence 3G pourraient donc, en théorie, déployer du WiMAX en sus ou à la place de l'UMTS, mais l’incompatibilité technique entre ces 2 normes et entre les terminaux mobiles associés, rend peu probable cette cohabitation.
    • Le WiMAX mobile (IEEE 802.16e) a commencé son déploiement en 2009 chez quelques opérateurs (KT, SK Telecom en Corée, Sprint aux États-Unis), cependant le débit maximal offert de plus de 150 Mbit/s pour le LTE contre 70 Mbit/s pour le WiMAX ainsi qu'une accessibilité supérieure (100 km en zone rurale) et le très faible nombre de terminaux WiMAX (smartphones) disponibles expliquent la domination commerciale du LTE depuis 2011.
    • Le WiMAX et ses évolutions sont des antagonistes forts des technologies LTE ; la disponibilité des technologies UMTS HSPA+ et LTE, réduit considérablement les chances de succès de déploiement du WiMAX à grande échelle, en particulier dans le domaine de l'Internet et du haut-débit mobile. Le WiMax restera donc probablement limité, au marché de la boucle locale radio (BLR).
  • Le LTE Advanced, dont les travaux de normalisation au sein du 3GPP ont abouti, en 2011 et 2013, aux normes 3GPP release 10 et release 11[24], est une évolution du LTE qui le fait passer en « vraie 4G ». Ces évolutions apportent et apporteront les bénéfices suivants :
    • des débits plus élevés sur les liens montants et descendants du réseau, grâce à l’agrégation de porteuses (en anglais : Carrier aggregation[25]) ;
    • des performances radios accrues au niveau d'une cellule pour servir plus de terminaux, grâce aux évolutions de la technologie MIMO ;
    • la possibilité de déployer des relais radio à coût plus faible qui viendront étendre la couverture d'une cellule ;
    • une plus grande souplesse en termes de capacité de trafic et de nombre de terminaux supportés par le réseau.
    • moins d'interférences entre 2 cellules radio mitoyennes.

De nombreux équipementiers (Alcatel-Lucent, Ericsson, Nokia Siemens Networks, Huawei…), opérateurs télécoms (Verizon, AT&T, Orange, Vodafone, T-Mobile, NTT-DoCoMo, China Mobile…) et fabricants de puces électronique (Qualcomm, Samsung), ont travaillé et travaillent ensemble au sein du 3GPP pour développer la standardisation des réseaux et des terminaux LTE (Long Term Evolution) et LTE Advanced.

Tests et commercialisation[modifier | modifier le code]

Modem USB LTE.

La société britannique Vodafone avait annoncé en 2009 avoir achevé dans ses laboratoires des évaluations de produits LTE destinés à la plupart des pays européens où elle opère.

L’opérateur japonais NTT DoCoMo a commencé la commercialisation du LTE dès la fin 2009 au Japon, il avait plus de 6 millions d'abonnés LTE en octobre 2012.

Le 15 décembre 2009, TeliaSonera débute, en Suède et en Norvège, la commercialisation d'offres proposant des équipements et terminaux LTE, en continuant avec des extensions vers les autres pays densément peuplés du Nord de l'Europe. Pour le soutien technique de la dernière technologie de troisième génération, TeliaSonera s'est appuyé sur Ericsson (Stockholm) et Huawei (Oslo), tandis que les dispositifs de réception (USB) (clés LTE) sont fournis par Samsung.

Aux États-Unis, la société Verizon Wireless a lancé une première offre commerciale LTE fin 2010 qui avait attiré, à la fin du 3e trimestre 2012, plus de 16 millions d’abonnés (1er réseau mondial LTE)[26]. Les deux autres plus gros opérateurs mobile américains (AT&T et Sprint) ont aussi lancé une offre LTE fin 2011 et mi 2012.

Une étude d'utilisation des terminaux LTE en environnement réel sur les réseaux d'AT&T et de Verizon a montré fin 2011 des débits réels plutôt élevés, de 10 à 40 Mbit/s (crête) en réception (download)[27] et jusqu’à 10 Mbit/s en émission (upload).

En France, Orange et Bouygues Telecom avaient annoncé le 22 mars 2012 leur intention de commercialiser une offre LTE pour début 2013 et l'ouverture de réseaux pilotes dès juin 2012 (respectivement à Marseille[28] et à Lyon[29]). SFR a aussi annoncé fin mars 2012 prévoir le déploiement, dès 2012, de deux réseaux LTE à Lyon et à Montpellier[30]. Free Mobile arrive sur le marché du LTE le 3 décembre 2013[31]. A la fin du 2e trimestre 2014, le France avait 3,7 millions d’abonnés LTE[32].

En Belgique, la 4G/LTE a été lancée par Belgacom le 5 novembre 2012 avec, pour commencer, la couverture de 258 villes et communes belges[33].

Le LTE avait conquis à la fin du 2e trimestre 2012, 27 millions d’abonnés dans le monde dont plus de 15 millions en Amérique du Nord[34] ; puis 58 millions d’abonnés dans le monde fin 2012[35] dont environ la moitié en Amérique du Nord.
Le nombre d’abonnés à des réseaux LTE dans le monde atteint 200 millions fin décembre 2013, dont plus de 100 millions en Amérique du Nord et 16 millions en Europe[36]. 244 opérateurs dans le monde commercialisent une offre LTE en décembre 2013[37].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f (en) 3GPP Standards update, slides 7, 13 et 15[PDF] ETSI - 3GPP, février 2011.
  2. L'UIT prépare le terrain pour la prochaine génération de technologies mobiles : la 4G, communiqué de presse de l'UIT, octobre 2010.
  3. (en) ITU-T confers 4G status to 3GPP LTE, 3GPP.org, le 20 octobre 2010.
  4. UIT, communiqué de presse : « Ce terme (4G) peut également désigner leurs précurseurs, c'est-à-dire les technologies LTE et WiMax, apportant une amélioration sensible de la qualité de fonctionnement et des capacités par rapport aux premiers systèmes de troisième génération », UIT (ITU-T), le 6 décembre 2010.
  5. L'UIT utilise le terme « True 4G » pour les spécifications IMT-Advanced.
  6. (en) normes LTE EUTRA, 3gpp.org, février 2012.
  7. a, b, c et d (en) [doc] norme LTE TS 36.101 v11.4.0 : terminaux (UE), Operating bands : Chapter 5.5 3gpp.org, juillet 2013.
  8. La norme « Voice Over LTE » attendue en 2013 aux États-Unis, reseaux-telecoms.net, mai 2012.
  9. 4G (LTE) : Attendez-vous à un débit de 30 Mbit/s en moyenne, moyenne faite sur 137 000 tests, Frandroid.com, 12 avril 2013.
  10. a, b, c et d (en) Fréquences LTE radio-electronics.com, consulté en septembre 2012.
  11. a et b (en) FDD-LTE versus TDD-LTE, 4gsource.net, juin 2012.
  12. (en) norme LTE TS 36.101 v9.12.0 : terminaux (UE), chapitre 5 : Bandes de fréquences[PDF], 3gpp.org, juillet 2012.
  13. (en) Le 1 800 MHz est la bande de fréquence la plus populaire pour le LTE avec des réseaux ouverts dans 29 pays dont 15 pays européens, GSAcom.com, novembre 2012.
  14. L’Arcep autorise Bouygues à utiliser la bande des 1 800 MHz pour la 4G, PCinpact, le 14 mars 2013.
  15. Bouygues Telecom déploie la 4g-lte advanced grâce au refarming. bbox-news.com, le 11 mai 2014
  16. a et b L'ARCEP publie les résultats de la procédure d'attribution des licences mobiles 4G dans la bande 800 MHz (le « dividende numérique ») Arcep.fr, décembre 2011.
  17. L'ARCEP autorise Bouygues Telecom à mettre en œuvre la 4G dans la bande 1 800 MHz, à partir du 1er octobre 2013, sous réserve qu'elle restitue préalablement des fréquences (4G - Refarming 1 800 MHz) Arcep.fr, 14 mars 2013.
  18. Dans les zones très denses, Bouygues Telecom bénéficie temporairement d'une largeur de bande de 23,8 MHz duplex : à Lyon jusqu'au 1er janvier 2015, à Marseille-Aix jusqu'au 1er avril 2015 et à Nice et Paris jusqu'au 1er juillet 2015.
  19. Décision autorisant la société Bouygues Telecom à utiliser des fréquences dans la bande 2,6 GHz en France métropolitaine pour établir et exploiter un réseau radioélectrique mobile ouvert au public, Décision no 2011-1168 en date du 11 octobre 2011[PDF].
  20. Décision autorisant la société Free Mobile à utiliser des fréquences dans la bande 2,6 GHz en France métropolitaine pour établir et exploiter un réseau radioélectrique mobile ouvert au public, Décision no 2011-1169 en date du 11 octobre 2011[PDF].
  21. Décision autorisant la société Orange France à utiliser des fréquences dans la bande 2,6 GHz en France métropolitaine pour établir et exploiter un réseau radioélectrique mobile ouvert au public, Décision no 2011-1170 en date du 11 octobre 2011[PDF].
  22. Décision autorisant la société française du radiotéléphone à utiliser des fréquences dans la bande 2,6 GHz en France métropolitaine pour établir et exploiter un réseau radioélectrique mobile ouvert au public, Décision no 2011-1171 en date du 11 octobre 2011[PDF] arcep.fr, octobre 2011.
  23. (en) 3GPP TS 36.306 rel.8 - (E-UTRA) ; User Equipment (UE) radio access capabilities; chapitre 4 : catégories UE[PDF], etsi.org, juin 2011.
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  28. Orange prépare la 4G, itexpresso.fr, le 22 mars 2012.
  29. Bouygues Telecom et Orange sortent du bois dans le LTE, Le journal des télécoms - 22 mars 2012.
  30. SFR déploie sa 4G LTE à Lyon et Montpellier, Silicon.fr - 30 mars 2012.
  31. Free continue d'enrichir son offre mobile en incluant la 4G dans son forfait Free Mobile.
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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