Guy Novès

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Guy Novès

alt=Description de l'image Guy Noves - US Oyonnax vs. Stade Toulousain, 19th April 2014.jpg.
Fiche d'identité
Naissance 5 février 1954 (60 ans)
à Toulouse[1] (France)
Taille 1,8 m (5 11)
Surnom le gitan[2]
Position Ailier puis Entraineur
Carrière en senior
Période Équipe M (Pts)a
1975-1988 Stade toulousain 259 (415)[3]
Carrière en équipe nationale
Période Équipe M (Pts)b
1977-1979 Drapeau : France France 7 (0)
Carrière d'entraîneur
Période Équipe  
1988-1990
1993-
Stade toulousain
Stade toulousain

a Compétitions nationales et continentales officielles uniquement.
b Matchs officiels uniquement.
Dernière mise à jour le 15 février 2013.

Guy Novès, né le 5 février 1954 à Toulouse, est un joueur de rugby à XV, ailier gauche, puis entraîneur et enfin manager du Stade toulousain. Avec dix titres de champion de France et quatre titres de champion d'Europe, il est l'entraîneur français le plus titré.

En 2005, il reçoit le Trophée du Tankard de la presse britannique spécialisée (réunie au sein du Rugby Union Writers Club depuis 1961) du meilleur entraîneur européen et pour l'année 2006, est nommé Chevalier de la Légion d'honneur. En 2010, à l'occasion des quinze ans de l'ERC, il se voit décerner le prix du meilleur entraîneur européen des quinze dernières années par l'ERC[4].

En août 2011, il décline la proposition de sélectionneur de l'équipe de France. Trop attaché au club de son cœur et concentré sur les projets en cours dont il souhaite voir les fruits, il choisit de rester manager général du Stade toulousain[5].

Biographie[modifier | modifier le code]

Né en 1954, Guy Novès pratique tout d'abord l'athlétisme. Il est recordman de France cadet du 1 200 mètres, avant de passer au rugby à 20 ans[6]. Il passe toute sa carrière dans le club du Stade toulousain.

Fils d'un ouvrier, petit-fils d'un chiffonnier, républicain espagnol réfugié, il assume ses idées de droite. « Je suis pour reconnaître ceux qui travaillent. Je n'avais rien ; j'ai ramassé des cartons pour gagner de l'argent. Ma femme est anesthésiste, ­onze ans d'études, elle a sacrifié sa jeunesse. Pendant ce temps, certaines prenaient du bon temps, fumaient des joints. À Noël, cette année, elle a passé des nuits blanches au bloc opératoire. Je veux dire qu'aujourd'hui, il me semble que la droite met plus en valeur l'importance du travail[6]. »

Dans la vie privée, il préserve son jardin secret. Père de deux filles (Valérie et Julie) et d'un garçon (Vincent Terrail-Noves, maire de Balma et conseiller régional de Midi-Pyrénées), il se ressource à Leucate, siège de ses vacances d'enfant[2] où il a ses attaches. Ancien pratiquant d'athlétisme, il a continué le sport à la fin de sa carrière, gardant une allure de sportif.

Depuis le 2 janvier 2011, il est aussi grand-père d'une petite Éloïse. L'information a amplement été relayée lorsqu'il a fait sortir du terrain son gendre Vincent Clerc d'un Toulouse-Castres. Cette sortie sans raison apparente, ni blessure, ni mauvaise performance, fut donnée à la fin du match : sa femme venait d'entrer en salle d'accouchement. Guy l'explique en ces termes : « Dans la vie, certaines choses sont bien plus importantes qu'un match de rugby. Là, c'était Vincent, mais si la situation s'était présentée avec un autre joueur, j'aurais agi de la même façon. C'est un fait de vie. Ce sont des choses simples » [7].

Carrière de joueur[modifier | modifier le code]

Avant de débuter au rugby, Guy pratique l'athlétisme à haut niveau. Il détient toujours le record du 1 200 mètres cadet avec 3 min 16 s 04. Ce record n'est pas prêt d'être battu, la distance n'étant plus courue[a 1].

Guy porte durant treize saisons le maillot de la ville rose entre 1975 et 1988. Il conquiert deux titres de champion de France en 1985 et 1986. Il complète son palmarès avec un challenge Yves du Manoir en 1988.

Ailier gauche, il accomplit la deuxième moitié de sa carrière sous la férule du duo d’entraîneurs Villepreux-Skrela. Adeptes d'un jeu de mouvement, ils inculquent un style au club, fait de conquête et de jeu de passes ; ce jeu, Guy Novès va l'apprendre, l'apprécier et en faire siens les principes.

Carrière d'entraîneur-manager[modifier | modifier le code]

Au Stade toulousain[modifier | modifier le code]

Guy Novès, lors de l'échauffement avant la rencontre de top 14 Stade toulousain contre l'USA Perpignan, 5 novembre 2011

Le style de jeu initié par ses prédécesseurs est repris par Guy Novès. Il va donner à Toulouse le plus beau palmarès du rugby à XV français en 2010. Sa carrière d'entraîneur débute en 1989[1]. En quelques années, il donne l'impression d'une continuité dans le changement.

Il est professeur de gym pendant plus de vingt ans au collège de Pibrac, remportant six titres de champion de France scolaires avec l'équipe de l'établissement. Il a d'ailleurs eu comme élèves David Skrela et Grégory Morales, qui ont joué sous ses ordres au Stade toulousain.

Lors de sa prise de fonction, il débute en même temps que son président, Jean-René Bouscatel. Confronté à des joueurs qu'il côtoyait sur le terrain quelques mois auparavant, une fronde tente de faire de son inexpérience une autogestion collective de l'équipe. Il laisse faire un temps avant de recevoir le soutien de son président. Il le raconte en ces mots : « J'ai laissé faire et attendu que ça passe. Le club était fragile- 1,5 million d'euros de déficit, deux fois son budget de l'époque-, le président René Bouscatel venait d'arriver et il y avait des failles à exploiter. Certains joueurs ont voulu en profiter[6]. »

Guy Novès est rappelé un soir de 1993 par Jean-René Bouscatel pour redevenir entraîneur. En 1994, Serge Laïrle le rejoint comme coentraîneur. Durant quatre ans, leur collaboration est pour le moins efficace avec quatre titres de champion de France, le challenge Yves du Manoir 1995 et la première coupe d'Europe en 1996. Le départ de Serge Laïrle va entraîner une montée en puissance de l'influence de Guy Novès sur le club. La fin de carrière d'Albert Cigagna laissait entrevoir aux supporters l'entrée du capitaine emblématique dans le staff technique ; il n'en sera rien et l’entraîneur mène seul sa barque à la tête d'une génération de joueurs d'exception. Son omnipotence va faire quitter le club à quelques joueurs emblématiques avec qui Novès ne souhaitait pas partager la vedette ; Christian Califano part en Nouvelle-Zélande, Christophe Deylaud à Agen, Stéphane Ougier arrête sa carrière. Il se murmure que l'éminence grise de Jean-René Bouscatel a pris les rênes sportives du club, sans envie de les partager[8].

En 2001, il quitte son poste de professeur de gym (qu'il détenait depuis 1978) pour se consacrer entièrement à son poste d'entraîneur. Il s'entoure d'une équipe d'une dizaine de personnes[6] et prend pour adjoint Philippe Rougé-Thomas. Puis Yannick Bru en juin 2007. Guy Novès choisit des hommes du club ; formés par lui, ils sont parfaitement rodés aux exigences du maître à jouer et leur complémentarité donne des résultats tangibles. Rougé-Thomas dit de lui : « Il est comme un grand frère. Je suis un privilégié de me trouver à ses côtés. Nous avons une confiance mutuelle. Quand ça ne va pas, il sait me recadrer. Honnête, droit et exigeant, quant au jeu pratiqué et aux résultats, c'est un grand compétiteur qui ne lâche rien[2]. » À partir de la saison 2010-2011, Guy Novès prend pour adjoint l'ancien demi de mêlé Jean-Baptiste Élissalde pour entraîner les lignes arrières, Rougé-Thomas devenant directeur du centre de formation du Stade toulousain.

Homme de terrain, il assiste aux matchs de son club au bord de la touche, laissant à un de ses adjoints le rôle d'observer du haut des tribunes le mouvement dans son ensemble. Souvent accroupi, le plus près possible de la ligne de touche, il ne laisse à personne le soin de donner les dernières consignes au joueur qui doit entrer en cours de jeu. Entraîneur qui a fait passer au Stade toulousain le cap du professionnalisme, Guy Novès a parfaitement assimilé la pratique du coaching qu'il maîtrise très bien[2].

Refus de l'équipe de France[modifier | modifier le code]

En 2011, Pierre Camou, préparant la succession de Marc Lièvremont à la tête de l'équipe de France, a proposé le poste à Guy Novès. Ce dernier a refusé. Il n'aurait pu occuper cette fonction sans dépouiller le staff de Toulouse : « Je ne peux travailler qu'avec des gens de confiance. Cela voulait donc dire partir avec pas mal de mecs de chez moi, notamment Yannick Bru et Jean-Baptiste Élissalde. » Le côté familial a aussi compté, son père âgé souhaitant qu'il reste à Toulouse[9].

Le personnage[modifier | modifier le code]

Personnage emblématique de son club, Guy Novès est un manager omniprésent. À l'entraînement, sur le banc ou devant les micros, il occupe la scène, plus médiatisé que son président, Jean-René Bouscatel. Adulé ou détesté, le maître à jouer du XV rouge et noir ne laisse pas indifférent[2].

Fabien Pelous, capitaine des années 2000, dit de lui que c'est un gagneur : « Quand je pense à lui, je pense à la soif de victoire. Toute sa vie semble intimement liée à cette envie de vaincre et de sans cesse s'améliorer[2]. » Il le sait aussi meneur d'hommes : « Il sait lire dans les hommes comme dans un livre. Sa capacité à cerner les caractères afin de tirer le meilleur de l'individu n'a pas d'équivalent. Tous les joueurs qui sont passés par le Stade ont du respect pour cet homme. Depuis onze ans que je suis dans ce club, je sais ce qu'il va dire ou sur quel point il va insister, mais pourtant, il fait encore mouche[10]. »

Homme très rigoureux envers lui-même, il mène une vie saine et fait beaucoup de sport. Sa rigueur personnelle, il l'exige de tous ses collaborateurs et joueurs. Un brin paternaliste, il ne critique jamais ses hommes en public ; au besoin, il les défend même devant la presse ou contre les « cadences infernales » imposées par le calendrier[11]. Chef de file de tout le club, avec lui, les joueurs ne parlent que de rugby. Lorsqu'une occasion de parler des à-côtés du terrain s'offre, c'est le manager qui prend la parole. Parfois adepte de la langue de bois et souvent de l'intox d'avant match, il donne l'image d'un homme strict. Lors des réjouissances des victoires, il s'efface, laissant ses hommes montrer leur joie[2].

« Novès a une peur bleue qu'on lui prenne son morceau de viande. Il veut la réussite du club, mais sous son autorité[6]. »

— Karl Janik

Palmarès[modifier | modifier le code]

Joueur[modifier | modifier le code]

En club[modifier | modifier le code]

En équipe nationale[modifier | modifier le code]

Entraîneur[modifier | modifier le code]


À l'issue de la saison 2013-2014, il a coaché 786 fois les rouges et noirs en match officiel (559 victoires, 19 nuls, 208 défaites)[3]

  • 578 matchs de championnat de France (421 victoires, 14 nuls, 143 défaites)
  • 138 matchs de coupe d'Europe (97 V, 3 N, 38 D)
  • 37 matchs de challenge Yves du Manoir (22 V, 1 N, 14 D)
  • 13 matchs de coupe de France (7 V, 1 N, 5 D)
  • 12 matchs de coupe de la Ligue (9 V, 0 N, 3 D)
  • 7 matchs de challenge Sud Radio (3 V, 0 N, 4 D)
  • 1 match de challenge européen (0 V, 0 N, 1 D)
Saison Équipe Division Poste Classement Coupe d'Europe Challenge Européen
1988 - 1989 Stade toulousain Drapeau : France 1re Division Adjoint Champion de France - -
1989 - 1990 Stade toulousain Drapeau : France 1re Division Coentraîneur Éliminé en demi-finale - -
1993 - 1994 Stade toulousain Drapeau : France 1re Division Coentraîneur Champion de France - -
1994 - 1995 Stade toulousain Drapeau : France 1re Division Coentraîneur Champion de France - -
1995 - 1996 Stade toulousain Drapeau : France 1re Division Coentraîneur Champion de France Champion d'Europe -
1996 - 1997 Stade toulousain Drapeau : France 1re Division Coentraîneur Champion de France Éliminé en demi-finale -
1997 - 1998 Stade toulousain Drapeau : France 1re Division Coentraîneur Éliminé en demi-finale Éliminé en demi-finale -
1998 - 1999 Stade toulousain Drapeau : France 1re Division Coentraîneur Champion de France Éliminé en quart-de-finale -
1999 - 2000 Stade toulousain Drapeau : France 1re Division Coentraîneur Éliminé en demi-finale Éliminé en demi-finale -
2000 - 2001 Stade toulousain Drapeau : France 1re Division Manager Champion de France Éliminé en poule -
2001 - 2002 Stade toulousain Drapeau : France TOP 16 Manager Éliminé en demi-finale Éliminé en poule -
2002 - 2003 Stade toulousain Drapeau : France TOP 16 Manager Défaite en finale Champion d'Europe -
2003 - 2004 Stade toulousain Drapeau : France TOP 16 Manager Éliminé en demi-finale Défaite en finale -
2004 - 2005 Stade toulousain Drapeau : France TOP 16 Manager Éliminé en demi-finale Champion d'Europe -
2005 - 2006 Stade toulousain Drapeau : France TOP 14 Manager Défaite en finale Éliminé en quart-de-finale -
2006 - 2007 Stade toulousain Drapeau : France TOP 14 Manager Éliminé en demi-finale Éliminé en poule -
2007 - 2008 Stade toulousain Drapeau : France TOP 14 Manager Champion de France Défaite en finale -
2008 - 2009 Stade toulousain Drapeau : France TOP 14 Manager Éliminé en demi-finale Éliminé en quart-de-finale -
2009 - 2010 Stade toulousain Drapeau : France TOP 14 Manager Éliminé en demi-finale Champion d'Europe -
2010 - 2011 Stade toulousain Drapeau : France TOP 14 Manager Champion de France Éliminé en demi-finale -
2011 - 2012 Stade toulousain Drapeau : France TOP 14 Manager Champion de France Éliminé en quart-de-finale -
2012 - 2013 Stade toulousain Drapeau : France TOP 14 Manager Éliminé en demi-finale Éliminé en poule Éliminé en quart-de-finale
2013 - 2014 Stade toulousain Drapeau : France TOP 14 Manager Éliminé en barrages Éliminé en quart-de-finale -

Distinction personnelle[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • Le Rugby, Paris, Milan Jeunesse, 2007 ;

Divers[modifier | modifier le code]

En 2011, il fait une apparition dans Le Fils à Jo, réalisé par Philippe Guillard. Lors de la scène du repas de noces célébré sur un terrain de rugby, Guy Novès porte un toast à la famille que vient de fonder Jo Cannavaro, le personnage incarné par Gérard Lanvin.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Guy Novès sur le site du Stade toulousain, consulté le 21 mai 2010.
  2. a, b, c, d, e, f et g L'incomparable Guy Novès sur le site 01 men, consulté le 9 mai 2010
  3. a et b « Les 1000 matches de Guy Novès », sur lequipe.fr,‎ 15 février 2012
  4. Angelina Lacroix, « Annonce des lauréats des Prix ERC15 », sur ercrugby.com, ERC,‎ 17 mai 2010 (consulté le 17 mai 2010)
  5. « Les raisons de Novès », Site lequipe.fr (consulté le 28 août 2011)
  6. a, b, c, d et e Guy Novès, chef en son fief, article du 14 janvier 2005, consulté en ligne sur le site de Libération, le 9 mai 2010
  7. « Top 14, Toulouse : Novès, un grand-père attentionné », sports.fr,‎ 4 janvier 2011 (consulté le 15 janvier 2011)
  8. Albert Cigagna, génération désenchantée, article du 26 janvier 2004 sur le site de lexpress.fr, consulté le 9 mai 2010.
  9. Jean-Christophe Collin et Christian Jaurena, « Entretien avec Guy Novès », L'équipe, no 21143,‎ 2 juin 2012, p. 34 (ISSN 02453312)
  10. Guy Novès, on l'aime ou on le déteste sur le site Rouges et noirs de Picardie, supporters du stade toulousain, consulté le 9 mai 2010.
  11. Guy Novès fatigué de fournir des internationaux, article du 27 octobre 2009, consulté en ligne sur le site de 20 minutes, le 9 mai 2010

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bruno Fabioux & Henri Rozès, Stade Toulousain : Un siècle de rugby en rouge et noir, Midi olympique éditions, 216 p. (ISBN 2-9524-731-2-9)
  1. p. 137

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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