Fitz Roy

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Fitz Roy
Vue du Fitz Roy.
Vue du Fitz Roy.
Géographie
Altitude 3 405 m
Massif Cordillère de Patagonie (Andes)
Coordonnées 49° 16′ 16″ S 73° 02′ 35″ O / -49.27111, -73.043055649° 16′ 16″ Sud 73° 02′ 35″ Ouest / -49.27111, -73.0430556  
Administration
Pays Drapeau de l’Argentine Argentine
Drapeau du Chili Chili
Province
Région
Santa Cruz
Magallanes et Antarctique chilien
Département
Province
Lago Argentino
Última Esperanza
Ascension
Première 1952 par Lionel Terray et Guido Magnone
Géologie
Roches Granite
Type pic pyramidal

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Fitz Roy

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Fitz Roy

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Fitz Roy

Le cerro Fitz Roy, également connu sous le nom de cerro Chaltén est une montagne située dans le parc national Los Glaciares dans la province de Santa Cruz en Patagonie, près du village d'El Chaltén, à la frontière entre l'Argentine et le Chili. Son altitude est de 3 405 mètres. Il s'élève à seulement cinq kilomètres au nord-est du Cerro Torre[1].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Plan du massif présenté sur un panneau.

Le sommet du Fitz Roy est aussi appelé Cerro Chaltén, ces deux noms venant respectivement de l'explorateur Francisco P. Moreno, et de la tradition Tehuelche.

Le nom de Cerro Chaltén vient du peuple Tehuelche, qui désignait déjà le sommet par ce nom, signifiant « bleu », « bleuté » dans leur langue[2]. Selon les légendes de ce peuple, le sommet a été baptisé par Elal, demi-Dieu et héros principal de la mythologie Tehueleche. Enfant, il est emmené loin de son père qui veut le tuer par le cygne Kelfü qui l'accompagne jusqu'au sommet du Fitz Roy pour le mettre à l'abri. À leur arrivée, la couleur du sommet inspire le cygne et l'enfant qui le baptisent Chaltén[3]. Les Tehuelches ne possédant pas de forme d'écriture propre, la graphie du nom du sommet a été approximativement retranscrite par l'écriture occidentale, bien que certains phonèmes de la langue Aonikenk n'existent pas dans les langues européennes[2]. Ainsi, selon le récit des premiers explorateurs comme Carlos M. Moyano[réf. nécessaire], il est possible que le nom original du sommet ait davantage ressemblé à Cháltel[2]. Les Tehuelches actuels ne connaissent d'ailleurs pas le mot Chaltén[2].

Le nom de Chaltén pourrait aussi signifier « montagne qui fume » dans cette même langue, et ferait allusion aux nuages presque toujours accrochés à la cime du Fitz Roy. Les indiens aurait pris ces nuages pour de la fumée, tout comme les premiers explorateurs occidentaux qui considéraient le Fitz Roy comme un volcan, jusqu'en 1902 où le géologue Rodolfo Hautal démontre qu'il n'en est pas un.

Le nom de Fitz Roy fut donné par l'explorateur Francisco Pascasio Moreno le 2 mars 1877 lors de son exploration de la région[2]. Il choisit ce nom en l'honneur du capitaine du HMS Beagle Robert FitzRoy, qui, à l'occasion de son second voyage l'avait précédé dans l'exploration des sources du Río Santa Cruz en 1834, mais qu'un problème technique obligea à faire demi-tour avant d'atteindre le lac Viedma.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Carte du massif du Fitz Roy.

Le Fitz Roy est un sommet localisé à 49° 16′ de latitude sud et 73° 02′ de longitude ouest, situé en Patagonie méridionale à la frontière entre le département argentin de Lago Argentino (province de Santa Cruz) et de la province chilienne de Última Esperanza (région de Magallanes et de l'Antarctique chilien)[4].

C'est le point culminant du massif du Fitz Roy, constitué principalement de deux chaînes de montagne d'orientation globale Nord-Sud, la chaîne du Fitz Roy (composée des Aiguilles Guillaumet, Mermoz, Val Biois, du mont Fitz Roy, et des aiguilles Poincenot, Juárez et Saint-Exupery) et la chaîne du Cerro Torre (composée des monts Pollone, Per Giorgio, du Domo Blanco, des aiguilles Cuatro Dedos, Bífida, Standhardt, Egger et du Torre). Ces deux vallées sont séparées par le glacier Torre et le glacier Grande, prolongées par la Laguna Torre et le Río Fitz Roy coulant à l'est vers la vallée du Río de las Vueltas[4].

Le massif du Fitz Roy est entouré à l'ouest par la calotte glaciaire du Campo de Hielo Sur, à l'est par la vallée du Río de las Vueltas, au nord par la vallée du Río Eléctrico (alimenté par la Laguna Eléctrica et en amont de celle-ci par le glacier Fitz Roy et le Glacier Marconi venant du Campo de Hielo Sur), et au Sud par la vallée du Río Tunel (alimentée par le lago Tunel et en amont par les glaciers Río Tunel et de Quervain) ainsi que par le Paso del Viento donnant sur le Campo de Hielo Sur[4].

Climat[modifier | modifier le code]

Le Fitz Roy dans une tempête.

Le massif du Fitz Roy formant une barrière entre le campo de Hielo Sur à l'ouest et la pampa sèche à l'est, il présente un grand nombre de climats locaux, lesquels sont par ailleurs très variables. Le climat est caractérisé par un vent d'ouest dominant et persistant, des précipitations extrêmement variables au sein du massif et des températures plutôt faibles. Les vents d'ouest, caractéristiques des climats patagoniens, sont particulièrement puissants et presque constants au niveau du massif, notamment en été, accentués par la transition entre le hielo continental et la pampa. Ainsi dans la vallée du río Eléctrico, au nord du massif, le vent peut être de 100 km/h tout au long de la journée, avec des rafales atteignant 180 km/h[5]. Louis Lliboutry distingue trois formes de ce vent d'ouest[5] : un vent froid du nord-ouest apportant des averses durant l'été, un vent d'ouest amenant d'abondantes précipitations tout au long de l'année et un vent tempéré du sud-ouest apportant le beau temps.

En ce qui concerne la pluviométrie, le massif est une zone de transition rapide, les précipitations variant énormément entre les versants est et ouest. Le versant ouest reçoit d'abondante précipitations venant de l'océan Pacifique, pouvant dépasser les 5 mètres par an[5]. Le versant est, en revanche, est influencé par la pampa argentine, le village d'El Chaltén recevant environ 85 cm de précipitations par an[5].

Louis Lliboutry dénombre six climats locaux différents, dus aux différences de précipitations et au relief accidenté : de pampa sèche ensoleillée et ventée, de marais tempérés, de forêts ventées, de vallée humide, froide et ventée, de glacier bas, relativement peu froid, peu venté et pluvieux et enfin de Hielo Continental froid, neigeux et venteux[5].

Géologie[modifier | modifier le code]

Le Fitz Roy est un énorme monolithe de granite ayant une forme pyramidale qui a été sculpté par les vents violents, par la neige et la glace. Le Fitz Roy est composé de roches magmatiques ancrées très profondément dans le sol. Cette formation trouve son origine dans la collision de grandes plaques tectoniques débutée il y a 100 millions d'années. Le magma remonté entre ces plaques s'est solidifié entre les autres roches. Leur érosion a permis la formation de la montagne[4].

Faune et flore[modifier | modifier le code]

Flore et hydrographie autour du Fitz Roy.

La flore est inexistante sur les parois du sommet. En revanche, les piémonts peu abrupts, traversés lors de la marche d'approche au sommet, sont caractérisés par des forêts basses de hêtres australs et d'immenses plaines à la végétation rase adaptée aux conditions climatiques extrêmes[4].

La faune est très rare dans la région du Fitz Roy. On trouve des aigles et quelques lapins[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

Exploration[modifier | modifier le code]

Le Fitz Roy est déjà connu par les indiens Aonik'enk, qui peuplaient la région avant l'arrivée des espagnols. En effet, la présence de nombreux restes archéologiques (instruments, éclats, …)[6] atteste de la présence des Tehuelches dans les plaines autour du lac Viedma, depuis lesquelles le Fitz Roy est visible de loin. Les récits des premiers explorateurs espagnols[réf. nécessaire] confirment leur connaissance de cette montagne qu'ils ont d'ailleurs baptisé Chaltén. Le Fitz Roy est d'ailleurs évoqué dans les mythes de cette communauté, puisqu'Elal, principal héros de la cosmogonie Tehuelche, aurait été déposé au sommet de la montagne par un cygne, avant de descendre du Fitz Roy pour rejoindre la plaine patagonienne et le peuple Tehuelche qu'il va guider et éduquer[3].

La découverte du Fitz Roy par les occidentaux remonte sans doute à 1782, lorsque Antonio de Biedma y Narváez atteint le Lago Viedma[7]. Après avoir fondé la ville de Puerto San Julian, il organise une expédition visant à explorer les terres intérieures de la Patagonie. Il suit ainsi le cours des rivières Santa Cruz et Chalia, jusqu'à atteindre la rive nord du lago Viedma. Les indiens Tehuelches guidant l'expédition lui montrent alors deux montagnes particulièrement visibles, nommant la plus haute des deux Chaltén[réf. nécessaire].

La seconde expédition à atteindre cette partie de la Patagonie fut celle de l'anglais Robert FitzRoy lors de son exploration de l'Amérique australe pendant son voyage en bateau sur le Beagle. L'expédition constituée de trois baleinières part ainsi de l'embouchure du Río Santa Cruz et cherche à remonter le fleuve jusqu'au Lago Viedma. Bien que n'ayant pas atteint son but, Robert Fitz Roy réussit à remonter 300 kilomètres de rivière, et put apercevoir de loin le sommet Chaltén.

C'est au cours de l'expédition de Francisco Moreno en 1877 que le Chaltén fut rebaptisé Fitz Roy. L'expert Francisco perito Moreno est chargé par le gouvernement argentin d'établir précisément le tracé de la frontière séparant l'Argentine du Chili[7]. En effet, celle-ci est alors définie théoriquement par un traité de 1810 comme étant la zone de plus haut sommets divisant les eaux entre les océans Atlantique et Pacifique[réf. nécessaire], mais une grande partie de la frontière n'a pas été explorée, et la position du divortium aquarum est en général inconnue[réf. nécessaire]. Francisco Moreno arrive en vue du Fitz Roy le 14 février 1877[réf. nécessaire], et baptise alors le plus haut sommet en rendant hommage au capitaine de l'expédition précédente Robert FitzRoy. L'expert inclut d'ailleurs le Fitz Roy dans la ligne de division des eaux, bien que le divortium aquarum passe plus à l'ouest et traverse le Campo de Hielo Sur. Même s'il reconnaît, puisqu'il n'a pas pu s'approcher suffisamment de la cordillère, être incertain du tracé de la ligne de division des eaux[réf. nécessaire], le Fitz Roy restera dans les traités un point fixe de la frontière entre les deux pays[réf. nécessaire], et cette erreur sera plus tard à l'origine de l'un des conflits limitrophes entre le Chili et l'Argentine[réf. nécessaire].

Ce n'est que dans les années 1930 que les différentes vallées du massif du Fitz Roy seront explorées, lors des expéditions menées par Alberto María de Agostini[8]. Ce missionnaire salésien fut le premier à traverser le campo de hielo sur au début de l'année 1931. Cette expédition est aussi l'occasion de remonter le río Fitz Roy jusqu'à la Laguna Torre, au pied du cerro Torre[8]. Il complète son exploration du massif l'année suivante, remontant le río de las Vueltas puis le río Eléctrico. Il fonde dans la vallée un camp de base, par la suite baptisé Piedra del Fraile (« pierre du Frère » en espagnol) en l'honneur du missionnaire[8], afin de pouvoir poursuivre son exploration. L'expédition doit attendre pendant un mois une amélioration du temps, avant de pouvoir remonter jusqu'à la partie supérieure du río Eléctrico, apercevant le campo de hielo sur et découvrant le versant Nord-Ouest du Fitz Roy[8].

Première ascension[modifier | modifier le code]

La première tentative d'ascension du Fitz Roy fut menée par le guide italien Aldo Bonacossa en 1937[7]. Accompagné de Titta Gilberti, Leo Dubosc et Ettore Castiglioni, il atteint le pied de la face Sud du Fitz Roy, lui paraissant la plus aisée à gravir, le 26 janvier. En dépit de l'excellent niveau des 4 grimpeurs, l'expédition n'atteint pas le sommet, devant renoncer face aux difficultés techniques des 400 derniers mètres de l'ascension.

La deuxième tentative d'ascension du Fitz Roy par Hans Zechner ne se fera que dix ans plus tard. Il vient en effet explorer le massif en 1947[7], dans le but de trouver la voie la plus facile, et revient en 1948 avec les Italiens Bertoni y Gianolini, échouant successivement l'ascension par le versant sud-est, puis par la crête Nord[7]. Hans Zechner échoue une nouvelle fois l'ascension en 1949, accompagné de Dangi, Matzi et Lanchsne, repérant un couloir de neige particulièrement long pouvant faciliter l'ascension (plus tard baptisé « supercanaleta »)[7].

Le Fitz Roy est finalement conquis pour la première fois par les alpinistes français Lionel Terray et Guido Magnone en 1952[7]. Début janvier, l'expédition composée de Jacques Poincenot, Guido Magnone, Marc Antonin Azema, Lionel Terray, René Ferlet, Louis Lliboutry, Louis Depasse et Georges Strouvé[7], installe son camp de base près de l'actuel village d'El Chaltén. Elle commence alors l'exploration du massif afin de repérer les voies d'ascension, pendant laquelle Jacques Poincenot trouve la mort alors qu'il traversait le Río Fitz Roy. Les alpinistes établissent alors un camp de base au bord du Río Blanco qui deviendra par la suite le campamiento Río Blanco encore utilisé par les escaladeurs, et trois campements avancés atteignant ainsi la brèche des Italiens[7], point le plus haut atteint par l'expédition de 1937. Après une longue attente à la brèche des Italiens à cause du mauvais temps, Lionel Terray et Guido Magnone entament l'ascension le 31 janvier, réussissant à traverser jusqu'au névé triangulaire avant de retourner au camp de base[7]. Ils partent le 1er février pour l'ascension finale, rejoignant rapidement le névé grâce aux cordes fixes posées la veille, puis commencent la montée vers le sommet[7]. Après un bivouac près du névé de l'araignée[9], ils reprennent l'escalade, et rejoignent le sommet à 16h40[9], accomplissant la première ascension du Fitz Roy.

L'ouverture des principales voies[modifier | modifier le code]

La deuxième expédition à atteindre le sommet du Fitz Roy est celle de José Luis Fonrouge et Carlos Comesaña[7]. Ils empruntent alors la supercanaleta, repérée 15 ans plus tôt par Hans Zechner, leur permettant de franchir 1 800 mètres sur la glace, avant d'attaquer la montée en rocher. Ils atteignent ainsi la cime le 16 janvier 1965, avant de redescendre par la même voie[7].

En 1969, un groupe de Californiens ouvre une nouvelle voie dans la face Sud du Fitz Roy[7]. Chouinard, Dorworth, Tejada Flores, Jones et Tompkins, venus depuis les États-Unis en camion, arrivent à la fin de l'année 1969 au pied du Fitz Roy. Ils décident de grimper par le côté gauche de la face Sud, passant par la brèche des Italiens puis par le col du cinéaste. Le mauvais temps bloque les Américains pendant 6 jours, mais une amélioration leur permet d'entreprendre l'ascension. Les 6 grimpeurs atteignent ainsi la cime le 20 décembre 1969, après trente heure d'ascension, ouvrant la route baptisée « voie des californiens », aujourd'hui la plus classique pour atteindre le sommet du Fitz Roy[7].

L'ascension du pilier oriental, de 1 500 mètres de haut, fut tentée et échouée à plusieurs reprises, d'abord par une expédition française en 1967[7], puis par les deux expéditions italiennes successives de Rovereto puis de Monza au début des années 1970[7]. L'expédition suisse de H.P. Kasper et T. Holdner réussit en 1974 à grimper 200 mètres sous le sommet, dépassant ainsi la plupart des difficultés, mais fut repoussée par le mauvais temps[7]. Le pilier fut finalement gravi par l'expédition de l'Italien Casimiro Ferrari en 1976. Après 6 jours d'escalade, pendant laquelle Ferrari perd plusieurs dents au cours d'une chute, Casimiro Ferrari et Vittorio Meles atteignent la cime le 23 février[7].

La première ascension du pilier Nord, quant à elle, fut réalisée pour la première fois en 1979 par l'Italien Renato Casarotto, en hommage duquel le pilier est aujourd'hui appelé pilier Casarotto. Cette voie avait déjà été tentée à plusieurs reprises auparavant, et Renato Casarotto lui-même avait déjà dû renoncer à l'ascension à deux reprises[7]. Il réussit finalement, complètement en solitaire lors de cette troisième tentative, l'ascension du pilier et atteint le sommet le 1er janvier 1979[7].

D'autres voies furent par la suite ouvertes dans la face ouest, de part et d'autre de la supercanaleta, laquelle réduit grandement la hauteur de paroi à escalader. En 1979, les Français Jean et Michel Afanassieff, G. Albert, J. Fabre et G. Sourice ouvrent une voie - la voie Afanassieff - à gauche de la supercanaleta, suivant l'arrête ouest, et atteignent le sommet le 24 décembre[7]. En 1983 une expédition tchécoslovaque, composée de Robert Galfy, M. Orolin, Z. Brabec, V. Petrik, F. Kele, M. Hoholik et T. Surka, ouvre une autre voie dans la face ouest, passant cette fois à droite de la supercanaleta, terminant la voie entamée par Rob Carrington et Alan Rouse en 1977[7]. Après de nombreuses tentatives frustrées par le mauvais temps, Galfy, Orolin et Potrik atteignent finalement la cime le 15 janvier 1983, inaugurant la voie des Tchécoslovaques[7],[10].

Ascension[modifier | modifier le code]

En dépit de sa faible altitude, cette montagne est réputée comme une des plus dures au monde[4]. Le granite très compact requiert un haut niveau d'escalade et les conditions climatiques sont généralement extrêmes.

Localisation des principaux sommets du massif du Fitz Roy, depuis El Chaltén.

Aspects culturels[modifier | modifier le code]

Mythes et légendes[modifier | modifier le code]

Le Fitz Roy apparait dans la cosmogonie Tehuelche, selon laquelle Elal serait arrivé en Patagonie et parmi les Tehuelches déposé par un cygne au sommet de cette montagne. Les légendes Tehuelches racontent[3] que Elal, demi-dieu et principal héros de cette mythologie, serait le fils de l'union forcé entre Teo, les nuages et Nóshtex, mauvais géant (fils de l'obscurité absolue Tons) qui emprisonna Teo pendant trois jours et la viola à cette occasion. Pour le punir, Kóoch, dieu originel et père de Teo, jette une malédiction sur le géant, lui assurant que son fils deviendrait plus beau et plus aimé par les êtres peuplant la Patagonie que son père. Ce dernier, blessé dans son amour propre, décide de se débarrasser de son fils, éventrant Teo avec un silex. Cependant, Ter-werr (le Tuco-tuco) réussit à sauver le bébé et à le cacher au fond de son terrier. Les animaux, réunis en urgence par l'oiseau Kilken (le Chingolo), décident d'exiler le bébé loin de l'île sur laquelle il est né, et de le cacher au-delà de la mer et de la montagne Chaltén, en un lieu connu du seul Kíus (le Drome ardéole), oiseau réputé connaître tous recoins de la Mapu (la Patagonie). Kelfü (le cygne) emmène donc Elal, et le dépose au sommet du Chaltén où il le protège et le nourrit durant trois jours, pour que l'enfant reprenne des forces. Après le départ du cygne, Elal entame sa descente du Chaltén.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Le Fitz Roy est le symbole de la province de Santa Cruz qui l'arbore sur ses armes ainsi que sur son drapeau. La silhouette du Chaltén apparaît également sur le blason du village d'El Chaltén, village de Patagonie argentine situé au pied de la montagne du même nom, ainsi que sur le logo de l'Université nationale de la Patagonie Australe (UNPA).

Littérature[modifier | modifier le code]

  • Marc Antonin Azema, La Conquête du Fitz Roy, Paris, Flammarion,‎ 1954, 235 p.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Reinhold Messner, Élisabeth Landes, Cerro Torre, Arthaud, 2009, p. 25 (ISBN 9782700303230)
  2. a, b, c, d et e Baleta 1999, p. 8-9
  3. a, b et c Montes 2004, p. 87-107
  4. a, b, c, d, e, f et g Gogna 2006, p. 2.2
  5. a, b, c, d et e Lliboutry 1953, p. 667-694
  6. Caracotche 2000, p. 651-656
  7. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v, w et x Miotti 1991
  8. a, b, c et d TecPetrol 2000
  9. a et b Javier Callupan Devaud, « Historias del Fitz Roy », sur www.patagoniamountain.com.ar (consulté le 15 mars 2010)
  10. Chálten (Fitz Roy) - 3405 m

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Louis Lliboutry, « La région du Fitz Roy (Andes de Patagonie) », Revue de géographie alpine, vol. 41, no 4,‎ 1953, p. 667-694 (lire en ligne)
  • (es) Giuseppe Miotti, El Fitz Roy : Cuadernos Patagonicos N.4, Milano, Scode,‎ 1991, 1e éd., 32 p. (lire en ligne)
  • (es) Mario Echeverriá Baleta, Toponima indigena de Santa Cruz, Buenos Aires, Cumacú,‎ 1999 (réimpr. 1985, 1997), 4e éd. (1re éd. 1982), 83 p. (ISBN 950-869-057-7), chap. 15 (« Chalten »), p. 8-9
  • (es) Soledad Caracotche, Desde el País de los Gigantes : Perspectivas arqueológicas en Patagonia, t. II, Río Gallegos, Universidad Nacional del la Patagonia Austral,‎ 2000, 1e éd., 682 p. (ISBN 987-96288-2-9), « Primer relevamiento arqueológico del lago Viedma - Parque Nacional Los Glaciares. Un caso de evaluación de impacto. », p. 651-656
  • (es) Nahuel Montes, Cuentos, mitos y leyendas patagónicos, Buenos Aires, Continente,‎ 2004, 3e éd. (1re éd. 2000), 128 p. (ISBN 950-754-071-7), p. 87-107
  • (es) TecPetrol, El padre De Agostini y la Patagonia : Cuadernos Patagónicos N.2, Buenos Aires, Tecpetrol,‎ 2000, 1e éd. (lire en ligne), « La travesía del Hielo Continental y el Fitz Roy »
  • Alessandro Gogna, Les plus beaux Sommets du monde, Arthaud,‎ 2006, 2.2 p.