Idel Ianchelevici

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Idel Ianchelevici (Léova (en) (Bessarabie), 1909 - Maisons-Laffitte, 1994) est sculpteur, dessinateur belgo-roumain.

Biographie[modifier | modifier le code]

C'est en 1928 qu'il quitte la Roumanie pour la Belgique où il se livre tout entier à ses passions, la sculpture et le dessin. Après son service militaire, effectué dans son pays natal, Ianchelevici arrive à Liège et s'inscrit à l'académie des beaux-arts de la ville où il remporte en 1933, le premier prix de statuaire.

Marié la même année à Elisabeth Frenay, il gagne la capitale et participe en 1935 à la réalisation du pavillon roumain pour l'Exposition internationale universelle de Bruxelles. Les expositions personnelles se succèdent ensuite de Bruxelles à Tel-Aviv, en passant par Paris et Amsterdam etc.

Sous l'Occupation, Ianchelevici est réfugié à Maransart, dans la maison d'enfants "La Clé des Champs" de Betty Lavachery, qui y conduit une action de résistante aux côtés de la mère d'Haroun Tazieff, Zénitta, et de celui-ci. C'est à la Clé des Champs qu'Ianchilevici réalisa le buste de "Rosette", pseudonyme de la fille -juive- d'Eugen Fried, délégué de la Troisième Internationale auprès du PCF, et d'Ana Pauker qui deviendra Ministre des Affaires étrangères de Roumanie après la guerre. Les Tazieff comptaient parmi les plus proches amis de Ianchelevici.

1945 est une année importante: Ianchelevici acquiert la nationalité belge et sa célèbre statue "l'Appel" est officiellement inaugurée à La Louvière. Dix ans plus tard, Ianchelevici obtient une bourse pour le Congo belge où il conçoit trois statues destinées à compléter le fameux monument Henry Morton Stanley à Léopoldville (aujourd'hui Kinshasa) et y réalise de très beaux dessins. Il expose dans de nombreux pays. En 1987, un musée Ianchelevici est ouvert à La Louvière. Un centre culturel lui est consacré en France, à Maisons-Laffitte, où il s'est installé dès 1950 et où il s'éteint le 26 juin 1994 dans sa 86e année.

L'œuvre[modifier | modifier le code]

Sculpter, dessiner sont pour Idel Ianchelevici occupations de toujours. Dès l'enfance, il a dessiné et modelé, poussé par l'exigence d'un besoin d'expression. Envisageant vaguement des études de médecine, Ianchelevici suit les conseils d'un de ses frères ; il quitte ainsi son pays en 1928 pour se plonger dans les milieux artistiques d'Europe occidentale.

Vers les années 1930, le climat des luttes ouvrières filtre le monde clos de son atelier. Il s'inspire alors de personnages populaires animés par un tourment intérieur et recherche un langage plastique qui puisse traduire ces aspects de la vie sociale. Ses personnages sont expressifs, puissants (« Conspiration », « Monument national au prisonnier politique » érigé à Breendonk en 1954). Dès 1939, le sculpteur s'essaye à des compositions de groupes et travaille en grand format, c'est l'époque de « l'Appel ».

À partir de 1945, Ianchelevici se met à sculpter le marbre et la pierre, matériaux difficiles à travailler qui imposent une simplification des formes. Les membres s'étirent, deviennent plus longs et plus souples. Les personnages émergent littéralement de la matière avec laquelle ils font corps. Pas de vide, pas d'interstice : la masse et le volume dirigent la composition (Paternel). En même temps, les thèmes changent et s'inspirent des silhouettes juvéniles de modèles aux formes naissantes (Ève). La carrière de l'artiste amorce un tournant important. Ianchelevici ne cessera de simplifier et de schématiser les traits du visage. Ce besoin d'épurer le corps humain trouve son meilleur accomplissement dans les figures en bronze (Jeune femme à l'enfant).

Parallèlement à son activité de sculpteur, Ianchelevici n'a jamais abandonné le crayon bien qu'il considère que sculpture et dessin soient deux disciplines indépendantes. Ses dessins ne sont d'ailleurs pas des croquis préparant le travail du sculpteur mais des œuvres en soi ("Le retour du pré").

Ianchelevici a réalisé des centaines de sculptures et des milliers de dessins. La plus grande partie de son œuvre se trouve à La Louvière depuis que l'artiste décida d'en faire don à une Fondation.

Ianchelevici dans le monde[modifier | modifier le code]

De nombreuses œuvres appartiennent à des collections dans tous les parties du monde:

  • France
    • Paris (ministère des Affaires culturelles)
  • Hollande
    • La Haye
    • Amsterdam (Stedelijk Museum)
  • Grand Duché du Luxembourg
    • Luxembourg (Musée de la Ville)("Le voile")
  • États-Unis
    • New-York
    • San Francisco
  • Israël
    • Haïfa ("Galician Jewry Memorial", "A la résurrection d'Israël")
    • Tel-Aviv (Musée d'Art moderne)
  • Congo (ex-Zaïre)
    • Kinshasa ("Monument Stanley")
  • Roumanie
    • Bucarest ("L'aînée")

En Europe, les principaux musées consacrés à l'œuvre de Ianchelevici sont à :

Source[modifier | modifier le code]

Documents communiqués par le Musée Ianchelevici de La Louvière.

Liens externes[modifier | modifier le code]