Jean-Pierre Blanchard

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Blanchard.

Jean-Pierre Blanchard

Description de l'image  Jean-Pierre Blanchard.gif.
Nom de naissance Jean-Pierre François Blanchard
Naissance 4 juillet 1753
Le Petit-Andely
Décès 7 mars 1809 (à 56 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Profession Aéronaute

Jean-Pierre François Blanchard, né au Petit-Andely le 4 juillet 1753 et mort à Paris le 7 mars 1809, est un aéronaute français qui s’illustra dans la conquête des airs en ballon ; notamment la 1ère traversée de la Manche en ballon, le 7 janvier 1785.

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

Fils d’un ouvrier tourneur, il montre dès l’enfance son goût pour l’invention et la mécanique. Cet autodidacte construit des automates puis conçoit une voiture à pédale. Plus tard, il met au point une machine hydraulique pour alimenter Château-Gaillard en eau, expérience renouvelée à Vernon puis à Grenoble.

Mais c’est la conquête des airs qui le passionne. Il travaille à un « vaisseau volant ayant la forme d’un oiseau, muni de six ailes et de gouvernail ». Il organise une démonstration publique le 5 mai 1782, mais ne pourra décoller.

Suivant l’exemple des frères Montgolfier (qui l’année précédente ont fait voler un ballon gonflé à l’air chaud emportant deux passagers), il construit un ballon gonflé à l’hydrogène, muni d’une hélice et de rames en plumes mues à la force des bras. Le 2 mars 1784, la foule rassemblée sur le Champ de Mars à Paris assiste à l’ascension d’un aérostat habité de 27 pieds de diamètre. Le ballon, poussé par le vent, franchit la Seine et revient pour se poser rue de Sèvres. Au moment où le ballon était sur le point de décoller, un jeune homme du nom de Dupont de Chambon sauta dans la nacelle et, tirant son épée, déclara sa volonté de procéder à l’ascension en compagnie de Blanchard. On dut l’en retirer par la force[1].

Il fit sa deuxième ascension à Rouen et sa troisième à Londres en 1784.

La traversée de la Manche en janvier 1785

Le 7 janvier 1785, Blanchard et son ami et mécène américain John Jeffries (en) traversent la Manche de Douvres à Guînes en 2 heures 25 minutes, à bord d’un ballon gonflé à l’hydrogène. Au cours de cette traversée, Blanchard et son compagnon avaient effectué environ un tiers de la traversée lorsque leur vaisseau se mit à descendre. Après que les deux aérostiers eurent jeté par-dessus bord tout ce dont ils disposaient, le ballon reprit de l’altitude jusqu’aux deux tiers lorsqu'il se remit à descendre. Blanchard et Jeffries durent, cette fois, jeter non seulement l’ancre et les cordages, mais également se déshabiller et jeter par-dessus bord une partie de leurs vêtements. La reprise d’altitude du ballon leur évita d’utiliser leur dernière ressource, qui aurait été de couper la nacelle. Alors qu’ils approchaient du rivage, l’aérostat s’éleva, décrivant un magnifique arc au-dessus de la terre avant d’aller se poser en forêt de Guines.

La quatorzième expérience aérostatique de M. Blanchard accompagné du Chevalier Lépinard faite à Lille en Flandre, le 26 août 1785 (Gravé par Isidore Stanislas Helman)

Cet exploit eut un retentissement dans toute l'Europe et Blanchard se rendit dans de nombreux pays pour effectuer des démonstrations de vol en ballon, ainsi que des essais en parachute avec des animaux.

Le 11 juillet 1785, il effectue sa douzième ascension de la Haye avec Monsieur d'Honincthun, officier dans la légion de Maillebois, en présence du prince d'Orange et de la princesse de la Haye. Après avoir heurté une cheminée au départ, ils manquent de tomber dans le Bies-Bosch à six lieues de la ville ; Blanchard ouvre alors la soupape et va descendre à cent pas du bord de l'eau, dans une prairie dont le propriétaire exige dix ducats de dommages-intérêts. Les Hollandais les accueillent à la descente avec des fourches et des bâtons, brisent sa nacelle et emportent la gaze d'or et la toile qui l'entouraient. Ils arrivent sans autres accidents à Rotterdam[2],[3].

La même année 1785, il effectue sa quatorzième ascension à Lille, au cours de laquelle il laisse tomber un chien en parachute, qui ne se fait aucun mal en atterrissant, sa quinzième à Francfort et sa seizième à Gand. Au cours de cette dernière, il courut de grands dangers. Ne pouvant résister à la froide température jusqu’à laquelle son ballon s’était élevé, il le creva, laissa tomber sa nacelle, s’accrocha aux cordes et réussit à atterrir sans se blesser.

Le 9 janvier 1793, il effectue sa quarante cinquième ascension à Philadelphie pour atterrir près de Woodbury (New Jersey). Il réalise ainsi le premier voyage aérien aux États-Unis. Il va rester quatre ans sur place et parmi les témoins de l'un de ses vols, on comptera ce jour-là le premier Président des États-unis en fonction, George Washington, mais aussi les quatre autres futurs présidents respectivement John Adams, Thomas Jefferson, James Madison and James Monroe.

Lors de sa soixante-sixième ascension, le 20 février 1808, au château de Blois, près de La Haye, Blanchard est frappé d’apoplexie et, hors d’état d’entretenir le feu de son fourneau, il tombe de plus de soixante pieds de hauteur (un peu plus de 18m). Après avoir reçu de Louis Bonaparte, roi de Hollande, tous les secours qu’exigeait sa position, il est transporté en France. Il meurt un an plus tard à Paris, le 7 mars 1809, probablement des suites de ses blessures.

Sa seconde femme, Madeleine Sophie Armant, qui l’accompagnait depuis 1805, poursuivit les présentations de vol libre. Elle y laissera également la vie à Paris le 6 juillet 1819, son ballon s’étant enflammé.

Iconographie[modifier | modifier le code]

Il existe plusieurs portraits gravés de Blanchard et plusieurs médailles à son effigie. Deux médailles de l'aéronaute ont été exécutées par le graveur allemand Johann Christian Reich en 1785, à l'occasion des ascensions qu'il avait effectuées à Nuremberg et à Francfort. Le musée Carnavalet en conserve plusieurs exemplaires (ND 4338 à 4343).

  • Le vaisseau volant de Blanchard, Magasin pittoresque, Paris, 1853, p. 267.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Il ne s’agissait pas, ainsi qu’on l’a parfois affirmé à tort, de Napoléon Bonaparte.
  2. Biographie universelle, ancienne et moderne, T.1, Bruxelles, 1843-1847
  3. Jean-Pierre Blanchard, physicien-aéronaute, par Léon Coutil, Imp. Charles Hérissey, 1911

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :