Histoire de la Caroline du Nord

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Sir Walter Raleigh (et son fils), explorateur anglais

Peuplé par l'homme depuis plus de 12 000 ans au gré des vagues de migration, son territoire est partagé par diverses tribus dont les Cherokees, Tuscarora, Cheraw, Pamlico, Meherrin, Coree, Machapunga, Indiens du Cape Fear, Waxhaw, Saponi, Tutelo, Waccamaw, Coharie, Woccon et Catawba. Elle fut le second territoire américain colonisé par l'Angleterre. Découvert en 1512 par l'Espagnol Juan Ponce de León et connu longtemps à partir de 1663 sous le nom de colonie d'Albemarle, du nom de l'estuaire d'Albemarle, Aumale en français (ainsi désigné en l'honneur du conseiller George Monck fait duc d'Aumale et bénéficiaire du comté de Moncks Corner par Charles II), le pays fut concédé en 1584 par Élisabeth à Walter Raleigh, qui tenta, mais sans succès, d'y former un établissement. En 1562, le Français Jean Ribault, envoyé par Charles IX, s'établit dans la Caroline du Sud, et donna au pays le nom de Caroline, en l'honneur de son roi (cf. Fort Caroline) ; mais en 1565 les Espagnols surprirent la colonie française et la massacrèrent. Quelque temps après, Dominique de Gourgues fut envoyé avec trois vaisseaux pour venger le massacre des Français, mais il n'essaya pas de relever la colonie.

Ensuite, pendant un siècle, la présence de l'homme blanc est restée proche de zéro, si l'on exclut un timide hameau installé au sud de la Chesapeake par des colons de Virginie. En 1663, peu après la restauration de la dynastie Stuart et la fin de Première Révolution anglaise, Charles II d'Angleterre donna les terres à huit propriétaires en remerciement de leur soutien militaire : le chancelier Edouard Hyde, 1er comte de Clarendon, le général George Monck, duc d'Albemarle, lord Craven, lord John Berkeley, lord Anthony Ashley Cooper, comte de Shaftesbury, sir George de Carteret et sir William Berkeley. La plupart d'entre eux importent des esclaves après la création en 1672 de la Compagnie Royale d'Afrique, pour leurs vastes plantations de tabac. En 1729, leurs descendants en cédèrent la propriété au gouvernement britannique (sauf John Carteret qui négocia avantageusement ses droits) qui divisa tout le pays en deux États, la Caroline du Nord et la Caroline du Sud, celle-ci incluant la future Georgie, et qui le posséda jusqu'à la déclaration d'indépendance en 1775. En 1670, John Locke avait donné une constitution à la Caroline ; mais cette constitution ne put être appliquée.

La Caroline est créée dès 1663 par des émigrés de la Barbade, à la mort d'Olivier Cromwell, lors de la restauration catholique, le roi Charles II d'Angleterre accordant une charte à ses partisans[1] qui fondent une Compagnie privée, dont le premier gouverneur arrive en 1664, mais qui végète.

En 1704 des huguenots s'installent plus loin. Leurs terres sont divisées en deux en 1711. À partir de 1710, la Caroline du Nord, qui n'a 6 000 habitants, commence à grandir, avec une population de 43 000 en 1749, soit sept fois plus, dont beaucoup d'Écossais chassés par les Highland Clearancesans[1]. Entre temps, la rébellion de Culpepper en 1677, et la rébellion de Quaker-led-Cary en 1708 et la guerre indienne de Tuscarora entre 1711 et 1713, ou de nombreux raids de piraterie déchirent la colonie, comme c'est aussi le cas en Virginie. À cause de ces tensions religieuses et sociales, l'Angleterre supprime les chartes dès 1686 pour transformer la Nouvelle-Angleterre en dominion, administrée par un gouverneur nommé et révocable par le roi. Mais les assemblées continuent.

La Caroline est séparée en deux en 1729 après la première grande révolte noire. Les protestants vont au Nord. La Caroline du Sud aux origines irlando-barbadaise depuis 1664, fut l'une des premières à pratiquer la traite des esclaves indiens. Dès 1720 près de 65 % de la population était constituée d'esclaves. C'est même 90 % en 1728, quand les 28 000 Noirs de l'ethnie Gullah se révoltent et menacent de tuer les 3 000 blancs. Repliés au Fort Antoine, ils sont repris par des troupes de Jamaïque. Les évadés sont cachés dans les villages séminoles à qui ils transmettent la connaissance du riz de Sierra Leone. Nouvelle révolte noire en 1739, la rébellion de Stono (incendie de sept plantations, meurtre de 20 blancs et fuite du gouverneur William Bull), puis en 1741 [2]. Les blancs embauchent des vigiles à tour de bras. Une loi de la Caroline du Sud prononce une amende de 100 livres sterling contre le maître qui apprend à lire à ses esclaves.

Vers 1750, la guerre contre les esclaves est déjà gagnée. Les deux Carolines comptent 100 000 habitants, autant que la Virginie. La traite passe par l'île africaine de Bunce, en Sierra Leone, où la firme anglaise Grand, Sargent and Oswald achète des esclaves de l'ethnie Gullah, celle d'Oncle Bens, pour approvisionner les plus riche planteur en riz et futur représentant de la colonie Henry Laurens, qui exporte du bois (acheté au Piémont des Appalaches en échange de riz) par Charleston, devenu le plus grand port du Sud[3]. Les plantations de riz, introduites par les noirs évadés vers 1730, rivalisent avec celles de tabac, et nourrissent les nombreux colons du Piémont des Appalaches. Certains immigrants d'origine irlandaise et allemande préfèrent aller vers le nord-ouest, en Virginie, dans la vallée de Shenandoah.


La Caroline connut dans les années 1730, une forte immigration de familles modestes écossaises qui s'installèrent au pied des Appalaches. Grâce à leur implication, la Caroline sera la treizième des treize colonies qui se sont révoltées contre la domination britannique lors de la guerre d'Indépendance.

Notes et références[modifier | modifier le code]