Gatsby le Magnifique (roman)

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Gatsby le Magnifique
Auteur Francis Scott Fitzgerald
Genre roman
Version originale
Titre original The Great Gatsby
Éditeur original Scribner
Langue originale anglais
Pays d'origine États-Unis
Lieu de parution original New York
Date de parution originale 1925
Version française
Traducteur Victor Llona
(1re trad.)
Lieu de parution Paris
Éditeur Simon Kra[1]
(Le Sagittaire)
Collection Européenne
Date de parution 1926 (rév. 1946)
Type de média livre papier
Nombre de pages 217
Chronologie
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Gatsby le Magnifique (titre en anglais : The Great Gatsby) est le troisième roman de l'écrivain américain Francis Scott Fitzgerald (1896-1940). Publié en 1925 aux États-Unis, il a été traduit en français à partir de 1926 sous ce titre (hormis la retraduction Gatsby de 2011). L'histoire se déroule à New York dans les années 1920. Il a souvent été décrit comme le reflet de l'époque du jazz dans la littérature américaine.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Raconté par un voisin devenu son ami, le roman tourne autour du personnage de Gatsby, jeune millionnaire charmant au passé trouble qui vit luxueusement dans une villa toujours pleine d'invités. Par certains aspects, le livre peut paraître une critique complexe de la bourgeoisie, de son opulence et de sa superficialité, où chaque personnage est prêt à tout pour parvenir à ses fins.

Nick Carraway, un jeune homme américain du Middle West atteignant la trentaine, se rend à New York pour travailler dans la finance comme agent de change. Par hasard, il trouve à louer une petite bicoque à Long Island, zone résidentielle très huppée et snob de la banlieue new-yorkaise. Sa demeure, presque invisible, est située dans West Egg entre deux énormes et luxueuses villas. De là, la vue est imprenable sur East Egg, l'endroit le plus cossu et sélect de toute la zone. C'est là qu'habitent Daisy, sa cousine germaine et Tom Buchanan, son mari, issu de la même promotion que Nick à l'université Yale.

Nick se rend un soir chez les Buchanan, sur invitation de Daisy. Tom, beau et riche colosse, mais quelque peu bourru, paraît végéter auprès de Daisy, laquelle semble tout autant s'ennuyer avec son mari. Elle passe le plus clair de son temps avec son amie Jordan Baker, joueuse de golf professionnelle.

Tom, peu de temps après, demande à Nick de l'accompagner pour lui présenter sa maîtresse, Myrtle Wilson, la femme d'un garagiste sur la route qui relie New York à Long Island. Nick, témoin de l'inconstance de Tom, de l'enlisement du couple qu'il forme avec Daisy, n'aurait guère d'intérêt à fréquenter les Buchanan s'il n'y avait le rapprochement de plus en plus sensible avec la belle Jordan. Celle-ci s'étonne qu'il ne connaisse pas Gatsby puisqu'il habite West Egg, comme elle, et qu'on ne parle que de cet homme à la richesse fabuleuse.

Gatsby, justement, c'est son voisin. C'est lui qui possède l'immense maison (inspirée de Beacon Towers[2]) très animée qui occulte celle, misérable, de Nick. Gatsby donne fréquemment des réceptions somptueuses qui accueillent des centaines de convives. Mais qui est Jay Gatsby ? D'où vient-il ? Que fait-il ? Les rumeurs les plus folles circulent sur son passé et sa fortune, même au sein de sa propre maison. C'est ce que Nick brûle de découvrir lorsqu'un jour il reçoit une invitation pour passer la soirée chez Gatsby. Une incroyable histoire va lier Nick, Tom, Gatsby, Jordan, Myrtle et Daisy pendant cet été 1922

Accueil du public[modifier | modifier le code]

Le public n'a pas bien accueilli ce roman à sa publication, et sur les 75 000 ventes escomptées, moins de 24 000 exemplaires furent vendus jusqu'à la mort de l'auteur en 1940. Dès 1925, le livre était retiré des librairies pour défaut de lecteurs.

Le 25 avril 1925, Maxwell Perkins, directeur littéraire aux Éditions Charles Scribner’s Sons, écrivait à Fitzgerald :

« Quoi qu'il en soit, je crois que nous pouvons être sûrs que sitôt le tumulte et les vociférations de la foule des critiques et des échotiers apaisés, Gatsby le Magnifique s'imposera comme un livre tout à fait extraordinaire. Peut-être n'est-il pas parfait ! Mais mener à la perfection le talent d'un cheval somnolent est une chose, et c'en est une autre de maîtriser le talent d'un jeune et sauvage pur-sang[3]. »

Le livre fut réédité en 1934, et le tirage de 6 000 exemplaires rencontra le même insuccès[4]. Pendant la crise des années 1930 et la Seconde Guerre mondiale, il tomba pratiquement dans l'oubli. Dans les années 1950, il fut réédité et trouva rapidement un grand cercle de lecteurs. Durant les décennies suivantes, il devint un texte standard dans les lycées et universités du monde entier.

Traductions[modifier | modifier le code]

Versions[modifier | modifier le code]

Il existe plusieurs traductions du roman en français[5] :

Chaque nouvelle version a donné lieu à divers débats, comparaisons et critiques dans la presse[7], souvent en utilisant comme support les premières et dernières phrases du roman (voir ci-dessous).

Traductions de l'incipit[modifier | modifier le code]

À titre d'exemple, voici comment sont traduites, selon ces versions, les deux premières phrases du roman, « In my younger and more vulnerable years my father gave me some advice that I've been turning over in my mind ever since. “Whenever you feel like criticizing any one,” he told me, “just remember that all the people in this world haven't had the advantages that you've had.” »

  • 1926 : « Quand j'étais plus jeune, ce qui veut dire plus vulnérable, mon père me donna un conseil que je ne cesse de retourner dans mon esprit : / — Quand tu auras envie de critiquer quelqu'un, songe que tout le monde n'a pas joui des mêmes avantages que toi. » (trad. Victor Llona, 1re version)
  • 1946 : « Quand j'étais plus jeune, c'est-à-dire plus vulnérable, mon père me donna un conseil que je ne cesse de retourner dans mon esprit : / — Quand tu auras envie de critiquer quelqu'un, songe que tout le monde n'a pas joui des mêmes avantages que toi. » (trad. Victor Llona, 2e version)
  • 1990 : « Dès mon âge le plus tendre et le plus facile à influencer, mon père m'a donné un certain conseil que je n'ai jamais oublié. / — Chaque fois que tu te prépares à critiquer quelqu'un, m'a-t-il dit, souviens-toi qu'en venant sur terre tout le monde n'a pas eu droit aux mêmes avantages que toi. » (trad. Jacques Tournier)
  • 2011 : « Quand j'étais plus jeune et plus influençable, mon père m'a donné un conseil que je n'ai cessé de méditer depuis. / “Chaque fois que tu as envie de critiquer quelqu'un, me dit-il, souviens-toi seulement que tout le monde n'a pas bénéficié des mêmes avantages que toi.” » (trad. Julie Wolkenstein)
  • 2012 : « Quand j'étais plus jeune et plus vulnérable, mon père, un jour, m'a donné un conseil que je n'ai pas cessé de retourner dans ma tête. / “Chaque fois que tu seras tenté de critiquer quelqu'un, m'a-t-il dit, songe d'abord que tout un chacun n'a pas eu en ce bas monde les mêmes avantages que toi.” » (trad. Philippe Jaworski)

Traductions de la dernière phrase[modifier | modifier le code]

Et les traductions de la non moins fameuse dernière phrase, « So we beat on, boats against the current, borne back ceaselessly into the past. »

  • 1926 : « C'est ainsi que nous avançons, barques luttant contre un courant qui nous rejette sans cesse vers le passé. » (trad. Victor Llona, 1re version)
  • 1946 : « Car c'est ainsi que nous allons, barques luttant contre un courant qui nous ramène sans cesse vers le passé. » (trad. Victor Llona, 2e version)
  • 1990 : « Et nous luttons ainsi, barques à contre-courant, refoulés sans fin vers notre passé. » (trad. Jacques Tournier)
  • 2011 : « C'est ainsi que nous nous débattons, comme des barques contre le courant, sans cesse repoussés vers le passé. » (trad. Julie Wolkenstein)
  • 2012 : « C'est ainsi que nous avançons, barques à contre-courant, sans cesse ramenés vers le passé. » (trad. Philippe Jaworski)

Adaptations[modifier | modifier le code]

Évocations dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

L'actrice new yorkaise Susan Alexandra Weaver changera de prénom à l'adolescence pour prendre celui d'un des personnages du roman et s'appeler Sigourney Weaver.

  • Haruki Murakami, traducteur attitré de F. Scott Fitzgerald, évoque le roman dans plusieurs de ses propres livres et notamment dans la Ballade de l'impossible, son premier gros succès ou son autobiographie Autoportrait de l'auteur en coureur de fond .
  • Dans l'épisode Timmy de la saison 4 de South Park, Gatsby le Magnifique est l'un des deux livres lus par le médecin pour diagnostiquer un déficit aigu de l'attention.
  • Gatsby le Magnifique est cité dans le film Coast Guards, avec Ashton Kutcher et Kevin Costner.
  • Dans le drama Hana Yori Dango, Hanazawa Rui (interprété par Shun Oguri) lit ce livre dans l'escalier de secours.
  • Dans l'épisode 12 de la saison 1 de la série télévisée Greek, Tripot en sous-sol, l'héroïne Casey prépare une fête surprise dans le ton des fêtes de l'époque de Gatsby.
  • Vincent Chase, le héros de la série Entourage incarne Nick Carraway dans une adaptation fictive du livre réalisée par Martin Scorsese.
  • Gatsby le Magnifique est fréquemment cité comme référence par les personnages de L'Hôtel New Hampshire, roman de John Irving. L'auteur rend notamment hommage au dénouement du livre, indépassable selon lui.
  • Dans L'Abominable Vérité, c'est le livre préféré d'Abby (Katherine Heigl).
  • Dans la série télévisée Vampire Diaries, c'est l'un des livres préférés de Stefan Salvatore (saison 1, épisode 5).
  • Dans la série Pan Am, c'est l'un des livres préférés de Maggie Ryan.
  • Dans la série télévisée Gossip Girl, c'est une source d'inspiration du livre de Dan Humphrey (saison 5).
  • Lassé des spectateurs lui demandant de jouer son personnage de Latka, Andy Kaufman « punissait » son public en lisant Gatsby le Magnifique des heures durant, malgré la désertion de la salle. Il disait le considérer comme le plus grand roman du XXe siècle. L'anecdote est reprise dans Man on the Moon, réalisé par Miloš Forman, dans lequel Kaufman est interprété par Jim Carrey.
  • Dans l'épisode 4 de la saison 1 de la série télévisée Queer as Folk, le personnage de Justin Taylor (interprété par Randy Harrison), répond à une question posée par son professeur de littérature en rapport avec le roman.
  • Dans la série Californication, le personnage de Lew Ashby est inspiré de Gatsby.
  • Dans l'épisode 14 de la saison 3 de la série télévisée Pretty Little Liars, Aria Montgomery se déguise en Daisy, un des principaux personnages de l'histoire de Gatsby le Magnifique.
  • Dans l'épisode 14 de la saison 2 de la série télévisée Smash, Julia Houston (interprétée par Debra Messing) écrit une pièce de théâtre inspirée du livre.
  • Dans la saison 2 de la série Dallas, John Ross fait référence à Gatsby pour décrire Pamela, observant la nuit sur son balcon.
  • Dans la chanson The Girlz du groupe allemand Alphaville, le chanteur et auteur Marian Gold fait référence aux dernières lignes du roman en les modifiant très légèrement "So I beat on against the current, borne back ceaselessly into the past…".
  • Gatsby le magnique est cité dans le roman L'attrape-coeur de J.D. Salinger, dans lequel le personnage principal considère Gatsby comme « son pote ».
  • Gatsby le magnifique est cité dans le livre Le Monde de Charlie écrit par Stephen Chbosky.
  • Gatsby le Magnifique est cité dans le livre Nos étoiles contraires de John Green.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Notice Gatsby le magnifique de 1926 du Sudoc.
  2. (en) Monica Randall, The Mansions of Long Island's Gold Coast, New York, Rizzoli,‎ 2003, 303 p. (ISBN 0-8478-2649-X et 978-0-8478-2649-0, OCLC 53029779, LCCN 2003104986), p. 275-277.
  3. Correspondance entre F. Scott Fitzgerald et Max Perkins. F. Scott Fitzgerald, Gatsby le Magnifique, Le Livre de poche, p. 233.
  4. Correspondance entre F. Scott Fitzgerald et Max Perkins. F. Scott Fitzgerald, Gatsby le Magnifique, Le Livre de poche, p.9 & 232.
  5. Voir la notice d'autorité Fitzgerald sur IdRef et ses liens vers les fiches du Sudoc.
  6. La plus ancienne édition de la version de Jacques Tournier date de 1990 au Livre de Poche (notice du Sudoc), rééd. 1996 ; la date de 1976 que l'on voit parfois est une confusion avec la réédition de la traduction de Victor Llona en 1976 également au Livre de Poche (notice du Sudoc). Cette coquille est reprise dans certaines bibliographies (y compris un article de 2011 dans Le Monde) mais aucun exemplaire de 1976 n'a été directement constaté.
  7. Frédéric Beigbeder, « Touche pas au Gatsby ! », Le Figaro Magazine,‎ 31 décembre 2010 (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Personnages du roman

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