Le Petit Soldat

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Le Petit Soldat

Réalisation Jean-Luc Godard
Scénario Jean-Luc Godard
Acteurs principaux
Sociétés de production La Société nouvelle de cinématographie
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Drame, polar, film historique
Sortie 1963
Durée 84 minutes

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Le Petit Soldat est un film français de Jean-Luc Godard, tourné en 1960, mais qui ne sort que le en raison d'une interdiction par la censure. Il s'agit du deuxième long métrage de Jean-Luc Godard après À bout de souffle. C'est le premier film de Godard avec Anna Karina.

Synopsis[modifier | modifier le code]

En 1958, pendant la Guerre d'Algérie, Bruno Forestier (Michel Subor), déserteur réfugié en Suisse, travaille pour un groupuscule d'extrême droite. Il croise un jour Véronica (Anna Karina) et en tombe amoureux. Ses amis le soupçonnent de mener un double jeu, et pour le tester, lui ordonnent d'assassiner un journaliste.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Drapeau : France France le
Drapeau : République fédérale d'Allemagne Allemagne de l'Ouest le
Drapeau : États-Unis États-Unis le à New York
Drapeau : Japon Japon le

Distribution[modifier | modifier le code]

Réception[modifier | modifier le code]

Censure[modifier | modifier le code]

La situation en Algérie, la présentation d'un déserteur et la dénonciation de l’utilisation de la torture par les deux bords conduisent à l’interdiction du film pendant trois ans par Louis Terrenoire, ministre de l'Information : « 1/ Que ces tortures soient appliqués par des agents du FLN ne saurait modifier le jugement qui doit être porté contre ces pratiques et contre leurs représentations à l'écran. 2/ À un moment où toute la jeunesse française est appelée à servir et à combattre en Algérie, il paraît difficilement possible d'admettre que le comportement contraire soit exposé, illustré et finalement justifié. Le fait que le personnage se soit paradoxalement engagé dans une action contre-terroriste ne change rien au problème. 3/ Les paroles prêtées à une protagoniste du film et par lesquelles l'action de la France et en Algérie est présentée comme dépourvue d'idéal, alors que la cause de la rébellion est défendue et exaltée, constituent à elles seules, dans les circonstances actuelles, un motif d'interdiction. »[1].

Analyse[modifier | modifier le code]

Son[modifier | modifier le code]

Comme dans À bout de souffle, le son est entièrement doublé mais alors que dans son premier long métrage Jean-Luc Godard avait prêté une grande attention à la restitution des bruits de fond au point que de nombreux critiques n'avaient pas compris que le film était post-synchronisé, Godard a ici fait en sorte que le spectateur perçoive immédiatement le fait que le film est doublé. Ainsi de nombreuses scènes n'ont aucun bruit de fond. Ce choix esthétique crée un décalage entre l'image et le son[2].

Autour du film[modifier | modifier le code]

  • Dans le film, le personnage principal, Bruno Forestier, donne une définition du cinéma : « La photographie c’est la vérité. Et le cinéma c’est vingt-quatre fois la vérité par seconde. » Dans la même scène, Forestier s'adressant directement à la caméra et au spectateur déclare à propos des acteurs : « Les acteurs, je trouve ça con, je les méprise. C'est vrai vous leur dites de rire, ils rient, vous leur dites de pleurer, ils pleurent, vous leur dites de marcher à quatre pattes, ils le font. Moi je trouve ça grotesque - Véronica : Moi je ne vois pas pourquoi - Forestier : Je ne sais pas, ce ne sont pas des gens libres. »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Noël Simsolo (1970), « Le Petit Soldat », Image et son 244, pp. 101-106

Notes[modifier | modifier le code]

  1. cité par Lionel Trélis, La Censure cinématographique en France, mémoire, Institut d'études politiques de Lyon, juin 2001
  2. (en) Richard Brody, « Godard’s Truthful Torture Scene », The New Yorker,‎ 7 mars 2013 (lire en ligne)

Lien externe[modifier | modifier le code]