Jules Dejerine

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Jules Dejerine

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Jules Dejerine (1849-1917) travaillant dans son laboratoire

Naissance 3 août 1849
Genève, Suisse
Décès 26 février 1917 (à 67 ans)
Paris, France
Nationalité Drapeau de la France France
Profession

Joseph Jules Dejerine[1], né le 3 août 1849 à Genève, mort le 26 février 1917 à Paris, est un médecin neurologue français.

Sa vie[modifier | modifier le code]

Jules Dejerine était originaire d’une famille savoyarde et son père était voiturier (comme celui de Charcot). Durant la Guerre franco-prussienne de 1870, il travaille comme volontaire à l'hôpital de Genève.

Il décide d'étudier la médecine à Paris où il arrive le 21 mars 1871 à la veille de la proclamation de la Commune. Sa carrière est ensuite toute tracée : élève de Vulpian, chef de Clinique de Hardy (dans le service duquel il fait la connaissance d'Augusta Klumpke, sa future épouse), il est reçu au médicat des hôpitaux de Paris en 1882, agrégé en 1886. Chef de service à Bicêtre, puis en 1895 à la Salpêtrière, il est professeur d’histoire de la médecine en 1901, puis de pathologie interne en 1907, et devient enfin, de 1910 à 1917, titulaire de la Chaire de Clinique des maladies du système nerveux.

Jules Dejerine est décédé 26 février 1917 à l'âge de presque 68 ans, épuisé par ses tâches écrasantes dans un hôpital militaire durant la Grande Guerre. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (division 28).

Le centenaire de sa naissance fut célébré en 1949 au 4e Congrès International de Neurologie Paris avec un discours prononcé par son élève André-Thomas.

Son œuvre[modifier | modifier le code]

  • En 1884, il décrit avec Landouzy la myopathie facio-scapulo-humérale.
  • En 1890, il décrit les lésions anatomiques de la maladie de Friedreich.
  • En 1891 première description d'un syndrome de dysconnexion interhémisphérique : il s’agissait d’un cas de cécité verbale sans agraphie.
  • En 1893, description de la « névrite interstitielle hypertrophique », avec Jules Sottas (1866-1945)[2] : ce syndrome clinique, qui recevra plus tard le nom de maladie de Dejerine-Sottas est une variété sévère, débutant dans la petite enfance, de neuropathie périphérique héréditaire pouvant résulter de plusieurs mutations génétiques. Il décrit également avec Sottas les lésions du nervo-tabès périphérique la même année (sujet de la thèse de Sottas[3]).
  • En 1900, description de l’atrophie olivo-ponto-cérébelleuse (forme sporadique) avec André-Thomas (sujet de sa thèse).
  • En 1906, description du syndrome thalamique avec Roussy (sujet de sa thèse)[4],[5].
  • En 1906 également, il décrit la claudication intermittente de la moelle épinière.
  • En 1911, étude des tumeurs de l’angle ponto-cérébelleux (thèse de de Jumentié, Paris, 1911)
  • En 1912, description de l’aphasie chez les gauchers.
  • En 1913, étude complète de la sémiologie des troubles de la sensibilité : astéréognosie, anesthésie corticale, syndrome des fibres radiculaires longues…cf. aussi la thèse de Long sur les voies centrales de la sensibilité générale (Paris, 1899).

Avec son épouse, il publie en deux volumes un Traité d’anatomie des centres nerveux (1895-1901) un ouvrage remarquable par son iconographie établie à partir de grandes coupes anatomiques.

Couverture de l'édition originale du "Dejerine" (1914)

Dans son volumineux Traité de pathologie générale (1901), Bouchard a confié à Dejerine la rédaction de la section consacrée à la neurologie : c'est la première forme de ce qui deviendra la célèbre Sémiologie des affections du système nerveux (1914). Fruit d’une longue expérience, riche de très nombreux documents photographiques, ce livre est l’un des plus grands classiques de la littérature neurologique.

Les élèves de Dejerine[modifier | modifier le code]

Tous seront chassés de la Salpêtrière lorsque Pierre Marie y prend le pouvoir (ce dernier leur a donné une matinée pour vider les lieux !)[réf. nécessaire]

Oeuvres[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gauckler E. Le Professeur J. Dejerine. 1922, Paris, Masson.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'orthographe du patronyme constitue une exception phonétique : "Dejerine" se prononce "jerine"[réf. souhaitée].
  2. J. Dejerine et J. Sottas, « Sur la nevrite interstitielle, hypertrophique et progressive de I'enfance », C R Soc Biol, vol. 45,‎ 1893, p. 63-96
  3. Jules Sottas, Contribution à l'étude anatomique et clinique des paralysies spinales syphilitiques : Thèse de médecine, Paris, G. Steinheil,‎ 1894, 232 p.
  4. Dejerine J, Roussy G. Le syndrome thalamique. Rev Neurol 1906; 12: 521-532.
  5. Roussy G. La couche optique. Thèse Med. Steinheil ed. Paris, 1907.