Alfred Marie-Jeanne

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Alfred Marie-Jeanne
Fonctions
Député de la 1re circonscription de la Martinique
En fonction depuis le 17 juin 2012
Député de la 4e circonscription de la Martinique
12 juin 199717 juin 2012
Élection 1er juin 1997
Réélection 16 juin 200217 juin 2007
Prédécesseur André Lesueur (RPR)
Successeur Jean-Philippe Nilor (MIM)
Maire de Rivière-Pilote
21 mars 19712000
Successeur Lucien Veilleur (MIM)
Conseiller général du Canton de Rivière-Pilote
1er octobre 1973juillet 1997
Prédécesseur Jules Sauphanor (UDR)
Successeur Lucien Adenet (MIM)
Conseiller régional de Martinique
199022 mars 2010
Successeur Sylvain Bolinois (MIM)
Président du Conseil régional de Martinique
1er avril 199826 mars 2010
Prédécesseur Émile Capgras (PCM)
Successeur Serge Letchimy (PPM)
Biographie
Date de naissance 15 novembre 1936 (78 ans)
Lieu de naissance Rivière-Pilote (Martinique)
Parti politique GDR
Parti : MIM

Alfred Marie-Jeanne, né le 15 novembre 1936 à Rivière-Pilote (Martinique), est un homme politique français. Leader du Mouvement indépendantiste martiniquais (MIM), il est actuellement député de la 1re circonscription de la Martinique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Alfred Marie-Jeanne est issu d'une famille modeste. Il effectue ses études primaires à Rivière-Pilote. Il réussit ensuite le concours des bourses ce qui lui permet de poursuivre ses études secondaires au lycée Schœlcher de Fort-de-France. Après l’obtention de son baccalauréat série mathématiques, Alfred Marie-Jeanne s’inscrit à l’École normale pour suivre les deux années de formation nécessaires pour devenir instituteur. Il est nommé, pour son premier emploi, enseignant aux Terres-Sainville (Fort-de-France). Dans les années 1970, il obtient à l'Université Antilles-Guyane une maîtrise en sciences économiques. Après avoir réussi le concours de PEGC, il reçoit son affectation comme professeur de mathématiques dans sa commune au collège Jacques-Roumain.

Alfred Marie-Jeanne s'engage en politique en 1971 en se présentant pour la première fois aux élections municipales à Rivière-Pilote, il n'appartient à ce moment-là à aucun parti politique, mais est proche des idées de gauche. Aux municipales de 1971, Alfred Marie-Jeanne est élu pour la première fois maire de Rivière-Pilote, en obtenant 2 102 voix contre 1 519 à son adversaire de Droite, Jules Sauphanor. Puis, aux élections cantonales de 1973, il est élu conseiller général du canton de Rivière-Pilote avec 2 470 voix soit 61,08 %.

En 1973, il crée avec d'autres militants dont Garcin Malsa, le mouvement "La Parole au peuple" qu'il transforme le 1er juillet 1978 en Mouvement indépendantiste martiniquais. Aux législatives de 1973, Alfred Marie-Jeanne conclut une alliance politique avec le Parti progressiste martiniquais. Il est candidat dans la circonscription du sud et son suppléant est un militant PPM, Rodolphe Désiré. La base de cette alliance politique a pour objectif la lutte pour la reconnaissance par les autorités françaises du droit à l'autodétermination de la Martinique. Mais cette entente politique entre Alfred Marie-Jeanne et le PPM est un échec, il obtient un faible score (1 920 voix) et est éliminé dès le premier tour.

Alfred Marie-Jeanne radicalise alors son discours nationaliste. En 1974, il adresse au candidat socialiste François Mitterrand un document présentant ses grandes orientations pour la Martinique : il considère que la Martinique est une nation et revendique, entre autres, le droit à l'autodétermination, un protocole d'accession à l'indépendance, des relations fondées sur la coopération avec l'Europe. Alfred Marie-Jeanne, grâce à son charisme et son franc-parler, devient incontestablement le leader de la mouvance nationaliste en Martinique.

Au début des années 1990, Alfred Marie-Jeanne change de stratégie et assouplit sa position. Le MIM décide de participer aux élections nationales et à la gestion des affaires politiques locales, et prend part au débat sur l'assemblée unique en proposant l'Assemblée régionale unifiée (l'ARU), une fusion du conseil régional et du conseil général. L'assemblée régionale unifiée qu'il propose serait dotée de pouvoirs législatifs et réglementaires. En 1990, aux élections régionales, sa liste obtient 7 sièges, puis 9 en 1992. En 1993, Alfred Marie-Jeanne se représente comme député, 20 ans après ses premières élections législatives. Il obtient 17 912 voix au deuxième tour, mais c'est le candidat de droite, André Lesueur, qui l'emporte.

En 1997, Alfred Marie-Jeanne est élu, au second tour, député de la Martinique avec 28 916 voix (64,08 %) face au candidat de droite, André Lesueur. Aux élections régionales de 1998, la liste conduite par Alfred Marie-Jeanne obtient 24,6 % des voix et gagne 13 sièges. Il est élu président du conseil régional grâce au soutien de quelques élus de gauche avec 18 voix face au candidat de droite, Pierre Petit. Le 19 décembre 1999, il signe avec Antoine Karam, président du conseil régional de la Guyane et Lucette Michaux-Chevry, présidente du conseil régional de la Guadeloupe, "La déclaration de Basse-Terre". Dans cette déclaration, les trois présidents de régions réclament un statut de région autonome pour la Guyane, la Guadeloupe et la Martinique.

En octobre et novembre 2000, Alfred Marie-Jeanne, lance le « Projet Martinique ». Ce projet doit permettre à la Martinique de se doter d'un nouveau statut de région d'Outre-mer autonome et d'obtenir un régime fiscal et social adapté aux spécificités de l'île. En 2001, il tenta sans succès de conquérir la mairie de Fort-de-France, bastion historique du PPM, mais le MIM gagne néanmoins 10 sièges dans l'opposition. En 2002, il obtient 16 194 voix au 2e tour et est réélu député de Martinique. En 2004, il est réélu président du conseil régional. La liste des « Patriotes » (MIM - CNCP) a obtenu 74 860 voix et dispose de 28 sièges sur 41 au conseil régional. Alfred Marie-Jeanne annonce alors plusieurs chantiers prioritaires comme la mise en place du haut débit avec l'ADSL, la dépollution des sols agricoles infectés par les pesticides et la construction d'un institut des métiers du sport.

En mai 2006, six ans après le "Projet Martinique", Alfred Marie-Jeanne lance le Schéma martiniquais de développement économique (SDME). Le SMDE est conçu comme un outil de développement pour la Martinique future. Défini dans une dynamique globale, ce schéma permettrait d'affirmer les priorités en matière économique et dans tous les domaines contribuant au développement économique de l'île tels que l'emploi et la formation professionnelle ; l'environnement, l'aménagement du territoire et le développement durable ; la mise en valeur des ressources naturelles ; les coopérations régionale et internationale ; la recherche et l'innovation.

Aux élections législatives de juin 2007, Alfred Marie-Jeanne est réélu député de la 4e circonscription de Martinique avec 26 673 voix (68,46 %). Il arrive en tête dans les 13 communes que compte la circonscription et distance son adversaire de l'UMP, André Lesueur de 14 384 voix. Alfred Marie-Jeanne siège à l'Assemblée nationale depuis le 26 juin 2007, dans le groupe de la Gauche démocrate et républicaine.

Le 10 janvier 2010, le rejet du statut d'autonomie par les Martiniquais est un revers pour Alfred Marie-Jeanne puisqu'il avait appelé à voter positivement. En revanche, le référendum du 24 janvier 2010 visant à fusionner le département et la région en une collectivité unique, régie par l'article 73 de la constitution française, est approuvé.

Aux élections régionales des 14 et 21 mars 2010, la liste "Les patriotes martiniquais et sympathisants", conduite par Alfred Marie-Jeanne, arrive au second tour en deuxième position avec 66 309 voix. Elle obtient 12 sièges. Alfred Marie-Jeanne est battu par le candidat du PPM, Serge Letchimy. Le 23 mars 2010, Alfred Marie-Jeanne, dans une lettre adressée à la population, annonce qu'il renonce à son siège de Conseiller régional dans l'opposition, il est remplacé par le treizième de sa liste, Sylvain Bolinois.

Le 10 décembre 2010, il est élu président de son parti en obtenant 99,13 % des suffrages.

Le 6 août 2011, le stade municipal En Camée de Rivière-Pilote a été officiellement baptisé Stade Alfred Marie-Jeanne.

Aux élections législatives françaises de 2012, Alfred Marie-Jeanne se présente pour la première fois dans la 1re circonscription de Martinique. Il arrive en tête au premier tour et obtient 6 522 voix, soit 28,38 % des suffrages. Au second tour, Alfred Marie-Jeanne est élu député en obtenant 15 238 voix, soit 52,43 % des suffrages. Il distance le député sortant le socialiste Louis-Joseph Manscour de 1 414 voix. Il siège depuis le 25 juin 2012 au groupe parlementaire de la Gauche démocrate et républicaine.

En février 2013, il est mis en examen pour prise illégale d'intérêt[1], mise en examen qui sera annulée en juillet 2013[2].

Synthèse des mandats électifs[modifier | modifier le code]

  • Maire de Rivière-Pilote (Martinique) de 1971 à 2000
  • Conseiller général de Rivière-Pilote (Martinique) de 1973 à 1997
  • Conseiller régional de la Martinique de 1990 à 2010
  • Président du Conseil régional de la Martinique de 1998 à 2010 (réélu en 2004).
  • Député de la Martinique depuis 1997 (réélu en 2002, 2007 et 2012)

Mandats en cours[modifier | modifier le code]

À jour au 17 juin 2012

  • Député de la 1re circonscription (Centre Atlantique) de la Martinique

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Alfred Marie-Jeanne mis en examen », sur Martinique 1ère (consulté le 07 avril 2013)
  2. « la-mise-en-examen-de-maguy-et-alfred-marie-jeanne-annulee », sur Martinique 1ère (consulté le 10 juillet 2013)