David Miliband

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David Miliband
David Miliband, en 2008
David Miliband, en 2008
Fonctions
Secrétaire d'État aux Affaires étrangères
et du Commonwealth
Monarque Élisabeth II
Premier ministre Gordon Brown
Prédécesseur Margaret Beckett
Successeur William Hague
Secrétaire d'État à l'Environnement, à l'Alimentation et aux Affaires rurales
Monarque Élisabeth II
Premier ministre Tony Blair
Prédécesseur Margaret Beckett
Successeur Hilary Benn
Biographie
Nom de naissance David Wright Miliband
Date de naissance (48 ans)
Lieu de naissance Londres (Royaume-Uni)
Nationalité Britannique
Parti politique Parti travailliste
Conjoint Louise Shackelton
Diplômé de Corpus Christi College
Institut de technologie du Massachusetts
Profession analyste politique

David Miliband

David Wright Miliband, né le 15 juillet 1965 à Londres, est un homme politique britannique membre du Parti travailliste. Membre du Parlement de 2001 à mars 2013 pour la circonscription de South Shields, au nord de l’Angleterre, il a été secrétaire d’État aux Affaires étrangères et du Commonwealth[1] entre 2007 et 2010, et de 2006 à 2007 secrétaire à l’Environnement.

Proche de l'ancien Premier ministre Tony Blair, il est l'une des principales figures de la jeune génération travailliste.

Il a été ministre des Affaires étrangères du cabinet fantôme dirigé provisoirement par Harriet Harman, en 2010, et candidat à la succession de Gordon Brown comme chef du parti. Au cours de sa campagne, il s'éloigne de l'héritage de Blair et Brown sans remettre en cause la ligne centriste adoptée sous leur direction. Il est finalement battu par son jeune frère, Ed, également candidat.

Origines et famille[modifier | modifier le code]

David Miliband est le fils aîné du théoricien marxiste Ralph Miliband. Ses grands-parents paternels étaient des juifs de Varsovie qui s’étaient installés en Belgique dans l’entre-deux-guerres ; son père émigra en Angleterre en mai 1940 suite à l’invasion de la Belgique par l’armée allemande. Sa mère, Marion Kozak, eut Ralph Miliband comme professeur avant de l’épouser en 1961[2].

Son frère Edward, dit Ed, né en 1969, est économiste ; il a été élu en 2005 membre du Parlement pour la circonscription de Doncaster North, et nommé l’année suivante secrétaire parlementaire à l’office du Cabinet, puis le secrétaire d'État à l'Énergie et au Changement climatique.

Il est marié à Louise Shackelton, une violoniste américaine membre de l’orchestre symphonique de Londres. Ils ont deux fils adoptés aux États-Unis, le premier en décembre 2004[3], le deuxième en octobre 2007[4].

Via son grand-père paternel, Sam Miliband, il est le cousin au second degré de l'historien français Pierre Clavilier, militant de l'abolition de la peine de mort dans le monde et auteur d'une biographie de Frida Kahlo.

Formation[modifier | modifier le code]

Après sa scolarité à Londres, Leeds et Boston, il fait ses études au Corpus Christi College (Oxford), où il obtient son diplôme en philosophie, politique et économique avec un First-Class Honours, la plus haute mention. Il obtient ensuite, en 1990, un Scientiæ Magister de science politique au Massachusetts Institute of Technology, où il était boursier du Kennedy Memorial Trust.

Il entre en 1989 en tant qu’analyste politique à l’Institute for Public Policy Research (IPPR), un think tank où ont été formulées certaines des idées du New Labour, et est à partir de 1992 secrétaire de la commission sur la justice sociale de l’IPPR. En 1994, il devient conseiller politique (Head of Policy) de Tony Blair après l’accession de celui-ci à la tête du Parti travailliste. Miliband est l’un des principaux rédacteurs du programme des travaillistes pour les élections générales de 1997. Après la victoire des travaillistes, Tony Blair le charge de l’unité de programmation politique (Policy Unit) du 10 Downing Street.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

David Miliband en 2007.

Il entre au Parlement lors des élections de 2001, élu dans la circonscription traditionnellement travailliste de South Shields, dans le comté de Tyne et Wear.

En juin 2002, il est nommé ministre des Écoles[1], un poste rattaché au département de l’Éducation et des Compétences. Le 15 décembre 2004, il remplace Ruth Kelly au poste de ministre à l’office du Cabinet.

Suite à la nouvelle victoire électorale des travaillistes le 6 mai 2005, il entre au Cabinet en tant que ministre d’État aux Communautés et à l’Administration locale, mais sans recevoir le titre de secrétaire d’État[1], le poste étant rattaché au portefeuille du Premier ministre adjoint John Prescott. Ses attributions couvraient le logement, la rénovation urbaine, la planification et l’administration locale.

Secrétaire à l’Environnement[modifier | modifier le code]

Le , suite aux élections locales, Tony Blair, menant le plus large remaniement de son cabinet depuis 1997, nomme Miliband secrétaire d’État à l’Environnement, à l’Alimentation et aux Affaires rurales[1] en remplacement de Margaret Beckett.

En janvier 2006, il devient le premier membre du cabinet à tenir un blog. Le coût supposé de l’opération a suscité des critiques dans la presse et au Parlement : le libéral-démocrate Chris Huhne l’a estimé à £ 40 000 par an, mais le département de l’Environnement l’évalue à £ 900[5].

Dans le cadre de la politique gouvernementale de lutte contre le réchauffement climatique, il avance l’idée d’une « carbon credit card » visant à inciter les citoyens à réduire leur émission personnelle de gaz à effet de serre[6].

Secrétaire aux Affaires étrangères[modifier | modifier le code]

David Miliband et Condoleezza Rice, le 28 septembre 2007.
David Miliband et Hillary Clinton, en février 2009.

Le , lors de la formation du cabinet Brown, il est nommé secrétaire d’État aux Affaires étrangères et du Commonwealth[1], succédant à Margaret Beckett. Il accuse la Russie d'avoir attaqué en première la Géorgie lors de la nuit du 8 août 2008, accusation rejetée par la Russie et démentie plus tard par les enquêtes de la Mission d'observation des Nations Unies en Géorgie (MONUG - rapport Heidi Tagliani).

La défaite au Parti travailliste[modifier | modifier le code]

En tant que protégé de Tony Blair, David Miliband est longtemps vu comme un possible futur chef des travaillistes et Premier ministre. Lors d’une séance de questions-réponses sur BBC Radio Five Live autour de la coupe du monde de football le , un auditeur demanda à Tony Blair s’il avait dans son cabinet un « Wayne Rooney », en référence au jeune espoir de l’équipe d’Angleterre de football, Blair a désigné Miliband[7].

En 2007, des partisans de Tony Blair l'encouragent à poser sa candidature à la succession de Blair à la tête du Parti travailliste[8], mais David Miliband renonce et affiche un soutien très clair envers Gordon Brown.

David Miliband fait partie du « gang de Primrose Hill », un regroupement informel de jeunes responsables et conseillers travaillistes, trentenaires et quadragénaires dans les années 2000, constituant la « nouvelle génération » du parti et préparant ses futures orientations après le départ de la génération de Blair et Brown. Le groupe inclut, entre autres, Ed Miliband, Douglas Alexander, Pat McFadden, James Purnell, Jim Murphy, Andy Burnham, Matthew Taylor, Geoff Mulgan et Patrick Diamond. Son soutien à Gordon Brown est perçu comme le signal que la nouvelle génération se montre compatible avec Tony Blair comme avec Gordon Brown et veut s’assurer que le conflit entre leurs partisans (les blairites et les brownites) ne persistera pas lorsqu’elle parviendra à la tête du parti. Bien que son frère Ed ait été conseiller politique de Gordon Brown alors que lui-même a été celui de Tony Blair, leurs positions idéologiques sont extrêmement proches.

Après la défaite du Labour aux élections législatives du , Gordon Brown démissionne de la direction du parti et David Miliband est présenté comme un prétendant sérieux à sa succession. Il déclare sa candidature le 12 mai[9], et devra notamment affronter son jeune frère, Ed Miliband, secrétaire d'État à l'Énergie de 2008 à 2010, qui se lance trois jours plus tard dans la course[10]. À la fin de la collecte des parrainages, il apparaît comme le plus fortement soutenu avec les parrainages de 81 députés, six députés européens, deux syndicats et 49 fédérations locales du Labour[11].

Longtemps donné favori, il mène une campagne centriste, évitant ainsi la remise en cause de la stratégie de Tony Blair et Gordon Brown, dont il s'éloigne toutefois de l'héritage. Il est finalement battu de justesse par son jeune frère, Ed, qui se classe plus à gauche.

Après sa défaite, David Miliband se retire des instances dirigeantes du Parti travailliste, refusant ainsi de prendre part au "cabinet fantôme" dirigé par son frère.

Le retrait de la vie politique[modifier | modifier le code]

Le , David Miliband annonce son retrait de la vie politique afin de devenir directeur de l'International Rescue Committee[12],[13].

Positions[modifier | modifier le code]

Le fait que Miliband soit à la fois protégé de Tony Blair et soutien de Gordon Brown est vu comme l’annonce d’une synthèse entre l’attention de Brown aux finalités d’une politique progressiste (redistribution et progrès social) et celle de Blair sur ses moyens (scepticisme sur l’intervention directe de l’État).

Selon Andrew Rawnsley, chroniqueur politique à l’Observer, « il fait partie de l’aile gauche du New Labour. Il est partisan – ce que Tony Blair n’est pas entièrement – de la social-démocratie continentale. »[14]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Les membres du gouvernement britannique portent, par ordre décroissant d’importance, les titres de secrétaire d’État (ou un titre alternatif traditionnel), de ministre d’État, de ministre, de sous-secrétaire d’État parlementaire et de secrétaire parlementaire.
  2. (en) Andy Beckett, « In the house of the rising sons », The Guardian (ISSN 0261-3077), 28 février 2004.
  3. (en) Sarah Hall, « Minister goes to US to adopt newborn baby », The Guardian (ISSN 0261-3077), 31 décembre 2004 [lire en ligne]
  4. (en) « David Miliband adopts second son », BBC News Online, 29 octobre 2007 [lire en ligne]
  5. (en) Henry Deedes, « £40,000 - the real cost of reading David’s diary », The Independent (ISSN 1047-7969), 16 juin 2006 [lire en ligne], consulté le 4 avril 2007 ; (en) Question écrite sur le blog, Chambre des communes, 16 juin 2006, Hansard [lire en ligne], consulté le 4 avril 2007
  6. (en) « Carbon 'credit card' considered », BBC News Online, 11 décembre 2006 [lire en ligne], consulté le 4 avril 2007
  7. (en) Nick Robinson, « Rooney of the Cabinet », Nick Robinson’s Newslog, BBC News Online, 20 juin 2006 [lire en ligne], consulté le 2 avril 2007
  8. (en) Philip Webster, « Blairites urge Miliband to enter the race for Labour leadership », The Times (ISSN 0140-0460), 20 février 2007 [lire en ligne], consulté le 4 avril 2007
  9. Labour : Miliband candidat à la succession de Brown, Le Soir, le
  10. Labour: Ed Miliband face à son frère, Le Figaro, le
  11. (en) Candidature de David Miliband sur le site du Labour
  12. (en) « David Miliband 'feared being distraction' for Labour », BBC News,‎ 27 mars 2013
  13. David Milliband quitte la vie politique britannique, Le Monde, 27 mars 2013.
  14. (en) Andrew Rawnsley, « Heir to Blair? »,The Observer (ISSN 0029-7712), 20 octobre 2002 [lire en ligne]

Source[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]