Frédéric Sauvage

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Frédéric Sauvage

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Statue de Frédéric Sauvage à Boulogne-sur-Mer

Naissance 20 septembre 1786
Boulogne-sur-Mer
Décès 17 juillet 1857
Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Pays de résidence Drapeau de la France France
Profession ingénieur et inventeur

Pierre Louis Frédéric Sauvage (20 septembre 1786 à Boulogne-sur-Mer en France - 17 juillet 1857 dans le quartier de Picpus à Paris en France) est un mécanicien et ingénieur, inventeur français, en particulier de l'hélice à spirale, du physionomètre, du réducteur de statue et du soufflet hydraulique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Frédéric est le troisième des sept enfants issus d’une ancienne famille boulonnaise de constructeurs de bateaux.

Il commence sa carrière attaché à l'administration du génie maritime à Boulogne, sa ville natale. Mais en 1811, il préfère succéder à son père, constructeur de bateaux dans cette ville portuaire. Il abandonne plus tard ce métier pour reprendre les carrières de marbre d’Elinghen. Pour valoriser ses productions marbrières, il y invente le réducteur qui permet de faire des copies réduites de statues et le physionomètre, qu'il dénomme initialement physionotype, qui permet de prendre des empreintes d'objets en relief. Les deux inventions peuvent ainsi faciliter la reproduction d'une tête humaine en un buste réduit.

Accablé par ses nombreux déboires d'invention, Frédéric Sauvage est gagné par la folie. Le 13 avril 1854, il entre à la maison de santé de Picpus où il décède le 17 juillet 1857.

Frédéric Sauvage

Inventeur de l'hélice à spirale[modifier | modifier le code]

L'idée de substituer l'hélice à la roue à aubes lui vient-elle d'une estimation de l'efficacité de la poussée ou d'une vague connaissance des travaux pionniers du citoyen autrichien Joseph Ressel ? En tous cas, il est un fervent partisan de la propulsion par hélice. La faible efficacité des roues à aubes lui semble une évidence. Il conçoit l'hélice en propulseur sous-marin idéal.

Le vieux bassin d'Honfleur

Le 15 janvier 1832, à Honfleur, dans le vieux bassin et à l'aide d'un petit bateau, il prouve lors d'une expérience publique que la propulsion par hélice est trois fois plus rapide que celle par roues à aubes. Il peut être considéré comme l'un des inventeurs de la propulsion à hélice appliquée aux bateaux.

Avec un canot à hélice de 15 pieds, sur le canal de l'Ourcq, il ne parvient pas à convaincre la commission nommée par le ministre de la Marine. Il renouvelle l’expérience sur le canal de la Villette avec un bateau chargé de neuf personnes et muni à l’arrière d’une hélice actionnée à bras d’homme. La rapidité de son bateau fait l’admiration de tous les passagers. Il se ruine cependant dans son projet.

En 1840, l’Anglais Francis Pettit Smith construit l’Archimedes, un steamer de grande dimension (237 tonneaux) muni d’une machine à vapeur de 90 cv et d’une hélice arrière d'un pas complet. L’Archimedes prend la mer 15 mai 1839 et se rend de Gravesend à Portsmouth en vingt heures, pour une vitesse de près de 10 nœuds contre des circonstances de vent et de marée défavorables. Le résultat donna aussitôt une haute opinion de l'hélice.

En 1841, Frédéric Sauvage autorise les constructeurs de navires A. Normand et J. Barnes à utiliser son brevet d'invention de « l'Hélice », déposé en avril 1832, pour la construction d'un seul bateau, sans leur demander de droits et en acceptant qu'ils modifient cette hélice de toute manière qu'ils pourraient juger souhaitables. Ce bateau a été lancé en décembre 1842 pour le compte de l'État français, il était nommé le Napoléon (plus tard renommé le Corse).

Frédéric Sauvage a protesté très vivement par voie de presse contre les modifications apportées par Normand et Barnes à son Hélice. Il n'a jamais remis en question le droit qu'il leur avait accordé de fabriquer un unique bateau à Hélice sans lui payer de licence, mais il a très fermement protesté contre les modifications faites par eux de l'Hélice du Napoléon par rapport à l'Hélice de son brevet de 1832. Le procès qui a eu lieu sur ce point à sa requête a constaté que la convention qu'il avait signée avec eux en 1841 les autorisait à faire ces modifications et a annulé son brevet de 1832 pour cause d'antériorité : Charles Dallery, un facteur d'orgues d'Amiens avait breveté, le 29 mars 1803, un « propulseur à effet de vis » très similaire à l'Hélice brevetée par Sauvage le 5 avril 1832.

On notera qu'en anglais, une hélice se nomme un « propulseur à effet de vis » (screw propeller) ou une vis (screw) et non pas une hélice (ou plus précisément : a « helix »), le mot « hélice » employé pour décrire un « propulseur à effet de vis » étant une métonymie relative à la forme hélicoïdale de cet objet. Ce mot a été utilisé apparemment pour la première fois dans cette acception par F. Sauvage pour décrire son invention de 1832, laquelle est très différente de « l'hélice » de Normand et Barnes qui est « l'hélice » moderne à plusieurs pales 40 ans environ avant qu'elle ne finisse par être universellement adoptée. En effet l'Hélice de F. Sauvage était constituée d'une seule pale qui effectue un tour complet (360°). Dans ces conditions, on peut croire que le « propulseur à effet de vis » de Normand et Barnes n'est pas une « hélice » et que c'est à tort que le mot hélice est employé aujourd'hui dans la langue française pour décrire les propulseurs à effet de vis des bateaux actuels.

M. Séguier, de l'Académie des sciences, a donc assez logiquement reconnu en 1843, de même qu'A. Normand lui-même, que F. Sauvage était bien l'inventeur de l'Hélice (au moins de cette acception particulière du mot « Hélice » sinon forcément de l'objet lui-même, cf. C. Dallery...). Cette académie a peut être été moins rigoureuse sur la question de savoir si le mot hélice était réellement approprié pour décrire l'invention de 1842 de Normand et Barnes, qui est universellement répandue aujourd'hui.

Le 8 mai 1843, F. Sauvage est incarcéré à la prison du Havre en vertu d'un jugement obtenu par ses créanciers. M. Séguier intervient auprès de M. le général Rumigny, aide de camp du roi, qui déclare « patience donc et courage, honneur et justice vous seront rendus ». Malgré cela, Frédéric Sauvage reste emprisonné. Alphonse Karr dénonce l'ingratitude dont Frédéric Sauvage est victime, réclamant pour lui son invention. Ses articles ont un retentissement important. Frédéric Sauvage sort de prison et reçoit une pension minimale de 2 000 francs par an (équivalent à environ 7 000 € de 2014…).

Hommages[modifier | modifier le code]

Album des Hommes utiles de l'Imagerie Pellerin.

Le 12 septembre 1881, la statue de Frédéric Sauvage est inaugurée à Boulogne-sur-Mer. Elle est située sur une place portant son nom (50° 43′ 23.7″ N 1° 36′ 08.92″ E / 50.72325, 1.6024778 ()), statue de Lafrance et bas-relief de Édouard Lormier.

Plusieurs voies portent son nom : à Marseille, Le Havre, Laudun-l'Ardoise, Martigues, Brest, Calais, Liévin, Lens , Le Portel, La Teste-de-Buch, Tours, Brive-la-Gaillarde, Périgny , Bourg-lès-Valence, Ferques et Sète.

Il existe également un portrait peint par Paul Gavarni et le château-musée de Boulogne-sur-Mer possède un buste situé après l’accueil au premier palier d’accès aux collections permanentes.

Liens littéraires[modifier | modifier le code]

Jules Verne aurait rencontré Frédéric Sauvage pour sa science des hélices[réf. nécessaire], notamment pour le sous-marin le Nautilus qu'il décrit dans Vingt mille lieues sous les mers. Mû par la « Fée électricité » le Nautilus avec son hélice à haute performance parcourt 20 000 lieues en sept mois soit 110 000 km. Le Nautilus est décrit dans Vingt mille lieues sous les mers mais les spécificités de l'hélice font partie des « chapitres fantômes » supprimés des manuscrits à la demande de l'éditeur Pierre-Jules Hetzel. En page 136 du roman, l'hélice est décrite d'un « diamètre de six mètres avec un pas de sept mètres cinquante, peut donner cent vingt tours par seconde », donnant « une vitesse de cinquante milles par heure ».

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]