El Kseur

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El Kseur
Mairie d'El Kseur
Mairie d'El Kseur
Noms
Nom algérien القصر
Nom kabyle Leqqser
Nom amazigh ⵍⴻⵇⵙⴻⵔ
Administration
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Région Kabylie
Wilaya Béjaïa
Daïra El Kseur
Président de l'APC Mustapha Aberkane
2012-2017
Code postal 06003
Code ONS 0631
Démographie
Population 29 842 hab. (2008[1])
Densité 317 hab./km2
Géographie
Coordonnées 36° 41′ 04″ N 4° 51′ 08″ E / 36.684389, 4.85209536° 41′ 04″ Nord 4° 51′ 08″ Est / 36.684389, 4.852095  
Altitude Min. 48 m – Max. 82 m
Superficie 94,06 km2
Localisation
Localisation de la commune dans la wilaya de Béjaïa.
Localisation de la commune dans la wilaya de Béjaïa.

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El Kseur

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El Kseur
Liens
Site de la commune http://apc-elkseur.com/

El Kseur est une commune d'Algérie et le chef-lieu éponyme d'une daïra de la wilaya de Béjaïa, en Kabylie. Elle se trouve à 24 km au sud-ouest de Béjaïa, à 100 km à l'est de Tizi Ouzou et à 116 km au nord-est de Bouira.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Le territoire de la commune d'El Kseur est situé à 20 km au sud ouest de la ville de Béjaia, en petite (basse) Kabylie.

Communes limitrophes d’El Kseur
Beni Ksila Toudja Toudja
Taourit Ighil
Fenaïa Ilmaten
El Kseur Oued Ghir
Semaoun Amizour Amizour

Relief[modifier | modifier le code]

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Le réseau hydrographique renferme un grand bassin versant à savoir le bassin de l’Oued-Soummam. La ville d'El kseur est alimenté en eau par le barrage de Tichy-haf situé dans la localité de Bouhamza. Le barrage est alimenté par les eaux de pluie et de fonte du manteau nival du Djurdjura. Il est doté d’une capacité de stockage de 150 millions de m3 et il alimente la wilaya de Béjaïa à raison de 20 000 m3/jour.

Climat[modifier | modifier le code]

La ville d' El Kseur bénéficie d'un climat tempéré et humide avec un hiver doux caractéristique des zones méditerranéennes et une pluviométrie importante, comme toutes les villes de la moitié Est du littoral algérien. EL Kseur est la ville la plus arrosée d'Algérie, avec en moyenne 1 180 mm de précipitations par an, juste devant Tizi Ouzou (1 050 mm/an). En raison des massifs montagneux qui entourent la ville, il neige chaque année en hiver entre décembre et février pour les hautes altitudes de plus 600 m.

Données climatiques à El Kseur.
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 7,7 7,6 8,5 10,1 13,1 16,6 19,3 20,2 18,5 15 11,2 8,4 12,9
Température moyenne (°C) 12,1 12,3 13,1 14,7 17,6 21 24 24,8 23,2 19,7 15,8 12,7 17,6
Température maximale moyenne (°C) 16,4 16,8 17,7 19,3 22 25,3 28,7 29,3 27,8 24,3 20,3 16,9 22,1
Précipitations (mm) 99,7 85,9 100,4 70,7 41,2 16,2 5,8 13 40,4 89,5 99,7 135 767,5
Source : Hong Kong Observatory, statistiques de 1968 à 1990 ; relevés de la station météorologique de Béjaïa[2].


Transports[modifier | modifier le code]

La commune est traversée par la ligne de chemin de fer qui relie Béjaïa à Alger et dessert la gare d’El Kseur-Oued Amizour, située sur le territoire de la commune[3].

Le réseau de transport routier de la commune comprend essentiellement deux routes nationales : la route nationale 12 ( dite route de la Kabylie ) qui relie les deux métropoles régionales de Béjaïa et Tizi Ouzou et la route nationale 26 qui relie Béjaia à Alger par M'Chedallah, dans la wilaya de Bouira. À un niveau plus local, la commune est traversée par les chemins de wilaya 21 et 34[4].

Enfin, El Kseur est située à vingt kilomètres au sud-est de l'aéroport de Béjaïa - Soummam - Abane Ramdane.

Lieux-dits, quartiers et hameaux[modifier | modifier le code]

Outre son chef-lieu, El Kseur-ville, la commune est composée des localités suivantes[5] : Bouzoulem, Berchiche, Domaine Messaoudi, Domaine Ouarirou, Domaine Salhi, Taourirt Saïd Arab, Aït Youcef, Aït Smaïl, Bounedjdamène, Imekhlef, Tercha, Ibarissène, Aguemoune, Tidekanine, Slim, Ihadaden, Bethlou, M'Larbaa, Ibouhatmène, Tighilt Ougueni, Bounour, Melariaze, Akham L'Ghars, Aït Abdellah, Aourir Mehren, Tala N'Sabone, Laazib, Imdounène, Tissiliouine, Tizi Ougdèle, Aït Sidi Ahmed, Bouhamed, Bezi, Tizi Ouzemmour et Melaghaze.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Une vue du quartier de Berchiche, ville d'El-Kseur.

La construction, depuis les années 1980, de plusieurs lotissements a fait d'El Kseur un pôle d'attraction démographique, et la ville compte actuellement 20.000 habitants environ. Berchiche, est le quartier le plus bourgeois au nord de la ville, abrite plusieurs lotissements pavillons neufs et trois cités universitaires Berchiche 1 capacité de 2500 lits, Berchiche 2 capacité de 3000 lits, Berchiche 3 capacité de 2500 lits et la réalisation d'une future faculté des sciences économiques SEGC capacité pédagogiques de 14000 places dans les hauteurs de la cité.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom d'El Kseur est issu de l'arabe qasar, en arabe algérien qsar, pluriel qsur, signifiant « palais » ou « village fortifié », berbérisé en laqsar ; la commune tire son nom d'un palais de justice qui a donné sa célébrité à la ville[6].

Histoire[modifier | modifier le code]

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Période romaine[modifier | modifier le code]

Ruines romaines de Tubusuptu, Tiklat, El Kseur.

Sur le territoire d'El Kseur, à 3 km au lieu dit de Tiklat, se trouvent les ruines romaines de l'antique Tubusuctu (ou Tubusuptu). Cette colonie romaine était destinée aux vétérans de la VII légion d'Auguste. Elle fut fondée en 27 avant JC. Actuellement, il reste de nombreux vestiges, notamment les Grands Thermes, très bien conservées, les citernes qui pouvaient contenir jusqu'à 15 000 m3 d'eau et des mosaïques en très bon état mais qui ne sont toujours pas conservées dans un musée[7].

Centre de peuplement à l'époque coloniale[modifier | modifier le code]

Durant la colonisation, El Kseur fut en 1872 un centre de peuplement européen. De nombreux Alsaciens et Lorrains s'y installèrent, surtout après la défaite française de 1870 face à la Prusse. Ce sont près de 470 colons qui s'installèrent à El Kseur qui prit le nom de Bitche. Ce nom ne restera pas longtemps puisque El Kseur ou Ighil Maabed reprendront le dessus. Aujourd'hui encore le quartier colonial est bien présent, il se trouve sur la route nationale, près de la mairie notamment.

Camp de regroupement de population durant la guerre d'Algérie[modifier | modifier le code]

Pendant la guerre d'Algérie, la France mit en place des zones interdites afin de couper les résistants de la population et ainsi de les priver de soutien populaire. C'est ainsi qu'en 1955, dans les Aurès d'abord puis dans le nord constantinois et enfin en Kabylie puis dans le reste de l'Algérie, des camps de regroupement de populations ont été construits. À El Kseur, dans un premier temps, les montagnards chassés de leur villages, souvent dans la violence[8], ont du s'établir près de la rivière dans des campements de fortune fabriqués par leur soin. C'est en 1959 et en 1960, dans le cadre de la réalisation du Plan de Constantine que des maisons en dur ont été érigées. Elles ont surtout été faites à Berchiche, c'est-à-dire loin de colons européens. Ces camps de regroupement[9] étaient pour certains effroyables, Michel Rocard les présentaient en 1958 comme des camps de concentration de mort lente. En effet, dans celui d'Ighzer Amokrane, dans la vallée de la Soummam, près de 1000 personnes étaient entassées dans des conditions sanitaires déplorables, la mortalité infantile était très élevée et les morts de faim se comptaient par centaines chaque mois.

Foyer d'essor du scoutisme algérien[modifier | modifier le code]

El-Kseur abrite le groupe scout Salhi Hocine, l’un des plus anciens d’Algérie et certainement l’un des rares à être resté en activité permanente depuis sa création en 1943, par Abdelhamid Benzine (27 avril 1926 - 6 mars 2003). Parmi ses jeunes fondateurs figurait Sfaya Saïd, le tout premier « commissaire local ». À l’époque, le groupe s’appelait Thabet, « persévérance », nom qui paraît aujourd'hui prémonitoire au regard de sa longévité. C'est dans les années 1970 que cette dénomination fut remplacée par le nom d’un des membres du groupe, devenu à trente ans l'un des plus jeunes chahids (« martyrs ») d’El-Kseur.

Né le 14 juin 1928 à el kseur originaire Aït Oussalah Arch abrares douar I3MRANEN, Salhi Hocine fait très tôt ses premiers pas dans le militantisme révolutionnaire à Khemis-Miliana, en compagnie de son camarade de classe Si M'Hamed Bougara (autre futur chahid). En 1944, à son retour dans son village d'El-Kseur, il s’assigne pour tâche le renforcement de la structure du mouvement des Scouts musulmans algériens, auquel sa contribution fait connaître un essor considérable. Sa conduite et son dévouement en font très vite l’élément moteur de cette organisation, qui représente pour lui le cadre d'expression idéal de ses convictions patriotiques. Il tombe au champ d’honneur le 5 mai 1958.

Plateforme d'El Kseur (11 juin 2001)[modifier | modifier le code]

Le 11 juin 2001, pendant les évènements du Printemps noir, des représentants de sept wilayas (Tizi Ouzou, Béjaïa, Bouira, Boumerdès, Sétif, Bordj Bouareridj et Alger) et des universités d'Alger se réunissent à la maison de jeunes Mouloud Feraoun d'El Kseur où ils rédigent une plateforme commune. Composée de quinze revendications, elle devient, sous le nom de « plateforme d'El Kseur », la base du mouvement citoyen des Aarchs[10].

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2008, la commune comptait 29 842 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1980. La ville d'El Kseur est la cinquième ville de la wilaya de Béjaïa après les villes de Béjaïa, Akbou, Amizour et Kherrata. La ville est aussi une agglomération urbaine importante de Kabylie.

Administration et politique[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
2012 en cours Mustapha Aberkane[réf. nécessaire]    
Les données manquantes sont à compléter.

Économie[modifier | modifier le code]

Pôle économique[modifier | modifier le code]

Située à proximité du chef-lieu de wilaya et du port de Béjaïa, El Kseur est le deuxième pôle économique le plus important de la wilaya de Béjaïa par la densité de son tissu industriel. Sa position géographique qui en fait un carrefour de nombreuses voies de communication. Étant la ville la plus importante dans un rayon régional, elle est devenue naturellement le centre logistique et commercial de la région de la Kabylie. Ces dernières années s'y est développé un tissu industriel de 40 entreprises réunies dans une zone industrielle qui s’étend sur près de 150 ha, parmi lesquelles on compte :

  • Cojek Cevital, spécialisée dans la fabrication des conserves et des jus.
  • Toudja, spécialisée dans la fabrication des jus et des nectars.
  • ONAB, spécialisée dans la fabrication des aliments de bétails.
  • CCB, spécialisée dans la fabrication des aliments de bétails.
  • MOULEX éts Sfacene, spécialisée dans la fabrication de la farine et de la semoule.
  • Grands Moulins Chibane, spécialisée dans la fabrication de la farine.
  • SIMEA, spécialisée dans la fabrication des vis et des clous.
  • SOMACOB, spécialisée dans la fabrication des parpaings et des hourdis.

Vie quotidienne[modifier | modifier le code]

Sport[modifier | modifier le code]

El Kseur est une ville de sport qui possède une culture sportive solide, véritable pôle de développement du judo avec le club OSEK, qui forme et mène au plus haut niveau de jeunes judokas.Il est reconnu depuis plusieurs années comme un grand club de formation des talents à l'échelle nationale, tant par son nombre de licenciés et par ses résultats. Le volley-ball qui est le sport roi de la région de Béjaia. Le club « historique » de la ville est l'OEK crée en 1972, qui a très longtemps fait partie de l'élite du championnat d’Algérie de volley-ball. Un El Kseurois sur trois pratique une activité sportive de compétition ou de loisir notamment les randonnées.  

Culture[modifier | modifier le code]

El kseur a toujours été un centre culturel, intellectuel et architectural important. Elle a maintenu les coutumes. Ainsi, Yennayer, la fête du jour de l'an berbère héritée de l'époque berbère, est toujours célébrée à El kseur. La scène culturelle est animée par son centres culturel et ses associations.

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Le patrimoine archéologique d'El Kseur comprend[11] :

  • le site antique de Tubusuptu (Tiklat) ;
  • la citadelle médiévale des Zianides, Timzizdekt, aujourd'hui dénommée Lassouar par les habitants.

Personnalités[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources, notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Wilaya de Béjaïa : répartition de la population résidente des ménages ordinaires et collectifs, selon la commune de résidence et la dispersion ». Données du recensement général de la population et de l'habitat de 2008 sur le site de l'ONS.
  2. (en) « Climatological Information for Bejaia, Algeria », sur www.hko.gov.hk (consulté le 2 avril 2011).
  3. (en) « Gare d’El Kseur-Oued Amizour: Algeria »,‎ 1993.
  4. « El Kseur : fiche technique »,‎ 2011 sur le site officiel de la commune.
  5. « Décret no 84-365 du 1er novembre 1984 fixant la composition, la consistance et les limites territoriales des communes », Journal officiel de la République algérienne démocratique et populaire, no 67,‎ 19 décembre 1986, p. 1483 (lire en ligne).
  6. Foudil Cheriguen, Toponymie algérienne des lieux habités (les noms composés), Alger, Épigraphe,‎ 1993, p. 98.
  7. Jean-Pierre Laporte a écrit deux articles sur les ruines romaines de Tiklat, Les Grands Thermes de Tubusuptu, 1988
  8. Le témoignage d'un rescapé nous dit que son père fut abattu à bout portant par l'armée française. Il refusait de quitter sa maison, dans le hameau de Bouhamed, et fut tué pour l'exemple.
  9. Un mémoire de GHANEM Zoubir traite de ce sujet, Les déplacés de la guerre d'Algérie dans la vallée de la Soummam de 1955 à 1961, Paris, 2009
  10. Miloud Zaater, L'Algérie de la guerre à la guerre (1962-2003), Paris, L'Harmattan,‎ janvier 2004, 212 p. (ISBN 2-7475-5601-8, lire en ligne), p. 172.
  11. Liste des sites et monuments classés de la wilaya de Béjaïa sur le site du ministère de la Culture.