Jean Moréas

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Jean Moréas

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Jean Moréas en 1910, Agence Meurisse (Paris).

Nom de naissance Ioánnis A. Papadiamantópoulos, Ιωάννης Α. Παπαδιαμαντόπουλος
Activités poète
Naissance 15 avril 1856
Athènes
Décès 30 avril 1910 (à 54 ans)
Saint-Mandé
Langue d'écriture expression française
Mouvement symbolisme (art)

Œuvres principales

  • Les Syrtes (1884)
  • Cantilènes (1886)
  • Stances (1899-1901 puis 1920)

Signature

Signature de Jean Moréas

Ioánnis A. Papadiamantópoulos (en grec : Ιωάννης Α. Παπαδιαμαντόπουλος), dit Jean Moréas, né à Athènes le 15 avril 1856 et mort à Saint-Mandé (Seine) le 30 avril 1910, est un poète symboliste grec d'expression française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille distinguée d'Athènes[1],[2], fils de magistrat, Jean Moréas reçoit une éducation française et vient à Paris en 1875 pour y faire ses études de droit. Il y fréquente les cercles littéraires, notamment les Hydropathes. Il rentre brièvement en Grèce avant de revenir se fixer à Paris vers 1880.

Il publie dans Lutèce et Le Chat noir et fait paraître ses premiers recueils poétiques, Les Syrtes en 1884 et Cantilènes en 1886. D'inspiration verlainienne, ces deux recueils pourraient se rattacher au mouvement décadent si leur auteur ne récusait celui-ci pour revendiquer l'étiquette « symboliste ». Il rejette en effet l'ésotérisme de la poésie décadente ainsi que l'ambiguïté de l'épithète et note que « la critique, puisque sa manie d'étiquetage est incurable, pourrait les appeler plus justement des symbolistes ».

Il développe cette conception dans le « Manifeste littéraire » qu'il publie dans le supplément littéraire du Figaro du 18 septembre 1886, qui fonde le mouvement symboliste en rompant tant avec le décadentisme qu'avec le Parnasse. Le 1er octobre 1886, Jean Moréas fonde en outre une revue, Le Symboliste, avec Paul Adam et Gustave Kahn.

Selon lui, « la poésie symboliste : cherche à vêtir l'Idée d'une forme sensible qui, néanmoins, ne serait pas son but à elle-même, mais qui, tout en servant à exprimer l'Idée, demeurerait sujette, » ce qui suppose « un style archétype et complexe : d'impollués vocables, la période qui s'arcboute alternant avec la période aux défaillances ondulées, les pléonasmes significatifs, les mystérieuses ellipses, l'anacoluthe en suspens, tout trope hardi et multiforme. »

Moréas cherche à passer de la théorie à la pratique avec Les Demoiselles Goubert (1886), écrit en collaboration avec Paul Adam, grand roman symboliste qui connaît un échec complet. Le recueil de poésie Le Pèlerin passionné (1891) suscite une indifférence polie. L'auteur y prend déjà ses distances avec les influences germaniques et scandinaves sensibles dans une partie de l'inspiration symboliste.

Approfondissant cette esthétique, il se détourne du symbolisme pour fonder en 1892 l'école romane, qui veut rompre avec l’hermétisme et opposer à l'obscurité et aux brumes du nord la lumière du monde gréco-latin. Son recueil le plus célèbre, Stances (1899), illustre cette nouvelle ambition avec plus de bonheur que les œuvres antérieures, dans une langue d'une pureté classique qui rappelle André Chénier.

« L'Investiture »[modifier | modifier le code]

Nous longerons la grille du parc,
À l'heure où la Grande Ourse décline ;
Et tu porteras - car je le veux -
Parmi les bandeaux de tes cheveux
La fleur nommée asphodèle.

Tes yeux regarderont mes yeux ;
À l'heure où la grande Ourse décline. -
Et mes yeux auront la couleur
De la fleur nommée asphodèle.

Tes yeux regarderont mes yeux,
Et vacillera tout ton être,
Comme le mythique rocher
Vacillait, dit-on, au toucher
De la fleur nommée asphodèle.

Le Pèlerin passionné (1891)

Galerie[modifier | modifier le code]

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Distinctions[modifier | modifier le code]

  • Officier de la Légion d'honneur[3]

Œuvres et publications[modifier | modifier le code]

  • Les Syrtes (1884), Nouvelle édition: L. Vanier (Paris), 1892, 1 vol., 98 p., in-12, disponible sur Gallica.
  • « Le Symbolisme », in: Le Figaro, samedi 18 septembre 1886, Supplément littéraire, p.1-2, Texte intégral.
  • Les premières armes du symbolisme, L. Vanier (Paris), 1889, disponible sur Gallica.
  • Le Pèlerin passionné, L. Vanier (Paris), 1891, 1 vol., 129 p., in-12, disponible sur Gallica.
  • Poésies (1886-1896), Bibliothèque artistique et littéraire (Paris), 1898, 1 vol., 239 p., in-16, disponible sur Gallica.
  • Iphigénie, [tragédie en cinq actes], Mercure de France (Paris), 1904, Texte en ligne.
  • Paysages et sentiments, E. Sansot (Paris), 1906, 1 vol., 106 p.,in-16, disponible sur Gallica.
  • Poèmes et sylves, 1886-1896, Mercure de France (Paris), 1907, 1 vol., 238 p., in-18, disponible sur Gallica.
  • Premières poésies, 1883-1886, Mercure de France (Paris), 1907, 1 vol., 237 p., in-18, disponible sur Gallica.
  • Esquisses et souvenirs, Société du "Mercure de France" (Paris), 1908, disponible sur Gallica.
  • Contes de la Vieille France, Mercure de France (Paris), 1910.
  • Variations sur la vie et les livres, Mercure de France (Paris), 1910, 1 vol., 316 p., 19 cm, disponible sur Gallica.
  • En rêvant sur un album de dessins, Mercure de France (Paris), 1911, 190 p.
  • Réflexions sur quelques poètes, [publié par Raymond de La Tailhède et H. D.], Mercure de France (Paris), 1912,disponible sur Gallica.
  • Trois nouveaux contes de la vieille France Emile-Paul (Paris), 1921, Texte intégral.
En collaboration
  • avec Paul Adam : Les demoiselles Goubert : moeurs de Paris, Tresse et Stock (Paris), 1886, 1 vol., 216 p., in-18, disponible sur Gallica.
  • Le Symboliste (Paris), [journal hebdomadaire paraissant le jeudi] , rédacteur en chef: Jean Moréas ; secrétaire: Paul Adam, directeur: Gustave Kahn (1859-1936), M. Soirat (Paris), 1886, disponible sur Gallica.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Robert A. Jouanny, Moréas, écrivain grec, ch. II "Histoire d'une Famille", Lettres Modernes Minard, Athènes, 1975, p. 51-53
  2. Ernest Raynaud "Jean Moreas: L'Homme: sa vie intime" en Jean Moréas et les "Stances'", Paris (1929), p. 11-12[1];
  3. Dossier Papadiamantopoulo dans le site Leonore

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Emile Hennequin: « Les poètes symbolistes », in: Revue de Genève,t. 1, 1885, p. 230-8, Texte intégral.
  • Anatole France : « Le symbolisme. Décadents et déliquescents. Simples observations dur un manifeste de Jean Moréas », in: Le Temps, dimanche 25 septembre 1886, Texte intégral.
  • André Beaunier: « Jean Moréas », in: La poésie nouvelle, [Arthur Rimbaud, Jules Laforgue, Gustave Kahn, Jean Moréas, Emile Verhaeren, Henri de Régnier, Francis Vielé-Grifflin, Maurice Maeterlinck, Stuart Merrill, Francis Jammes, Paul Fort, Max Elskamp, etc.], Société du Mercure de France (Paris), 1902, 18 cm, p. 137-171, disponible sur Gallica.
  • Maxime Brienne: Jean Moréas, poète de la banlieue Sud et du Petit Montrouge, 1923, 4 p.
  • Marcel Coulon: Au chevet de Moréas, Éditions du Siècle, 1926, 124 p.
  • Ernest Raynaud: Jean Moréas et les "Stances", E. Malfère (Paris), 1929, 1 vol., 149 p., 19 cm, disponible sur Gallica.
  • René Georgin: Jean Moréas, La Nouvelle Revue Critique (Paris), 1930, 255 p.
  • Louis Roussel: L'Hellénisme de Jean Moréas, Éditions du Feu, 1932, 149 p.
  • (de) Julia Weber: Jean Moréas und die französische Tradition, Volkhardt & Wilbert (Nüremberg), 1934, 115 p.
  • Robert Niklaus: Jean Moréas, poète lyrique, Les Presses Universitaires de France, 1936, 250 p.
  • Louis Thomas: Souvenirs sur Moréas, Aux Armes de France, 1941, 158 p.
  • Alexandre Embiricos: Les étapes de Jean Moréas, La Concorde (Lausanne), 1948, 193 p.
  • John Davis Butler: Jean Moreas and Les Stances: the Making of a Poet, Stanford University, 1963, 686 p.
  • (en) John Davis Butler: Jean Moréas. A critique of his poetry and philosophy, Mouton (La Haye), 1967, 236 p.
  • Robert A. Jouanny: Moréas, écrivain français, Lettres modernes (Paris), 1968, 810 p.
  • Robert A. Jouanny: Moréas, écrivain grec, Lettres Modernes (Paris), 1975, 453 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]