Grand Prix automobile d'Italie 1953

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Grand Prix d'Italie 1953

Tracé de la course

Drapeau Circuit de Monza

Données de la course
Nombre de tours 80
Longueur du circuit 6,3 km
Distance de course 504 km
Résultats
Vainqueur Drapeau de l’Argentine Juan Manuel Fangio,
Maserati,
h 49 min 45 s 9
(vitesse moyenne : 178,129 km/h)
Pole position Drapeau de l'Italie Alberto Ascari,
Ferrari,
min 2 s 7
(vitesse moyenne : 184,841 km/h)
Record du tour en course Drapeau de l’Argentine Juan Manuel Fangio,
Maserati,
min 4 s 5
(vitesse moyenne : 182,169 km/h)

Le Grand Prix d'Italie 1953 (XXIV° Gran Premio d'Italia), disputé sous la réglementation Formule 2 sur le circuit de Monza le 13 septembre 1953, est la trente-deuxième épreuve du championnat du monde de Formule 1 courue depuis 1950 et la neuvième manche du championnat 1953.

Contexte avant le Grand Prix[modifier | modifier le code]

Le championnat du monde[modifier | modifier le code]

Les championnats du monde 1952 et 1953 auraient dû se disputer sous la réglementation formule 1 4500 cm3 (ou 1500 cm3 si suralimentation). Le désengagement des principaux constructeurs à la fin de la saison 1951 conduisit toutefois les instances sportives à imposer la formule 2 (moteurs deux litres atmosphériques ou 500 cm3 suralimentés) pour les épreuves mondiales, dans l'attente de la nouvelle réglementation F1 2500 cm3 en vigueur à partir de 1954.

Depuis deux saisons, la Scuderia Ferrari domine le championnat grâce à la 500 F2 qui a remporté toutes les épreuves à l'exception des 500 miles d'Indianapolis, disputés avec des monoplaces spécifiques. Depuis à sa victoire au Grand Prix de Suisse, la cinquième de l'année, Alberto Ascari s'est déjà assuré le titre 1953. Malgré cette éclatante réussite, Enzo Ferrari a annoncé que la course de Monza serait la dernière pour son écurie[1], prétextant des problèmes de budget. Il s'agit en fait d'une manœuvre destinée à obtenir des aides du gouvernement italien, mais cette déclaration a incité les organisateurs du Grand prix d'Espagne, prévu le 26 octobre, à annuler leur épreuve[2]. Le Grand Prix d'Italie devient ainsi la dernière épreuve du championnat, avec pour principal enjeu la seconde place du championnat du monde à laquelle peuvent prétendre Giuseppe Farina, Juan Manuel Fangio et Mike Hawthorn. C'est également la dernière occasion pour l’équipe Maserati, dont les puissantes monoplaces ont à plusieurs reprises frôlé la victoire cette saison, de battre Ferrari.

Le circuit[modifier | modifier le code]

Article détaillé : circuit de Monza.
Autodromo Nazionale Monza
Vue aérienne de l'autodrome de Monza.

Situé à environ vingt kilomètres au nord de Milan, la piste de Monza est l'une des plus rapides d'Europe. Son tracé en L, comportant une longue ligne droite et des courbes rapides, favorise les courses en peloton, où l'aspiration joue un rôle prépondérant. La barre des 200 km/h au tour a été atteinte par Juan Manuel Fangio lors des essais en 1951, avec une Alfa Romeo Alfetta de plus de 400 chevaux. Les moyennes réalisées par les meilleures formules 2, qui disposent d'une puissance deux fois moindre, sont de l'ordre de 180 km/h.

Monoplaces en lice[modifier | modifier le code]

  • Ferrari 500 et 553 "Usine"
Ferrari 500 F2.
La Ferrari 500, dominatrice des championnats 1952 et 1953.

Grâce à la souplesse de son quatre cylindres et à ses grandes qualités de tenue de route, freinage et motricité, la Ferrari 500 F2 connaît une exceptionelle réussite, invaincue en championnat du monde depuis deux saisons. Dans sa dernière évolution, avec un moteur développant 185 chevaux à 7500 tr/min et un poids à sec de 615 kg, sa vitesse de pointe est de l'ordre de 265 km/h[3]. Alberto Ascari, Giuseppe Farina, Luigi Villoresi et Mike Hawthorn disposent de leurs monoplaces habituelles, tandis qu'Umberto Maglioli et Piero Carini font débuter les nouvelles 553, à châssis tubulaire et réservoirs latéraux. Au côté des six voitures d'usine, Louis Rosier a engagé sa Ferrari 500 personnelle.

  • Maserati A6SSG "Usine"

Avec son six cylindres en ligne développant plus de 190 chevaux, la A6SSG (également appelée A6GCM « Interim ») est la monoplace la plus puissante et la plus rapide du plateau. Leader de l'équipe, Juan Manuel Fangio dispose ici d'une version encore plus performante (plus de 200 chevaux), déjà utilisée aux essais du Grand Prix de Suisse. Toutefois, la Maserati, dont le châssis est équipé d'un pont arrière rigide, s'avère délicate à piloter, nettement moins efficace que la Ferrari 500 au niveau de la motricité et du freinage. Elle s'avère néanmoins redoutable sur les circuits rapides. Fangio est épaulé par ses coéquipiers habituels Felice Bonetto et Onofre Marimon, José Froilán González étant quant à lui toujours indisponible suite à son accident survenu fin juillet aux essais du Grand Prix de Lisbonne[4]. Il est remplacé par Sergio Mantovani et Luigi Musso, qui se partagent le volant de la quatrième voiture d'usine. Emmanuel de Graffenried engage une voiture identique, préparée par la Scuderia Platé, et la Scuderia Milano a amené deux A6GCM de l'année précédente pour le Brésilien Chico Landi et le Prince Bira.

  • Gordini T16 "Usine"
Gordini
Une saison 1953 décevante pour les Gordini T16.

Amédée Gordini a engagé trois T16 pour Jean Behra, Maurice Trintignant et Roberto Mieres. Ces agiles monoplaces sont équipées d'un six cylindres en ligne développant environ 160 chevaux. Le manque de moyens de la petite structure a sérieusement nui à la préparation des voitures cette saison[5], et seul Trintignant est parvenu à terminer une fois dans les points, s'étant classé cinquième lors du Grand Prix de Belgique.

  • HWM 53 "Usine"

Disposant d'un moteur Alta d'une puissance de l'ordre de 160 chevaux, ces monoplaces britanniques sont équipées d'une boîte de vitesses pré-sélective Wilson[6]. Pilote numéro un de l'équipe, Lance Macklin est épaulé par le Français Yves Giraud-Cabantous et par l'Américain John Fitch qui effectue à Monza ses débuts en championnat du monde.

  • Connaught A "Usine"

Après avoir fait l'impasse sur le Grand Prix de Suisse, l'équipe Connaught a engagé pour Monza trois « Type A » à moteur quatre cylindres Lea Francis alimenté par injection[7], d'une puissance de l'ordre de 150 chevaux[8]. Elles sont attribuées aux pilotes britanniques Jack Fairman, Roy Salvadori et Kenneth McAlpine. Johnny Claes dispose d'un modèle identique, engagé par l'Écurie Belge.

  • Cooper T23 "Usine"

Stirling Moss, qui bénéficie du soutien officiel de l'usine, dispose d'une Cooper Mark II (officiellement T23) équipée d'un moteur quatre cylindres Alta. La préparation très soignée de cette monoplace est assurée par Alf Francis. Grâce à l'utilisation de nitrométhane, la puissance dépasse les 180 chevaux[8], conférant à la petite et légère Cooper une vitesse de pointe élevée, au prix d'une consommation importante imposant plusieurs ravitaillements en course[9]. Début août, cette voiture a permis à Moss de se classer troisième du Grand Prix des sables d'Olonnes (hors championnat). Les Britanniques Ken Wharton et Alan Brown disposent quant à eux de T23 à moteur six cylindres Bristol d'environ 150 chevaux, engagées à titre privé.

  • OSCA

La marque créée par les frères Maserati est représentée par le Français Élie Bayol et le vétéran monégasque Louis Chiron, qui ont engagé leurs O.S.C.A. Type 20 personnelles. Relativement lourdes car dérivées du modèle F1 de 1951, ces monoplaces sont équipées d'un moteur six cylindres développant environ 170 chevaux[8].

  • AFM

Tout comme au Grand Prix d'Allemagne, le vétéran allemand Hans Stuck a engagé à titre privé une AFM à moteur six cylindres Bristol.

Coureurs inscrits[modifier | modifier le code]

Liste des pilotes inscrits[10]
no  Pilote Écurie Constructeur Châssis Moteur Pneumatiques
2 Drapeau : Italie Luigi Villoresi Scuderia Ferrari Ferrari Ferrari 500 Ferrari L4 P
4 Drapeau : Italie Alberto Ascari Scuderia Ferrari Ferrari Ferrari 500 Ferrari L4 P
6 Drapeau : Italie Giuseppe Farina Scuderia Ferrari Ferrari Ferrari 500 Ferrari L4 P
8 Drapeau : Royaume-Uni Mike Hawthorn Scuderia Ferrari Ferrari Ferrari 500 Ferrari L4 P
10 Drapeau : Italie Umberto Maglioli Scuderia Ferrari Ferrari Ferrari 553 Ferrari L4 P
12 Drapeau : Italie Piero Carini Scuderia Ferrari Ferrari Ferrari 553 Ferrari L4 P
14 Drapeau : Royaume-Uni Lance Macklin HW Motors HWM HWM 53 Alta L4 D
16 Drapeau : France Yves Giraud-Cabantous HW Motors HWM HWM 53 Alta L4 D
18 Drapeau des États-Unis John Fitch HW Motors HWM HWM 53 Alta L4 D
20 Drapeau : Royaume-Uni Jack Fairman Connaught Engineering Connaught Connaught A Lea Francis L4 D
22 Drapeau : Royaume-Uni Roy Salvadori Connaught Engineering Connaught Connaught A Lea Francis L4 D
24 Drapeau : Royaume-Uni Kenneth McAlpine Connaught Engineering Connaught Connaught A Lea Francis L4 D
26 Drapeau : Belgique Johnny Claes Écurie Belge Connaught Connaught A Lea Francis L4 D
28 Drapeau : Royaume-Uni Stirling Moss Cooper Car Company Cooper Cooper T23 Alta L4 D
30 Drapeau : Royaume-Uni Ken Wharton Privé Cooper Cooper T23 Bristol L6 D
32 Drapeau : Monaco Louis Chiron Privé O.S.C.A. OSCA 20 O.S.C.A. L6 P
34 Drapeau : France Élie Bayol Privé O.S.C.A. OSCA 20 O.S.C.A. L6 P
36 Drapeau : France Maurice Trintignant Equipe Gordini Gordini Gordini T16 Gordini L6 E
38 États-Unis Harry Schell Equipe Gordini Gordini Gordini T16 Gordini L6 E
40 Drapeau : Argentine Roberto Mieres Equipe Gordini Gordini Gordini T16 Gordini L6 E
42 Drapeau : Brésil Chico Landi Scuderia Milano Maserati Maserati A6GCM Maserati L6 P
44 Drapeau : Thaïlande Prince Bira Scuderia Milano Maserati Maserati A6GCM Maserati L6 P
46 Drapeau : Royaume-Uni Alan Brown Equipe Anglaise Cooper Cooper T23 Bristol L6 D
48 Drapeau : République fédérale d'Allemagne Hans Stuck Privé AFM AFM 6 Bristol L6 E
50 Drapeau : Argentine Juan Manuel Fangio Officine Alfieri Maserati Maserati Maserati A6SSG Maserati L6 P
52 Drapeau : Italie Felice Bonetto Officine Alfieri Maserati Maserati Maserati A6SSG Maserati L6 P
54 Drapeau : Argentine Onofre Marimon Officine Alfieri Maserati Maserati Maserati A6SSG Maserati L6 P
56 Drapeau : Italie Sergio Mantovani
Drapeau : Italie Luigi Musso
Officine Alfieri Maserati Maserati Maserati A6SSG Maserati L6 P
58 Drapeau : Suisse Emmanuel de Graffenried Privé Maserati Maserati A6SSG Maserati L6 P
64 Drapeau : France Louis Rosier Écurie Rosier Ferrari Ferrari 500 Ferrari L4 D

Qualifications[modifier | modifier le code]

Deux séances qualificatives sont prévues le vendredi et le samedi précédant la course. Dès la première journée, on assiste à un duel serré entre la Maserati de Juan Manuel Fangio et la Ferrari d'Alberto Ascari, ce dernier se montrant le plus rapide, accomplissant son meilleur tour en 2 min 2 s 9, à la moyenne de 184,5 km/h. Au cours de cette séance, Ascari et son coéquipier Giuseppe Farina ont également essayé les nouvelles Ferrari 553, mais leur ont préféré leurs habituelles 500[3], la nouveauté s'étant révélée deux secondes plus lente aux mains du champion du monde[11].

Le lendemain, Fangio parvient à s'approcher à trois dixièmes de son rival, avec un tour en 2 min 3 s 2. Sentant la menace, Ascari repart à l'attaque et améliore de deux dixièmes son temps réalisé la veille, à près de 185 km/h de moyenne. Fangio ne s'avoue pas vaincu, et à la fin de la séance, livre un dernier baroud d'honneur. Malheureusement pour le champion argentin, un pneu arrière éclate. Alors lancé à plus de 190 km/h, Fangio parvient néanmoins à maîtriser son bolide et à s'arrêter au bord de la piste sans aucun dommage[12]. Ascari s'assure donc la pole position devant Fangio. Troisième à plus d'une seconde de son coéquipier, Farina complète la première ligne. Le premier à s'immiscer parmi les Ferrari et Maserati est une nouvelle fois Maurice Trintignant (Gordini), huitième à trois secondes d'Ascari. Stirling Moss, sur la petite Cooper à moteur Alta, une des voitures les plus rapides en pointe grâce à l'utilisation de nitrométhane, réalise également une belle performance, se qualifiant en dixième position.

Résultats des qualifications
Pos. no  Pilote Écurie Temps Écart
1 4 Drapeau : Italie Alberto Ascari Ferrari 2 min 02 s 7 -
2 50 Drapeau : Argentine Juan Manuel Fangio Maserati 2 min 03 s 2 + 0 s 5
3 6 Drapeau : Italie Giuseppe Farina Ferrari 2 min 03 s 9 + 1 s 2
4 54 Drapeau : Argentine Onofre Marimon Maserati 2 min 04 s 1 + 1 s 4
5 2 Drapeau : Italie Luigi Villoresi Ferrari 2 min 04 s 6 + 1 s 9
6 8 Drapeau : Royaume-Uni Mike Hawthorn Ferrari 2 min 04 s 9 + 2 s 2
7 52 Drapeau : Italie Felice Bonetto Maserati 2 min 05 s 1 + 2 s 4
8 36 Drapeau : France Maurice Trintignant Gordini 2 min 05 s 7 + 3 s 0
9 58 Drapeau : Suisse Emmanuel de Graffenried Maserati 2 min 05 s 9 + 3 s 2
10 28 Drapeau : Royaume-Uni Stirling Moss Cooper 2 min 06 s 6 + 3 s 9
11 10 Drapeau : Italie Umberto Maglioli Ferrari 2 min 06 s 9 + 4 s 2
12 56 Drapeau : Italie Sergio Mantovani Maserati 2 min 07 s 5 + 4 s 8
13 34 Drapeau : France Élie Bayol O.S.C.A. 2 min 07 s 8 + 5 s 1
14 22 Drapeau : Royaume-Uni Roy Salvadori Connaught 2 min 08 s 0 + 5 s 3
15 38 États-Unis Harry Schell Gordini 2 min 08 s 5 + 5 s 8
16 40 Drapeau : Argentine Roberto Mieres Gordini 2 min 08 s 8 + 6 s 1
17 64 Drapeau : France Louis Rosier Ferrari 2 min 08 s 9 + 6 s 2
18 24 Drapeau : Royaume-Uni Kenneth McAlpine Connaught 2 min 09 s 0 + 6 s 3
19 30 Drapeau : Royaume-Uni Ken Wharton Cooper 2 min 09 s 3 + 6 s 6
20 12 Drapeau : Italie Piero Carini Ferrari 2 min 09 s 5 + 6 s 8
21 42 Drapeau : Brésil Chico Landi Maserati 2 min 09 s 7 + 7 s 0
22 20 Drapeau : Royaume-Uni Jack Fairman Connaught 2 min 09 s 9 + 7 s 2
23 44 Drapeau : Thaïlande Prince Bira Maserati 2 min 10 s 1 + 7 s 4
24 46 Drapeau : Royaume-Uni Alan Brown Cooper 2 min 10 s 5 + 7 s 8
25 32 Drapeau : Monaco Louis Chiron O.S.C.A. 2 min 10 s 8 + 8 s 1
26 18 États-Unis John Fitch HWM 2 min 11 s 0 + 8 s 3
27 14 Drapeau : Royaume-Uni Lance Macklin HWM 2 min 11 s 5 + 8 s 8
28 16 Drapeau : France Yves Giraud-Cabantous HWM 2 min 11 s 9 + 9 s 2
29 48 Drapeau : République fédérale d'Allemagne Hans Stuck AFM 2 min 13 s 0 + 10 s 3
30 26 Drapeau : Belgique Johnny Claes Connaught 2 min 14 s 6 + 11 s 9

Grille de départ[modifier | modifier le code]

Grille de départ du Grand Prix et résultats des qualifications[1],[4]
1re ligne Pos. 3 Pos. 2 Pos. 1
Drapeau : Italie
Farina
Ferrari
2 min 03 s 9
Drapeau : Argentine
Fangio
Maserati
2 min 03 s 2
Drapeau : Italie
Ascari
Ferrari
2 min 02 s 7
2e ligne Pos. 6 Pos. 5 Pos. 4
Drapeau : Royaume-Uni
Hawthorn
Ferrari
2 min 04 s 9
Drapeau : Italie
Villoresi
Ferrari
2 min 04 s 6
Drapeau : Argentine
Marimon
Maserati
2 min 04 s 1
3e ligne Pos. 9 Pos. 8 Pos. 7
Drapeau : Suisse
Graffenried
Maserati
2 min 05 s 9
Drapeau : France
Trintignant
Gordini
2 min 05 s 7
Drapeau : Italie
Bonetto
Maserati
2 min 05 s 1
4e ligne Pos. 12 Pos. 11 Pos. 10
Drapeau : Italie
Mantovani
Maserati
2 min 07 s 5
Drapeau : Italie
Maglioli
Ferrari
2 min 06 s 9
Drapeau : Royaume-Uni
Moss
Cooper
2 min 06 s 6
5e ligne Pos. 15 Pos. 14 Pos. 13
Drapeau des États-Unis
Schell
Gordini
2 min 08 s 0
Drapeau : Royaume-Uni
Salvadori
Connaught
2 min 08 s 0
Drapeau : France
Bayol
O.S.C.A.
2 min 07 s 8
6e ligne Pos. 18 Pos. 17 Pos. 16
Drapeau : Royaume-Uni
McAlpine
Connaught
2 min 09 s 5
Drapeau : France
Rosier
Ferrari
2 min 09 s 3
Drapeau : Argentine
Mieres
Gordini
2 min 08 s 7
7e ligne Pos. 21 Pos. 20 Pos. 19
Drapeau : Brésil
Landi
Maserati
2 min 12 s 8
Drapeau : Italie
Carini
Ferrari
2 min 11 s 2
Drapeau : Royaume-Uni
Wharton
Cooper
2 min 10 s 1
8e ligne Pos. 24 Pos. 23 Pos. 22
Drapeau : Royaume-Uni
Brown
Cooper
2 min 14 s 8
Drapeau : Thaïlande
Bira
Maserati
2 min 13 s 6
Drapeau : Royaume-Uni
Fairman
Connaught
2 min 13 s 5
9e ligne Pos. 27 Pos. 26 Pos. 25
Drapeau : Royaume-Uni
Macklin
HWM
2 min 18 s 2
Drapeau des États-Unis
Fitch
HWM
2 min 18 s 1
Drapeau : Monaco
Chiron
O.S.C.A.
2 min 15 s 0
10e ligne Pos. 30 Pos. 29 Pos. 28
Drapeau : Belgique
Claes
Connaught
2 min 28 s 2
Drapeau : République fédérale d'Allemagne
Stuck
AFM
2 min 24 s 1
Drapeau : France
Cabantous
HWM
2 min 20 s 8

Déroulement de la course[modifier | modifier le code]

Le départ est donné par un temps chaud et ensoleillé[4]. Au baisser du drapeau, Juan Manuel Fangio (Maserati) prend un léger avantage, mais un changement de vitesse raté le fait aussitôt retomber derrière les Ferrari d'Alberto Ascari et Giuseppe Farina et la Maserati d'Onofre Marimon. Ce dernier parvient à prendre momentanément la tête, mais au premier passage devant les stands Ascari a repris l'avantage sur le jeune Argentin. Farina et Fangio sont dans leurs roues, suivis par un étonnant Stirling Moss (Cooper) et la Maserati d'Emmanuel de Graffenried. À la fin du second tour, les quatre premiers ont nettement creusé l'écart sur le reste du peloton, alors que Moss s'arrête au stand, suspectant une fuite d'huile. Le pilote britannique repart peu après, mais il a perdu de nombreuses positions. Entre temps, Luigi Villoresi (Ferrari) a pris la cinquième place, juste devant son coéquipier Mike Hawthorn et la Gordini de Maurice Trintignant.

Les quatre hommes de tête se livrent une bataille très serrée, les positions changent continuellement au gré de l'aspiration. Les Maserati bénéficient d'une meilleure vitesse de pointe, les Ferrari d'une meilleure tenue de route. Ascari mène le plus souvent, mais ne parvient pas à se détacher de ses poursuivants. Durant plus de la moitié de la course, le groupe va rester soudé, l'écart entre le premier et le quatrième n'excédant jamais deux à trois secondes. Ce peloton de tête va cependant se réduire à trois voitures lorsqu'au quarante-sixième tour Marimon effectue un tête-à-queue dans la courbe Nord et sort de la piste, endommageant son radiateur d'huile. Il peut repartir, mais doit s'arrêter au stand pour réparation. L'intervention des mécaniciens va durer environ six minutes, et lorsqu'il peut enfin reprendre la course, il est tombé à la treizième place, comptant trois tours de retard sur les leaders.

Ascari, Farina et Fangio restent seuls en tête, mais la lutte pour la victoire reste toujours aussi serrée. Derrière, à bonne distance, la quatrième place est également très disputée entre Villoresi, Hawthorn et Trintignant. Bien que très attardé, Marimon s'accroche au trio de tête lorsque celui-ci le dépasse pour la quatrième fois, et ce sont à nouveau quatre voitures qui roulent de concert sur le devant de la scène. Au cinquantième passage, Fangio mène; il va conserver l'avantage quelques tours, avant qu'Ascari et Farina, toujours soudés l'un à l'autre, ne le dépassent, creusant un léger écart. Fangio parvient toutefois à rejoindre les deux Ferrari de tête, et la lutte reprend de plus belle. Aux trois quart de la course, Villoresi et Hawthorn, qui ont distancé Trintignant, sont rejoints. C'est maintenant un groupe compact de six voitures qui roulent à tombeau ouvert : les deux Ferrari d'Ascari et Farina et la Maserati de Fangio, en lutte pour la victoire, Villoresi et Hawthorn qui comptent un tour de retard, puis Marimon qui en compte trois et dont le seul but est d'aider son coéquipier à vaincre les Ferrari. Prudent, désireux de rester en dehors des débats, Hawthorn n'insiste pas et lève un peu le pied, laissant les cinq autres pilotes en découdre.

À quelques tours de l'arrivée, le combat se fait encore plus intense. Ascari est le plus souvent en tête, mais Farina et Fangio échangent continuellement leurs positions, Villoresi et Marimon restant accrochés à leur sillage. Au soixante-dix-huitième passage devant les tribunes, les deux Ferrari et la Maserati de tête sont pratiquement ex-æquo, l'avantage d'Ascari étant infime, et le suspense est à son comble. Au tour suivant, seulement trois dixièmes de secondes séparent les trois champions, emmenés par Ascari, et le public retient son souffle. À l'abord du dernier virage, la courbe sud, Ascari, toujours en tête, rattrape un attardé et choisit de le passer à l'extérieur. L'espace est très restreint, mais le champion italien est talonné par ses poursuivants et toute hésitation lui ferait perdre un temps précieux. À environ 170 km/h, Ascari s'engouffre dans l'ouverture mais cette partie de la piste est maculée d'huile et la Ferrari effectue un impressionnant tête-à-queue, juste devant Farina et Fangio, au coude à coude. Pour éviter son coéquipier, Farina freine et effectue une embardée à l'extérieur de la piste. Fangio parvient très habilement à éviter les deux Ferrari, plongeant à l'intérieur, et sort de la courbe en tête[13]. Marimon, quant à lui, ne peut éviter de percuter la Ferrari du champion du monde, dont la course s'achève à quelques centaines de mètres de l'arrivée.

Au terme de ce final dramatique, Fangio remporte une victoire historique, donnant à Maserati sa première victoire en championnat et mettant un terme à deux années de domination de la Ferrari 500. Farina, très déçu, termine deuxième à un peu plus d'une seconde. Seuls ces deux pilotes ont accompli l'entièreté de la course. Villoresi, qui a également évité les voitures en perdition, hérite de la troisième place, devançant son coéquipier Hawthorn et un très méritant Trintignant qui a accompli une course exemplaire au volant de sa Gordini.

Classements intermédiaires[modifier | modifier le code]

Classements intermédiaires des monoplaces aux premier, dixième, vingtième, quarantième, cinquantième, soixantième et soixante-dixième tours[14],[15].

Classement de la course[modifier | modifier le code]

Fangio
Vainqueur de l'ultime manche du championnat, Juan Manuel Fangio a mis un terme à la domination Ferrari.
Pos no Pilote Écurie Tours Temps/Abandon Grille Points
1 50 Drapeau de l’Argentine Juan Manuel Fangio Maserati 80 2 h 49 min 45 s 9 2 9
2 6 Drapeau de l'Italie Giuseppe Farina Ferrari 80 2 h 49 min 47 s 3 (+ 1 s 4) 3 6
3 2 Drapeau de l'Italie Luigi Villoresi Ferrari 79 2 h 49 min 49 s 2 (+ 1 tour) 5 4
4 8 Drapeau du Royaume-Uni Mike Hawthorn Ferrari 79 2 h 50 min 7 s 6 (+ 1 tour) 6 3
5 36 Drapeau de la France Maurice Trintignant Gordini 79 2 h 51 min 11 s 0 (+ 1 tour) 8 2
6 40 Drapeau de l’Argentine Roberto Mieres Gordini 77 2 h 50 min 45 s 0 (+ 3 tours) 16  
7 56 Drapeau de l'Italie Sergio Mantovani
Drapeau de l'Italie Luigi Musso
Maserati 76 2 h 50 min 44 s 3 (+ 4 tours) 12  
8 10 Drapeau de l'Italie Umberto Maglioli Ferrari 76 2 h 51 min 50 s 4 (+ 4 tours) 11  
9 38 Drapeau des États-Unis Harry Schell Gordini 75 2 h 50 min 46 s 0 (+ 5 tours) 15  
10 32 Drapeau de Monaco Louis Chiron O.S.C.A. 72 2 h 51 min 27 s 7 (+ 8 tours) 25  
11 44 Drapeau de la Thaïlande Prince Bira Maserati 72 2 h 52 min 12 s 3 (+ 8 tours) 23  
12 46 Drapeau du Royaume-Uni Alan Brown Cooper-Bristol 70 2 h 51 min 12 s 7 (+ 10 tours) 24  
13 28 Drapeau du Royaume-Uni Stirling Moss Cooper-Alta 70 2 h 51 min 44 s 4 (+ 10 tours) 10  
14 48 Drapeau de l'Allemagne Hans Stuck AFM-Bristol 67 + 13 tours 29  
15 16 Drapeau de la France Yves Giraud Cabantous HWM-Alta 67 + 13 tours 28  
16 64 Drapeau de la France Louis Rosier Ferrari 65 + 15 tours 17  
Abd. 4 Drapeau de l'Italie Alberto Ascari Ferrari 79 Accident 1  
Abd. 52 Drapeau de l'Italie Felice Bonetto Maserati 77 Panne d'essence 7  
Abd. 54 Drapeau de l’Argentine Onofre Marimón Maserati 75 Accident 4  
Abd. 58 Drapeau de la Suisse Emmanuel de Graffenried Maserati 70 Moteur 9  
Nc. 20 Drapeau du Royaume-Uni Jack Fairman Connaught-Lea Francis 61 Non classé 22  
Nc. 30 Drapeau du Royaume-Uni Ken Wharton Cooper-Bristol 57 Non classé 19  
Nc. 24 Drapeau du Royaume-Uni Kenneth McAlpine Connaught-Lea Francis 56 Non classé 18  
Abd. 12 Drapeau de l'Italie Piero Carini Ferrari 40 Moteur 20  
Abd. 22 Drapeau du Royaume-Uni Roy Salvadori Connaught-Lea Francis 33 Accélérateur 14  
Abd. 2 Drapeau du Brésil Chico Landi Maserati 18 Moteur 21  
Abd. 34 Drapeau de la France Élie Bayol O.S.C.A. 17 Moteur 13  
Abd. 18 Drapeau des États-Unis John Fitch HWM-Alta 14 Moteur 26  
Abd. 26 Drapeau de la Belgique Johnny Claes Connaught-Lea Francis 7 Distribution d'essence 30  
Abd. 14 Drapeau du Royaume-Uni Lance Macklin HWM-Alta 6 Moteur 27  

Légende :

  • Abd.= Abandon

Pole position et record du tour[modifier | modifier le code]

Tours en tête[modifier | modifier le code]

Classement final du championnat[modifier | modifier le code]

  • attribution des points : 8, 6, 4, 3, 2 respectivement aux cinq premiers de chaque épreuve et 1 point supplémentaire pour le pilote ayant accompli le meilleur tour en course (signalé par un astérisque). Le point du record du tour est partagé entre Alberto Ascari et José Froilán González au Grand Prix de Grande Bretagne.
  • Le règlement permet aux pilotes de se relayer sur une même voiture, les points éventuellement acquis étant alors partagés. Sam Hanks et Duane Carter marquent chacun deux points pour leur troisième place à Indianapolis, Fred Agabashian et Paul Russo marquent chacun un point et demi pour leur quatrième place dans cette même course, Felice Bonetto et José Froilán González marquent chacun deux points pour leur troisième place aux Pays-Bas, Juan Manuel Fangio et Felice Bonetto marquent chacun un point et demi pour leur quatrième place en Suisse.
  • Seuls les quatre meilleurs résultats sont comptabilisés. Alberto Ascari doit donc décompter les huit points acquis en Belgique, les trois points acquis en France et le point acquis en Allemagne, totalisant trente-quatre points et demi effectifs pour quarante-six points et demi marqués. De même, Juan Manuel Fangio doit décompter le point et demi acquis en France, totalisant vingt-huit points effectifs pour vingt-neuf points et demi marqués ; Giuseppe Farina doit décompter les deux points acquis en France et les quatre points acquis en Grande-Bretagne, totalisant vingt-six points effectifs pour trente-deux points marqués ; Mike Hawthorn doit décompter les trois points acquis aux Pays-Bas, les deux points acquis en Grande-Bretagne et les trois points acquis en Italie, totalisant dix-neuf points effectifs pour vingt-sept points marqués ; José Froilán González doit décompter le point acquis en Belgique, totalisant treize points et demi effectifs pour quatorze points et demi marqués.
  • Sur dix épreuves qualificatives prévues pour le championnat du monde 1953, neuf ont effectivement été courues : début septembre les organisateurs du Grand Prix d'Espagne (programmé le 26 octobre) ont annulé l'épreuve suite à l'annonce du forfait de la Scuderia Ferrari pour cette course[2].
Classement des pilotes
Pos. Pilote Écurie Points Drapeau : Argentine
ARG
États-Unis
500
Drapeau : Pays-Bas
NL
Drapeau : Belgique
BEL
Drapeau : France
FRA
Drapeau : Royaume-Uni
GBR
Drapeau : Allemagne
ALL
Drapeau : Suisse
SUI
Drapeau : Italie
ITA
1 Drapeau : Italie Alberto Ascari Ferrari 34,5 (46,5) 9* - 8 (8) (3) 8,5* (1*) 9* -
2 Drapeau : Argentine Juan Manuel Fangio Maserati 28 (29,5) - - - - 7* 6 6 (1,5) 9*
3 Drapeau : Italie Giuseppe Farina Ferrari 26 (32) - - 6 - (2) (4) 8 6 6
4 Drapeau : Royaume-Uni Mike Hawthorn Ferrari 19 (27) 3 - (3) - 8 (2) 4 4 (3)
5 Drapeau : Italie Luigi Villoresi Ferrari 17 6 - 1* 6 - - - - 4
6 Drapeau : Argentine José Froilán González Maserati 13,5 (14,5) 4 - 2 (1*) 4 3,5* - - -
7 Drapeau des États-Unis Bill Vukovich Kurtis Kraft 9 - 9* - - - - - - -
8 Drapeau : Suisse Emmanuel de Graffenried Maserati 7 - - 2 3 - - 2 - -
9 Drapeau : Italie Felice Bonetto Maserati 6,5 - - 2 - - - 3 1,5 -
10 Drapeau des États-Unis Art Cross Kurtis Kraft 6 - 6 - - - - - - -
11 Drapeau : Argentine Onofre Marimon Maserati 4 - - - 4 - - - - -
Drapeau : France Maurice Trintignant Gordini 4 - - - 2 - - - - 2
13 Drapeau des États-Unis Sam Hanks Kurtis Kraft 2 - 2 - - - - - - -
Drapeau des États-Unis Duane Carter Kurtis Kraft 2 - 2 - - - - - - -
Drapeau : Argentine Oscar Alfredo Gálvez Maserati 2 2 - - - - - - - -
Drapeau des États-Unis Jack McGrath Kurtis Kraft 2 - 2 - - - - - - -
Drapeau : Allemagne Hermann Lang Maserati 2 - - - - - - - 2 -
18 Drapeau des États-Unis Fred Agabashian Kurtis Kraft 1,5 - 1,5 - - - - - - -
Drapeau des États-Unis Paul Russo Kurtis Kraft 1,5 - 1,5 - - - - - - -

À noter[modifier | modifier le code]

  • 7e victoire pour Juan Manuel Fangio.
  • 1re victoire pour Maserati en tant que constructeur.
  • 1re victoire pour Maserati en tant que motoriste.
  • Voiture copilotée : no 56 ; Sergio Mantovani (38 tours) puis Luigi Musso (38 tours).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b L'année automobile 1953 - éditeur : Edita S.A., Lausanne
  2. a et b Johnny Rives, Gérard Flocon et Christian Moity, La fabuleuse histoire de la formule 1, Éditions Nathan,‎ 1991, 707 p. (ISBN 2-09-286450-5)
  3. a et b Christian Moity et Serge Bellu, « La galerie des championnes - 1952/53 : la Ferrari Type 500 F2 », L'Automobile, no 392,‎ février 1979, p. 85
  4. a, b et c (en) Mike Lang, Grand Prix volume 1, Haynes Publishing Group,‎ 1981, 288 p. (ISBN 0-85429-276-4)
  5. Christian Huet, Gordini Un sorcier une équipe, Editions Christian Huet,‎ 1984, 485 p. (ISBN 2-9500432-0-8)
  6. Pierre Ménard, La Grande Encyclopédie de la Formule 1 1950-1999, Chronosports Éditeur,‎ 1999, 863 p. (ISBN 2-940125-18-X)
  7. Christian Moity, « Quand la gloire conserve », L'Automobile, no 305,‎ octobre 1971, p. 144
  8. a, b et c (en) Mike Lawrence, Grand Prix Cars 1945-65, Motor racing Publications,‎ 1998, 264 p. (ISBN 1-899870-39-3)
  9. (en) Karl Ludvigsen, Stirling Moss - Racing with the Maestro, Haynes Publishing,‎ 1997, 208 p. (ISBN 1-85960-816-7)
  10. (en) Bruce Jones, The complete Encyclopedia of Formula One, Colour Library Direct,‎ 1998, 647 p. (ISBN 1-84100-064-7)
  11. Alan henry, Ferrari - Les monoplaces de Grand Prix, Editions ACLA,‎ 1984, 319 p. (ISBN 2-86519-043-9)
  12. a et b (en) Peter Lewis, Motor Racing Through the Fifties, Naval & Military Press,‎ 1992, 152 p. (ISBN 1-897632-15-0)
  13. (en) Karl Ludvigsen, Alberto Ascari - Ferrari’s first double champion, Haynes Publishing,‎ 2000, 208 p. (ISBN 1-85960-680-6)
  14. Edmond Cohin, L'historique de la course automobile, Editions Larivière,‎ 1982, 882 p.
  15. Johnny Rives, L’Equipe, 50 ans de Formule 1 - tome 1 : 1950-1978, SNC L’Equipe,‎ 1999, 233 p. (ISBN 2-7021-3009-7)