Ed Miliband

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Ed Miliband
Ed Miliband, en 2012.
Ed Miliband, en 2012.
Fonctions
Chef de l'opposition du Royaume-Uni
En fonction depuis le 25 septembre 2010
Monarque Élisabeth II
Premier ministre David Cameron
Législature 55e Parlement
Prédécesseur Harriet Harman
Leader du Parti travailliste du Royaume-Uni
En fonction depuis le 25 septembre 2010
Prédécesseur Gordon Brown
Harriet Harman (intérim)
Secrétaire d'État à l'Énergie et au Changement climatique du Royaume-Uni
3 octobre 200811 mai 2010
Premier ministre Gordon Brown
Prédécesseur Poste créé
Successeur Chris Huhne
Ministre au Secrétariat du cabinet
Chancelier du duché de Lancaster
27 juin 20073 octobre 2008
Premier ministre Gordon Brown
Prédécesseur Hilary Armstrong
Successeur Liam Byrne
Membre de la Chambre des communes
pour Doncaster North
En fonction depuis le 5 mai 2005
Réélection 6 mai 2010
Prédécesseur Kevin Hughes
Biographie
Nom de naissance Edward Samuel Miliband
Date de naissance 24 décembre 1969 (44 ans)
Lieu de naissance Camden, Londres (Royaume-Uni)
Parti politique Parti travailliste
Diplômé de Université d'Oxford
London School of Economics

Ed Miliband
Secrétaires d'État britanniques à l'Énergie et au Changement climatique

Edward Samuel Miliband, dit Ed Miliband, né le 24 décembre 1969 à Londres, est un homme politique britannique qui appartient au Parti travailliste (Labour).

Rédacteur des discours de Gordon Brown à partir de 1994, il entre au gouvernement, dans lequel son frère David est secrétaire d'État aux Affaires étrangères, en 2007 comme Chancelier du duché de Lancaster avec rang de ministre sans portefeuille. En 2008, il est promu secrétaire d'État à l'Énergie et au Changement climatique, un portefeuille nouvellement créé. Après la défaite des travaillistes aux élections législatives de 2010, il décide d'en briguer la direction, à l'instar de son frère. Classé plus à gauche que ce dernier, plus critique à l'égard de l'héritage de Tony Blair, il s'impose finalement sur le fil et devient chef de l'opposition à la coalition gouvernementale du conservateur David Cameron.

Éléments personnels[modifier | modifier le code]

Formation et carrière[modifier | modifier le code]

Après avoir passé ses A-levels, il étudie la philosophie, les sciences politiques et les sciences économiques au Corpus Christi College de l'université d'Oxford, et obtient un bachelor of arts. Il entreprend par la suite des études supérieures à la London School of Economics (LSE), où il obtient un master of science.

Il entame alors une carrière de journaliste de télévision, qu'il abandonne rapidement pour devenir rédacteur de discours et chercheur auprès d'Harriet Harman en 1993, puis de Gordon Brown l'année suivante. En 1997, il est nommé conseiller spécial de Brown, désormais chancelier de l'Échiquier, étant spécialement responsable de la rédaction de ses discours.

Il quitte le Royaume-Uni en 2003 et prend une année sabbatique pour étudier puis enseigner au centre d'études européennes de l'université Harvard. Il revient dans son pays en 2004 pour prendre la présidence du comité des conseillers économiques du Trésor royal.

Famille[modifier | modifier le code]

Il est le fils de deux Polonais juifs, Marion Kozak et Ralph Miliband, marxiste né à Bruxelles. Ses parents ont fui la Belgique au cours de la Seconde Guerre mondiale.

Il est par ailleurs frère de David Miliband, homme politique également membre du Labour.

Il a un temps fréquenté Liz Loyd, ancienne directrice adjointe de cabinet de Tony Blair, et partage depuis 2004 la vie de Justine Thornton, avocate avec qui il a un enfant et vit à Londres.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Pendant sa jeunesse, il a travaillé comme critique de films sur LBC Radio, et a participé à son programme Three O'Clock Reviewers. Il a également été stagiaire auprès de Tony Benn, un travailliste de premier plan, et a aussi été membre d'un groupe de musique amateur formé avec deux amis entre 1992 et 1996, Squashed Psyche.

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Député et premiers postes gouvernementaux[modifier | modifier le code]

En mars 2005, il parvient à se faire désigner candidat du Parti travailliste dans la circonscription anglaise de Doncaster North, un fief du parti, contre un conseiller spécial du secrétaire d'État à la Défense, Geoff Hoon. Il reçoit pendant la campagne électorale une visite de soutien de Gordon Brown, et s'impose avec 55,5 % des voix lors du scrutin du 5 mai. Nommé secrétaire parlementaire au secrétariat du cabinet en mai 2006 dans l'administration de Tony Blair, il devient ministre au secrétariat du cabinet et chancelier du duché de Lancaster le 27 juin 2007 lorsque Gordon Brown succède à Blair comme Premier ministre. Son frère David étant secrétaire d'État aux Affaires étrangères, c'est la première fois depuis 1938 que deux frères siègent ensemble au conseil des ministres.

Secrétaire d'État au Changement climatique[modifier | modifier le code]

Ed Miliband et Richard Lambert en 2008.

Le 3 octobre 2008, Ed Miliband est désigné au nouveau poste de secrétaire d'État à l'Énergie et au Changement climatique. Il annonce deux semaines plus tard son intention de légiférer pour réduire les émissions de gaz à effet de serre de 80 % d'ici à 2050, contre 60 % précédemment annoncés. Suite à la défaite des travaillistes aux élections législatives du 6 mai 2010, auxquelles il est réélu avec 47 % des voix, il renonce à son portefeuille le 11 mai.

La course à la direction du Labour[modifier | modifier le code]

Quatre jours plus tard, il fait savoir qu'il brigue la direction du Labour, laissée vacante par la démission de Gordon Brown, imitant ainsi son frère aîné[1]. Ed se situe toutefois plus à gauche que David, qui souhaite maintenir le parti au centre[2]. En outre quatre autres candidats, dont Ed Balls et Andy Burnham, figures de la jeune génération, ont choisi de se présenter à ce scrutin. Le 27 mai, il dispose du soutien de 45 députés, là où 33 parrainages suffisent. Il récolte finalement le soutien de 63 députés, six députés européens et 39 fédérations du parti[3], se classant ainsi deuxième en termes de soutiens derrière son frère David.

Leader des travaillistes et chef de l'opposition[modifier | modifier le code]

Ed Miliband en 2010.
Ed Miliband en 2011.

Longtemps donné battu par son aîné, il effectue une remontée en fin de campagne[4] et finit par s'imposer d'une courte tête à l'issue du comptage final des voix[5], bien que son frère se soit imposé en termes de premiers choix. Dès le lendemain de son élection, il dénonce son nouveau surnom, « Ed le Rouge », comme faisant partie d'images « fatigantes et aussi stupides » et nie tout virage à gauche, affirmant notamment que ses buts sont de montrer que le Labour est « du côté de la classe moyenne étranglée […] et de ceux qui travaillent dur et veulent aller de l'avant » ainsi que de « ramener le parti au pouvoir ». Il ajoute en outre qu'il soutiendra certaines coupes budgétaires, déclarant que les services publics « vont devoir apprendre à faire mieux avec moins »[6].

Opinions[modifier | modifier le code]

Miliband se décrit lui-même comme un nouveau genre de travailliste, cherchant à aller au-delà des divisions engendrées par le Blairisme et le Brownisme et appelant à la fin du "factionnalisme et des psychodrames" du passé. Il a aussi évoqué à plusieurs reprises la nécessité d'une "nouvelle politique"[7]. Durant la campagne pour la présidence du parti, il affiche sa fibre socialiste et n'hésite pas à critiquer certaines orientations du gouvernement Blair, telles que la politique sur les libertés civiles ou la participation à la guerre d'Irak[8]. Il enjoint le Royaume-Uni à se convertir à "un capitalisme en adéquation avec le peuple"[9]. Bien qu'il n'ait pas au été au Parlement quand la participation en Irak a été votée, il reste très critique sur cette décision. Pourtant, il a soutenu l'intervention du Royaume-Uni en Afghanistan et en Libye.

Il est partisan du mariage homosexuel et souhaite instaurer un taux d'imposition permanent de 50 % pour les plus hauts revenus, une taxe sur les transactions financières, transformer Northern Rock en coopérative et instituer un salaire maximal. Il s'est aussi prononcé en faveur d'un service de santé nationale[10],[11].

Bien que le parti travailliste ait adopté une position neutre, il soutient à titre personnel la campagne "Yes to AV" qui appelait à voter oui au référendum sur le vote alternatif[12],[13]. En septembre 2011, Miliband a déclaré que le prochain gouvernement travailliste ramènerait immédiatement les frais de scolarité universitaire de 9000 à £6000, tout en évoquant un impôt gradué sur le long-terme[14]. Avec Ed Balls, il a promu un "plan en cinq points pour l'emploi et la croissance" afin d'aider l'économie britannique. Celui-ci inclut une augmentation de la taxe sur les bonus des banques, un investissement sur le long-terme pour aider à réduire le chômage ou encore la réduction du taux de TVA de 20 % à 17,5 %[15].

Ed Miliband a aussi adoubé la tendance "Blue Labour" au sein du parti travailliste, fondée par Maurice Glasman. "Blue Labour" se concentre sur la famille et l'amitié au sein de la société plutôt que sur la richesse matérielle et se montre extrêmement critique vis-à-vis du libre-marché et de l'État tout puissant. Certains observateurs soulignent l'influence de ce mouvement sur le discours de Miliband, ce dernier taclant en 2011 "le capitalisme prédateur et productif"[16],[17].

En mars 2012, Miliband réitère son soutien au mariage pour tous en déclarant notamment: "Je souscris complètement au fait que les couples homosexuels doivent avoir les mêmes droits que les autres et qu'ils méritent la reconnaissance de l'État et de la société, comme tout le monde"[18].

Critiques[modifier | modifier le code]

Miliband a accusé le chef des conservateurs et premier ministre David Cameron de "tout sacrifier sur l'autel de la réduction des déficits" et de pratiquer une "vieille politique", citant ses promesses non tenues concernant la criminalité, la police, les bonus bancaires et les allocations familiales[19].

Miliband s'est aussi montré particulièrement critique à l'égard du libéral-démocrate et vice-premier ministre Nick Clegg lorsque ce dernier a formé une coalition avec les conservateurs, l'accusant de "trahison" et de "vendre" ses électeurs au plus offrant[20]. En 2011, au moment du référendum sur le vote alternatif, Miliband a refusé de partager la tribune avec Clegg, indiquant qu'il était devenu "trop toxique" de s'y associer et qu'il nuirait à la campagne du oui. Depuis qu'il dirige le parti travailliste, Miliband a tenu un certain nombre de discours visant à attirer les libéraux-démocrates mécontents, différenciant le "Livre orange" (qui défend une ligne proche des conservateurs) et les libéraux-démocrates positionnés au centre-gauche[19].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) Un deuxième frère Miliband est candidat à la tête du Labour, La Tribune de Genève, le 15 mai 2010
  2. (es) Miliband contre Miliband aux primaires travaillistes, Público, le 15 mai 2010
  3. (en) Candidature d'Ed Miliband sur le site Labour
  4. (fr) Le prochain leader du Labour sera un Miliband, Le Monde, le 25 septembre 2010
  5. (fr) Ed Miliband remporte la tête du New Labour, Télévision suisse romande, le 25 septembre 2010
  6. (fr) Grande-Bretagne : Ed Miliband se défend de tout « virage à gauche » du Labour, Le Monde, le 26 septembre 2010
  7. (en) Ed Miliband Self-confessed maths 'geek' with a talent for diplomacy, The Telegraph, le 25 septembre 2010
  8. (en) Ed Miliband is more dangerous than they think, Politics.co.uk, le 25 septembre 2010
  9. (en) Ed Miliband left-wing? They’re having a laugh, The Week, le 22 septembre 2010
  10. (en) Ed Miliband: his shadow cabinet and key policies, The Telegraph, le 25 septembre 2010
  11. (en) Labour calls for progress on gay marriage, Pinknews, le 17 février 2011
  12. (en) AV referendum: Labour 'no' camp wrong, says Miliband, BBC, le 16 mars 2011
  13. (en) Ed Miliband unites with Lib Dems for AV 'yes' campaign, The Telegraph, le 29 mars 2011
  14. (en) Tuition fees: Labour pledges maximum cap of £6,000, BBC, le 25 septembre 2011
  15. (en) Labour's plan for jobs, Labour.org.uk
  16. (en) Ed Miliband endorses 'Blue Labour' thinking, The Guardian, le 17 mai 2011
  17. (en) How Blue Labour shaped Miliband's speech, New Statesman, le 29 septembre 2011
  18. (en) Miliband gives his backing to same-sex marriages, The Independent, le 6 mars 2012
  19. a et b (en) Ed Miliband asks Lib Dems to help draw up Labour policy, ""BBC", le 13 décembre 2010
  20. (en) Ed Miliband 'won't work in coalition with Clegg', ""BBC", le 18 août 2010

Source[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]